(Togo First) - Au Togo, le rapport Women, Business and the Law 2026 du Groupe de la Banque mondiale a été officiellement lancé vendredi 27 mars 2026 à Lomé. La cérémonie, présidée par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.
Un deuxième rang continental, pour une lecture à trois dimensions
Rappelons que, selon les conclusions du rapport publié le 24 février 2026 à Washington, le Togo se classe deuxième en Afrique pour le pilier des cadres juridiques, avec un score de 79,33 sur 100, derrière l'île Maurice (82,30) et devant la Côte d'Ivoire (78,25).
L'édition 2026 a introduit notamment une méthodologie renforcée : au-delà des textes de loi, elle évalue désormais les cadres de soutien institutionnel et les perceptions d'application sur le terrain.

Ainsi, sur le pilier des cadres juridiques, le Togo affiche un score de 79,33 %, et sur le pilier des perceptions d'application, il enregistre 64,54 %, supérieur à la moyenne régionale.
La volonté politique comme premier levier
Pour expliquer ces résultats, la ministre Sandra Ablamba Johnson a mis en avant un facteur déterminant : « Le premier facteur de ces résultats, c'est la volonté politique affirmée au plus haut niveau, celle du Président du Conseil, qui a fait de l'égalité du genre l'une de ses priorités. »
La responsable a également insisté sur la nécessité de ne pas s'arrêter là : « Ces résultats ne doivent pas nous amener à rester dans l'autosatisfaction. Nous devons poursuivre la dynamique des réformes. »
Des acquis législatifs réels, et des chantiers ouverts
Dans le cadre de cette évaluation, il faut relever qu'entre 2023 et 2025, le Togo a engagé des réformes structurelles majeures : protection des travailleuses contre le licenciement dès la grossesse, prise en charge à 100 % du salaire pendant le congé de maternité via la CNSS, et réforme de l'accès au crédit sans discrimination de genre.
Le Togo est également l'un des 12 pays seulement en Afrique subsaharienne à disposer de dispositions légales permettant aux employés de demander des modalités de travail flexibles.
Ceci étant, des défis subsistent. Le cadre d'appui institutionnel affiche un score de 31,95 sur 100, en deçà de la moyenne régionale.
« La loi seule ne crée pas des emplois, n'ouvre pas des crèches, ne garantit pas la sécurité d'une femme qui rentre du travail le soir », a relevé à cet égard Tony Verheijen, Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, tout en assurant de la disponibilité de son institution pour appuyer le pays dans ses efforts.
Pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, cette reconnaissance s'inscrit du reste dans une trajectoire soutenue. Le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) a bénéficié à plus d'un million de femmes, tandis qu'un programme national de lutte contre les grossesses et mariages précoces (2023-2027) a permis d'élaborer 74 plans d'actions communautaires. En 2024, 72 % des bénéficiaires du FNFI étaient des femmes, une donnée partagée à la Commission de la condition de la femme (CSW68) à New York.
Perspective
Dans la foulée, le gouvernement annonce plusieurs initiatives pour 2026, notamment en faveur des filles déscolarisées et des femmes entrepreneures.
R.E.D
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