Togo First

Togo First

Au Togo, la Fédération togolaise de football (FTF) prévoit de mobiliser 3,9 milliards FCFA pour financer ses activités au titre de l’exercice 2026. L’information a été diffusée à la faveur du congrès ordinaire de l’instance tenu à Lomé en fin de semaine écoulée, au cours duquel ledit budget a été adopté.

Ceci traduit une progression de 2,6 % par rapport à 2025 (3,8 milliards FCFA). Sur deux ans, la hausse atteint 8,3 %, comparée au niveau de 2024 estimé à 3,6 milliards FCFA.

Ces ressources prévisionnelles permettront au comité exécutif de poursuivre les chantiers engagés, notamment en matière de professionnalisation du football togolais, de développement des infrastructures et de mise en œuvre de réformes structurelles. Parmi les projets phares figure la poursuite des travaux de construction du Centre technique national de Gbavé.

Une partie du budget sera également consacrée à l’organisation des compétitions nationales, incluant les championnats de première et deuxième divisions, les ligues régionales, les compétitions de jeunes ainsi que divers tournois. La formation et le renforcement des capacités des acteurs du secteur constituent par ailleurs des axes prioritaires.

Le financement de ce budget reposera principalement sur les appuis de la Fédération internationale de football association (FIFA). Des contributions de la Confédération africaine de football (CAF), de l’État togolais ainsi que de partenaires privés sont également attendues.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Depuis Lomé, 43 pays africains diffuseront la coupe du Monde 2026 via New World TV

En visite à Aného le samedi 23 mai 2026, l’administrateur du Groupe de la Banque mondiale pour la zone Afrique II, Harold Tavares, a effectué une tournée sur les principaux chantiers engagés contre l’érosion marine et les inondations côtières par le projet régional WACA-ResIP.

La délégation, avec à sa tête le ministre de l’Environnement togolais, Dodji Komla Kokoroko, et des responsables du projet, a visité le segment Gbodjomé-Agbodrafo-Goumoukopé ainsi que les travaux de comblement des bras lagunaires morts d’Aného.

À fin avril 2026, 14 des 22 épis prévus sur les 7 kilomètres de côte concernés avaient déjà été construits et réceptionnés. Les ouvrages, réalisés par l’entreprise néerlandaise Boskalis sous la supervision technique du cabinet INROS LACKNER, mesurent entre 60 et 75 mètres et doivent contribuer à stabiliser durablement le littoral togolais.

1 Projet

Le projet comprend également le rechargement de sable dragué au large des côtes, le comblement de zones lagunaires et des aménagements connexes destinés à réduire les risques d’inondation et de submersion marine.

Pour la Banque mondiale, l’enjeu dépasse la seule protection physique des côtes. « Les travaux réalisés permettent d’avoir un impact à long terme en matière de protection des côtes et, au-delà, cela crée de l’emploi », a déclaré Harold Tavares lors de la visite.

Les autorités locales soulignent également les effets économiques du projet. À Aného, les activités de pêche, de restauration et de loisirs reprennent progressivement le long des zones sécurisées.

Financé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), le programme WACA vise à renforcer la résilience climatique des communautés côtières dans six pays ouest-africains, dont le Togo.

Ayi Renaud Dossavi

À mesure que le baril de Brent s'installe au-dessus de 100 dollars depuis bientôt trois mois et que la quasi-totalité de ses voisins a ajusté les prix à la pompe, le Togo demeure l'un des derniers pays de la sous-région où le prix de l'essence n'a pas bougé. La question n'est plus de savoir si une hausse interviendra, mais combien de temps encore le bouclier social pourra absorber un choc dont l'ampleur dépasse toute prévision budgétaire raisonnable.

Depuis le 28 février 2026, date du déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran et du blocage du détroit d'Ormuz, ce goulot maritime par lequel transite près de 20 % du pétrole et 30 % du gaz mondial, les marchés ont basculé. Le Brent, qui s'échangeait à 70 dollars la veille des frappes, a atteint 126 dollars à son pic du 20 mars selon Investing, avant de se stabiliser autour de 104 dollars le 22 mai. À ce niveau, le baril reste plus de 50 % au-dessus de son cours pré-conflit.

