En finançant la modernisation de cet acteur togolais de l'agro-industrie, la banque régionale de développement cible simultanément trois priorités : industrialisation locale, inclusion des femmes et compétitivité à l'export.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a approuvé, lors de son dernier Conseil d'administration tenu les 25 et 26 mars à Dakar, un prêt de 6 milliards de francs CFA en faveur de Label d'Or SA, entreprise togolaise spécialisée dans la transformation d'amandes de karité. L'opération doit permettre d’étendre l'outil industriel de la société et de renforcer ses capacités de production au profit de 33 000 femmes de la chaîne de valeur.
Un acteur déjà structuré, entouré de partenaires de premier rang
Implantée à Gbatopé dans la préfecture de Zio et inaugurée en février 2023, l'usine Label d'Or a coûté 1,8 milliard de FCFA, financée sur fonds propres et soutenue par l'USAID. Elle est dotée d'une capacité de transformation de 30 tonnes d'amandes par jour, soit environ 4300 tonnes de beurre de karité par an, pour un chiffre d'affaires cible de 7 millions d'euros annuels.
Label d'Or bénéficie par ailleurs de l'accompagnement de la Société Financière Internationale (IFC), branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L'IFC a conclu avec l'entreprise un accord d'assistance technique portant sur la gestion financière, la conformité aux normes ESG et la facilitation de l'accès au financement. Le prêt de 6 milliards de la BOAD s'inscrit précisément dans cette dynamique de montée en gamme.
Mais Label d'Or peine encore à atteindre sa pleine cadence. Pour fonctionner à capacité maximale, la société doit acquérir jusqu'à 10 000 tonnes d'amandes en quelques mois, ce qui exige des ressources financières substantielles. S'y ajoutent une forte concurrence sur l'approvisionnement et des exigences de certification à l'export qui pèsent sur la compétitivité.
Un marché à fort potentiel export
L'enjeu dépasse la seule entreprise. Producteur africain d'amandes de karité de premier plan avec 20 000 à 25 000 tonnes par an, le Togo exporte encore l'essentiel de sa production sous forme brute. Label d'Or ambitionne de repositionner le pays sur le segment de la transformation certifiée, en ciblant les marchés américain et européen où la demande en beurre de karité bio est soutenue dans les secteurs cosmétique et agroalimentaire.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, le rapport Women, Business and the Law 2026 du Groupe de la Banque mondiale a été officiellement lancé vendredi 27 mars 2026 à Lomé. La cérémonie, présidée par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.
Un deuxième rang continental, pour une lecture à trois dimensions
Rappelons que, selon les conclusions du rapport publié le 24 février 2026 à Washington, le Togo se classe deuxième en Afrique pour le pilier des cadres juridiques, avec un score de 79,33 sur 100, derrière l'île Maurice (82,30) et devant la Côte d'Ivoire (78,25).
L'édition 2026 a introduit notamment une méthodologie renforcée : au-delà des textes de loi, elle évalue désormais les cadres de soutien institutionnel et les perceptions d'application sur le terrain.

Ainsi, sur le pilier des cadres juridiques, le Togo affiche un score de 79,33 %, et sur le pilier des perceptions d'application, il enregistre 64,54 %, supérieur à la moyenne régionale.
La volonté politique comme premier levier
Pour expliquer ces résultats, la ministre Sandra Ablamba Johnson a mis en avant un facteur déterminant : « Le premier facteur de ces résultats, c'est la volonté politique affirmée au plus haut niveau, celle du Président du Conseil, qui a fait de l'égalité du genre l'une de ses priorités. »
La responsable a également insisté sur la nécessité de ne pas s'arrêter là : « Ces résultats ne doivent pas nous amener à rester dans l'autosatisfaction. Nous devons poursuivre la dynamique des réformes. »
Des acquis législatifs réels, et des chantiers ouverts
Dans le cadre de cette évaluation, il faut relever qu'entre 2023 et 2025, le Togo a engagé des réformes structurelles majeures : protection des travailleuses contre le licenciement dès la grossesse, prise en charge à 100 % du salaire pendant le congé de maternité via la CNSS, et réforme de l'accès au crédit sans discrimination de genre.
