Le Vendredi 10 août 2018, après un mois d’une intense bataille judiciaire et trois jours de délibérations, un jury de San Francisco condamnait le géant américain de l’agrochimie, Monsanto, à payer 289 millions $ à Dewayne Johnson. Ce jardinier californien de 46 ans, atteint d’un cancer incurable en phase terminale, avait mis la puissante firme sur le banc des accusés en 2016, l’accusant d’être à l’origine de sa maladie, après avoir utilisé quotidiennement pendant 3 ans, son désherbant Roundup, dont le principe actif est le Glyphosate.
Depuis 2015, le produit fait l’objet de houleux débats et de nombreuses évaluations. A l’annonce de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) qui déclare le Glyphosate « cancérigène probable », les agences sanitaires et chimiques européennes déplorent une mauvaise catégorisation des effets du produit par l’instance onusienne en charge de la santé.
Toujours est-il que le verdict de ce procès, inédit en son genre, a une telle résonance, que l’utilisation du Glyphosate est remise en cause aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, où des mesures diverses sont prises, soit pour réguler son usage, soit pour l’interdire.
Au Togo c’est finalement « le Glyphosate non-homologué » qui est interdit
Au Togo où le Glyphosate est abondamment utilisé par les agriculteurs, l’affaire fait couler beaucoup d’encre et de salive. Et pour cause, les polémiques entourant ce produit en Occident et, depuis peu, partout en Afrique, se sont amplifiées au point que le gouvernement togolais a décidé de prendre des mesures.
Elles commencent par l’interdiction en avril 2018, de l’importation de l’herbicide Total et de tout autre herbicide sans une autorisation préalable et un agrément délivré en bonne et due forme par l’Etat. « L’introduction sur le territoire de tout pesticide est subordonnée à l’obtention d’agrément professionnel et d’autorisation d’importation, sous réserve que la matière soit homologuée conformément à la réglementation phytosanitaire au Togo », a annoncé le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Ouro-Koura Agadazi, à travers un communiqué.
Mais quid du Glyphosate ? A ce propos, le communiqué poursuit : « Dans le souci de préserver non seulement l’environnement mais aussi la santé humaine et animale, il est formellement interdit d’importer et de commercialiser les pesticides non homologués notamment le Glyphosate sur l’ensemble du territoire conformément à la loi N° 96-007/PR du 03 juillet 1996 ».
La note informative annonce par ailleurs des « contrôles inopinés sur toute l’étendue du territoire » et surtout au niveau des postes de contrôle phytosanitaires, pour vérifier l’effectivité des mesures. Le ministre Oura-Koura Agadazi a prévenu : « tout contrevenant à ces dispositions s’expose à la rigueur de la loi en vigueur au Togo ».
Pourtant, le flou persiste pour beaucoup. Dans la zone portuaire togolaise, comme le rapporte le site d’informations agricoles agridigitale.net, maraîchers et producteurs utilisent toujours le Glyphosate, ignorant tout d’une quelconque interdiction.
Le Glyphosate est-il finalement interdit au Togo ?
Si, à la lecture du communiqué de l’autorité en charge de l’agriculture, il apparaît clair que l’importation, la commercialisation voire l’utilisation de ce produit sont prohibées, pour Atsou Tagba, le Directeur de la Protection Végétale (DPV), toujours selon le site spécialisé dans l’actualité numérique agricole, cette lecture ne serait pas exacte. « Au Togo, c’est le Glyphosate non homologué qui est interdit tout comme les autres pesticides non homologués. Si non, le Glyphosate homologué n’est pas interdit au Togo », déclare-t-il, pointant une mauvaise compréhension du communiqué officiel.
De son côté, le Dr Kossi Kpemoua de l’institut Togolais de recherche agonomique (ITRA), pense qu’ « il faudrait que la science puisse clairement clarifier quel est le niveau de danger que cela peut présenter ». Et d’ajouter, « donc pour l’instant, on l’utilise ». Toutefois, il tient à rassurer : le « Togo intensifie les recherches sur l’herbicide à polémique et l’opinion sera bientôt située sur les résultats de ses recherches ».
Le Glyphosate ou le cadeau empoisonné racheté par Bayer
Molécule chimique, aux puissantes propriétés herbicides, le Glyphosate est breveté, fabriqué et commercialisé dans le monde depuis 1974, sous la marque Roundup et Ranger Pro, sa version professionnelle plus concentrée, par la multinationale américaine Monsanto. Cette dernière a été rachetée en juin 2018, par le géant allemand agrochimique Bayer pour 62,5 milliards $.