De Cotonou à Lagos, une sous-région qui a fini par céder

Dans toute l'Afrique de l'Ouest, les États ont fini par capituler. Le Bénin a ajusté sa grille tarifaire dès le 1er mai : l'essence est passée à 725 FCFA le litre contre 695 auparavant, le gasoil à 750 FCFA, et le pétrole lampant a connu un bond spectaculaire de 639 à 1040 FCFA, selon le ministère béninois de l'Industrie et du Commerce. Le même jour, la Côte d'Ivoire portait le super sans plomb à 875 FCFA (+55 FCFA) et le gasoil à 700 FCFA (+25 FCFA), via son mécanisme automatique de fixation des prix, une formule réglementaire qui répercute mensuellement les chocs internationaux sans arbitrage politique. Au Nigeria, où la raffinerie Dangote a relevé son prix gantry, c'est-à-dire le prix de gros auquel Dangote vend l'essence quand les camions-citernes viennent charger à la raffinerie, à six reprises depuis février. Le litre de PMS, le super sans plomb local, s'établit désormais entre 1350 et 1400 nairas, alors qu'il oscillait autour de 774 nairas en début février d'après Vanguard.

Le cas sénégalais est encore plus instructif. Pays désormais producteur de brut avec les champs offshore de Sangomar, le Sénégal n'a pour l'heure pas relevé ses prix administrés (920 FCFA le super, 680 le gasoil). Mais vendredi 22 mai, devant l'Assemblée nationale, le désormais ex-Premier ministre Ousmane Sonko avait prévenu : « Nous tiendrons aussi longtemps que possible, mais il faut rester lucide. À l'impossible nul n'est tenu ». Que même un État pétrolier doive ajuster illustre la limite du simple statut de producteur. Le brut se vend au prix spot, c'est-à-dire au cours instantané du marché mondial, indépendamment de la nationalité de l'acheteur. Le Sénégal exporte son brut à ce prix mondial et rachète son carburant raffiné aux mêmes conditions.

Pourquoi la plus grande raffinerie d'Afrique ne changera rien au problème

Cette mécanique du prix spot invalide aussi une légende tenace : celle d'un Dangote qui vendrait sa production à prix cassés. Le groupe nigérian, qui exploite la plus grande raffinerie d'Afrique avec une capacité de 650 000 barils par jour (l'équivalent de 103 millions de litres traités quotidiennement), a au contraire répercuté toutes les hausses du brut. Le prix auquel Dangote vend l'essence au départ de sa raffinerie (le prix gantry) est passé de 774 nairas le litre en février à 1350 nairas en mai, soit +74 % en trois mois selon Vanguard. La raison est-elle arithmétique ?

Dangote achète son brut au prix mondial, comme tout raffineur de la planète. Preuve par les chiffres relayés par Channels TV : le prix de débarquement (carburant arrivé à quai, fret et assurance inclus) du super importé depuis Lomé s'établissait à 793 nairas par litre en février, soit un écart marginal de 2,4 % avec le tarif gantry de Dangote à la même date. La compétitivité du raffinage local ne neutralise pas le coût de la matière première. Dommage. 

Et spécifiquement pour le Togo, le tableau budgétaire renforce la contrainte. La loi de finances 2026 a déjà acté une réduction de 40 % de l'enveloppe de subvention pétrolière, ramenée de 25 milliards FCFA en 2025 à 14,2 milliards, selon les données du ministère des Finances relayées par Togo First en début d’année. Cette trajectoire s'inscrit dans la deuxième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC), le programme du FMI qui débloque des financements concessionnels en contrepartie de réformes structurelles, et qui fixe au Togo un plafond de déficit à 3 % du PIB en 2026, conforme à la norme de convergence de l'UEMOA. Le déficit togolais, encore à 6,4 % du PIB en 2024, ramené à coup d’efforts à 3,2% l’an dernier, doit donc se contracter encore. Maintenir indéfiniment un bouclier social calibré pour un baril à 70-75 dollars reviendrait à faire exploser l'enveloppe, au moment précis où l'État doit la comprimer.

