Le Togo est perçu comme une plateforme stratégique d’investissement en Afrique de l’Ouest par le Corporate Council on Africa, principale organisation d’affaires américaine regroupant des entreprises des États-Unis et du continent africain. Cette position a été exprimée par Florizelle Liser, PDG de l’organisation, à l’issue d’une rencontre avec le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le jeudi 21 mai 2026 à Lomé.
Selon la responsable, l’intérêt porté au Togo repose sur plusieurs atouts structurels, notamment la présence d’un port en eau profonde et une position géographique favorable au commerce régional.
Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu ce 21 mai 2026 à Lomé, avec la Présidente Directrice Général du Corporate Council on Africa Madame Florizelle Liser.
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) May 21, 2026
Les échanges ont essentiellement porté sur les mécanismes de renforcement du partenariat… pic.twitter.com/y2TdfH156g
« Nous considérons le Togo comme une plateforme stratégique d’investissement pour la région ouest-africaine. Le pays dispose de nombreux atouts qui en font un hub naturel pour l’Afrique de l’Ouest. Nous pensons qu’il existe d’importantes opportunités pour renforcer les échanges commerciaux », a déclaré Florizelle Liser.
Dans cette dynamique, la dirigeante a salué le potentiel économique du pays et son positionnement dans la sous-région. Elle a notamment relevé les réformes engagées ces dernières années, qui ont contribué à améliorer l’attractivité du Togo et à renforcer son intégration dans les circuits économiques régionaux.
Pour Florizelle Liser, cette évolution ouvre des perspectives en matière de coopération économique, notamment entre les États-Unis et les pays africains. Le Togo pourrait ainsi jouer un rôle dans le renforcement des relations commerciales entre les deux espaces.
A noter que les échanges ont également porté sur l’organisation du prochain Sommet des affaires USA-Afrique, prévu en juillet 2026 à l’Île Maurice.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le projet Bonne Gouvernance Financière / Good Financial Governance (GFG), est arrivé à son terme. La clôture a été marquée par une rencontre tenue le mardi 19 mai 2026 à Lomé et consacrée à la présentation des résultats enregistrés au terme des quatre années d’exécution.
Financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) à hauteur de 9,5 millions d’euros, soit plus de 6,23 milliards FCFA, et exécuté par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), le projet a permis d’importantes avancées dans la gestion des finances publiques. Selon la coordination, les actions menées ont contribué au renforcement du pilotage des réformes, à une meilleure cohérence entre planification, budgétisation, exécution et suivi-évaluation, ainsi qu’à des progrès dans la mobilisation des recettes domestiques.
Le programme a également soutenu la modernisation des mécanismes de contrôle des finances publiques, la consolidation de la soutenabilité budgétaire et le renforcement de l’autonomie financière de l’État. Par ailleurs, les organes de contrôle internes et externes ont été davantage outillés, améliorant ainsi leur efficacité.
Ces résultats s’inscrivent dans le cadre du partenariat germano-togolais pour les réformes, conclu en juillet 2021, et contribuent à l’atteinte de l’Objectif de développement durable 16, relatif à la promotion d’institutions efficaces, responsables et transparentes. L’initiative est également alignée sur l’axe 3 de la feuille de route gouvernementale, dédié à la modernisation du pays et au renforcement des structures étatiques.
« Le projet GFG a permis de doter le Togo d’un système de suivi des réformes plus performant, transparent et participatif, tout en renforçant la mobilisation des recettes et l’équité fiscale », a indiqué Bawenao Adjoke, chef de projet.
Pour sa part, le Secrétaire général du ministère des Finances et du budget, Stéphane Akaya, a souligné la portée structurelle des réformes engagées : « les résultats obtenus démontrent que les réformes des finances publiques constituent un levier stratégique de transformation de l’État, au-delà de simples ajustements techniques ».
Dans la continuité, une nouvelle phase est envisagée et sera axée sur le développement territorial intégré. Celle-ci devrait porter sur l’appui au développement local durable et inclusif, notamment dans les régions des Savanes et de la Kara, avec pour objectif de renforcer l’attractivité des territoires et la gouvernance financière des collectivités.
Esaïe Edoh
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La GRCRO 2026 prolonge la stratégie de Lomé de se positionner comme hub régional de la conformité, à un moment où plusieurs États voisins dépendent encore d'évaluations GAFI. Le saut à 1000 participants signale l'ambition d'un standard panafricain.
À Lomé, la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO) se tiendra les 8 et 9 juillet 2026 à l'Hôtel 2 Février. Près de 1000 professionnels de la conformité, régulateurs, magistrats et éditeurs de logiciels sont attendus, contre 600 lors de l'édition précédente, autour du thème : « la fraude, la corruption et le blanchiment de capitaux à l'ère de l'intelligence artificielle (IA) ».
