Au Togo, le gouvernement et la coopération allemande lancent une nouvelle phase de leur partenariat en faveur du développement territorial, via le projet « GNOZOU », officiellement lancé mardi 9 juin à Kara (412 km de Lomé).
Le nouveau projet mobilise un financement de 4,85 milliards FCFA (soit 7,4 millions d'euros), pour accompagner la décentralisation et le développement local dans les régions de la Kara et des Savanes sur une période de quatre ans.
Concrètement, GNOZOU ciblera plusieurs domaines jugés stratégiques, notamment la planification territoriale, le développement économique local, la création d'emplois, la gouvernance financière, la participation citoyenne et la valorisation des potentialités propres à chaque territoire.
Mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), le programme vise notamment à renforcer les capacités des collectivités territoriales afin de mieux valoriser les ressources économiques et sociales de leurs territoires.
Le programme prévoit également des actions notamment celles destinées à renforcer la participation des jeunes au développement local et à la cohésion sociale dans les zones bénéficiaires.
Cette initiative intervient dans un contexte où la Politique nationale de décentralisation 2025-2034 entend transférer davantage de responsabilités aux collectivités locales tout en améliorant la qualité des services publics.
Pour les autorités togolaises, l'enjeu consiste désormais à transformer les avancées institutionnelles de la décentralisation en résultats visibles pour les populations. « GNOZOU » doit ainsi contribuer à la professionnalisation des collectivités locales et à une meilleure gestion des compétences transférées par l'État.
Les gouvernorats, les conseils régionaux, les communes, les organisations de la société civile, les acteurs du secteur privé et les administrations publiques figurent parmi les principaux partenaires associés à sa mise en œuvre.
Ayi Renaud Dossavi
À quelques jours du lancement de la Coupe du monde 2026, le groupe togolais New World TV poursuit l'élargissement de son réseau de distribution sur le continent. Le diffuseur panafricain vient d’annoncer un partenariat avec Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA), afin de rendre accessibles ses contenus sportifs premium via la super-application Max it dans neuf pays africains.
L'accord concerne la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Cameroun, la République démocratique du Congo (RDC), le Burkina Faso, la Centrafrique, Madagascar et la Guinée.
Concrètement, les utilisateurs de Max it pourront accéder aux chaînes sportives de New World TV, qui détient les droits de diffusion de plusieurs compétitions internationales majeures, dont la Coupe du monde FIFA 2026, la Ligue des champions de l'UEFA et plusieurs tournois de la FIFA, de l'UEFA et de la CAF.
Pour New World TV, basé à Lomé, l'enjeu dépasse la seule visibilité. Le groupe cherche à renforcer la valorisation de son portefeuille de droits audiovisuels dans un contexte où les usages migrent progressivement vers les plateformes numériques et les terminaux mobiles. Le partenariat lui permet d'accéder directement à une base de plus de 25 millions d'utilisateurs revendiquée par Orange dans la région.
Cet accord est du reste annoncé alors que la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s’ouvre cette semaine et est élargie à 48 sélections avec 104 rencontres prévues. Pour les détenteurs de droits, le défi porte autant sur la diffusion dans les différents pays couverts que sur la protection des contenus face au piratage et à la fragmentation des audiences.
L'intégration des offres de New World TV dans l'écosystème Max it et les services Orange Money devrait permettre à l’acteur basé au Togo, chargé de distribuer le signal de la Coupe du monde vers 43 pays d'Afrique subsaharienne depuis Lomé, de simplifier l'accès aux contenus payants tout en élargissant leur portée commerciale, pour un événement aux enjeux télévisuels majeurs.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, plus de 1200 nouveaux agents s’apprêtent à intégrer la fonction publique. Recrutés pour le compte du ministère des Finances et du budget à l’issue du concours organisé en décembre 2024, ces nouveaux fonctionnaires feront le 1er juillet prochain leur prise de service.
En prélude à leur intégration, ils sont conviés à une réunion de prise de contact organisée à Lomé par le ministère. Cette rencontre permettra aux recrues de mieux découvrir leur future administration, de se familiariser avec leurs missions ainsi qu’avec leurs droits et obligations en tant qu’agents de l’État.
Les nouveaux fonctionnaires présentent des profils variés. Ils comprennent notamment des administrateurs des finances, des analystes financiers, des auditeurs-contrôleurs de gestion, des auditeurs des finances, des fiscalistes, des ingénieurs statisticiens-économistes et des économistes planificateurs. La liste des admis inclut également des économétriciens, des inspecteurs centraux du Trésor, des macroéconomistes, des ingénieurs statisticiens, des spécialistes en finance bancaire, des experts en passation des marchés publics ainsi que des administrateurs civils.
