La capitale togolaise accueille depuis le jeudi 28 mai, une rencontre technique dédiée aux acteurs frontaliers. L’atelier, qui mobilise des transporteurs, transitaires, femmes commerçantes transfrontalières, ainsi que des agents aux frontières, vise à outiller les participants sur le Protocole de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) relatif à la libre circulation, et sur les pratiques commerciales transparentes et équitables aux frontières.
Portée conjointement par le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D-CRIFF), la Commission de la Cedeao et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’activité se veut un élément de réponse aux enjeux auxquels sont confrontées la plupart des frontières de l’espace communautaire, malgré les textes réglementaires : “la réalité vécue au quotidien aux postes frontières reste souvent éloignée de cet idéal. Les tracasseries administratives, les contrôles multiples, le harcèlement, l’extorsion et la méconnaissance des droits continuent de peser lourdement sur celles et ceux qui font vivre nos économies locales au jour le jour”, explique la directrice exécutive de l’organisation, Ginette Bayi Adekambi.
La rencontre, étalée sur deux jours, ambitionne dans ce sens d’améliorer l'appropriation des normes communautaires et de créer un espace de dialogue sur les réalités quotidiennes et les perspectives d’amélioration à soumettre aux décideurs publics. En marge des assises, une étude diligentée par le GF2D et l’OIM et réalisée par des consultants externes, a permis d’établir un diagnostic des dynamiques migratoires au niveau des frontières avec le Burkina Faso (Cinkassé), le Bénin (Sanvee Condji) et le Ghana (Aflao).
Octave A. Bruce
Le bureau pays du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Togo a lancé un appel à projets pour soutenir des initiatives de restauration forestière dans la région des Plateaux-Ouest. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet AFR100.
L’appel à propositions est ouvert aux organisations de producteurs forestiers et agricoles (OPFA), organisations communautaires de base, groupements de femmes et de jeunes, micro, petites et moyennes entreprises (MPME), ONG, associations et autres structures locales actives dans les domaines de l’environnement et du développement rural. Les candidats sont invités à soumettre des projets portant sur la restauration forestière, le développement de l’agroforesterie et la création d’activités génératrices de revenus durables dans les préfectures de Kloto, Agou, Danyi, Amou et Kpélé.
Les actions proposées devront contribuer à la restauration des paysages forestiers, à la conservation de la biodiversité, au développement de filières agricoles et forestières porteuses, ainsi qu’à l’amélioration des moyens de subsistance des communautés locales.
Les projets retenus seront mis en œuvre sur une durée maximale de douze mois. Deux catégories de financement sont prévues. Les bénéficiaires des petites subventions pourront recevoir un appui compris entre 3 millions et 8,5 millions FCFA.
Les subventions moyennes pourront, quant à elles, atteindre jusqu’à 28 millions FCFA. Selon la FAO, les candidatures sont recevables jusqu’au vendredi 19 juin 2026 à 17h30.
Pour rappel, le projet AFR100 Togo vise la restauration de zones forestières sous gestion améliorée ainsi que de terres dégradées. Dans ce cadre, le Togo s’est engagé à restaurer 1,4 million d’hectares. À l’échelle continentale, l’initiative ambitionne de restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030.
Esaïe Edoh
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Le gouvernement togolais a récemment pris un décret portant exemption de visa d’entrée sur le territoire national pour les ressortissants des États africains. La mesure, initialement annoncée par le Président de la République en marge du Sommet Biashara Africa de Lomé, a été entérinée lors du Conseil des ministres du 26 mai 2026.
Le texte institue « un régime d’exemption de visa d’entrée pour une durée de trente (30) jours » au profit des citoyens africains détenteurs d’un passeport ou d’un titre de voyage valide. Le gouvernement précise toutefois que « les contrôles et formalités d’immigration demeurent maintenus » et conserve la possibilité de refuser l’entrée à toute personne susceptible de menacer « l’ordre public, la sécurité nationale ou la santé publique ».