Organisée par l'Association togolaise des Compliance Officers (ATCO), la rencontre se place pour la deuxième année consécutive sous le haut patronage du président du Conseil, Faure Gnassingbé. Lancée officiellement le 12 mars dernier à Paris, devant 200 professionnels réunis par l'ambassade du Togo en France, l'édition 2026 marque un saut d'échelle géographique : la deuxième édition de juillet 2025 avait rassemblé des participants de 42 pays, à dominante africaine ; celle de 2026 vise les cinq continents.
« L'enjeu de la GRCRO n'est pas seulement de pointer les insuffisances, mais de confronter les pratiques, de faire circuler les expériences et de nourrir une dynamique régionale plus cohérente en matière de conformité », soulignait Me Nikada Batchoudi en juillet 2025. Avocat au barreau de Luxembourg, le président de l'ATCO est le promoteur de l'événement.
Le calendrier coïncide avec un cycle décisif pour le continent. Lors de sa plénière d'octobre 2025, le Groupe d'action financière (GAFI), instance internationale de référence en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), a retiré simultanément quatre pays africains de sa liste grise : le Burkina Faso, le Nigeria, l'Afrique du Sud et le Mozambique. Mais huit États du continent y figurent encore en février 2026, parmi lesquels la Côte d'Ivoire, l'Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Kenya, selon les données publiées par le GAFI.
Pour Lomé, qui n'apparaît pas sur la liste grise, la GRCRO s'inscrit dans une stratégie de positionnement régional. La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), présente aux deux dernières éditions, figure parmi les contributeurs réguliers. « Il est essentiel que notre place financière demeure crédible aux yeux des investisseurs », avait insisté son directeur général, Edoh Kossi Amenounvé, en marge de l'édition 2025. La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo) et la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) figurent également parmi les institutions associées aux travaux.
Le thème retenu cette année place les outils technologiques au cœur des débats. Les organisateurs entendent y examiner la double face de l'IA : d'un côté, un levier pour la cartographie des risques, la détection des signaux d'alerte et la surveillance automatisée des transactions ; de l'autre, un vecteur de nouvelles menaces, des deepfakes employés à des fins de fraude documentaire aux schémas d'escroquerie automatisée. Le programme détaillé 2026, en cours de finalisation, prolongera le certificat Compliance Afrique LBC-FT co-animé en janvier dernier à Lomé avec le cabinet français AFGES.
Les inscriptions, ouvertes depuis le 12 mars, se sont achevées le 12 mai. Les organisateurs misent sur cette troisième édition pour transformer le rendez-vous togolais en référence panafricaine de la conformité, dans une région où les exigences du GAFI continuent de structurer les politiques publiques en matière de criminalité financière.
Fiacre E. Kakpo
Le 20 mai 2026, IB Bank Togo réunissait ses clients corporate pour un séminaire consacré aux opérations internationales. Ce type de rencontre, présenté par ses organisateurs comme une première sur la place de Lomé, illustre un mouvement plus large, depuis l’entrée en vigueur, en décembre 2024, d’un nouveau règlement de l’UEMOA relatif aux relations financières extérieures. Les banques togolaises s’emploient en effet à repositionner leur offre et à accompagner leurs clients dans l’adaptation à un cadre réglementaire profondément renouvelé. Entreprises importatrices et exportatrices, elles aussi, doivent revoir certaines de leurs pratiques.
Un corpus réglementaire révisé
Le nouveau Règlement de 2024 relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l'UEMOA, adopté le 20 décembre 2024 par le Conseil des ministres de l'UEMOA et entré en vigueur à la même date, abroge et remplace le Règlement de 2010 qui régissait jusqu'alors les relations financières extérieures des États membres.
Ce nouveau cadre, accompagné de textes complémentaires (instructions d'application et notes circulaires), introduit un ensemble de dispositions révisées portant notamment sur la domiciliation des opérations d'importation et d'exportation, les modalités de rapatriement des recettes d'exportation, les paiements d'acomptes à l'international et les instruments de couverture du risque de change.
L'enjeu est de taille pour les opérateurs économiques résidents ; par exemple, toute transaction avec l'étranger s'inscrit désormais dans un cadre plus strictement défini, assorti d'obligations de justification documentaire renforcées et d'une surveillance accrue des flux de devises par la BCEAO.
Les acomptes à l'importation en ligne de mire
Parmi les innovations les plus concrètes du nouveau règlement figure la limitation des paiements d'acomptes à l'international.
Selon Harouna Gouba, Directeur des paiements de la Banque Digitale et de l'Innovation d'IB Bank Togo, le plafond est désormais fixé à 50 % du montant de la transaction, contre 80 % (voire 100 % avant expédition), qui étaient tolérés sous le régime antérieur.