Déployés dans différents services et localités du pays, ces agents auront pour mission de renforcer les capacités de l’administration financière et de contribuer à l’amélioration de la gouvernance économique nationale.
Selon les autorités togolaises, ce recrutement s’inscrit dans la stratégie de renforcement des effectifs de l’administration publique et d’amélioration de la qualité des ressources humaines grâce à l’intégration de compétences techniques diversifiées.
Esaïe Edoh
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Le Togo et l’Union européenne (UE) ont tenu, mardi 9 juin 2026 à Lomé, leur quatrième session de dialogue politique dans le cadre de l’Accord de partenariat entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne (OEACP-UE). Cette rencontre a porté sur les questions liées à la paix et à la sécurité, à la démocratie, à la bonne gouvernance ainsi qu’à la coopération économique.
Coprésidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, et l’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, Gwilym Ceri Jones, la session a permis d’examiner les efforts déployés par le Togo en matière de prévention des conflits et de renforcement de la résilience des populations.
À cette occasion, l’Union européenne a réaffirmé son soutien à la coopération sécuritaire, notamment à travers le renforcement des capacités, la lutte contre le terrorisme et l’appui aux initiatives menées au Togo et dans la sous-région.
I chaired with Ambassador @GwilymCJones the @EU_Commission Representative in Togo, the 4th session of the partnership dialogue between Togo and the European Union. Our discussions focused on three main themes:
— Robert Dussey (@rdussey) June 9, 2026
- National,regional,and international peace and security
- Democracy… pic.twitter.com/lfs2kzu7Wa
Les échanges ont également porté sur les questions de gouvernance et de démocratie. Les parties ont passé en revue la mise en œuvre des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU), ainsi que les actions entreprises par le Togo en faveur des droits humains.
À l’issue des discussions, l’UE et le Togo ont réaffirmé leur engagement commun en faveur de l’État de droit, de la bonne gouvernance, du renforcement des institutions démocratiques et de la promotion d’un dialogue inclusif avec la société civile.
Sur le plan économique, les deux partenaires ont évoqué les perspectives de renforcement de leur coopération. L’UE, qui figure parmi les principaux partenaires économiques du Togo, entend accroître les échanges commerciaux et intensifier ses investissements dans plusieurs secteurs stratégiques.
Pour Robert Dussey, cette nouvelle session de dialogue témoigne de l’engagement de l’UE à accompagner le Togo dans ses efforts de développement.
Rappelons que l’UE soutient déjà le pays à travers de nombreux programmes et investissements dans des domaines variés, notamment la sécurité, la gouvernance, l’environnement, les infrastructures et le développement économique.
Esaïe Edoh
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Après Kigali cette année, Lomé accueillera en 2027 le Sommet de l’innovation sur l’énergie nucléaire en Afrique (NEISA 2027). Cette rencontre, qui réunira les principaux décideurs du secteur énergétique africain, sera consacrée aux perspectives de développement de l’énergie nucléaire sur le continent.
Le sommet rassemble traditionnellement des chefs d’État, des ministres, des régulateurs, des investisseurs et des experts autour des enjeux liés à la gouvernance, au financement et au déploiement des technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires (SMR). L’ambition est de contribuer au renforcement de la souveraineté énergétique et industrielle de l’Afrique.
Dans cette dynamique, l’édition de Lomé permettra d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de l’édition 2026, organisée en mai dernier sous le thème : « Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer l’ambition de l’énergie nucléaire en réalité investissable ».
Après Kigali, Lomé accueillera le NEISA 2027 : Capitaliser sur les résolutions de l’édition 2026.
— Ministère de l'Energie et des Ressources Minières (@mineenergie_tg) June 8, 2026
Le NEISA 2027 (Nuclear Energy Innovation Summit on Africa ou Sommet de l'innovation sur l'énergie nucléaire en Afrique) aura lieu à Lomé (Togo).
NEISA est la plateforme stratégique… pic.twitter.com/4IQ182Y2dc
Le rendez-vous de 2027 visera ainsi à « capitaliser sur l’élan de Kigali pour concrétiser les partenariats stratégiques, renforcer les cadres réglementaires régionaux et accélérer la formation de la jeunesse africaine aux technologies nucléaires de pointe », a indiqué le ministère chargé de l’Énergie, qui a annoncé l’organisation prochaine de l’événement dans la capitale togolaise.
Cette annonce intervient alors que le Togo ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 et explore diverses options pour diversifier son mix énergétique, y compris l’énergie nucléaire.
