Togo First

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Au Togo, le projet de construction de la cité ministérielle de Lomé a fait l’objet d’une nouvelle réunion de suivi le mardi 16 mars 2026 à Lomé, à laquelle ont pris part autorités, partenaires techniques et collectivités locales. Cette rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet et d’évaluer son impact environnemental.

Selon les responsables techniques, le processus a été conduit de manière participative avec les administrations locales, notamment la préfecture du Golfe et la commune du Golfe 3, ainsi qu’avec la Commission nationale d’expropriation (COMEX). 

« Tous les acteurs maintenant reconnaissent qu’ils ont été associés de façon participative dans ce processus et que les gens ont été indemnisés », a indiqué Souleymane Abdel Ganiou, directeur des évaluations et de l’intégration environnementale, en marge de la rencontre.

Sur le volet social, les autorités indiquent que la majorité des personnes affectées par le projet ont été indemnisées. Les compensations ont couvert les terres agricoles, sur la base de 5 millions de FCFA par hectare, ainsi que les pertes de récoltes sur deux saisons. Les bâtiments ont également fait l’objet d’une indemnisation complète, permettant leur reconstruction, selon les précisions rendues publiques.

Implanté à Bè-Klévé, le projet de cité ministérielle fait partie des efforts de modernisation de l’administration publique. Il prévoit la construction d’un complexe de 18 bâtiments administratifs, financé en partie par la Banque ouest-africaine de développement à hauteur de 20 milliards de FCFA.

Structuré en partenariat public-privé avec le groupe PFO à travers sa filiale SOCOCIM, le projet repose sur un mécanisme de bail à construction, un modèle qui permet à l’État de mobiliser des financements privés tout en conservant la propriété du foncier.

À terme, la cité ministérielle devrait regrouper plusieurs départements et contribuer à rationaliser le fonctionnement de l’administration, tout en générant des retombées économiques liées à sa construction et à son exploitation.

Ayi Renaud Dossavi

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Le Togo engage une nouvelle phase de mobilisation du secteur privé dans la lutte contre le changement climatique. Depuis mardi 17 mars 2026, un atelier de deux jours s’est ouvert à Lomé avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), réunissant près de 70 acteurs économiques pour valider deux documents stratégiques.

Ces travaux visent à structurer l’implication des entreprises togolaises dans les politiques climatiques, tout en identifiant les opportunités économiques liées à la transition environnementale.

Les secteurs ciblés incluent l’agriculture, la foresterie, la pêche, l’élevage et la gestion des ressources en eau, particulièrement exposés aux effets du changement climatique.

Il devrait en sortir deux documents. Le premier définit les modalités d’engagement du secteur privé, tandis que le second identifie les mécanismes de financement et les opportunités d’investissement. « Ces documents permettent de voir comment le secteur privé togolais va s’engager sur les questions du changement climatique et quelles opportunités s’offrent à lui », a indiqué Dr Diwa Oyetunde, représentante de la FAO au Togo.

Par ailleurs, « des consultations sont menées avec des partenaires privés afin de définir des perspectives à cinq et dix ans, notamment pour permettre aux entreprises togolaises d’accéder aux financements climatiques », ajoute-t-on. 

Pour ce qui est des mécanismes de financement potentiels, « aujourd’hui, les mécanismes existants au niveau mondial permettent au secteur privé d’accéder à des financements, notamment sous forme de prêts. Nous travaillons avec le ministère du Commerce et le patronat pour accompagner les entreprises dans des secteurs comme l’agriculture, l’élevage, la pêche et la foresterie, en tenant compte des coûts liés aux actions climatiques. À terme, cela devrait générer des emplois, améliorer l’assainissement et contribuer au bien-être des populations », informe Dr Diwa Oyetunde, en outre.

Pour les autorités et les partenaires, il s’agit dans un premier temps, de renforcer la résilience des secteurs productifs et de soutenir la création d’emplois liés à l’économie verte.

À terme, ces orientations doivent contribuer à structurer un marché national des investissements climatiques et à intégrer davantage les entreprises togolaises dans les chaînes de valeur durables.

R.E.D

Dans la commune de Kloto 1, un projet combinant agriculture biologique et énergie renouvelable a été lancé le lundi 16 mars 2026 à Kpalimé.

Baptisée « EcoFemmes : Agriculture bio et énergie verte », l’initiative a pour objectif de renforcer les capacités économiques de 130 femmes rurales, grâce à un financement de plus de 52 millions de FCFA de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sur une période de 36 mois.