« Le régulateur estime qu'il faut se limiter à 50 %. Le complément pourrait être fait lorsqu'on a des évidences qu'on a effectivement une marchandise ou un service à destination de la zone », explique-t-il.
Cette mesure traduit la volonté de la BCEAO de mieux contrôler les sorties de devises et de s'assurer de l'entrée effective des contreparties dans la zone monétaire. Pour les importateurs, elle implique de revoir les termes de leurs contrats avec les fournisseurs étrangers, et d'anticiper d'éventuelles résistances de la part de partenaires qui exigent des conditions de paiement plus favorables.
Un secteur bancaire togolais ancré dans le financement des échanges
Le contexte dans lequel s'inscrit ce changement réglementaire est celui d'un secteur bancaire togolais structurellement orienté vers le financement du commerce. Le Togo compte 14 banques en activité, dont 11 filiales et 3 succursales. Selon les données du Conseil national du crédit, le volume de crédits accordés aux opérateurs économiques a atteint 966 milliards de FCFA en 2024, en hausse de 18 % par rapport à 2023. Le commerce demeure du reste le principal bénéficiaire des crédits à court terme, avec près de 200 milliards de FCFA, dominé par le commerce de gros qui capte 141 milliards. Ces volumes traduisent une économie fortement importatrice, dans laquelle les banques jouent un rôle d'interface critique avec les partenaires étrangers.
Dans ce paysage, IB Bank Togo (International Business Bank), issue de la privatisation et du changement de dénomination de l'ancienne Banque Togolaise pour le Commerce et l'Industrie (BTCI), revendique un positionnement explicite sur le segment des opérations internationales. L’acteur bancaire a érigé une direction dédiée aux paiements pour porter cet axe stratégique.
Le banquier conseil, interface entre réglementation et terrain
C'est dans ce contexte que la banque a organisé, le mercredi 20 mai 2026, un séminaire destiné à sa clientèle corporate ; une démarche qu'Harouna Gouba décrit comme « (peut-être) une première sur la place du Togo» dans ce format. Il s’agit d’une part « d’exécuter notre rôle de banquier conseil", et d’autre part de "porter l'information à nos clients » sur les changements réglementaires, tout en recueillant leurs préoccupations.
Le ton est délibérément pédagogique. Les sujets abordés ont couvert les instruments de paiement internationaux (crédits documentaires, lettres de crédit standby, remises documentaires) ainsi que les modalités de confirmation et les instruments de couverture du risque de change. Des questions pratiques ont émergé des participants : gestion des frais de confirmation imposés par les banques correspondantes, choix entre instruments selon le profil de la relation fournisseur, ou encore comportement des partenaires chinois vis-à-vis des lettres de crédit standby.

Pour les entreprises concernées, il s’agit d’intégrer que les nouvelles règles "peuvent avoir des impacts dans la relation que les clients ont avec leurs partenaires à l'étranger", comme le souligne Gouba, et demandent une anticipation en amont, notamment dans la rédaction et la renégociation des contrats commerciaux internationaux.
Le nouveau paysage réglementaire érigé par la Banque centrale communautaire apporte donc, bon gré mal gré, une complexité supplémentaire dans un environnement des affaires déjà exigeant, que les établissements bancaires bien positionnés pourraient transformer en avantage concurrentiel.
Ayi Renaud Dossavi
Le MoU entre Scanning Systems et la ZLECAf hisse Cinkassé du statut de pilote UEMOA à celui de référence continentale, confirmation de la stratégie de hub logistique auquel prétend Lomé. Reste la persistance des faux frais et des délais, qui érode la promesse d'intégration.
À Lomé, Scanning Systems et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ont signé un mémorandum d'entente pour déployer des postes frontaliers à guichet unique sur le continent. L'accord, paraphé en marge du forum Biashara Afrika 2026, place sous les projecteurs, un site stratégique pour le Togo : le poste de contrôle juxtaposé (PCJ) de Cinkassé, à la frontière nord avec le Burkina Faso.
Mis en service en mai 2011, le PCJ de Cinkassé regroupe sur un même site les administrations douanières, sanitaires et de transport des deux pays voisins. En 2025, plus de 382 000 véhicules y ont transité, en hausse de 20 % sur un an, selon Scanning Systems, l'opérateur basé à Abidjan, détenu à 70 % par Tassec Investment Holding de l'homme d'affaires Mory Diané, et à 25 % par Africa50, plateforme panafricaine d'investissement en infrastructures.