Le Togo est également l'un des 12 pays seulement en Afrique subsaharienne à disposer de dispositions légales permettant aux employés de demander des modalités de travail flexibles.
Ceci étant, des défis subsistent. Le cadre d'appui institutionnel affiche un score de 31,95 sur 100, en deçà de la moyenne régionale.
« La loi seule ne crée pas des emplois, n'ouvre pas des crèches, ne garantit pas la sécurité d'une femme qui rentre du travail le soir », a relevé à cet égard Tony Verheijen, Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, tout en assurant de la disponibilité de son institution pour appuyer le pays dans ses efforts.
Pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, cette reconnaissance s'inscrit du reste dans une trajectoire soutenue. Le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) a bénéficié à plus d'un million de femmes, tandis qu'un programme national de lutte contre les grossesses et mariages précoces (2023-2027) a permis d'élaborer 74 plans d'actions communautaires. En 2024, 72 % des bénéficiaires du FNFI étaient des femmes, une donnée partagée à la Commission de la condition de la femme (CSW68) à New York.
Perspective
Dans la foulée, le gouvernement annonce plusieurs initiatives pour 2026, notamment en faveur des filles déscolarisées et des femmes entrepreneures.
R.E.D
Lire aussi:
Le Togo a le système légal le plus favorable aux femmes en Afrique (Banque mondiale)
Le Togo effectuera, le 3 avril prochain, une nouvelle opération de mobilisation de l’épargne publique sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Objectif : lever 30 milliards de FCFA via une émission simultanée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT).
Selon l’avis d’appel d’offres consulté par Togo First, le Trésor public prévoit de collecter 5 milliards de FCFA, au moyen des BAT d’une maturité de 364 jours. Ces titres, dont le nominal est 1 million de FCFA, seront proposés à des taux d’intérêt multiples.
Le reste des ressources sera levé via des OAT de maturités 3 ans, 5 ans et 7 ans. Ces obligations, d’un nominal de 10 000 FCFA, sont assorties de taux d’intérêt respectifs de 6,15 %, 6,35 % et 6,50 %.
Les ressources mobilisées à l’issue de cette opération contribueront au financement du budget de l’État, exercice 2026, arrêté à 2751 milliards de FCFA.
Depuis le début de l’année, le Togo a déjà engrangé 49,5 milliards de FCFA sur le marché financier régional, soit un peu plus de 10 % de son objectif annuel, fixé à 463 milliards FCFA.
Esaïe Edoh
Lire aussi:
UMOA-Titres : le Togo lève 27,5 milliards FCFA lors de sa deuxième sortie de 2026
L’Université de Kara (UK) et le Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo) ont scellé, le jeudi 26 mars 2026 à Kara, un accord de partenariat visant à renforcer les liens entre l’enseignement supérieur et le secteur privé. Cette démarche s’inscrit dans la promotion d’une formation en adéquation avec les besoins du marché de l’emploi, indique-t-on.
Le document, paraphé par la présidente de l’Université de Kara, Prénam Houzou-Mouzou, et le président du CNP-Togo, Laurent Coami Tamegnon, prévoit des actions concrètes en faveur de l’insertion professionnelle des étudiants. D’une durée de cinq ans, la convention ambitionne notamment la mutualisation des ressources, ainsi que le transfert de technologies et de compétences, au service du développement socio-économique.
L’accord s’inscrit dans une dynamique de mutualisation des efforts entre les deux institutions. À ce titre, l’UK entend bénéficier de l’appui du patronat pour la mise en œuvre de ses projets universitaires, associer le CNP-Togo à ses événements scientifiques, et coorganiser des rencontres académiques d’intérêt commun.
Pour la 2ème université publique du Togo, cette initiative traduit la volonté de s’ancrer davantage dans les réalités économiques nationales, en favorisant l’employabilité de ses étudiants.
