‘Les Zopitaux et Moi’ ou l’autre façon de rapprocher les patients des hôpitaux

Santé
vendredi, 13 septembre 2019 20:47
‘Les Zopitaux et Moi’ ou l’autre façon de rapprocher les patients des hôpitaux

(Togo First) - Le nom fait presque immanquablement sourire la première fois et pourtant les sujets traités, sont de l’importance la plus capitale aussi bien pour le bien-être individuel que commun. Les Zopitaux et Moi, c’est le nom donné à leur plateforme digitale par une équipe de jeunes togolais étudiants en médecine, afin de pallier au manque d’informations en santé dans le pays. Ludique, instructif, participatif et innovant, les Zopitaux parlent de tout, sans tabou, et ça marche. Togo First a rencontré leur coordonnateur Achille Tchabou.

A votre santé !  

Togo First : ‘Les Zopitaux et Moi’, qu’est-ce que c’est concrètement ?

Achille Tchabou : Les Zopitaux et Moi est en même temps une association et une plateforme qui a pour but de lutter contre l'analphabétisme de la population dans le domaine médical et de combler le fossé qu'il y’a entre les professionnels de la santé et la population. C'est une plateforme digitale développée dans le but de pallier au manque cruel d’information dans le domaine de la santé. Ceci, sachant que ces infos sont difficiles d’accès et la plupart du temps compliquées à comprendre.

T.F : qu’est-ce qui a suscité l’avènement de ce concept ?

A.T : Étudiants en médecine, nous nous sommes rendus compte que nous étions devenus une référence pour nos amis et parents pour tout ce qui a trait au médical. Presque tout le temps, nous recevions des questions comme « combien coute tel médicament ? », « où pouvons nous trouver tel produit ? », « si j’ai telle douleur, de quoi puis-je bien souffrir ? », et ainsi de suite. Très vite nous avons pris conscience qu'énormément de personnes ignoraient beaucoup de choses que nous, nous jugions évidentes à connaître. Aussi dans nos milieux, la santé, la médecine et nos hôpitaux n’ont pas toujours très bonne mine. Pire aucun de ses secteurs ne communique vraiment. Il nous fallait donc redonner un autre visage à la santé et à nos structures de soins et susciter l’envie de s’informer.

Ajouté à cela notre passion commune pour le digital et nous nous sommes dit qu’il fallait profiter de l’impact de plus en plus grandissant des réseaux sociaux pour répondre à ce besoin vital de la communauté d’être informé en temps et en heure, quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Opportunité que le digital nous offrait.

T.F : comment s’est faite alors la transition entre la médecine et le digital ?

A.T : La transition s'est faite assez facilement. Nous étions déjà un peu mordus du digital, même si nous ne maîtrisions pas tous les contours au départ. Une occasion s’est présentée à nous en février 2017 et nous a permis de toucher du doigt la santé appliquée au digital ; ce qui nous a donné une idée plus précise de l’allure que nous voulions donner à notre plateforme. Ceci étant, j'ai suivi une formation en social media management appliquée à la santé, organisée par une structure de la place en 2017. Nous nous sommes donc encore plus outillés pour mieux débuter cette aventure.

Pour la petite histoire, le nom 'Les Zopitaux et moi' nous est venu à la fin de la formation en question.

T.F : quelles sont les activités que mène Les Zopitaux et Moi ? Est-ce uniquement sur les réseaux sociaux ou dans la vie réelle ?

A.T : Nous menons nos activités essentiellement sur le digital. Nous traitons chaque semaine des sujets variés sur la santé. Cela se fait avec des infographies, des vidéos, des sondages, des Lives et surtout des campagnes digitales avec l’aide des influenceurs et leaders d’opinion. Nous diffusons ces informations notamment sur les réseaux sociaux les plus utilisés ici, Facebook, Twitter, Instagram et WhatsApp. Nous utilisons l'audiovisuel pour rendre et partager nos informations de façon ludique, accessible et attrayante. D’ailleurs le nom « Les Zopitaux et Moi » a été donné pour avoir une appréciation moins « sérieuse » et donner l’envie aux personnes de venir s’informer sur la santé et les hôpitaux avec moins de stress.