Le site se trouve sur la route nationale qui relie Lomé à Ouagadougou, un corridor vital pour le Burkina Faso, pays enclavé qui s'appuie largement sur le port autonome de Lomé pour son commerce extérieur. Les deux États appartiennent à l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dans le cadre de laquelle a été conçu ce premier poste frontalier intégré. C'est cette expérience que Scanning Systems entend désormais répliquer à l'échelle du continent. « La ZLECAf met en place le cadre normatif et réglementaire. Elle a donc besoin d'un bras opérationnel », a déclaré Mory Diané à Lomé. « Fort de l'expérience avec les postes de Cinkassé et de Laleraba, il est temps pour nous d'aller vers d'autres régions africaines. »
Le calendrier n'est pas anodin. Devant un parterre de 1500 décideurs réunis du 18 au 20 mai dans la capitale togolaise, le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mène, a chiffré le commerce intra-africain à 220 milliards de dollars en 2024, soit une progression de 12,5 % sur un an, avec une projection à 230 milliards d'ici 2027. Ces échanges ne représentent encore que 15 % des exportations du continent, contre plus de 60 % au sein de l'Union européenne, a rappelé le ministre togolais de l'Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki.
Pour le Togo, qui accueille pour la première fois Biashara Afrika après Johannesburg en 2023 et Kigali en 2024, l'enjeu est de consolider son positionnement de porte d'entrée logistique de la sous-région. Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a ouvert l'événement en plaidant pour une opérationnalisation rapide du marché unique africain.
Sur le terrain, le bilan du PCJ de Cinkassé reste pourtant contrasté. Une étude de l'Association pour l'anthropologie du changement social et du développement (APAD) souligne que l'objectif d'un passage en une à deux heures n'est pas encore atteint, et que des prélèvements informels de 2000 à 7000 francs CFA persistent malgré l'interconnexion des douanes des deux pays.
Scanning Systems revendique aujourd'hui un portefeuille de douze PCJ en concession en Afrique de l'Ouest. Un troisième site opérationnel, à Zégoua, à la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Mali, est attendu d'ici à fin 2026. Depuis 2024, l'opérateur conduit également des études de faisabilité pour quatre postes pilotes en zone Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). L'extension à la ZLECAf, désormais formalisée, ouvre un nouvel horizon pour le modèle initié à Cinkassé.
Fiacre E. Kakpo
L'économie togolaise a maintenu sa trajectoire d'expansion en 2025. Selon les premières estimations des comptes nationaux annuels publiées en mai 2026 par l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), le produit intérieur brut nominal s'établit à 6919,1 milliards de FCFA.
En volume, la croissance ressort à 6,3 %, prolongeant la dynamique engagée depuis la reprise post-Covid, soutenue par l'ensemble des secteurs, avec une contribution notable du tertiaire.
Ces chiffres dépassent sensiblement les prévisions publiées par les institutions multilatérales en amont de l'année : la Banque mondiale tablait sur un ralentissement à 5,0 % en 2025, et le FMI anticipait un niveau similaire de 5,3 %. L'économie togolaise a donc surpris par sa résilience, sur la base des estimations des acteurs publics nationaux.
Le tertiaire, colonne vertébrale indélogeable
Dans le pays, l'architecture sectorielle ne change pas de nature, avec un secteur tertiaire qui reste le principal moteur de la création de richesse au Togo. Ce dernier affiche une valeur ajoutée brute nominale de 3403,8 milliards de FCFA en 2025 et une croissance en volume de 7,0 %, légèrement supérieure à celle de 2024 (6,8 %). Sa contribution à la croissance du PIB s'établit à 3,5 points de pourcentage, soit plus de la moitié de la progression totale.
Dans le détail, trois branches tirent particulièrement la performance du secteur. Les transports et l'entreposage enregistrent une hausse de 16,2 % en volume, leur contribution passant de 0,4 point en 2024 à 1,4 point en 2025. Pour Lomé, cette performance prolonge le dynamisme de son port, dont le trafic a atteint 2,06 millions d'EVP en 2024, en hausse de 8 %, ce qui lui vaut la 92e place du classement Lloyd's List 2025 et le statut de seul port subsaharien dans le top 100 mondial. Le port reste d'ailleurs le principal point d'entrée des marchandises à destination des pays de l'hinterland et du Sahel, et le transport maritime représente 90 % des échanges commerciaux du pays.
L'information et la communication progressent quant à elles de 17,2 %, avec une contribution de 0,8 point à la croissance. Cette accélération traduit l'intensification des usages numériques et la montée en puissance des infrastructures télécoms dans le pays. Enfin, le commerce affiche une hausse de 9,9 %, contribuant à hauteur de 0,7 point, signe d'une consommation intérieure et d'un commerce de transit encore actifs.
Le secondaire accélère, porté par le BTP et les mines
Selon les estimations, le secteur secondaire, c'est-à-dire les activités qui transforment les matières premières issues du secteur primaire pour fabriquer des produits finis ou semi-finis, comme l'industrie et la fabrication mécanique ou artisanale, affiche pour sa part une croissance en volume de 7,5 % contre 7,3 % en 2024, et une contribution stable de 1,5 point à la croissance du PIB.

