(Togo First) - Les établissements de crédit togolais ont contribué à hauteur de 16,2 % des financements transfrontaliers accordés aux 400 plus grandes entreprises utilisatrices de crédits bancaires de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), à fin septembre 2025, selon la BCEAO.
Le pays se classe ainsi parmi les principaux contributeurs, derrière le Burkina Faso (33,1 %), le Bénin (21,0 %) et le Niger (17,2 %). Ces pays se caractérisent par un mouvement d’importation depuis la côte, notamment le Togo et le Bénin, vers l’hinterland, en particulier les pays de l’AES, Burkina Faso, Niger et Mali, ou vers le voisin nigérian, qui ne fait pas partie de l’UMOA.
Ces financements bancaires transfrontaliers en faveur des grandes entreprises sont, du reste, en progression dans l’espace communautaire. À fin septembre 2025, l’encours de ces concours s’est établi à 405,6 milliards FCFA, représentant 4,1 % du total des gros risques, contre 400,9 milliards FCFA trois mois plus tôt et 295,1 milliards FCFA un an auparavant.
Cette progression marque l’implication active et croissante de plusieurs systèmes bancaires nationaux, dont celui du Togo, dans le financement des activités économiques internationales au sein de la sous-région.
Cela dit, en parallèle, la concentration du crédit interpelle. Au Togo, les 50 plus grandes entreprises captent 38,1 % des crédits bancaires à l’économie, selon les données de la banque centrale, un ratio supérieur à la moyenne observée dans certains pays de l’Union. Si les financements transfrontaliers soutiennent l’activité des grands groupes et les échanges régionaux, ils posent également la question de l’équilibre entre le soutien aux acteurs majeurs et l’accès au crédit pour les PME, encore largement dépendantes des marchés domestiques.
Ayi Renaud Dossavi