Après le carburant, le spectre d'une crise alimentaire silencieuse

Et le choc carburant n'est qu'une partie du problème. Le blocage du détroit d'Ormuz a déstabilisé les exportations d'engrais des pays du Golfe, qui assurent 36 % des exports mondiaux d'urée et 29 % d'ammoniac selon l'IFPRI. L'urée granulaire a bondi de 400-490 dollars la tonne avant-guerre à 700 dollars, selon le cabinet CRU. Cet engrais azoté, essentiel pour le maïs, le riz et le coton de l'Afrique de l'Ouest, devient ainsi inabordable pour les agriculteurs.

Les contrats à terme s'échangent autour de 684 dollars la tonne, leur plus haut niveau depuis octobre 2022 et un signal clair que les marchés n'anticipent pas de détente rapide (+70 % depuis janvier selon Trading Economics). Pour une agriculture ouest-africaine déjà fragile, cette flambée des prix des intrants viendra percuter les rendements de la prochaine campagne. Les filières maïs, coton et riz seront aux premières loges.

Pour les ménages togolais, c'est cette seconde vague qui pèsera le plus lourd. Après les pics d'inflation globale de 7,6 % en 2022 et 5,3 % en 2023, principalement tirés par l'alimentation selon l'INSEED, la décélération récente masque une dynamique alimentaire qui ne s'est jamais totalement éteinte. Une nouvelle vague d'inflation alimentaire, dopée par l'envolée des intrants agricoles et la répercussion du surcoût transport, frappera donc des ménages dont le pouvoir d'achat ne s'est jamais relevé des chocs précédents.

Ce que le cas ghanéen dit à ceux qui hésitent encore

Le Ghana voisin offre un avant-goût de ce que coûte une réaction tardive. Le pays absorbe déjà, via une réduction des marges réglementaires intégrées au prix, 0,36 GHS par litre d'essence et 2 GHS par litre de gasoil pour amortir le choc, sur fond de cedi qui a perdu 7,8 % depuis le début de l'année, selon le Chamber of Oil Marketing Companies. L'essence y est cotée 15,42 à 15,77 GHS le litre, le gasoil à 17,83 GHS, des niveaux nettement au-dessus de la pompe togolaise. Le mécanisme bi-mensuel de révision n'a pas empêché une inflation domestique entêtée, ni la dépréciation de la monnaie. Le coussin budgétaire ghanéen, érodé par la restructuration de la dette souveraine de 2023, ne permet plus l'amortissement massif que le Togo se permet encore. Le Ghana vient d'enregistrer en avril 2026 sa première remontée d'inflation depuis décembre 2024, brisant une série de seize mois de désinflation continue. Le choc vient précisément du carburant : +17,2 % sur le seul mois d'avril à la pompe. 

Reste la question politique. Le gouvernement togolais a, au contraire de ses voisins, gardé son sang-froid. Mais cette patience a un coût caché. Chaque semaine où le prix à la pompe reste figé à 680 FCFA pour l'essence et 695 pour le gasoil, consomme une fraction de l'enveloppe annuelle de 14,2 milliards. Le bouclier social, conçu comme une vanne d'amortissement temporaire, devient progressivement un trou budgétaire. Et si le conflit dans le Golfe se prolonge, ce sont les marges des dépenses sociales, des investissements d'infrastructure et du service de la dette intérieure qui se compresseront.

La vraie question n'est donc plus celle du calendrier de la hausse, mais de ce que le gouvernement en fera. Profitera-t-il de cette inflexion pour réformer en profondeur sa politique de subvention, en la recentrant sur les ménages vulnérables comme le préconise le FMI, ou se contentera-t-il, à l'instar de ses voisins, d'une simple répercussion tarifaire ? Car le vrai défi ne sera pas à la pompe. Il sera dans l'assiette.

Fiacre E. Kakpo

Au Togo, le mois de juin sera une nouvelle fois consacré à la campagne nationale de reboisement sur l’ensemble du territoire. Le lancement des activités a été donné le lundi 25 mai 2026 par le ministère de l’Environnement et des ressources forestières, qui a dévoilé le programme prévu pour cette période. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme national de mise en terre d’un milliard d’arbres à l’horizon 2030.

La campagne débutera officiellement le 1er juin et s’étendra sur tout le mois, période durant laquelle les populations sont appelées à planter des arbres. Pour renforcer la mobilisation autour de cette initiative désormais ancrée dans les habitudes, le ministère a lancé le 25 mai, une campagne de communication à l’échelle nationale. L’objectif est de sensibiliser les populations à l’importance du reboisement et d’encourager une participation massive.