C'est la branche construction qui tire la performance vers le haut, avec une progression de 16,9 % de sa valeur ajoutée, contribuant à 0,5 point de croissance. Elle est relayée par la fabrication de matériaux de construction, en hausse de 27,4 %, reflet des chantiers d'infrastructure en cours sur le territoire. Les industries extractives progressent également de 10,6 %, consolidant une dynamique engagée depuis plusieurs années.
En toile de fond, l'activité industrielle avait montré des signaux encourageants dès le début de l'année. En janvier 2025, l'indice de la production industrielle progressait de 10,5 % après une hausse de 11,0 % en décembre 2024, annonçant la trajectoire positive confirmée par les comptes annuels.
Un secteur primaire toujours contributeur, mais en décélération
Le secteur primaire, qui repose essentiellement sur l'agriculture, l'élevage et la sylviculture, enregistre une croissance de 4,2 % en 2025, en net recul par rapport aux 5,7 % de 2024. Sa contribution à la croissance passe ainsi de 1,1 à 0,8 point.
Ce ralentissement, qui demeure positif, suggère des conditions moins favorables sur le plan climatique ou de la productivité agricole. Il intervient dans un contexte où l'agriculture continue d'assurer une large partie de l'emploi rural, même si sa part dans la valeur ajoutée globale se réduit progressivement au fil des ans.
Deux bémols notables : finances et administration publique
Deux branches du secteur tertiaire ternissent quelque peu un tableau par ailleurs favorable. Les activités financières et d'assurance reculent de 9,6 % en volume en 2025, après une progression de 13,2 % en 2024, entraînant une contribution négative de 0,3 point à la croissance du PIB.
Cette contraction, qui représente en valeur nominale un recul de 209 à 188,9 milliards de FCFA de valeur ajoutée, traduit des pressions sur les marges du secteur bancaire que les données agrégées ne permettent pas d'expliquer à elles seules.
L'administration publique, pour sa part, recule de 8,8 %, amputant la croissance de 0,6 point, ce qui reflète probablement les efforts de consolidation budgétaire engagés par le gouvernement, dans un contexte où la dette publique a été ramenée à 65 % du PIB à fin juin 2025, contre 69 % fin 2024, en dessous du plafond de 70 % fixé par l'UEMOA.
Un cap maintenu, malgré un contexte difficile
En 2025, la poursuite de la croissance économique à plus de 6 %, combinée à un ralentissement progressif de la croissance démographique, a permis au PIB par habitant de franchir la barre des 1300 dollars, selon les estimations de Togo First, un seuil symbolique que les révisions des données démographiques issues du recensement de 2022 ont contribué à atteindre.
Ces premières estimations de l'INSEED, calculées à partir des comptes nationaux trimestriels selon les principes du SCN 2008 et amenées à être révisées, dessinent une économie togolaise dont la structure se confirme : tertiaire dans ses fondements, en cours d'industrialisation progressive, avec une base agricole qui se stabilise sans plus accélérer.
La prochaine étape sera de vérifier si la dynamique se maintient en 2026, dans un environnement régional marqué par des tensions sécuritaires et une conjoncture internationale peu favorable aux économies de transit.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) lancera le 26 mai prochain, une nouvelle enquête nationale de satisfaction auprès des utilisateurs des services de téléphonie mobile du pays. L’opération, qui couvrira l’ensemble du territoire, a pour but de mesurer la perception des consommateurs sur la qualité des services fournis par les opérateurs.
Les abonnés seront appelés à évaluer plusieurs aspects des services télécoms, notamment la qualité des appels, la couverture réseau, l’accès à internet mobile, la disponibilité des services et la gestion des réclamations.
Pour le régulateur, cette campagne devrait en outre permettre d’identifier les attentes des consommateurs dans un contexte marqué par la croissance des usages numériques et de l’internet mobile au Togo. Les résultats serviront par ailleurs à mesurer l’évolution des performances des opérateurs et à orienter les futures actions de régulation.
Rappelons que l’ARCEP mène ce type d’enquête de manière régulière depuis 2022. Lors de l’édition 2024, plus de 15000 consommateurs avaient participé à la consultation nationale. Les résultats avaient montré une amélioration du niveau de satisfaction globale des clients des opérateurs mobiles, passé de 44 % en 2023 à 51 % en 2024.
Dans le détail, 58 % des abonnés de Moov Africa Togo se déclaraient alors satisfaits des services reçus, contre 47 % pour les clients de Togo Cellulaire. Malgré cette progression, les consommateurs continuaient de dénoncer des tarifs jugés élevés et des problèmes liés à la qualité de service et à la disponibilité des réseaux, selon le rapport de l’ARCEP.