De même, la déclaration préalable sur la plateforme voyage.gouv.tg, exigée au moins 24 heures avant l’arrivée, reste en vigueur.
Avec cette décision, Lomé rejoint un groupe limité de pays africains ayant instauré une politique d’accès sans visa pour les citoyens du continent, parmi lesquels le Rwanda, le Bénin, les Seychelles, la Gambie et le Ghana. Selon l’Africa Visa Openness Index 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), seuls 28,2 % des déplacements intra-africains étaient exemptés de visa sur le continent.
Les autorités togolaises présentent cette réforme comme un levier économique et régional. Le communiqué indique que la mesure vise à « renforcer les échanges économiques, culturels et touristiques » et à consolider « le positionnement du Togo comme hub régional d’affaires, de tourisme et de dialogue sur le continent ».
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, le gouvernement engage une réforme du corps des agents des eaux et forêts, dans un contexte marqué par la montée des risques environnementaux et climatiques. Le sujet a été examiné en première lecture lors du Conseil des ministres du 26 mai 2026.
Selon le communiqué officiel, cette réforme intervient alors que le Togo fait « face aux défis croissants liés au changement climatique, à la dégradation des terres, à la déforestation, au braconnage et à l’exploitation abusive des ressources naturelles ». Le texte prévoit notamment une modernisation du corps afin « d’améliorer son efficacité opérationnelle, son maillage territorial ainsi que ses capacités de surveillance et d’intervention ».
Les autorités veulent également renforcer les missions liées à « la gestion durable des ressources forestières, la protection des aires protégées, le reboisement, le contrôle et la sensibilisation des populations ».
Pour le pays d’Afrique de l’Ouest, cette initiative poursuit une séquence d’actions environnementales engagées par Lomé ces dernières années. En avril 2025, le Togo avait adopté une loi sur la lutte contre les changements climatiques destinée à renforcer le cadre juridique et institutionnel du pays en matière climatique.
Le gouvernement a également révisé son Plan national d’adaptation aux changements climatiques. Ce programme vise à renforcer la résilience des populations et à intégrer les politiques climatiques dans les secteurs jugés vulnérables, notamment l’agriculture, l’eau, les forêts et la santé.
Selon la Banque mondiale, le Togo devra mobiliser près de 14 milliards de dollars d’ici 2050 pour financer son adaptation climatique.
L’examen du projet de décret sur les eaux et forêts devrait se poursuivre lors d’une prochaine séance du Conseil des ministres.
R.E.D
Au Togo, la cellule de pilotage de la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031 a échangé, le mardi 26 mai 2026, avec les autorités communales du Grand Lomé. L’objectif est de recueillir les contributions de ces acteurs locaux en vue d’enrichir le prochain document d’orientation des politiques publiques.
Cette rencontre, organisée dans le même format que les consultations tenues dans les régions, a réuni principalement les maires des 13 communes du Grand Lomé ainsi que les responsables du District autonome du Grand Lomé (DAGL). À cette occasion, la cellule de pilotage a présenté les résultats enregistrés dans la mise en œuvre de la feuille de route 2020-2025, les défis à relever ainsi que les leçons tirées, tout en recueillant les avis et propositions des participants pour la future feuille de route gouvernementale.
S’agissant du bilan, le conseiller du Président du Conseil, Etsri Homevor, a indiqué que la mise en œuvre de la feuille de route 2020-2025 avait enregistré des avancées notables, malgré plusieurs défis. De fait, selon lui, cet exercice de consultation « est capital, car il permet de garantir l’inclusion et l’efficacité des politiques publiques. Il permet de recueillir les besoins des populations, d’adapter les stratégies aux réalités du terrain, de mobiliser les acteurs locaux et de renforcer la cohésion nationale autour d’une vision commune ».