Cette campagne de sensibilisation sera portée par plusieurs interventions médiatiques impliquant les responsables régionaux et préfectoraux de l’environnement, ainsi que des pépiniéristes et autres acteurs du secteur forestier. Ces derniers entretiendront les populations sur les enjeux liés à la restauration du couvert végétal, ainsi que sur les dispositifs mis en place pour accompagner la campagne dans les différentes localités.

Selon le ministère, cette phase de communication permettra également de dresser le bilan des cinq dernières années du programme national de reboisement.

Pour rappel, cette initiative s’appuie sur la Journée nationale de l’arbre, célébrée chaque 1er juin depuis 1977. Désormais élargie à l’ensemble du mois, cette célébration vise à intensifier les efforts de reboisement en encourageant la mise en terre d’arbres, au-delà de la seule journée commémorative.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Environnement : le Togo engage la révision de ses objectifs climatiques

La Société financière internationale (SFI), institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, et African Lease Togo (ALT) renforcent leur partenariat au Togo avec la mise en place d’une facilité financière de 30 millions d’euros, soit environ 19,7 milliards de FCFA, destinée au financement des petites et moyennes entreprises (PME) et petites et moyennes industries (PMI).

L’opération, annoncée récemment à Lomé, prévoit un financement structuré en deux volets égaux : 15 millions d’euros apportés directement par la SFI et 15 millions d’euros mobilisés auprès d’autres partenaires financiers. Les ressources permettront à African Lease Togo d’étendre ses activités de crédit-bail et d’affacturage au profit des TPE et PME locales.

Selon les termes du partenariat, au moins 25 % des fonds seront consacrés au secteur agricole. L’objectif affiché est de soutenir les chaînes de valeur agricoles, les unités de transformation et les petites exploitations confrontées aux difficultés d’accès aux équipements et aux financements de moyen terme.

Cette facilité s’annonce dans un contexte où l’accès au financement reste l’un des principaux défis pour le développement du secteur privé togolais, notamment pour les entreprises agricoles et les structures dirigées par des femmes.

Notons qu’une partie de l’enveloppe ciblera en particulier l’entrepreneuriat féminin, dans une logique d’inclusion financière et d’élargissement de l’accès au crédit.

Pour Toussaint Sossou, administrateur directeur général d’African Lease Togo, cette opération s’inscrit dans la dynamique de transformation économique portée par la future feuille de route gouvernementale 2026-2030, centrée sur l’industrialisation, les infrastructures économiques et le développement du secteur privé.

African Lease Togo prévoit en parallèle de renforcer ses capacités digitales et opérationnelles afin de proposer des solutions de financement plus rapides et mieux adaptées aux besoins des entreprises.

Ayi Renaud Dossavi

Lomé a accueilli la semaine dernière, le 5e Congrès de la Société togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (STRIM), couplé aux 5es Journées scientifiques de la Société bénino-togolaise de radiologie et d’imagerie médicale (SBTRIM). La rencontre a réuni des professionnels de santé, enseignants-chercheurs et étudiants autour des évolutions technologiques du secteur.

Cette édition a été marquée par une attention particulière portée à l’intelligence artificielle et à la radiologie interventionnelle, deux domaines appelés à transformer progressivement les pratiques médicales dans la sous-région.

Placés sous le thème « L’imagerie médicale à l’ère de l’innovation et du renforcement du plateau technique », les travaux ont notamment porté sur les outils numériques d’aide au diagnostic, les nouvelles techniques de biopsie ainsi que les approches moins invasives de traitement de certaines pathologies, comme les fibromes utérins ou les hémorragies post-partum.

Pour les spécialistes, l’intelligence artificielle représente désormais un incontournable outil de modernisation des systèmes de santé. « L’intelligence artificielle ne remplacera pas l’Homme. Elle viendra plutôt renforcer les performances du diagnostic et contribuer à réduire les erreurs », a indiqué le président de la STRIM, Pr Agoda-Koussema Lama Kègdigoma.