À noter que l’Université de Kara envisage également la signature d’un accord similaire avec la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo).
Esaïe Edoh
Lire aussi:
Au Togo, cinq coopératives féminines actives dans l’étuvage du riz ont été dotées de kits modernes à Tchamba, ville située à 374 km de Lomé, dans le cadre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FRSP-Togo).
L’opération d’appui concerne des bénéficiaires issues des régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale. Les équipements fournis comprennent notamment des cuves de trempage de grande capacité, des étuveuses équipées de tamis inox et de fourneaux écologiques, ainsi que des bâches de séchage.
Selon les responsables du programme, l’objectif est de réduire les pertes post-récolte, d’améliorer la qualité du riz local et d’accroître les volumes transformés. En combinant équipements et formation, le dispositif vise à structurer davantage la chaîne de valeur et à améliorer la compétitivité des produits.
L’appui vise à renforcer la filière riz et à améliorer la productivité ainsi que les conditions de transformation.
Au total, près de 200 femmes bénéficient de cette opération. « Plus que de simples outils, ces équipements représentent une opportunité pour ces femmes de produire davantage de riz de meilleure qualité et d’augmenter leurs revenus », a indiqué Djélé Dahouda, coordonnateur du FRSP-Togo, cité par l'ATOP.
Soutenu par la Banque mondiale, le programme FRSP a pour mission de renforcer la résilience des systèmes alimentaires et d’améliorer la sécurité alimentaire dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo.
R.E.D
Au Togo, le gouvernement veut structurer davantage les chaînes de valeur agricoles en appuyant les Très Petites et Moyennes Entreprises (TPME). Il vient de lancer à cet effet un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner 50 TPME appelées à jouer un rôle majeur dans le secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet cofinancé par l’État togolais et la Banque africaine de développement (BAD), dénommé Projet d’accompagnement des jeunes entrepreneurs (PAJEC), et piloté par l’Agence de développement des Très Petites et Moyennes Entreprises (ADTPME).
Il s’agira concrètement de soutenir la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, en s’appuyant sur des filières agricoles prioritaires. Parmi celles-ci figurent le maïs, le soja, le manioc, le riz, l’ananas, le sésame ou encore l’anacarde, ainsi que les filières animales et halieutiques.
Les entreprises sélectionnées à l’issue de cet appel devront agir comme des « locomotives » au sein de clusters agro-industriels. Leur rôle consistera à structurer les chaînes de valeur, en facilitant l’approvisionnement en matières premières, la transformation et l’accès au marché.
Ces acteurs seront également appelés à contractualiser avec les producteurs, les coopératives et les jeunes entrepreneurs, et à soutenir leur montée en capacité.
Pour être éligibles, les TPME doivent justifier d’une activité formelle, d’une expérience minimale de deux à trois ans selon le profil, et d’une capacité avérée d’approvisionnement. Elles devront également démontrer une solidité financière et des débouchés commerciaux existants.
Le dispositif prévoit un accompagnement technique et financier, incluant la mise à niveau des outils de production, l’accès au financement et le développement de nouveaux marchés. L’intégration dans le programme se fera de manière progressive, en fonction des filières et des régions.
L’initiative vise également à favoriser la participation des TPME dirigées par des femmes, qui bénéficient de conditions d’éligibilité plus souples.
Pour rappel, le PAJEC a été lancé en février 2025 et doté d’une enveloppe de 28 milliards FCFA, financée par l’État togolais et la BAD pour soutenir les jeunes et les femmes entrepreneurs. Il est mis en œuvre par l’ADTPME sur cinq ans, avec pour mission de faciliter l’accès au financement, aux marchés et aux compétences, en intégrant les TPME dans des chaînes de valeur clés, notamment agricoles.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, les autorités et les acteurs de la société civile intensifient les efforts pour encadrer les organisations à but non lucratif (OBNL). Au cœur des discussions, cette semaine, la recommandation 8 du Groupe d’Action Financière (GAFI), en vue de prévenir l’utilisation abusive des ONG à des fins illicites. Ceci, tout en préservant leurs activités légitimes, dans un contexte de renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Une table ronde de deux jours, organisée par WANEP-Togo (West Africa Network for Peacebuilding) et ouverte jeudi 26 mars 2026, réunit à cet effet acteurs publics, financiers et organisations de la société civile autour de cet enjeu.