La nouvelle feuille de route gouvernementale en préparation vise à structurer la transformation nationale autour de trois axes stratégiques : « Protéger, Rassembler et Transformer ». L’ambition affichée est d’améliorer durablement les conditions de vie des populations togolaises, a précisé le conseiller du Président du Conseil.
Dans cette perspective, Etsri Homevor estime que « des ajustements méthodologiques sont nécessaires face à l’évolution d’un contexte international et régional incertain ».
Notons que cette série de consultations, lancée depuis quelques jours, a déjà permis d’échanger avec plusieurs catégories d’acteurs, notamment les décideurs locaux, les opérateurs économiques, les chefs traditionnels ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Esaïe Edoh
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Au Togo, le gouvernement consolide l’École polytechnique de Lomé (EPL) avec la prise d’un décret portant sur son organisation et son fonctionnement.
Si le décret officialise aujourd’hui son nouveau cadre institutionnel, l’EPL existait déjà au sein de l’Université de Lomé. L’établissement est né de la fusion progressive de l’École nationale supérieure d’ingénieurs (ENSI) et du Centre informatique et de calcul (CIC), deux structures historiquement chargées des formations scientifiques et technologiques dans la première université publique du pays.
Avant cette réforme, l’EPL développait déjà des formations en génie civil, informatique, télécommunications, génie électrique et technologies industrielles. L’école participait également à plusieurs programmes de coopération universitaire et de recherche appliquée orientés vers les besoins techniques du marché togolais. Le décret rendu en Conseil des ministres le 26 mai 2026 vise à renforcer son statut et ses capacités. Selon le communiqué, le gouvernement veut faire de l’établissement « un véritable pôle d’excellence et de référence en matière de formation technique et technologique de haut niveau ».
Cette restructuration intervient alors que le Togo cherche à accélérer sa transformation industrielle et numérique. En avril 2026, le pays avait lancé le projet STELLA, financé à hauteur de 13 milliards FCFA par le Luxembourg, pour former plus de 2000 ingénieurs entre 2026 et 2030 et moderniser les infrastructures techniques de l’EPL.
Les autorités misent sur des formations davantage orientées vers les laboratoires, les stages et les partenariats avec le secteur privé afin de réduire le déficit de compétences techniques dans les secteurs industriel, énergétique, minier et numérique.
Le défi reste important. Selon le premier tableau officiel de l’Ordre National des Ingénieurs du Togo (ONIT), le pays compte un peu plus de 500 ingénieurs autorisés à exercer, soit moins d’un ingénieur pour 10 000 habitants. Parmi les spécialités représentées figurent le génie civil, le génie électrique et électronique, le génie mécanique et industriel, le génie rural et le génie agronomique.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, la ville de Sokodé accueille depuis le 26 mai 2026 une nouvelle édition régionale de la foire « Made in Togo », organisée par le Centre togolais des expositions et foires (CETEF Togo 2000) au stade municipal. L’événement, placé sous l’égide du ministère chargé du Commerce et du Contrôle de la qualité, doit s’achever ce jeudi 28 mai.
S’il s’agit pour le CETEF et ses partenaires de promouvoir ainsi le « consommer local », l’événement se tient dans un contexte où les autorités cherchent également à renforcer la transformation locale, soutenir les PME et réduire la dépendance aux importations.
À l’ouverture, autorités administratives, opérateurs économiques, artisans et transformateurs agroalimentaires ont insisté sur le rôle économique des produits « Made in Togo » dans la création d’emplois et la valorisation des savoir-faire locaux. Les représentants de la préfecture de Tchaoudjo, de la commune Tchaoudjo 1 et de l’administration commerciale régionale ont notamment participé à la cérémonie officielle.

Sur les stands, plusieurs secteurs sont représentés : artisanat, textile, gastronomie, agroalimentaire, cosmétiques naturels et innovations technologiques. Les organisateurs entendent offrir aux producteurs locaux un espace de visibilité commerciale et de mise en relation avec des partenaires potentiels.