Ayi Renaud Dossavi
Rencontré en marge de la Conférence régionale sur la Nutrition et la Petite Enfance d'Afrique de l'Ouest et du Centre, qui s'est tenue à Lomé du 11 au 13 mai 2026, Gordon Jonathan Lewis, directeur régional adjoint du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, représentait le directeur régional Gilles Fagninou. Il a répondu à nos questions sur les réalités du terrain, les freins persistants et la situation spécifique du Togo.
TF : La région Afrique de l'Ouest et du Centre concentre un tiers de la mortalité mondiale des enfants de moins de cinq ans. Concrètement, qu'est-ce que cela signifie pour un enfant dans un village du Sahel ou du Golfe de Guinée ?
Gordon Jonathan LEWIS : Derrière les chiffres, il y a des enfants qui grandissent avec la faim, la fatigue et parfois le silence. Un enfant malnutri tombe fréquemment malade, a moins d'énergie pour jouer ou apprendre, ne grandit pas bien, et ses résultats scolaires sont compromis. Parfois, il parcourt plusieurs kilomètres avec sa mère pour accéder à un centre de santé. Mais la malnutrition ne touche pas uniquement l'enfant. Une mère qui doit interrompre ses activités pour s'occuper d'un enfant malade perd des revenus. Des enfants qui grandissent avec des retards de développement auront plus de difficultés à l'école, puis à accéder à des emplois qualifiés. À grande échelle, cela freine la productivité et fragilise le développement économique des pays.
TF : On entend souvent parler de retard de croissance, de malnutrition aiguë, de dénutrition. Quelle est la distinction ?
GJL : La dénutrition est le terme le plus large et désigne l'ensemble des carences alimentaires affectant la santé et le développement de l'enfant. Le retard de croissance et la malnutrition aiguë en sont deux manifestations. Le retard de croissance, ou malnutrition chronique, survient quand un enfant a manqué pendant longtemps d'une alimentation saine et de soins appropriés. Il affecte aussi le développement du cerveau. La malnutrition aiguë, elle, est une urgence : l'enfant perd rapidement du poids, devient extrêmement fragile et risque de mourir sans traitement rapide. Ces deux situations appellent des réponses très différentes.

TF : Qu'est-ce qui freine réellement les progrès dans la lutte contre le retard de croissance ?
GJL : La malnutrition n'est jamais seulement une question d'alimentation. Elle est liée à la pauvreté, à l'accès limité aux soins, aux conflits, aux déplacements de population, au changement climatique, au manque d'eau potable, à l'absence de protection sociale. Et surtout, beaucoup d'enfants ne bénéficient pas encore d'une approche intégrée durant leurs premières années de vie. Un enfant a besoin à la fois d'une alimentation adéquate, de soins de santé, de stimulation, d'affection et d'un environnement protecteur. Lorsque les pays investissent simultanément dans la nutrition, la santé, l'eau-hygiène-assainissement, l'éducation préscolaire et l'accompagnement parental, les résultats sont beaucoup plus durables.
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TF : Comment fait-on évoluer des pratiques alimentaires profondément ancrées dans les communautés ?
GJL : Le changement de comportement ne se décrète pas. Il se construit avec les communautés. Les familles changent plus facilement leurs pratiques lorsqu'elles comprennent concrètement les bénéfices pour leurs enfants et lorsqu'elles se sentent respectées dans leurs réalités culturelles et économiques. Parfois, les ménages savent ce qu'il faut donner à leurs enfants, mais n'ont pas accès aux aliments à haute valeur nutritive. C'est pourquoi l'UNICEF a lancé l'initiative "First Foods" pour améliorer la disponibilité et l'accessibilité des aliments de complément de qualité. Nous insistons également davantage aujourd'hui sur la stimulation précoce : parler à un enfant, jouer avec lui, répondre à ses émotions. Ce sont des gestes simples mais essentiels pour le développement du cerveau.
TF : Quelle est votre lecture de la situation au Togo ?
GJL : Le Togo a réalisé des progrès encourageants. Le pays a réduit le retard de croissance de 27,5 % à 23,8 % entre 2014 et 2017, et affiche un taux d'allaitement maternel exclusif parmi les plus élevés de la sous-région, à 64,3 %. Nous observons également une volonté politique forte, avec des réformes importantes dans les domaines de la nutrition, du préscolaire et de la protection de la petite enfance, notamment la validation récente du plan stratégique national multisectoriel de la nutrition 2026-2030. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'UNICEF a décerné le prix de Champion de la Petite Enfance au Président du Conseil de la République togolaise. Mais comme dans beaucoup de pays de la région, les défis restent importants pour garantir un accès équitable aux services intégrés, notamment dans les zones les plus vulnérables.