« Il est essentiel de travailler ensemble pour prévenir l’utilisation abusive des OBNL et protéger l’intégrité des systèmes financiers », a indiqué Seyram Adiakpo, coordonnateur du WANEP-Togo, à l’ouverture des travaux.
La rencontre s’inscrit dans un cadre plus large de réformes engagées par le gouvernement. Début mars, une nouvelle loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme avait été adoptée, renforçant les obligations de vigilance et les mécanismes de surveillance.

Pour les autorités togolaises, il s’agit notamment de trouver un équilibre entre contrôle et maintien d’un environnement favorable aux ONG. « La mise en œuvre de la recommandation 8 exige une approche équilibrée », selon Akou Mawussé Adetou-Afidenyigba, représentant le ministère en charge des finances.
Au Togo, les ONG restent des acteurs clés de la cohésion sociale et de la fourniture de services de base, surtout dans un contexte de faible inclusion financière et de montée des risques. Le renforcement de leur encadrement est ainsi un important outil pour sécuriser le système financier et consolider la gouvernance économique.
R.E.D
Rendre l’assurance accessible aux ménages à faibles revenus et aux acteurs du secteur informel, c’est la problématique au cœur de la 11ᵉ Conférence régionale sur l’assurance inclusive, ouverte à Lomé le mercredi 25 mars 2026.
La rencontre, qui se tient jusqu’à ce vendredi 27 mars, réunit des décideurs publics, des compagnies d’assurance, des acteurs bancaires ainsi que des experts en technologie venus de tout le continent africain. Objectif : identifier des solutions concrètes pour proposer des offres adaptées aux populations à faibles revenus et aux travailleurs du secteur informel, souvent exclus des dispositifs classiques de protection sociale.
Pour les assureurs, il s’agit de bâtir des systèmes d’assurance plus résilients et mieux adaptés aux réalités africaines, dans un contexte marqué par des crises sanitaires, une instabilité sécuritaire persistante et des chocs économiques récurrents. L’ambition est de rendre l’assurance à la fois accessible et abordable, notamment pour les populations vivant en zones rurales et au sein des communautés vulnérables.
À l’issue de la rencontre de Lomé, les compagnies d’assurance devraient ainsi proposer de nouveaux produits de microassurance destinés à couvrir les populations à faibles revenus. Ces offres sont perçues comme un levier stratégique à la fois social et économique.
En effet, l’assurance inclusive contribue à réduire la vulnérabilité des ménages face aux aléas. Elle participe également à l’inclusion financière, en facilitant l’accès à d’autres services tels que l’épargne ou le crédit, notamment via le mobile money, largement répandu sur le continent.
Par ailleurs, elle soutient l’activité économique, en particulier dans les secteurs informel et agricole, en offrant aux acteurs une meilleure capacité de résilience face aux risques.
La rencontre de Lomé se positionne ainsi comme une plateforme majeure pour promouvoir l’extension de l’assurance à toutes les couches de la population. Pour sa part, le Togo s’est déjà engagé dans cette dynamique, notamment sur le plan sanitaire, avec le déploiement depuis janvier 2024 du programme d’Assurance Maladie Universelle (AMU).
Esaïe Edoh
Lire aussi:
Assurance inclusive : Lomé accueillera la 11ᵉ conférence régionale africaine du 25 au 27 mars
Le Togo amorce l’élaboration de son Programme national d’accès à la cuisson propre. La démarche a été lancée en début de semaine à Lomé par le ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Eklo.