Nous faisons aussi des activités en présentiel à travers des campagnes de sensibilisation (par exemple sur le cancer du sein, les substances psychoactives, le diabète, l'hygiène menstruelle…) car il nous faut non seulement toucher les couches inaccessibles sur internet mais aussi donner un visage aux personnes qui diffusaient ces informations. Ce sont des informations sensibles donc c'est important pour nous qu'on sache qui en parler. En dehors de ces canaux, nous avons aussi des passages à la radio et à la télé, ce qui nous permet d'atteindre notre objectif : rapprocher l’information médicale de l’individu.

Les Zopitaux et Moi in 1 lautre facon de rapprocher les patients des hopitaux

T.F : qui font alors partie de vos équipes ? 

A.T : L'équipe est actuellement constituée d’une dizaine de personnes. L’infographiste, des rédacteurs web, des médecins généralistes et spécialistes, un pharmacien et de nombreux médecins et autres professionnels de la santé sont contributeurs. Au début l'équipe était constituée de médecins puisque l'idée émanait d'un médecin. Mais ensuite, pour donner une allure professionnelle à la plateforme, des professionnels du digital ont rejoint l'équipe. Donc, en gros, 2/3 de l'équipe est médicale et le restant est focus sur le digital.

Toute cette équipe s’auto-finance. Les actions sont financées par les membres de l’équipe eux-mêmes. L’occasion pour nous de lancer un appel à tous les sponsors et les bonnes volontés.

T.F : quels sont les thèmes que vous développez sur la plateforme ? Nous avons remarqué un nombre conséquent de thèmes relatifs à la femme. Pourquoi ? 

A.T : Nous abordons tous les sujets de la santé et la médecine. Par exemple, nous avons parlé de la prostate, de la drépanocytose, du cancer du sein, du cancer du col de l'utérus, de l’asthme, et de l'hygiène menstruelle… Plus d’une cinquantaine de sujets déjà traités. C'est vrai que l'accent est mis sur la santé de la femme parce qu’elle a une santé plus fragile, elle a moins accès aux structures de soins que l'homme et quand une femme est en bonne santé c'est toute la cellule familiale qui se porte bien.

T.F : à l’heure des fake news et où tout le monde s’érige en expert sur les réseaux sociaux, comment arrivez-vous à évoluer ? 

A.T : Nous avons pu imposer notre notoriété sur la durée. Les internautes ont vraiment pris le temps d'analyser les informations que nous partageons et notre avantage est que nous ne sommes pas cachés. Tous les professionnels de la santé qui interviennent sur la plateforme sont connus. Ce sont des médecins sortis des universités et écoles connues qui interviennent aussi offline dans nos activités donc les internautes ont pu mettre un visage sur chaque personne derrière la plateforme ainsi que les contributeurs. Nous pouvons dire donc que c'est grâce au temps et à l'analyse des informations que nous divulguons qui certifie un peu notre notoriété. Nos nombreux passages sur RFI et récemment à la BBC le démontrent aussi.  

Les Zopitaux et Moi in 2 lautre facon de rapprocher les patients des hopitaux

T.F : vos ambitions ?

A.T : Notre ambition est de devenir l'une des plus larges communautés francophones dans le domaine de la santé. Nous voulons créer une puissante communauté de partages. Il est inadmissible de mourir aujourd’hui par manque d’informations mais force est de constater que cela arrive tous les jours. Parfois c’est juste le voisin qui a la réponse. Grâce au digital, ces partages peuvent se faire et cela peut sauver des vies. Il est important aujourd'hui de communiquer dans tous les domaines et encore plus en santé. Nous voulons donc créer un puissant canal de communication au sein d’une communauté santé francophone et qui devienne incontournable.

Interview réalisée par Octave A. Bruce

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