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TF : Quelle est la priorité pour les deux prochaines années au Togo ?
GJL : Accélérer le passage à l'échelle. Cela signifie mettre en place un programme multisectoriel pour coordonner l'ensemble des interventions ciblant les 2000 premiers jours, renforcer les investissements domestiques, étendre les services communautaires. Il faudra aussi développer une industrie locale capable de fournir des aliments thérapeutiques aux enfants, et faire évoluer les curricula universitaires vers une prise en charge holistique de la petite enfance. L'objectif est simple, il s’agit de garantir que chaque enfant, quel que soit son lieu de naissance, bénéficie dès les premières années d'une alimentation adéquate, de soins de qualité et d'un environnement stimulant et protecteur.
Propos recueillis par Ayi Renaud Dossavi.
Des experts de l’éducation, du numérique et de la recherche sont réunis depuis mardi 19 mai 2026 à Lomé dans le cadre d’une consultation régionale sur les Ressources éducatives libres (REL), l’Accès ouvert et les Données ouvertes en Afrique de l’Ouest. Organisée avec l’appui de l’UNESCO, la rencontre doit permettre de définir une stratégie régionale autour de l’éducation numérique, de l’accès au savoir et de la coopération scientifique.
Les discussions portent notamment sur la digitalisation des ressources pédagogiques, le développement des bibliothèques numériques, l’ouverture des données scientifiques et l’intégration des technologies numériques dans l’enseignement supérieur.

Pour les participants, l’enjeu consiste à réduire les inégalités d’accès à l’éducation dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et la transformation numérique des systèmes éducatifs. « Les ressources éducatives libres, l’accès ouvert et les données ouvertes s’imposent désormais comme des instruments stratégiques pour élargir l’accès à une éducation de qualité, renforcer la coopération scientifique, favoriser l’innovation collaborative et soutenir le développement du capital humain », a déclaré Deweh Emily Gray, représentante résidente de la CEDEAO à Lomé.
Les responsables présents à Lomé ont également souligné les difficultés persistantes dans la sous-région, notamment le déficit d’infrastructures numériques, l’accès limité aux équipements TIC et le faible financement de la recherche universitaire.

« Cette consultation doit nous permettre de partager nos bonnes pratiques et de définir une vision commune pour la période 2026-2030 », a indiqué pour sa part Prof Gado Tchangbedji, ministre délégué togolais chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Les travaux déboucheront sur des recommandations régionales destinées à renforcer l’accès inclusif au savoir et à accompagner la modernisation des systèmes éducatifs ouest-africains.
R.E.D
En marge d'une conférence régionale sur la nutrition infantile réunissant 22 pays à Lomé, une visite de terrain dans la préfecture de Vo, le 12 mai 2026, a mis en lumière un projet pilote qui ambitionne de regrouper nutrition, vaccination, stimulation précoce et état civil en un dispositif unique piloté par les communes.
Un constat de fragmentation
Au Togo, environ deux enfants sur dix de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Chaque année, 1100 femmes et 16 496 enfants de moins de cinq ans meurent, dont 6530 nouveau-nés. Ces chiffres, que l’UNICEF qualifie de résultat direct de la fragmentation des interventions, ont conduit la Direction régionale de la Santé maritime à initier une réponse structurée dans la préfecture de Vo.
« Nous sommes actuellement en train de déployer la première phase d'un modèle qu'on appelle modèle intégré d'offres de soins et services sociaux de base pour la santé et le développement de l'enfant depuis son premier habitat, qui est le ventre de sa maman, jusqu'au préscolaire », a déclaré le Dr Agbetiafa, directeur régional de la Santé maritime, lors de la visite à Akoumapé le 12 mai 2026. Ce médecin pédiatre et expert en informatique médicale est le maître d'œuvre du dispositif, déployé depuis février 2026 dans les quatre communes de la préfecture de Vo.

Un paquet de services en un seul lieu
Le projet communautaire, appuyé par une variété de partenaires comme l'UNICEF Togo, l'OMS et l'UNFPA, couvre les 2000 premiers jours de vie de l’enfant. Il réunit en un seul continuum la santé maternelle et infantile, la nutrition, la vaccination, la stimulation précoce, l'enregistrement des naissances et l'accompagnement au préscolaire. Les centres de santé, les jardins d'enfants et les services d'état civil de la préfecture de Vo constituent les lieux d'opérationnalisation.

Pour la représentante de l'UNICEF au Togo, Erina Dia, qui a ouvert la séance d'orientation du projet, la logique est indiscutable. « On ne peut pas prendre les interventions en silo parce que l'enfant, c'est un tout. Il a besoin d'une approche intégrée, il a besoin de plusieurs secteurs, de plusieurs interventions qui viennent répondre à ses besoins holistiques », a-t-elle déclaré le 12 mai 2026. Dans un contexte de contrainte budgétaire, il s’agit ainsi de « faire mieux avec moins ».