Le projet sera opérationnalisé sur deux sites agricoles, à Volové et à Nyivé Wodomé, couvrant une superficie totale de plus de 3 hectares. Il prévoit notamment la mise à disposition d’espaces agricoles sécurisés pour favoriser la production biologique et améliorer les rendements.

« Nous avons sécurisé les terrains pour que les femmes puissent produire en toute sérénité. C’est une étape cruciale pour leur autonomisation », a déclaré Mme Essi Mansan Séna Chakpla, coordonnatrice de l’ONG AIL, en charge du pilotage opérationnel du projet.

L’initiative intègre également un volet énergétique avec l’installation de biodigesteurs destinés à produire du biogaz. Selon la coordonnatrice, les bénéficiaires seront également « formées à la production de biofertilisants, de bioprotecteurs, de biogaz, ainsi qu’aux techniques d’agriculture durable afin qu’elles deviennent elles-mêmes productrices de biofertilisants », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la production, les bénéficiaires recevront des formations en transformation des produits agricoles, en gestion financière, en entrepreneuriat et en marketing digital. L’objectif est de faciliter leur accès aux marchés et d’accroître la valeur ajoutée des productions locales.

Dix volontaires seront formées à la construction de biodigesteurs afin de diffuser cette technologie dans les communautés rurales. Cette approche vise à réduire l’usage du bois de chauffe et du charbon, tout en limitant les émissions liées aux pratiques énergétiques traditionnelles.

R.E.D

En 2025, les filiales togolaises des opérateurs de téléphonie mobile Yas et Moov Africa ont affiché de solides performances dans l’espace UEMOA en matière d’offre de services d’internet mobile. C’est ce qu’a indiqué le mardi 17 mars 2026, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) dans un communiqué.

Selon le rapport d’évaluation de nPerf, plateforme internationale indépendante de référence en matière de mesure de la qualité d’expérience utilisateur des services internet, cité par le régulateur, Yas Togo et Moov Africa Togo occupent respectivement les 1ère et 2e places en matière de qualité d’expérience client de l’internet mobile au sein de l’UEMOA. Le Togo se positionne ainsi comme le pays offrant les meilleures performances d’internet mobile dans la zone en 2025, comme en 2023.

Si à l’échelle de l’UEMOA, les deux opérateurs dominent le classement, au niveau continental, ils figurent parmi les 10 meilleurs opérateurs, se classant respectivement aux 7e et 9e rangs, tous indicateurs et technologies, confondus. Les performances ont été mesurées sur cinq indicateurs clés de la qualité d’expérience (QoE) : le débit moyen descendant, le débit moyen montant, la latence, la navigation web et le streaming vidéo.

Bien que ces résultats soient salués par l’ARCEP, le régulateur souligne que « la qualité d’expérience reste encore en deçà des attentes sur les deux usages dominants de l’internet mobile que sont la navigation web et le streaming vidéo ». L’institution appelle ainsi à poursuivre les efforts d’amélioration continue afin d’offrir aux consommateurs togolais une expérience optimale.

À noter que, comme lors de l’édition précédente, l’étude s’est appuyée sur les performances globales de l’internet mobile au Togo, toutes technologies confondues, avec un accent particulier sur la 4G, qui représente près de 85 % du trafic national.

Esaïe Edoh

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Au Togo, l’actualisation des bases de données des filières ananas, mangue, maïs, soja et manioc a amorcé fin février 2026, une nouvelle phase avec la formation des techniciens des interprofessions à l’application des critères d’enrôlement des acteurs, préalablement validés. Organisée en série dans les différentes régions du pays, cette formation constitue une étape supplémentaire dans le processus de mise à jour des données. 

Elle a permis de former des techniciens sur les procédures de collecte, de traitement et de constitution des bases de données. L’ensemble du dispositif repose sur une approche digitalisée : les agents seront équipés de smartphones et connectés à Internet pour assurer la remontée des informations en temps réel.

Portée par le ministère chargé de l’Agriculture, avec l’appui du Programme de promotion de la compétitivité du secteur privé (ProComp), cette initiative vise à doter le pays d’une plateforme fiable d’identification des acteurs des filières. L’objectif est de rendre l’organisation des interprofessions plus efficiente et de mieux cibler les interventions publiques et privées.

À terme, les autorités ambitionnent d’améliorer la productivité, la rentabilité et les volumes de production dans les chaînes de valeur concernées, tout en renforçant la compétitivité des exploitations agricoles sur les marchés.