Le Glyphosate, c’est tout simplement le désherbant le plus vendu au monde, avec près de 720 000 tonnes écoulées chaque année, soit 25% du marché mondial. Seul, il est peu efficace ; aussi les industriels y ajoutent d’autres molécules chimiques pour le rendre plus létal et facilitent son absorption par les plantes. Il tue toutes les plantes excepté celles qui ont été génétiquement modifiées pour lui résister, ce qui explique son abondante utilisation dans les immenses plantations de maïs, de soja ou encore de tournesol.
Si aujourd’hui, l’herbicide dont l’utilisation de plus de 40 ans se retrouve à la barre des accusés, c’est également le puissant groupe allemand, plus connu dans le monde de la pharmacie, qui se retrouve dans une situation dont elle se serait bien passée.
En effet, Monsanto est aujourd’hui confronté à plus de 8000 procédures similaires à l’affaire Dewayne Johnson, enregistrées aux Etats-Unis, mais également en France, au Brésil.
En Europe, il a bénéficié, grâce à un vote au parlement européen, d’un sursis de 5 ans, mais rien ne lui semble définitivement acquis.
Octave A. Bruce
Sur invitation du président togolais, Faure Gnassingbe, apprend-on, Bénédict Oramah a assisté ce vendredi au premier Business forum du Togo qui s'est déroulé à Hangzhou, en Chine.
La présence du président d'Afreximbank vient doper l'opération de charme amorcée par le Togo pour "vendre son Plan national de développement 2018-2022."
Si cette présence peut être perçue comme un vote de confiance en faveur du PND, ce soutien du responsable d'origine nigériane pourrait se traduire bientôt concrètement par un financement au profit du Togo, de la banque panafricaine dont la mission est de promouvoir le commerce africain.
En lien avec l'annonce faite par docteur Oramah en juillet dernier lors du dernier sommet de l’Union Africaine, la banque panafricaine d’import-export basée au Caire, pourrait apporter un financement à un pool de pays dont le Togo.
Outre cette personnalité du monde financier, le No1 d'Ecobank, Ade Ayeyemi et son directeur de la région Uemoa, Paul-Harry Aithnard, étaient également présents.
À leurs côtés, Carlos Lopes, économiste Bissau-guinéen, est venu vanter les atouts du Togo devant un parterre d'investisseurs chinois. Plus de 30 entreprises chinoises et une forte délégation du secteur privé togolais ont honoré de leur présence la première édition de ce forum des investisseurs.
Fiacre E. KAKPO, envoyé spécial à Hangzhou"
Le géant Chinois Andaz Group veut investir au Togo. A l’occasion de la rencontre entre les premiers responsables de cette société et le Chef de l’Etat togolais Faure Essozimna Gnassingbé, le jeudi 06 septembre 2018, ceux-ci ont exploré des pistes d’investissements au Togo.
Comme pôles d’intérêt au Togo, le groupe a identifié les secteurs des transports et de l’énergie. Si ce projet d’investissement aboutit, ce sera un appui de plus à la mobilisation de capitaux en vue du financement de la stratégie nationale d’électrification du Togo et un accélérateur de la dynamique amorcée vers le service universel à l’horizon 2030.
Le groupe intervient dans d’autres secteurs d’activités, notamment le pétrole et le gaz, le ciment, les machines lourdes, la chimie, l'énergie électrique, et les transports. Il a réalisé à ce jour des transactions pour près d’un milliard de dollars, indique la note de presse de la cellule de communication de la présidence togolaise.
Il oriente principalement ses investissements vers les infrastructures, l’énergie, l’immobilier et le développement agricole en Afrique et dans le monde.
Faure Gnassingbe, le président togolais, s'est rendu ce jeudi, sur le campus Xixi d'Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne.
En compagnie de Jack Ma, le président togolais et sa délégation ont eu droit à une visite guidée des grands projets du Chinois basé à Hangzhou.
Logistique intelligente, inclusion financière et agricole, intelligence artificielle, la présentation a débouché sur un entretien restreint au cours duquel, Faure Gnassingbé a salué la vision et l’humanisme de Jack Ma.
En ligne avec son ambition de devenir un hub logistique et numérique, le Togo compte nouer un partenariat avec Alibaba Group. Ce partenariat aura non seulement pour objectif de permettre aux jeunes Togolais de bénéficier de diverses formations, mais également de positionner la "Suisse de l’Afrique" comme une plateforme technologique dans la sous-région.
Dans la même lignée, Jack Ma espère recevoir des jeunes Togolais dans l'un de ses programmes d'incubation et de promotion du e-commerce en Afrique.