Le choix de Sokodé traduit également une volonté de décentraliser les activités économiques et commerciales traditionnellement concentrées à Lomé. Carrefour économique de la région Centrale, la ville constitue un point de convergence pour les échanges commerciaux entre plusieurs régions du pays.
Au-delà de l’exposition des produits, la foire ambitionne de favoriser les partenariats d’affaires et l’émergence de nouveaux débouchés pour les entrepreneurs locaux.
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Au Togo, la Société d’Infrastructures Numériques (SIN) et ST DIGITAL ont officialisé, mardi 26 mai 2026 à Lomé, un partenariat stratégique destiné au lancement d’une offre de services de cloud privé au sein du Lomé Data Centre (LDC). Avec ce partenariat, les deux structures entendent renforcer la souveraineté numérique du pays et accélérer le développement de services numériques locaux.
L’accord a été signé par Attia Byll, directrice générale de la SIN, et Justine Adebiyi, directrice générale de ST DIGITAL Togo. Il marque un rapprochement entre deux acteurs majeurs de l’écosystème numérique national. D’un côté, la SIN assure l’exploitation du Lomé Data Centre, infrastructure certifiée Tier III (Uptime Institute) affichant un taux de disponibilité de service de 99,982 %. De l’autre, ST DIGITAL se positionne comme un spécialiste des solutions cloud souverain, de l’intelligence artificielle et de l’ingénierie logicielle en Afrique de l’Ouest.

Le partenariat prévoit notamment l’hébergement et le traitement des données des entreprises locales sur le territoire togolais. La vision de ST Digital est de limiter la dépendance aux infrastructures étrangères, tout en améliorant la sécurité et le contrôle des données stratégiques.
Concrètement, la collaboration s’articule autour de plusieurs axes : la mise à disposition de services cloud et d’intelligence artificielle à des coûts compétitifs ainsi que le renforcement des compétences locales à travers des programmes de formation continue.
Avec un objectif affiché de faire du Lomé Data Centre un hub numérique de référence en Afrique de l’Ouest, cette nouvelle offre ciblée de services vise à renforcer l’attractivité du Togo auprès des entreprises, tout en favorisant l’émergence d’un écosystème digital local plus robuste.
Selon Attia Byll, ce partenariat contribue à démocratiser l’accès à des services numériques de qualité. La DG de la SIN explique que l’objectif est de permettre aussi bien aux grandes entreprises qu’aux petites structures d’accéder à des offres adaptées à leurs besoins et à leurs moyens.
« Notre partenariat avec ST DIGITAL aujourd’hui, c’est de nous assurer qu’un particulier ou une entreprise qui ne peut pas louer une demi-baie ou une baie entière pour l’hébergement de ses données puisse tout de même accéder à un service adapté, avec une offre abordable », a-t-elle indiqué.
De son côté, Justine Adebiyi estime que cet accord dépasse le simple cadre commercial. Selon elle, cette coopération doit contribuer à faire du Togo un modèle régional en matière de transformation digitale et de maîtrise des données.
Présente dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, ST DIGITAL développe des solutions axées sur la transformation digitale, l’optimisation des processus opérationnels et les infrastructures cloud de nouvelle génération.
Esaïe Edoh
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Au Togo, une perturbation de la circulation est annoncée sur la Nationale 1 entre le 28 mai et le 28 juin 2026, précisément sur le tronçon Awandjélo-carrefour Tomdè, dans la ville de Kara. En cause : des travaux prévus sur cet axe, notamment dans le cadre du chantier de dédoublement du pont sur la rivière Kara.
D’après les ministères chargés de la Sécurité, des Transports et des Travaux publics, cette perturbation sera principalement marquée par la circulation de convois exceptionnels liés aux travaux de dédoublement du pont. Les restrictions seront observées quotidiennement, de 00h à 4h du matin, durant toute la période indiquée.
Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises. « Un dispositif de signalisation, de sécurisation et de déviation temporaire de la circulation sera mis en place afin d’assurer le bon déroulement de cette opération », précise le communiqué conjoint des ministres concernés.