Le processus d’actualisation devrait s’achever d’ici à fin avril 2026. Après la phase de formation des techniciens, précédée de la relecture et de la validation des critères d’adhésion par famille professionnelle, suivra l’enrôlement des acteurs.

Esaïe Edoh

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Sur un marché togolais des smartphones de plus en plus compétitif, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) embarquée représente un atout majeur pour les fabricants. Avec le lancement de son Camon 50 mardi 17 mars 2026 à l’hôtel 2 Février à Lomé, TECNO Mobile poursuit, après le CAMON 40, sa stratégie consistant à démocratiser des outils intelligents sur des smartphones

accessibles, dans un marché africain en forte demande de solutions multifonctions. Plus exactement, en proposant des fonctionnalités orientées vers les usages quotidiens.

Si la photographie mobile était le cœur de la gamme Camon, TECNO MOBILE en mettant sur le marché le CAMON 50 et le CAMON PRO, évolue vers une approche qui combine création de contenu, assistance numérique et outils d'aide à la décision.

Le nouveau modèle intègre ainsi des fonctions IA

capables de résumer automatiquement des vidéos en ligne, de générer des visuels à partir d’images, ou encore d’identifier des contenus audios en temps réel. Également de « faire des traductions face à face, de corriger, résumer les textes, de créer des œuvres artistiques, une galerie d’art », indique Sonia Kpakpayi, chargée de formation à TECNO MOBILE-Togo.

1 techno

Autre orientation notable : l’intégration d’un "mode étudiant", conçu pour accompagner la résolution de problèmes sans fournir directement les réponses. Une approche qui cible notamment les usages éducatifs du smartphone, de plus en plus répandus.

Cette orientation suit une tendance globale observée chez les constructeurs mobiles, faisant de l’IA devient un facteur de différenciation.

De fait, dans des marchés comme le Togo, ceci est une innovation clé, dans la mesure où si d’autres constructeurs proposent également des outils d’IA, ceux-ci restent souvent limités à la photographie ou à l’optimisation des performances.

Bien plus, avec la gamme CAMON 50 (CAMON 50, CAMON Pro et CAMON Ultra), le constructeur chinois élargit les cas d’usage. Notamment, l’intégration d’un mode dédié aux étudiants, ou encore d’outils d’estimation de paramètres de santé, témoigne d’une volonté de positionner le smartphone comme un assistant personnel multifonction. Une évolution qui accompagne la montée des usages numériques, notamment chez les jeunes urbains. En parallèle, les fabricants continuent de capitaliser sur des critères classiques comme l’autonomie, la robustesse ou la qualité de l’écran. Sur ce point, le Camon 50 met en avant une batterie de forte capacité, une résistance accrue aux conditions d’usage et des performances pensées pour durer dans le temps. Le D.G de TECNO mobile Togo, Papa Thiam Medoune, décrit le nouveau smartphone CAMON 50, comme un modèle destiné au grand public, donc accessible en termes de rapport qualité-prix.

1 technomobile

Pour TECNO Mobile, très présent sur le continent africain en général et sur celui togolais en particulier, l’enjeu est clair : consolider sa position sur les marchés, en misant sur des innovations directement accessibles aux utilisateurs. Dans un contexte où le smartphone devient le principal point d'accès aux services numériques, l'IA embarquée pourrait ainsi jouer un rôle déterminant deans les choix d'équipements.

S.A

 

Le Togo a officiellement introduit, le lundi 16 mars 2026, trois nouvelles normes relatives au ciment. Ces normes togolaises visent à promouvoir la qualité des produits mis sur le marché national, à encourager une concurrence saine entre les acteurs du secteur, à garantir la sécurité des infrastructures, ainsi qu’à protéger les consommateurs et l’environnement. Elles ont été présentées aux entreprises productrices et importatrices de ciment opérant sur le territoire national, à l’occasion d’une rencontre tenue à Lomé le même jour. L’initiative est portée par le ministère délégué chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté économique, à travers la Haute Autorité de la Qualité et de l’Environnement (HAUQE) et son bras technique, l’Agence togolaise de normalisation (ATN). Elle s’inscrit dans le cadre de la promotion de la qualité des matériaux de construction et de la protection des consommateurs.

Les normes introduites définissent les exigences techniques relatives à la composition, aux performances et aux méthodes d’évaluation du ciment commercialisé au Togo. Avec cette mesure, les autorités entendent s’assurer que les produits disponibles sur le marché répondent à des standards techniques fiables et reconnus.

