(Togo First) - Au Togo, les autorités renforcent leur vigilance face aux effets du conflit au Moyen-Orient sur l’économie nationale et veulent anticiper des impacts potentiels.
Réuni le 1er avril 2026, le Conseil des ministres a examiné une communication relative à cette crise, marquée par des tensions sur les marchés de l’énergie et du transport.
Selon l’exécutif, « la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèse sur l’économie mondiale, à travers la perturbation des routes maritimes stratégiques du commerce international ». Cette situation entraîne une hausse mécanique des coûts du transport maritime, du pétrole, du gaz naturel et des engrais, avec des effets directs sur les prix.
Une économie exposée aux chocs externes
Bien que les échanges directs du Togo avec les pays concernés restent limités, les impacts indirects sont jugés significatifs. Le gouvernement souligne que « l’économie du Togo, comme l’ensemble de celles de la sous-région, n’est pas à l’abri des effets indirects ».
Tout particulièrement, c’est la dépendance du pays d’Afrique de l’Ouest aux importations de produits pétroliers qui accentue cette vulnérabilité.
Entre février et mars 2026, le prix du baril est passé de 70 à 100 dollars, depuis le déclenchement du conflit, sur fond de volatilité et de fébrilité des marchés. Pour illustration, le prix du baril a bondi à plus de 105 dollars, suite à une récente allocution du président américain Donald Trump, acteur majeur de ce conflit avec l’Iran. Ceci pourrait à court terme se répercuter sur les coûts du transport, de l’énergie et, à terme, sur le coût de la vie.
Cours du Brent au 02 avril 2026, à 11h (selon Boursorama)
Pressions sur les prix et chaînes d’approvisionnement
Les perturbations des routes maritimes, notamment dans le détroit d’Ormuz, font peser un risque important sur les chaînes logistiques. Au Togo, les autorités évoquent la possibilité de pénuries et d’une hausse des prix de certaines denrées de première nécessité, ainsi que des effets sur l’activité portuaire. Pour le pays, très actif via son port, des retombées significatives sont prévisibles.
Dans la sous-région, des signaux apparaissent déjà. Au Mali, les prix des carburants ont récemment été relevés, même s’il est difficile d’attribuer cette hausse uniquement aux tensions moyen-orientales.
Au Togo, les prix à la pompe restent pour l’instant stables, avec le super à 680 F CFA et le gasoil à 695 F CFA, notamment grâce à un mécanisme combinant subventions et ajustements.
Une approche prudente des autorités
Face à ces incertitudes, le gouvernement privilégie une approche graduée. « Des réflexions sont en cours afin d’identifier les mesures les mieux adaptées pour préserver le pouvoir d’achat des populations et maintenir la stabilité des finances publiques », indique le Conseil des ministres.
Faure Gnassingbé, Président du Conseil, a instruit les ministres concernés de poursuivre un suivi attentif de la situation.
Ayi Renaud Dossavi