Le pays a d’ailleurs été élu, en septembre 2025, au Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour un mandat de cinq ans, renforçant ainsi sa participation aux instances internationales de gouvernance du secteur nucléaire.
Esaïe Edoh
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Le Togo s’ouvre davantage à l’utilisation du nucléaire et du radiologique
Au Togo, les autorités publiques continuent de consolider le dispositif réglementaire dans les domaines du nucléaire et du radiologique. Réunis en séance plénière le mardi 9 juin 2026, les députés ont adopté à l’unanimité, en première lecture, quatre projets de loi autorisant l’adhésion du pays à plusieurs conventions internationales relatives à la sûreté nucléaire et à la gestion des risques radiologiques.
Ces textes concernent la Convention sur la sûreté nucléaire, la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs, la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire et la Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique.
Un cadre pour anticiper les risques
Pour les autorités, ces adhésions doivent renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de gestion des risques liés aux activités nucléaires et radiologiques.

Lors des débats, la présidente de la Commission des relations extérieures et de la coopération de l’Assemblée nationale, Kouméalo Anaté, a rappelé que les activités liées au nucléaire, qu’il s’agisse de l’exploitation, du transport, du stockage ou de la gestion des matières concernées, impliquaient des exigences élevées en matière de sécurité et de protection de l’environnement. Pour elle, il faut donc « avoir des mécanismes de contrôle, prévenir et sécuriser afin de mieux protéger les vies humaines et notre environnement ». En ce sens, indique la députée, les quatre conventions adoptées créent un ensemble cohérent destiné à encadrer l’utilisation pacifique et sécurisée de cette technologie.
Une stratégie nationale qui se précise
Pour le pays d’Afrique de l’ouest, cette évolution s’inscrit du reste dans la continuité d’actions engagées depuis plusieurs années. En 2020, le Togo s’est doté d’une loi relative à l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique de l’énergie nucléaire. Cette démarche a été complétée par la création de l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaire.

Pour le gouvernement, ces textes marquent une étape supplémentaire devant ouvrir la voie à l’exploitation future des applications civiles du nucléaire. C’est notamment ce qu’a laissé entendre Robert Koffi Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie, présent pour défendre les textes devant les parlementaires. Il les a remerciés : « pour l'approbation de ce texte majeur. » De plus, « dans notre cheminement vers une énergie nucléaire particulièrement sûre et sécurisée dans son utilisation pour notre pays, c'est une démarche cohérente d'adoption de cette série de textes qui rendra l'énergie nucléaire une énergie d'avenir pour notre pays et pour les autres pays qui nous entourent et qui peuvent en tirer avantage ».
Adoptés en première lecture par l'Assemblée nationale, ces quatre projets de loi doivent désormais être examinés par le Sénat, deuxième chambre du Parlement togolais. Une fois validés par les sénateurs, les textes reviendront devant les députés pour leur adoption définitive, conformément à la procédure législative en vigueur.
Rappelons qu’au-delà de la production énergétique, les technologies nucléaires sont utilisées dans plusieurs secteurs économiques, notamment la santé, l’agriculture, la recherche, la gestion de l’eau, l’industrie et certaines applications radiologiques. Les autorités estiment que ces nouvelles adhésions renforceront également les capacités nationales de prévention et de gestion des incidents susceptibles d'affecter les populations, l’environnement et les activités économiques.
Ayi Renaud Dossavi
La Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) poursuit ses investissements sociaux dans les zones de production d’or blanc. L'entreprise a signé, mardi 9 juin à Kara, une convention avec le Conseil régional de la Kara pour financer la réalisation de dix forages d'eau potable au profit des communautés cotonnières de la région.
Selon les informations, le programme s'étendra sur trois ans, avec trois forages prévus en 2026, trois autres en 2027 et quatre en 2028. Les sites ont été identifiés avec les autorités locales selon leur niveau de vulnérabilité et les besoins exprimés par les populations.
Pour ce qui est du suivi, le Conseil régional assurera la coordination institutionnelle du projet, tandis qu'un comité de pilotage réunissant les acteurs de l'hydraulique, de l'agriculture et de la filière coton suivra sa mise en œuvre.
Dans la région, cette initiative s'annonce alors que la filière cotonnière togolaise affiche des signaux de reprise après plusieurs campagnes difficiles. Selon les statistiques actualisées, la campagne 2025-2026 a enregistré une production de 79 000 tonnes de coton-graine, contre un peu plus de 60 000 tonnes lors de la campagne précédente.
Dans ce contexte de rebond de la filière, l'investissement annoncé dans l'accès à l'eau potable devrait renforcer les conditions de vie des communautés rurales et consolider l'attractivité de la culture du coton.