Selon le ministère en charge des investissements, cette démarche vise également à instaurer une concurrence équitable entre producteurs et importateurs, « tout en luttant contre la circulation de produits susceptibles de compromettre la sécurité des infrastructures publiques et privées ». Elle devrait, par ailleurs, contribuer à réduire les risques liés à l’utilisation de produits non conformes, à renforcer la qualité des constructions et à améliorer durablement la sécurité des bâtiments et des infrastructures.

Au Togo, quatre principaux acteurs se disputent le marché du ciment : le groupe allemand HeidelbergCement, à travers sa filiale CimTogo ; le groupe burkinabè CIL Metal, avec la marque Cimco ; le groupe indien WACEM, qui commercialise notamment les marques Fortia et Diamond ; et le groupe nigérian Dangote, présent avec la marque Dangote Cement.

Esaïe Edoh

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Togo : les leviers des cimentiers pour réduire leurs émissions de CO₂ jusqu’en 2050

Le Togo actualise sa Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI) pour la période 2021-2030. Validé en 2021, le document est au cœur d’une rencontre de relecture ouverte à Lomé depuis le lundi 16 mars 2026, à l’initiative des acteurs du secteur de l’éducation.

Cette session de trois jours réunit des représentants des ministères, des institutions de recherche, des universités, du secteur privé et des organisations de la société civile (OSC). Les échanges visent à définir de nouvelles orientations pour la politique nationale. Concrètement, des ajustements seront apportés au document afin de l’adapter aux réalités actuelles du pays et avec pour objectif de rendre la stratégie pleinement opérationnelle.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, la politique actualisée devra répondre à plusieurs exigences. « Elle devra d’abord renforcer la gouvernance du système national de recherche et d’innovation, afin de garantir une meilleure coordination des acteurs et une utilisation plus efficace des ressources. Elle devra ensuite favoriser le développement de la recherche appliquée et de l’innovation, en renforçant les passerelles entre les universités, les centres de recherche et le secteur productif », a-t-il indiqué.

Les nouvelles orientations devront également contribuer à promouvoir une véritable culture scientifique au sein de la société, en particulier auprès des jeunes. « Une nation qui valorise la science prépare ses jeunes à inventer l’avenir plutôt qu’à le subir », a rappelé le ministre.

À l’issue de cette rencontre de relecture, le document révisé sera soumis à l’approbation du gouvernement. Ce processus d’actualisation bénéficie de l’appui de l’UNESCO.

Esaïe Edoh

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Togo : l'Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages attendue avant fin 2026

Le Togo a lancé le samedi 14 mars 2026 sa quatrième enquête démographique et de santé, EDST-IV, sur l’ensemble du territoire. L’opération, pilotée par le gouvernement à travers l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), est prévue sur trois à quatre mois et vise à produire des données actualisées sur la situation sanitaire et sociale du pays.

L’enquête couvrira un échantillon de 10 000 ménages. Elle cible notamment les femmes et les hommes âgés de 15 à 64 ans, ainsi que les enfants de moins de cinq ans et ceux de 6 à 59 mois pour certains tests sanitaires.

Les équipes déployées mèneront des entretiens auprès des ménages, accompagnés de mesures anthropométriques, de tests de qualité de l’eau et de prélèvements sanguins pour évaluer la prévalence du paludisme, du VIH et de l’hépatite B.

L’EDST-IV permettra d’actualiser les indicateurs relatifs à la santé maternelle et infantile, à la nutrition, à la vaccination, à la fécondité et à la planification familiale. Les données collectées serviront à orienter les politiques publiques, à suivre les engagements internationaux du Togo, notamment les Objectifs de développement durable (ODD), et à évaluer les programmes en cours.

Notons que ce lancement fait suite au feu vert du gouvernement lors du Conseil des ministres du 11 mars 2026, au cours duquel le projet d’enquête a été présenté par le ministre de la Santé. L’exécutif avait alors instruit les services compétents de prendre les dispositions nécessaires pour assurer le bon déroulement de l’opération sur toute l’étendue du territoire.

« Je tiens à rassurer chaque citoyen et chaque citoyenne que toutes les informations collectées dans le cadre de cette enquête seront strictement confidentielles et qu’elles ne seront utilisées qu’à des fins statistiques, conformément aux règles internationales en matière de protection des données », a déclaré le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Kokou Wotobé, au lancement de l’enquête.