Ce dernier programme annoncé l'année dernière par le responsable, est doté d'un portefeuille 10 millions $. Les financements serviront à soutenir le développement des sites de ventes en ligne en Afrique.
Fiacre E. KAKPO, envoyé spécial à Hangzhou
Passionné par la protection de l’environnement, Bemah Gado fait partie des jeunes entrepreneurs togolais qui changent le quotidien de leurs communautés.
Lauréat en 2015 du concours « Projet Vert » organisé par le Faiej avec l’appui du Pnud, son projet dont l’utilité publique est reconnue, a reçu le soutien de nombreux partenaires au développement, sur le plan national comme international. Avec son entreprise, il réalise un chiffre d’affaires mensuel de 2 600 000 Fcfa. Il a créé 22 emplois directs et généré plus de 800 autres indirects. Togo First est allé à sa rencontre. Interview.
Togo First : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?
Bemah Gado : Je suis Bemah Gado, j’ai 28 ans. Je suis Directeur de l’ONG « Science et Technologie Africaine pour un Développement Durable » et Directeur Général de la société Green Industry Plast Togo, une société spécialisée dans le recyclage des déchets.
T.F : Pourquoi avoir entrepris dans l’environnement et particulièrement dans le recyclage des déchets plastiques ?
B.G : Je suis né dans le Grand Nord du Togo et je n’ai pas bénéficié d’assez de soutiens financiers pour réaliser mes études. J’ai été accompagné par mes frères pendant mon cursus scolaire et après l’obtention de mon baccalauréat, je suis arrivé à l’Université de Lomé où il fallait me défendre pour vivre et financer ma scolarité. Je m’intéressais donc à toute activité pouvant être source de revenus.
Depuis tout petit, j’avais à cœur les problèmes environnementaux et plus particulièrement de salubrité. J’aimais être propre et vivre dans un endroit qui l’est également. Or à mon arrivée au campus, j’ai remarqué l’état d’insalubrité dans lequel se trouvait cet endroit que je devais fréquenter. Donc, j’ai décidé d’y apporter une solution, sans oublier parallèlement de mener une activité qui me permettra de financer ma scolarité.
A partir de ma deuxième année universitaire, j’ai monté une association avec des amis étudiants, que nous avons dénommée « Science et Technologie Africaine pour un Développement Durable ». Nous avons commencé à mener des actions au sein de l’Université. C’est comme cela que tout est parti. Nous sortions chaque semaine pour faire des nettoyages des sites les plus fréquentés et les plus insalubres sur le campus. Nous dégagions les déchets et nous les entreposions à des endroits beaucoup plus discrets.
Un jour, un acteur de développement local passait et il nous a vus à l’œuvre. Il nous a interpellés et questionnés sur notre activité. A la question de savoir ce que nous faisions des déchets que nous amassions, nous avions répondu que nous nous contentions de les stocker quelque part, loin des regards. Il nous a dit que nous pouvions en faire un business ou une activité génératrice de revenus.
Nous avons donc eu une discussion, et il nous a indiqué une structure au Ghana où une industrialisation s’est développée autour du traitement et du recyclage des déchets.
Nous avons fait le déplacement et nous avons pu effectivement constater qu’il y avait une possibilité d’entreprendre un business tout en protégeant l’environnement.
A notre retour, nous avons collecté des déchets plastiques que nous sommes allés vendre là-bas et nous sommes revenus avec des sous. Cela a été le point de départ effectif des activités de l’association. Grâce aux sommes engrangées avec la multiplication de nos voyages au Ghana, nous avons loué un siège et nous nous sommes mis à réfléchir sur la manière de pérenniser cette activité de façon à ce qu’elle puisse impacter maintenant la communauté et non plus exclusivement l’Université.
Nous réfléchissions sur la question en 2015, au moment où le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (Faiej), a lancé un concours des Projets Verts, lors des Journées de l’Entrepreneuriat et de Développement (JED) avec l’appui du PNUD. Nous y avons participé et nous avons été lauréats.

Avec la ministre du développement à la base, Victoire Tomégah-Dogbé.
C’est là que l’idée d’entreprise a germé, l’idée de pouvoir mettre en place une entreprise de recyclage de déchets au Togo, pour traiter directement ces déchets au Togo, au lieu de les envoyer au Ghana. Voilà un peu mon histoire et celle de mon entreprise.
T.F : En Dehors du Faiej, avez-vous bénéficié d’autres accompagnements?
B.G : Oui. Nous avons obtenu une subvention de 1,5 million Fcfa après notre victoire au concours, montant auquel se sont ajoutés des appuis complémentaires, aussi bien techniques que financiers, de la Mairie de Lomé et de bien d’autres partenaires.