La NSCT indique déjà vouloir porter les superficies emblavées à plus de 100 000 hectares dès la prochaine campagne, avec pour objectif de retrouver à moyen terme une production de 150 000 tonnes de coton-graine à l'horizon 2030.
R.E.D.
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L'Agence Togo Digital (ATD) a officiellement lancé la Boîte à Outils Digitaux des TPME (BoD-TPME), une plateforme destinée à soutenir la transformation numérique des petites, moyennes et très petites entreprises togolaises. Le lancement est intervenu en début de mois, à Kara, à 412 km de Lomé, en marge de la Semaine nationale des TPME.

Accessible en ligne, la plateforme se présente comme un guichet numérique regroupant plusieurs services : un outil d'évaluation de la maturité digitale des entreprises, un catalogue de solutions numériques, un réseau de conseillers spécialisés et une bibliothèque de ressources pratiques.

Le projet est porté par l'ATD avec l'appui du projet ProDigiT de la GIZ, cofinancé par l'Allemagne, le Luxembourg et l'Union européenne (UE). Il s’inscrit du reste dans le cadre de la stratégie nationale Togo Digital 2025, dont l'un des objectifs est d'accompagner 3000 entreprises dans leur transition numérique.
Rappelons que si les TPME représentent plus de 90 % du tissu économique national, moins de 20 % utilisent des outils numériques dans leur gestion quotidienne, selon les promoteurs de la plateforme.

Concrètement, grâce à ce dispositif, les entreprises pourront réaliser un diagnostic digital personnalisé, identifier des solutions adaptées à leur secteur d'activité et solliciter l'accompagnement de consultants certifiés. La plateforme référence notamment des outils de gestion d'entreprise, de gestion de projet, de stockage de données et de marketing numérique.
Ayi Renaud Dossavi
La France et le Togo ont passé en revue leur partenariat de développement et arrêté les grandes orientations de la coopération bilatérale pour la période 2026-2028, à l'occasion du Comité local de développement (CLD) tenu le 5 juin à Lomé. Selon le communiqué publié lundi 8 juin par l'ambassade de France, l'équipe France au Togo a engagé sur la période récente 395 millions d'euros (environ 259 milliards FCFA) de projets via l'Agence française de développement (AFD).
Ce volume cumulé recouvre des investissements infrastructurels dont les autorités françaises mettent en avant les résultats : accès à l'eau potable pour plus de 552 000 personnes, accès à l'électricité pour 125 000 personnes, modernisation de 49 centres de formation technique et professionnelle, et plus de 600 kilomètres de pistes rurales construites ou réhabilitées, bénéficiant à plus de 500 000 producteurs agricoles, selon la même source.
Dans l'enseignement supérieur, Paris revendique l'appui à la création de l'École polytechnique du Togo et l'attribution de 95 bourses du gouvernement français à des étudiants togolais. Le dispositif Études en France a accueilli plus de 8200 candidats en 2025, avec l'ouverture de nouveaux espaces Campus France à Lomé et Kara. L'enseignement français homologué a élargi sa base à plus de 2500 élèves, contre 857 quatre ans plus tôt, soit un triplement sur la période.
Le volet culturel et société civile complète le tableau : 17 000 spectateurs touchés par les industries culturelles et créatives, 350 bénéficiaires formés, 24 résidences artistiques accompagnées, et 13 organisations sportives de la société civile soutenues, au profit de près de 5000 jeunes. La région des Savanes a, par ailleurs, capté 8 millions d'euros de financements humanitaires sur 2024-2025.
Sur le plan institutionnel, la France met en avant son appui à la création de l'Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), outil clé du chantier de décentralisation togolais.
Trois axes pour 2026-2028
Le CLD a validé trois orientations pour le prochain cycle : soutien à une croissance inclusive et créatrice d'emplois, renforcement des infrastructures et services essentiels, consolidation de la gouvernance et de la cohésion sociale. Deux priorités transversales sont conservées : la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, et un appui renforcé à la région des Savanes, dans une logique de résilience territoriale.
Le rendez-vous s'inscrit dans la continuité d'un partenariat ancien. L’AFD qui opère au Togo depuis 1957 est désormais dirigée par Benjamin Neumann, nommé à la tête du bureau depuis août 2025. Selon les indications données en début d'année par ce dernier à Togo First, le volume annuel moyen de nouveaux engagements de l'agence se situe autour de 40 millions d'euros (26 milliards FCFA), essentiellement en prêts concessionnels orientés vers l'eau et l'assainissement, l'agriculture et l'énergie.
