(Togo First) - Au Togo, la mise en œuvre de la Solution automatisée de marquage (SAM) ne se fait pas sans défis, et les efforts d’implémentation révèlent des fragilités persistantes dans les circuits de distribution. Malgré le caractère obligatoire de la SAM depuis septembre 2020, de récentes missions de contrôle et de sensibilisation conduites sur l’ensemble du territoire, notamment dans les régions Centrale et de la Kara, ont mis en évidence des taux de conformité encore faibles.
Des taux de conformité encore faibles dans les régions
Dans la région Centrale, seuls 30 % des produits contrôlés étaient correctement marqués, selon les résultats présentés à Sokodé à l’issue d’une mission menée du 6 au 13 janvier 2026 dans l’ensemble des préfectures.
« Dans la région Centrale, la mission a scanné 67.506 produits et constaté que seulement 30 % sont marqués. Nous avons également noté une faible activation des vignettes et des cas d’importation frauduleuse, notamment de produits en provenance du Ghana », a indiqué Essotina Single, directeur exécutif de la commission chargée du suivi de la SAM.
Les contrôleurs ont ainsi relevé une faible activation des vignettes, ainsi que des cas d’importation frauduleuse, notamment en provenance du Ghana.
« Le taux de conformité de 30 % relevé dans la région Centrale est anormal. Nous sommes actuellement dans une phase pédagogique, mais si, après cela, les opérateurs ne se conforment pas, ils seront sanctionnés conformément à la loi en vigueur », a précisé Esso-Wavana Ahmed Adoyi, président de la commission chargée du suivi de la SAM.
Ces constats ont conduit la commission à formuler des recommandations à l’endroit des services déconcentrés, notamment les impôts et la douane, afin de renforcer l’application du dispositif.
35 % de conformité dans la région de la Kara

Une situation similaire a été observée dans la région de la Kara, où une mission conduite du 15 au 21 janvier a permis de contrôler 103.801 produits. Parmi eux, 36.082 étaient conformes, soit un taux d’environ 35 %, laissant près de 65 % des produits en circulation hors normes.
« Les contrôleurs ont sillonné les préfectures, communes et villages pendant plusieurs jours, mais le constat montre que le taux d’appropriation de la réforme n’est pas encore atteint », a relevé Esso-Wavana Ahmed Adoyi lors de la restitution à Kara.
Un enjeu fiscal et sanitaire pour l’État
Il convient de rappeler que, pour l’État, le système de marquage pose des enjeux non seulement réglementaires, mais aussi économiques et fiscaux. Outre le renforcement de la traçabilité des produits et la lutte contre la fraude, le dispositif de vignettes vise à protéger la santé des consommateurs et à améliorer la mobilisation des recettes fiscales.
« Le marquage fiscal sécurisé doit être perçu non seulement comme une exigence réglementaire, mais surtout comme un outil de protection des activités, de valorisation des produits et de promotion d’une concurrence loyale sur le marché national », a indiqué à cet égard Tchimbiandja Yendoukoa Douti, préfet de Tchaoudjo assurant les fonctions de gouverneur de la région Centrale.
Vers un durcissement progressif des contrôles
Dans ce contexte, les autorités locales ont appelé les opérateurs économiques à adhérer pleinement au dispositif, présenté comme un outil de sécurisation des activités commerciales et de promotion d’une concurrence loyale. À mesure que la phase pédagogique touche à sa fin, les contrôles devraient s’intensifier, avec l’application progressive des sanctions prévues par la réglementation.
Ayi Renaud Dossavi