Ceci étant, les praticiens estiment que l’intégration de ces outils nécessitera des investissements dans les équipements, la formation continue et l’encadrement éthique.

Présent aux travaux, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pr Gado Tchangbédji, a, pour sa part, souligné que ces réflexions s’inscrivaient dans les priorités du gouvernement en matière de modernisation du système de santé et de développement des compétences scientifiques locales.

Les échanges ont également permis de renforcer la coopération scientifique entre le Togo et le Bénin, dans un contexte de montée des usages de l’IA dans les professions médicales en Afrique de l’Ouest.

Ayi Renaud Dossavi

Avec une croissance de 6,3 % enregistrée en 2025, le Togo se rapproche du seuil utilisé par la Banque mondiale pour classer les économies à revenu intermédiaire inférieur.

À Lomé, l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) a publié en mai 2026 les premières estimations des comptes nationaux 2025. Le produit intérieur brut (PIB) nominal du Togo atteint 6919,1 milliards de francs CFA, pour une croissance en volume de 6,3 %.

Rapporté à une population estimée à 8,5 millions d'habitants par les Nations unies et converti au taux moyen annuel de 581,93 FCFA pour un dollar, ce niveau d'activité ressort à environ 1400 dollars par habitant. Une trajectoire qui place désormais le pays à portée de la catégorie des économies à revenu intermédiaire inférieur dans la classification de la Banque mondiale.

Sur le chemin de la reclassification

La Banque mondiale évalue le revenu national brut (RNB) par habitant, selon la méthode Atlas, qui lisse les taux de change sur trois ans. Le seuil d'entrée dans la catégorie « revenu intermédiaire inférieur » est fixé à 1136 dollars pour l'exercice 2026. Le Togo y est encore classé parmi les économies à faible revenu, mais l'écart se resserre : avec un PIB par habitant désormais à 1400 dollars et une croissance en volume supérieure à 6 % pour la cinquième année consécutive, le basculement pourrait intervenir au cours des prochaines révisions annuelles de la Banque mondiale, dont la prochaine est attendue au 1er juillet 2026.

Un statut à double tranchant

Ce basculement aurait un double effet. Côté investisseurs privés, il signalerait une économie en consolidation et pourrait faciliter les futures levées de fonds sur les marchés internationaux. Le Togo rejoindrait aussi le peloton de tête de l'UEMOA, où la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Bénin sont déjà classés en revenu intermédiaire inférieur.

Sur le papier, ce statut a un coût : la perte progressive de l'accès à l'Association internationale de développement (IDA), le guichet à taux bonifiés de la Banque mondiale. Mais dans la réalité, cette transition est lente. Reclassés de longue date, le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Sénégal continuent de mobiliser massivement l'IDA. Le portefeuille sénégalais s'élève à près de 2,8 milliards de dollars. L'Afrique subsaharienne reste la priorité affichée de l'institution de Washington, qui lui consacre près des trois quarts des décaissements IDA. La 21e reconstitution du fonds, entrée en vigueur en juillet 2025, mobilise un montant record de 100 milliards de dollars.

Fiacre E. Kakpo

Le Togo a entamé un processus d’actualisation de ses engagements climatiques dans le cadre des Contributions déterminées au niveau national (CDN). Les travaux, lancés la semaine dernière par le ministère de l’Environnement, des ressources forestières et de la protection côtière, devraient aboutir à une nouvelle version du document, baptisée CDN 3.0.

Les CDN constituent les engagements pris par chaque pays pour lutter contre le changement climatique, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette nouvelle version fixera les objectifs à atteindre à l’horizon 2035.

Le processus en cours inclut l’analyse de plusieurs documents, dont les rapports sur la réduction des émissions, l’adaptation aux effets du changement climatique, ainsi que les interactions entre la nature et le climat. Un plan d’action et d’investissement sera également élaboré pour accompagner ces engagements.

Selon le ministère, la démarche vise à garantir des CDN issues d’un processus collectif, transparent et inclusif. « Les recommandations issues de cette rencontre permettront d’assurer l’adhésion de tous les acteurs et de renforcer les engagements du Togo pour l’avenir », indique-t-on.

