À Lomé, l’Afrique de l’Ouest et du Centre face aux coûts économiques de la malnutrition

Gouvernance économique
lundi, 11 mai 2026 15:19
À Lomé, l’Afrique de l’Ouest et du Centre face aux coûts économiques de la malnutrition

(Togo First) - Vingt pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre sont réunis depuis ce lundi 11 mai 2026 à Lomé pour trois jours de travaux sur la nutrition infantile et le développement de la petite enfance. La conférence, organisée par le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, vise à établir un diagnostic et à identifier des solutions de financement.

1 enfant sur 3 touché par la malnutrition 

Les données présentées à l'ouverture illustrent l'ampleur du problème. En Afrique de l'Ouest et du Centre, près d'un enfant sur trois souffre d'un retard de croissance tandis que 65 millions de femmes sont atteintes d'anémie, selon les chiffres cités lors de la cérémonie.

Pour Tony Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, ces statistiques ont une traduction concrète : « Ils représentent des potentiels bridés, des parcours scolaires compromis, des emplois qui ne seront jamais créés. »

Dans ce contexte, le Togo affiche des indicateurs en amélioration. Entre 2014 et 2017, le taux de retard de croissance est passé de 27,5 % à 23,8 %. Le taux d'allaitement maternel exclusif atteint 64,3 %, l'un des plus élevés de la sous-région, selon l'UNICEF.

L’expert a également rappelé qu’en 2024, le pays avait validé une stratégie nationale d'éducation préscolaire et pris un arrêté interministériel encadrant les crèches et garderies.

« Permettez-moi de souligner qu'en dépit des progrès enregistrés, des efforts restent à faire pour permettre à chaque enfant de bénéficier d'une diversité alimentaire minimale et d'atteindre son plein potentiel de développement, améliorer la nutrition maternelle », a rappelé Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l'Enfance, à l’ouverture des travaux.

La ministre a ajouté : « Nous attendons donc de ces trois jours qu'il soit produit une vision partagée, une vision qui transcende les frontières nationales et les silos sectoriels et qui place l'enfant et la mère au centre de nos politiques publiques. »

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L'argument économique

La conférence de Lomé pose également la nutrition comme variable économique. Selon les données de la Banque mondiale, chaque dollar investi dans des interventions intégrées de nutrition peut générer un retour allant jusqu'à 23 dollars.

« Investir dans le capital humain dès la naissance est le fondement de toute croissance durable et inclusive », a déclaré Tony Verheijen.

De son côté, le directeur régional adjoint de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, s'exprimant au nom de Gilles Fagninou (directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre à l’UNICEF), a rappelé les résultats du Fonds Muskoka, actif dans six pays de la région et impliquant quatre agences onusiennes. Entre 2010 et 2024, ce programme a contribué à une hausse de 25 % de l'allaitement maternel exclusif, une baisse de 28 % des retards de croissance et une réduction de 74 % de la malnutrition aiguë sévère.

L'enjeu du troisième jour

Les travaux s'achèveront mercredi par un conclave ministériel consacré au financement domestique. « Comment mobiliser durablement et de façon coordonnée les ressources nécessaires pour financer la nutrition et le développement de la petite enfance ? », a interrogé Tony Verheijen.

L'UNICEF, dont le Plan stratégique 2026-2029 prévoit de concentrer les efforts sur les interventions prioritaires et leur passage à l'échelle, attend de la conférence des engagements mesurables. « Aucune transformation durable ne sera possible sans un engagement accru des États eux-mêmes », a indiqué le représentant de l'organisation.

Ayi Renaud Dossavi

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