En effet, le premier est la Mairie de Lomé. Lorsque nous avons commencé la collecte et que nous avons voulu sortir du cadre universitaire et aller dans la ville, c’est à la Mairie que nous nous sommes adressés. Elle nous a fourni les autorisations pour nous installer à proximité de leurs points de déchets. Cela nous a permis de récupérer les déchets que les pré-collecteurs venaient déposer.
Après avoir réussi au concours et au moment où nous devions bénéficier d’une subvention pour monter l’entreprise de recyclage, nous nous sommes encore tournés vers la Mairie pour qu’elle nous octroie un espace afin de pouvoir y développer l’activité. Ce qui a été fait, parce qu’ils ont compris l’utilité de ce projet.
Il y a également eu l’ANASAP, (Agence Nationale de Salubrité Publique) qui nous a aussi accueillis à bras ouverts et nous a accordé une subvention de 1 500 000 FCFA pour commencer le montage de l’unité de recyclage. Le directeur de l’Agence, le Général Béréna, a mobilisé des engins afin de déblayer l’espace que nous a accordé la Mairie de Lomé.
Donc vous remarquerez que c’est tout un maillage d’institutions étatiques qui étaient intéressées, pour gérer un problème qui n’était pas seulement le nôtre mais public. Nous avons également reçu l’appui de partenaires internationaux que je veux remercier par le canal de Togo First.
L’Ambassade de France à travers le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), nous a soutenus avec 3 370 000 Fcfa. Le PNUD par le biais du Programme de Micro financement de Fonds pour l’Environnement Mondial nous a accompagnés à hauteur d’environ 15 millions de Fcfa.
Tout ceci a contribué à mettre en place les infrastructures. C’est un grand site qui a nécessité beaucoup d’investissements, notamment la construction des murs et la clôture, les forages, l’électricité et le reste. Tous ces appuis nous ont aidés dans la mise en place des infrastructures. Compte tenu de ces investissements, les fonds de roulement disponibles étaient insuffisants.
Nous avons également sollicité le FAEIJ en 2015, après la subvention, pour un crédit additionnel de 3 000 000 Fcfa et c’est cela qui nous a permis d’acheter la machine et tous les autres outils nécessaires à la réalisation du projet.
T.F : Quelles sont les difficultés auxquelles vous vous êtes confrontés ?
B.G : Ils sont techniques et financiers. Malgré toutes les sommes que j’ai mentionnées plus haut, il reste encore à faire. Il faut consolider ce qui a déjà commencé, renforcer la base existante en ajoutant des infrastructures. Nous avons besoin surtout d’équipements, de machines.
Il faut avoir une camionnette qui collectera les déchets au niveau des unités de récupération pour pouvoir les envoyer sur le site.
Pour ce qui est du site, il n’est pas encore une construction qui répond vraiment aux normes d’une usine, d’une entreprise ou d’une unité avec toutes les mesures de protection.
Le site de recyclage dans son état actuel, n’est pas encore ce qu’il doit être. C’est vrai que la machine a la capacité de recycler de grands tonnages, mais le site n’a pas encore la dimension d’une infrastructure adéquate pour pouvoir recevoir de grandes quantités pour faire la transformation ; donc il faut aménager des espaces de stockages, de dépôt des matières.
Nous désirons aller vers une production à grande échelle. Pour cela, il faut acheter des machines de qualité pour produire les objets au niveau local au lieu de les importer. Cela fera une plus-value si on produit la matière au niveau local. Ça va réduire les coûts sur les marchés.

Encore du pain sur la planche…
A titre d’exemple, la ville de Lomé produit près de 313 000 tonnes de déchets par an selon les chiffres officiels. Vous avez à peu près 20% qui sont constitués de matières plastiques. C’est vous dire la quantité de travail que nous faisons quotidiennement.
Voilà donc tous les défis auxquels nous sommes confrontés mais nous travaillons sans relâche à la mobilisation des ressources pour atteindre nos objectifs.
T.F : Quelles sont vos projections pour les années à venir ?
B.G : Monter une grande entreprise de recyclage de déchets plastiques de renommée internationale. Pour cela, nous envisageons d’impliquer tout le monde. Quel que soit son statut social. Tout le monde, petit comme grand, peut faire ce travail en séparant les déchets. A notre niveau, nous ne sommes pas sélectifs au moment d’acheter les déchets plastiques qui nous sont apportés. Nous payons tout le monde selon le poids de ses déchets.