Notons que l’actualisation de la CDN 3.0 bénéficie de l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du NDC Partnership. Elle traduit la volonté du Togo de renforcer son action climatique, tout en respectant ses engagements internationaux.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Conservation de la biodiversité : le Togo se dote d’un programme de financement

Au Togo, environ 10,1 % de la population âgée de 15 à 64 ans a utilisé un outil d’intelligence artificielle générative au premier trimestre 2026, selon le rapport « Global AI Diffusion Q1 2026 Trends and Insights » publié par Microsoft. Le pays d’Afrique de l’Ouest franchit ainsi le seuil des 10 % d’adoption, contre 9,3 % au second semestre 2025 et 8,7 % au premier semestre 2025.

Le rapport mesure l’usage d’outils comme ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot à partir de données télémétriques agrégées et anonymisées, ajustées selon la pénétration d’Internet, les équipements connectés et les populations nationales.

Pour le Togo, cette progression intervient dans un contexte de montée des usages numériques, portée notamment par la diffusion des smartphones, l’essor de l’internet mobile et l’intérêt croissant des jeunes pour les outils d’assistance à la rédaction, à la programmation et à la création de contenus.

Ceci étant, le pays reste dans un groupe intermédiaire africain. Ainsi, avec 10,1 % d’utilisateurs, le Togo se situe au même niveau que le Bénin, le Ghana, le Nigeria, le Mali ou encore le Niger.

En Afrique, l’Afrique du Sud domine le classement avec 23,1 % d’utilisateurs, devant la Namibie (15,1 %), le Gabon et la Libye (15 %). À l’échelle mondiale, les Émirats arabes unis restent le principal marché de l’IA générative avec un taux d’adoption de 70,1 %, devant Singapour (63,4 %) et la Norvège (48,6 %).

Microsoft souligne par ailleurs l’élargissement du fossé entre pays développés et pays du Sud. En effet, le taux moyen d’utilisation de l’IA générative atteint désormais 27,5 % dans le Nord, contre 15,4 % dans le Sud global.

On peut citer à cet égard des contraintes liées à l’électricité, à la connectivité internet et aux compétences numériques, qui freinent l’adoption dans plusieurs économies africaines.

Ayi Renaud Dossavi

Le Togo pourrait bénéficier d’un nouveau financement d’environ 110,8 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC). Ce décaissement reste toutefois conditionné à l’approbation du Conseil d’administration de l’institution, à la suite d’une mission conduite à Lomé du 11 au 19 mai 2026.

Cette mission s’inscrivait dans le cadre de la troisième et de la quatrième revue du programme d’accord triennal avec le FMI appuyé par la FEC. Les discussions ont porté sur l’évolution récente de la situation économique, les performances enregistrées et les priorités de réforme à moyen terme. Selon les services du FMI, les résultats du programme ont été globalement satisfaisants.

L’institution de Bretton Woods a salué l’engagement des autorités à poursuivre les réformes, notamment dans le secteur bancaire et au niveau des entreprises publiques. L’amélioration des performances de ces dernières, en particulier dans le secteur de l’énergie, est jugée essentielle pour contenir les pressions budgétaires et améliorer la qualité des services.

« Des réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance et l’environnement des affaires doivent être poursuivies afin de soutenir la compétitivité, l’investissement et une croissance inclusive », ont indiqué les services du FMI.

À l’issue des discussions, les deux parties sont parvenues à un accord au niveau des services sur les politiques économiques et les réformes à mettre en œuvre pour finaliser les deux revues du programme. Cet accord, soumis à l’approbation du Conseil d’administration, pourrait ouvrir la voie à un nouveau décaissement de 80,74 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 110,8 millions de dollars.

Avec cette nouvelle tranche attendue, le total des décaissements au titre de la FEC atteindrait 220,2 millions de DTS (environ 302,2 millions de dollars).

Pour rappel, le Togo bénéficie depuis mars 2024 d’un programme de 42 mois soutenu par le FMI, pour un montant global de 293,6 millions de DTS (environ 400 millions de dollars). Ce programme vise à appuyer les réformes structurelles et les politiques macroéconomiques du pays, en vue de renforcer la stabilité budgétaire, soutenir une croissance inclusive et améliorer la résilience de l’économie.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Togo : le FMI évalue les retombées économiques de la Plateforme industrielle d’Adétikopé

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.