Togo : hausse des températures marines, pluies inhabituelles et chaleur persistante jusqu’à fin février

Gouvernance économique
mercredi, 11 février 2026 10:03
Togo : hausse des températures marines, pluies inhabituelles et chaleur persistante jusqu’à fin février

(Togo First) - Au Togo, la fin de l’année dernière et le début de la nouvelle sont marqués par une « anomalie » climatique, sur fond de hausse de la température de surface de la mer (+0,65 °C) en décembre 2025 dans le golfe de Guinée, par rapport à la climatologie de référence 1993-2023. Cette élévation, observée au moment où l’harmattan s’installe habituellement, a occasionné une modification du régime des vents et des pluies sur le sud du pays.

Ces données ont été présentées au public lors d’une conférence organisée par le ministère de l’Environnement et l’Université de Lomé, réunissant climatologues et institutions techniques.

« L’augmentation de la température de surface de la mer favorise l’évaporation et renforce l’humidité atmosphérique. Cela affaiblit l’harmattan et explique les pluies inhabituelles enregistrées en décembre et janvier », indique Latifou Issaou, directeur général de l’ANAMET (Agence nationale de la Météorologie du Togo).

Vents violents et pluies hors saison

Si les experts privilégient le terme de « variabilité climatique » à celui d’« anomalie », il est à noter qu’entre décembre 2025 et janvier 2026, 114 sinistrés et 101 habitations endommagées ont été recensés à la suite de vents violents, contre aucun sinistré sur la même période un an plus tôt. Dans le même temps, les pertes liées aux feux de végétation ont reculé, passant de 148 tonnes de récoltes détruites à 17 tonnes.

Les chercheurs soulignent que la persistance de flux maritimes humides, au lieu des vents secs de l’harmattan, a favorisé des pluies inhabituelles. Ces phénomènes s’inscrivent dans un contexte de réchauffement, avec une élévation du niveau de la mer estimée à 1,8 mm par an entre 1950 et 1973, puis un rythme plus soutenu après 1993.

Chaleur persistante jusqu’à fin février

À court terme, l’ANAMET annonce des températures maximales comprises entre 33 °C et 40 °C jusqu’à la fin février, avec une prédominance de brume sèche sur la majeure partie du territoire. Seules les régions Maritime et des Plateaux pourraient enregistrer des pluies locales et dispersées.

Cette séquence intervient après une année 2025 marquée par un déficit pluviométrique, avec un cumul national moyen de 987,8 mm, contre 1162,8 mm en 2024 et 1198,3 mm en moyenne sur les cinq dernières années.

Face à ces évolutions, les experts recommandent de renforcer les systèmes d’alerte précoce et d’adapter le calendrier agricole aux fluctuations saisonnières. Globalement, le Togo ne représentait que 0,07 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2018, mais il demeure exposé de manière disproportionnée aux effets du changement climatique.

Ayi Renaud Dossavi

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