(Togo First) - Le Chapitre togolais de l'Internet Society (ISOC-Togo) organise ce vendredi 19 juin 2026 à l'UniPod de l'Université de Lomé, la 12e édition du Forum national sur la gouvernance de l'Internet au Togo (Togo IGF). La rencontre se tient sous le thème « Gouverner à l'ère de l'intelligence artificielle, des données massives et des dynamiques géopolitiques : enjeux de souveraineté numérique au Togo ».
L'édition 2026 s'inscrit dans le prolongement de l'Agenda de Tunis pour la société de l'information, adopté en 2005. Elle a été précédée de deux temps forts : l'École togolaise de la gouvernance de l'Internet (TogoSIG), tenue le mercredi 17 juin, et le Youth IGF Togo, organisé le lendemain, 18 juin, dont les recommandations ont alimenté les échanges du forum national.
La cérémonie d'ouverture a réuni les représentants de l'IGF Support Association, de la Commission de la CEDEAO, du Secrétariat des Nations Unies pour la gouvernance de l'Internet et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Président de l'organisation, Emmanuel Vitus Agbenowossi a situé l'enjeu pour le continent : « Il est important pour nous, en tant qu'Africains, de comprendre où est-ce que nous en sommes dans cette révolution. Est-ce que nous pouvons rester sur le quai ou nous devons monter dans ce train ? ».

Celui-ci a précisé que le forum réunit habituellement entre 200 et 300 participants issus du gouvernement, des agences publiques, des régulateurs de l’internet, du monde académique, du secteur privé et de la communauté technique.
Sur la portée du thème retenu, M. Agbenowossi a affirmé que la souveraineté numérique « doit être envisagée comme une capacité nationale à collaborer avec discernement, à renforcer la confiance au niveau des utilisateurs, à protéger aussi les utilisateurs et à développer des compétences locales prêtes à contribuer aux débats régionaux et internationaux qui façonnent l'avenir du numérique ».
L'ouverture de la rencontre a été marquée par une intervention de Adjalle-Dadji Yao Délali, Docteur en droit privé, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle, qui a situé les enjeux de souveraineté numérique en Afrique. Il a rappelé qu'aucun pays africain, hormis l’Ile Maurice, l'Égypte et l'Afrique du Sud, ne figure parmi les cinquante premiers pays au monde en matière d'intelligence artificielle.
Trois panels structurent du reste les travaux de l'après-midi : intelligence artificielle et préparation stratégique, modéré par l'Université de Lomé ; gouvernance des données et confiance numérique ; et souveraineté numérique dans un contexte géopolitique.

Notons qu’au-delà du débat sur la souveraineté numérique, le Togo a engagé depuis plusieurs mois une série d'initiatives visant à renforcer les compétences nationales en intelligence artificielle. En juin 2025, le gouvernement a lancé, à l'Université de Lomé, un programme national de formation en intelligence artificielle, programmation informatique et anglais numérique. Déployée en partenariat avec la startup américaine Kira Learning, l'initiative ambitionne de former à terme 50 000 étudiants par an aux compétences clés de l'économie numérique. Une première cohorte de 15 000 apprenants a été ciblée dans les universités publiques du pays.
Accessible gratuitement en ligne, le programme combine cours interactifs, exercices pratiques et accompagnement individualisé par un tuteur alimenté par l'intelligence artificielle. Les formations portent notamment sur la programmation Python, les fondamentaux de l'IA et l'anglais appliqué aux métiers du numérique. Selon le ministère en charge de la Transformation digitale, l'objectif est de permettre aux étudiants, quelle que soit leur filière d'origine, d'acquérir des compétences directement mobilisables sur le marché du travail et de participer à la création de solutions technologiques adaptées aux besoins locaux.
Les recommandations issues des travaux de l’ISOC Togo seront transmises au gouvernement togolais et aux parties prenantes du secteur, dans la perspective de leur déclinaison en politiques publiques.
Ayi Renaud Dossavi