La nutrition, du ménage à l'école
La dimension nutritionnelle se déploie selon quatre niveaux : le ménage, la communauté, le centre de santé et le préscolaire. Au niveau du foyer, les parents sont formés à la composition de repas équilibrés avec les ressources disponibles localement. « Avec 500 francs, soit moins d'un euro, on peut préparer un plat équilibré », illustre le Dr Agbetiafa, précisant que cette compétence est désormais présente dans de nombreux ménages couverts par le modèle.
Au centre de santé d'Akoumapé, Sabari Larba, sage-femme responsable de la maternité du CMS, décrit les séances de démonstration culinaire organisées pour les mères. « Nous faisons la bouillie enrichie qui est composée de maïs, de soja et de moringa, parce que c'est ce que nous avons ici », explique-t-elle, précisant que les femmes apprennent à mesurer, trier, sécher et torréfier les ingrédients avant de préparer la farine. Le lait maternel exclusif est recommandé jusqu'à six mois, avant l'introduction de cette bouillie enrichie.
Le volet communautaire mobilise des agents de santé et des groupes de femmes organisés qui relaient l'éducation nutritionnelle dans les quartiers. Le Dr Agbetiafa y voit également un levier d'autonomisation économique : « Quand une femme sait préparer le lait de soja, la bière de soja et d'autres produits, elle crée ainsi son activité génératrice de revenus », indique l’expert.
La digitalisation comme accélérateur
L'un des éléments distinctifs du modèle est l'application « Naissance Kéva », plateforme numérique qui relie les maternités aux services d'état civil pour accélérer l'établissement des actes de naissance. La saisie des données du nouveau-né à la maternité permet à la mairie d'accéder, après validation du responsable de la formation sanitaire, aux informations nécessaires pour que les parents « puissent avoir accès à sa pièce de naissance en un temps record ».
Kanyaya Dacha, assistant d'hygiène d'État et responsable du service de vaccination du CMS d'Akoumapé, souligne l'effet concret sur la fréquentation. Depuis l'aménagement de la salle de vaccination et l'amélioration de l'ambiance d'accueil, le nombre de passages a sensiblement augmenté. « L'ambiance qui règne maintenant fait qu'elles se sentent à l'aise, elles ont un peu de patience jusqu'à ce que le travail puisse se faire », observe-t-il. L'application assure également le rappel des rendez-vous de vaccination pour éviter les pertes de vue.
Un pilotage communal

La gouvernance du modèle repose sur les élus locaux. Maires et préfets ont été associés dès le lancement, indique-t-on. Des assemblées générales de restitution, présidées par les préfets, réunissent également les associations de femmes, les leaders traditionnels et les jeunes.
La certification des centres de santé les plus performants, conditionnée à l'atteinte d'au moins 80 % des critères requis, est prévue par le ministère de la Santé. Pour l’ensemble de la préfecture, le seuil de certification exige que 90 % des enfants nés dans les centres disposent d'un document d'état civil dans les huit jours suivant la naissance.
L'enjeu du passage à l'échelle
Pour Driss Zinédine, directeur sectoriel Santé, Nutrition et Population pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre à la Banque mondiale, l'enjeu dépasse le périmètre togolais. « Si une population n'est pas bien nourrie, s'il n'y a pas le développement de la petite enfance, il n'y a pas de bon futur pour le développement du pays », a-t-il déclaré en marge de la conférence régionale.
La Banque mondiale soutient du reste diverses initiatives pour améliorer l’alimentation des enfants au Togo, comme le projet des cantines scolaires qui, depuis leur lancement en 2008, ont permis d’offrir plus de 75 millions de repas chauds servis dans les écoles primaires publiques, au profit des jeunes apprenants vulnérables.
Le Dr Agbetiafa fixe la trajectoire : couvrir d'abord l'ensemble de la préfecture, puis l'étendre à la région Maritime, avant d'envisager une généralisation nationale.
« On a forcément besoin de partenaires. Sans les partenaires, ça va être compliqué », reconnaît-il, tout en soulignant que l'UNICEF, l'OMS, la Banque mondiale et plusieurs autres partenaires sont déjà engagés dans la démarche.
La conférence régionale de Lomé, qui réunissait quelque 22 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, a fourni le cadre politique pour que ce modèle soit discuté à l'échelle sous-régionale. La question posée à Akoumapé est celle que se posent désormais ces pays : peut-on reproduire une telle architecture là où les programmes verticaux ont montré leurs limites ?
Ayi Renaud Dossavi
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