Le calage du cycle 2026-2028 intervient au moment où Lomé poursuit la diversification de ses partenariats financiers, à mesure que se précise la future Feuille de route gouvernementale 2026-2031
Fiacre E. Kakpo
À l'occasion de la Journée mondiale des océans célébrée le 8 juin, le ministre délégué chargé de l'Économie maritime, Kokou Edem Tengue (photo), a rappelé le poids considérable du secteur maritime dans l'économie togolaise, tout en appelant à une mobilisation accrue pour la préservation des ressources marines.
« Près de 70 % de nos activités économiques sont adossées à la façade maritime ; plus de 75 % de nos recettes fiscales en proviennent », a indiqué le ministre dans un message adressé aux acteurs du secteur. Pour Kokou Edem Tengue, la protection des océans relève d'un impératif autant économique qu'environnemental. Le Port autonome de Lomé (PAL) incarne cette réalité : il est, selon le ministre, « le poumon de notre économie et le trait d'union de l'Afrique de l'Ouest avec le monde ».
Ces déclarations s'appuient sur des données mesurables. Le secteur tertiaire togolais, dont les activités portuaires constituent le cœur, représente environ 57 % du PIB national. La contribution directe de la zone maritime est estimée à plus de 50 % du PIB, selon une évaluation agrégée intégrant les activités portuaires, le transport maritime, la pêche et les services logistiques connexes. La croissance économique du Togo en 2024, établie à 5,3 %, a notamment été portée par la bonne orientation de l'activité portuaire, selon la Direction générale du Trésor français.
Le trafic du Port de Lomé…
Le trafic global du Port de Lomé a atteint 30,6 millions de tonnes en 2024, en progression de 1,85 % par rapport aux 30,08 millions de tonnes enregistrées en 2023. Le principal moteur de cette hausse est le transbordement, dont le volume a progressé de 7,11 %, passant de 18,89 à 20,23 millions de tonnes. Ce segment représente désormais environ les deux tiers du trafic total, confirmant le positionnement de Lomé comme hub de redistribution régional.
Le trafic conteneurisé a progressé de 5,19 %, atteignant 2 millions d'EVP en 2024 contre 1,907 million l'année précédente. En mars 2025, le port a établi un record continental en traitant 123 000 mouvements de conteneurs sur le seul mois, soit environ 175 000 EVP. La trajectoire d'expansion vise 2,7 millions d'EVP d'ici 2027.
Recettes fiscales, emplois et rayonnement international
Près de 90 % du commerce extérieur togolais transite par voie maritime, et les activités du port représentent environ 75 % des recettes fiscales nationales. Les recettes propres du PAL ont atteint 39 milliards de FCFA en 2022, contre 29 milliards en 2018, soit une progression de 34 % sur quatre ans. Sur le plan de l'emploi, la plateforme emploie directement plus de 6000 personnes, dont environ 5000 dockers, auxquels s'ajoutent de nombreux emplois indirects dans le transport et la logistique. La pêche, autre pilier de l'économie maritime, représente 4,5 % du PIB agricole et emploie plus de 20 000 personnes.
Ces performances ont valu au port plusieurs distinctions récentes. En novembre 2025, lors du 45e Conseil de l'Association de Gestion des Ports de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (AGPAOC), Lomé a été classé meilleur port africain pour le trafic de transit. Il figure au 92e rang mondial dans l'édition 2025 du classement de Lloyd's List, et au premier rang des ports à conteneurs d'Afrique subsaharienne.
Célébrer les océans, protéger ce patrimoine
C'est dans ce contexte que le Haut Conseil pour la mer a organisé, à Lomé, un atelier consacré aux aires marines protégées, réunissant administrations publiques, chercheurs, collectivités locales et acteurs économiques. Les autorités ont alerté à cette occasion sur les effets de la pollution, de l'érosion côtière et de la surexploitation des ressources halieutiques. Le gouvernement met en avant plusieurs réformes : lutte contre les pollutions marines, restauration des mangroves, planification spatiale marine et modernisation des infrastructures portuaires, autant de chantiers au service d'une économie bleue conçue comme levier de croissance et de résilience pour les communautés côtières.
« Sauver l'océan, ce n'est donc pas un slogan : c'est, très concrètement, défendre nos emplois, notre souveraineté alimentaire, nos recettes publiques », a déclaré Kokou Edem Tengue.
Une conviction partagée par Laré Penn, du Haut Conseil pour la mer : « La protection des océans, du littoral et des ressources marines ne peut être une activité ponctuelle limitée à une journée de célébration. Elle doit devenir un engagement permanent. »
Ayi Renaud Dossavi