Le processus, entamé par des études préparatoires, vise à structurer ce programme, en cohérence avec les priorités du Pacte national pour l’énergie (Mission 300), dont l’objectif est de porter à 80 % le taux d’accès aux solutions de cuisson propre à l’horizon 2030. « Notre ambition est claire : faire en sorte que, d’ici à 2030, la cuisson propre devienne une réalité pour le plus grand nombre de Togolaises et de Togolais », a indiqué le ministre lors de l’atelier de lancement.
?? ???? ????? ??? ?́????? ?? ??? ????????? ???????? ?'????̀? ?̀ ?? ??????? ??????
— Ministère de l'Energie et des Ressources Minières (@mineenergie_tg) March 25, 2026
Le Gouvernement togolais a officiellement lancé le 23 mars 2026, les #études préparatoires à l'élaboration de son Programme National… pic.twitter.com/fiaZDFQVMn
Dans ce cadre, le Togo bénéficie de l’appui du programme Global Enabling Environment Facility (GEEF). Par ailleurs, le cabinet EED Advisory, mandaté par l’Agence néerlandaise pour l’Entreprise (RVO - Rijksdienst voor Ondernemend Nederland), accompagnera le gouvernement en étroite collaboration avec les institutions nationales et les acteurs du secteur. L’Union européenne soutiendra également les études à travers le programme ReCCAWA.
Alors que l’accès à la cuisson propre demeure limité au Togo, avec une forte dépendance des ménages aux combustibles solides issus de la biomasse, ce programme se positionne comme un levier pour répondre à des enjeux à la fois économiques, sanitaires, environnementaux et sociaux.
Sur le plan énergétique, l’initiative, inscrite dans une dynamique de transition, devrait permettre au pays de diversifier ses sources d’énergie, de moderniser son mix énergétique et de renforcer sa résilience face aux fluctuations des ressources traditionnelles. Sur le plan économique, le développement d’un marché local des solutions de cuisson propre, incluant la distribution de gaz, la fabrication de foyers améliorés et les services de maintenance, pourrait générer des emplois et stimuler l’entrepreneuriat, notamment chez les jeunes et les femmes.
Esaïe Edoh
Lire aussi:
Cuisson propre en Afrique : les recommandations de Faure Gnassingbé
Les acteurs du système de santé de la région maritime sont réunis à Tsévié jusqu’à ce jeudi 26 mars 2026. Objectif : examiner les performances sanitaires enregistrées en 2025 et définir les priorités pour l’année à venir.
Les premières données présentées montrent des progrès sur plusieurs indicateurs. C’est notamment le cas du fonctionnement des comités de gestion, qui s’est amélioré, passant de 57,82 % à 73,33 %. Le taux d’utilisation des soins curatifs a également progressé, atteignant 60,18 %, contre 56,37 % en 2024.
Ces résultats s’inscrivent dans le cadre d’initiatives telles que les cliniques mobiles et les journées portes ouvertes, destinées à rapprocher les services des populations. D’autres avancées concernent la disponibilité des kits de césarienne subventionnés et une amélioration de l’accès aux produits sanguins.
Des défis persistent néanmoins. La disponibilité des médicaments essentiels reste en baisse, tandis que le déficit en personnel de santé au niveau primaire limite l’offre de services. Le taux de besoins non satisfaits en produits sanguins demeure élevé, à 39,37 %, bien au-dessus de l’objectif national fixé à 13 %.
La revue annuelle doit permettre d’analyser ces indicateurs clés, d’identifier les écarts entre districts et de proposer des actions correctives. Elle débouchera également sur un plan d’actions pour 2026, fondé sur une analyse des forces, faiblesses et contraintes du système de santé régional.
Pour rappel, la région maritime compte 213 formations sanitaires et plus de 2100 agents pour environ 1,4 million d’habitants. Les autorités sanitaires appellent à une meilleure coordination afin d’améliorer durablement l’accès aux soins.
Ayi Renaud Dossavi