(Togo First) - Obligations fiscales, contrôles, méfiance réciproque, des opérateurs économiques et des représentants institutionnels se retrouvent ce jeudi pour un dialogue sans filtre.
Entre chefs d'entreprise et administration fiscale, le dialogue existe rarement en dehors des bureaux de contrôle. C'est précisément ce hiatus que tente de combler une rencontre prévue ce jeudi 2 avril à Lomé, à l'hôtel Onomo, à partir de 19h, dans “un format délibérément sans langue de bois”, explique l’organisateur Edem Adékunlé d'Almeida, entrepreneur franco-togolais fondateur d'Africa Global Recycling (AGR).
La thématique : la relation entre l'entreprise et le fisc est-elle un partenariat, un amour forcé, ou une relation toxique ? Derrière la formule, une réalité que beaucoup d'opérateurs économiques togolais connaissent bien : incompréhension des procédures, sentiment d'arbitraire lors des contrôles, méfiance vis-à-vis d'une administration perçue comme opaque.

Pourtant, le Togo a engagé des réformes substantielles ces dernières années : numérisation des déclarations, introduction de la téléfiscalité, ajustements du Code général des impôts en faveur des PME, avec notamment des régimes d'incitation à l'investissement prévoyant des réductions d'impôt allant jusqu'à 40 % sur plusieurs années. Des avancées réelles, mais qui peinent encore à modifier en profondeur la perception des opérateurs économiques sur le terrain.
C'est ce décalage entre réforme institutionnelle et vécu entrepreneurial que la soirée entend explorer. Le cadre est celui de l'Afterwork d'Edem d'Almeida, rendez-vous économique désormais ancré dans le paysage loméen, connu pour mettre en présence des professionnels de haut niveau autour de sujets structurants pour le secteur privé togolais, dans une ambiance qui favorise la franchise plutôt que les postures.
Une occasion rare, pour ceux qui font tourner l'économie au quotidien, de dire ce qu'ils pensent vraiment et d'entendre ce que pense l'autre camp, entendent les organisateurs.
Fiacre E. Kakpo