Pendant cette période, les usagers de cet axe très fréquenté ainsi que les populations riveraines sont appelés à la prudence et au respect des panneaux de signalisation, ainsi que des consignes données par les agents des unités de la voie publique déployés sur le terrain.
Esaïe Edoh
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Carburant : le Togo ajuste ses prix à la pompe, l’essence monte à 725 FCFA le litre
Au Togo, le gouvernement a officialisé, à compter du 27 mai 2026, une hausse des prix des produits pétroliers à la pompe.
En effet, à compter du 27 mai 2026, les nouveaux prix sont fixés comme suit : le super sans plomb à 725 FCFA le litre, contre 680 FCFA auparavant ; le gas-oil à 750 FCFA, contre 695 FCFA. De même, le pétrole lampant est porté à 1040 FCFA et le mélange deux temps à 811 FCFA.
C’est selon un récent arrêté interministériel signé ce mardi 26 mai, par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola, et le ministre délégué chargé de l’Énergie, Robert Koffi Messan Eklo. Cette nouvelle mesure abroge dans la foulée les dispositions précédentes datant du 14 mars 2025. L’application des nouvelles dispositions est confiée au Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP).

Une réponse au choc mondial ?
Le contexte international a largement conditionné cet ajustement. Depuis le 28 février 2026, date du déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial, le baril de Brent est passé de 70 dollars à un pic de 126 dollars en mars, avant de se stabiliser autour de 104 dollars fin mai, soit plus de 50 % au-dessus de son niveau pré-conflit.
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Dans la sous-région, la quasi-totalité des États ont déjà répercuté ce choc. Le Bénin a ajusté sa grille tarifaire dès le 1er mai, portant l’essence à 725 FCFA et le gas-oil à 750 FCFA. La Côte d’Ivoire a relevé son super sans plomb à 875 FCFA via son mécanisme automatique de fixation mensuelle des prix. Le Togo était ainsi l’un des derniers pays de la sous-région à maintenir ses anciens tarifs.

Une enveloppe de subvention à bout de souffle
La contrainte budgétaire a pesé autant que la flambée des cours. La loi de finances 2026 avait déjà réduit de 40 % l’enveloppe de subvention pétrolière, ramenée de 25 milliards FCFA à 14,2 milliards.
Cette trajectoire s’inscrit du reste dans le programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international, qui fixe au Togo un plafond de déficit public à 3 % du PIB en 2026, conformément à la norme de convergence de l’UEMOA. Avec un déficit encore à 6,4 % du PIB en 2024, ramené à 3,2 % l’an dernier, le gouvernement ne disposait visiblement plus des marges nécessaires pour absorber indéfiniment le différentiel entre les cours mondiaux et les prix administrés à la pompe.
Nouveau défi pour les ménages
Quoi qu’il en soit, pour les ménages togolais, la hausse des prix à la pompe se répercutera mécaniquement sur l’ensemble des coûts de transport et, par extension, sur les prix alimentaires. Dans un contexte où le carburant conditionne le coût d’acheminement des marchandises depuis les zones de production vers les marchés urbains, toute augmentation à la pompe se traduit à terme par un renchérissement des denrées de base.
La tension est d’autant plus forte que la flambée des cours mondiaux des engrais azotés, notamment de l’urée, dont le prix a bondi d’environ 400 à 700 dollars la tonne depuis le début du conflit dans le Golfe, pèsera sur les rendements de la prochaine campagne agricole, aggravant la pression sur l’offre alimentaire locale.
Pour des ménages dont le pouvoir d’achat ne s’est jamais pleinement remis des pics d’inflation de 7,6 % en 2022 et 5,3 % en 2023, tirés eux aussi par l’alimentation, cette double contrainte, carburant et intrants agricoles, risque d’éroder davantage un niveau de vie déjà fragilisé.
Ayi Renaud Dossavi