Pour rappel, l’opération, soutenue par plusieurs partenaires techniques et financiers (PTF), dont la Banque mondiale et l’OMS, s’inscrit dans le cadre du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 5) et intervient plus de dix ans après la précédente enquête réalisée en 2013-2014.

L’enquête devrait livrer ses résultats en 2027, selon le gouvernement.

R.E.D.

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Togo : feu vert pour la quatrième enquête démographique et de santé

Un kilo de tomates à Lomé coûte 992 francs CFA en février 2026. À Kara, il s'achète à 529 francs. Dans les Savanes, à 471 francs. Soit plus du double entre la capitale et le nord du pays. Ce seul chiffre résume une réalité que les ménages togolais vivent au quotidien : le coût de l'alimentation varie considérablement d'une région à l'autre. Les données publiées par l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) pour le mois de février 2026 permettent de le mesurer précisément, produit par produit.

Les céréales : moins chères, loin de Lomé

Pour les produits de base comme le riz et le maïs, la tendance ne laisse de place à aucune ambiguité : plus on s'éloigne de Lomé, moins on paye. Le riz importé long grain s'affiche à 636 FCFA/kg dans le Grand Lomé, contre 415 FCFA dans les Plateaux-Est, soit une différence de plus de 50%. Le maïs blanc suit la même logique : 231 FCFA/kg à Lomé, contre 143 FCFA à Kara et 147 FCFA dans les Savanes. Pour une famille qui consomme plusieurs kilogrammes de céréales par semaine, l'écart devient vite significatif sur le budget mensuel.

Cette différence s'explique en grande partie par la proximité des zones de production. Le nord du Togo est une région agricole, et les céréales y transitent directement des champs vers les marchés locaux, sans les coûts de transport et d'intermédiaires que supporte la capitale.

Les légumes frais : une logique inverse

Pour certains légumes, la situation s'inverse. Le piment vert est bien plus cher dans les Plateaux-Est (1 356 FCFA/kg) qu'à Lomé (919 FCFA) ou dans les Savanes (624 FCFA). L'igname coûte 451 FCFA/kg à Lomé mais seulement 338 FCFA dans la Centrale. Ces écarts reflètent les circuits d'approvisionnement locaux et les périodes de récolte propres à chaque zone.

L'huile de palme : plus chère dans le nord

L'huile de palme traditionnelle, appelée zomi, illustre bien les déséquilibres géographiques. Elle se vend à 1621 FCFA le litre à Lomé, mais atteint 2382 FCFA dans les Savanes et 2364 FCFA à Kara. La raison est simple : cette huile est produite dans le sud du pays. Plus on s'en éloigne, plus les coûts de transport alourdissent son prix final.

La viande et le poisson : Lomé reste la plus chère

Pour la viande de bœuf, Lomé affiche le prix le plus élevé : 3003 FCFA/kg, contre 2154 FCFA dans les Savanes. Pour le poisson fumé en revanche, la situation est plus contrastée. Le chinchard fumé (akpala) coûte 3596 FCFA/kg à Lomé, mais 4269 FCFA dans la Maritime et 3924 FCFA dans les Savanes, des régions où ce produit, pourtant issu de la mer, arrive après un long circuit de distribution.

Les prix administrés, seul point de convergence nationale

Une constante s'observe sur l'ensemble du territoire : les prix des carburants et du gaz butane sont strictement identiques dans toutes les régions. L'essence s'affiche à 680 FCFA/litre, le gasoil à 695 FCFA/litre, la petite bouteille de gaz à 4740 FCFA et la grande à 9875 FCFA, que l'on soit à Lomé, à Kara ou dans les Savanes. Ce sont des prix administrés par l'État, qui absorbe les écarts liés au transport pour éviter que les régions enclavées ne soient pénalisées.

Ce que ces chiffres révèlent

Ces écarts de prix entre régions ne sont pas anodins. Ils signifient qu'un même salaire n'a pas le même pouvoir d'achat selon l'endroit où l'on vit. À Lomé, les revenus sont en général plus élevés, mais les prix le sont aussi. Dans les zones rurales du nord, les ménages paient moins cher certains produits locaux, mais accèdent plus difficilement et plus chèrement aux produits venus d'ailleurs.

Ces données sont collectées chaque mois par l'INSEED à travers le suivi de 810 produits dans près de 4800 points de vente répartis sur l'ensemble du territoire national.

Fiacre E. Kakpo

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