L’ambition à long terme, c’est de pouvoir amener tous les ménages à une gestion sociale des déchets en les triant et en revendant les fragments recyclables. C’est comme cela que nous arriverons à bout de nos déchets.
Aujourd’hui j’emploie directement 22 personnes et nous avons généré plus de 800 emplois indirects. Je veux augmenter ces chiffres et faire en sorte que d’ici à 2019, nous soyons autour de 5000 emplois indirects, et une centaine d’emplois directs.
Nous avons constaté que le déchet plastique est de l’or et au lieu de dire l’ordure, nous disons « l’or dure » pour faire un jeu de mots. Si on s’y met tous, chacun pourra en tirer parti.
T.F : Envisagez-vous de sortir de Lomé et conquérir d’autres villes avec votre entreprise ?
B.G : C’est déjà entamé. Nous avons commencé une collaboration avec la Mairie de Tabligbo, et dans un avenir très proche et peut être dans les semaines à venir, nous pourrions démarrer notre collaboration.
Nous avons également reçu les acteurs de Tsévié et de Sokodé dans nos locaux il y a quelques semaines. Ils sont venus voir dans quelle mesure nous pouvons travailler. Et nous sommes en train de voir comment anticiper dans la planification locale, comment participer en intégrant cette phase de gestion de déchets dans ces plans de développement locaux afin que les collectivités ou les villes que nous venons de citer n’éprouvent pas les mêmes difficultés que la ville de Lomé, avant de chercher des solutions. Cela a démarré avec un processus qui est déjà en cours.
Nous avons plusieurs entreprises avec lesquelles nous travaillons. Nous avons une entreprise à Accra, Family Industry Plast, Bel Aqua qui fait du recyclage en plus de l’eau, il y a également des entreprises chinoises avec lesquelles nous collaborons. Au Togo nous travaillons aussi avec plusieurs sociétés de la place.
T.F : Un conseil à un jeune qui a envie de « se salir les mains » comme vous le faites ?
B.G : La jeunesse est le moteur du développement d’un pays. C’est elle qui déborde d’énergie et a beaucoup à offrir à la nation. Le problème des déchets ne finira pas de sitôt. Tous les jeunes peuvent s’y mettre et se joindre à nous. Il n’y a pas que ça à faire. Beaucoup de problèmes sociaux sont là et attendent qu’on les prenne à bras-le corps.
La jeunesse, lorsqu’elle est responsable et consciente, peut participer au processus de développement du pays.
Si nous sommes arrivés à créer tous ces emplois que vous voyez, c’est parce qu’on a pris la responsabilité d’impacter notre société. Et les décideurs ayant compris l’utilité et le sérieux de ce que nous faisons, nous accompagnent.
Si nous arrivons à collaborer avec le gouvernement, avec les organisations internationales avec les administrations publiques, c’est parce que nous avons su montrer notre engagement, notre détermination et surtout notre honnêteté. C’est ce que la jeunesse doit démontrer, regarder où on va, regarder et d’où l’on vient. Il ne sert à rien de rester dans son confort pour dire que c’est parce qu’on n’a pas de relations. Les relations, on les crée à partir de son engagement.
La ministre du développement à la base, Victoire Tomégah-Dogbé, a dit lors de sa visite dans mon centre (à l’occasion de la tournée de proximité entreprise par le ministère en Juillet 2018, ndlr), qu’on crée sa marque et sa responsabilité à partir des actes qu’on pose.
Interview réalisée par Octave A. Bruce
En prélude au Business Forum Togo-Chine qui s'ouvre ce vendredi à Hanghzou en Chine, le Chef de l’État Faure Essozimna Gnassingbé a présidé, hier 06 septembre 2018 une table ronde de patrons d’entreprises chinoises et togolaises.
Le Président de la China Chamber of Commerce for Import and Export of Machinery
and Electronic Products était présent à cet événement. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo était représentée par son président et son Vice-président. Il y avait également le Directeur Général de Togo Invest Corporation.
A l’issue de la rencontre, un partenariat a été signé entre la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT) et la China Chamber of Commerce for Import and Electronic Products.
Ce partenariat devrait permettre d’attirer des investissements privés chinois en vue du financement du Plan National de Développement (PND 2018-2022), en ligne avec l’ambition gouvernementale de mobiliser 65% du financement de cette vision auprès du secteur privé. Il devrait, en outre, s’intégrer dans la volonté des autorités de favoriser un transfert de compétences chinoises en faveur du Togo.
La China Chamber of Commerce for Import and Export of Machinery and Electronic Products est une association qui compte plus de 10 000 membres et qui se compose de grandes entreprises manufacturières et commerciales, des entreprises dans les industries mécaniques et électroniques.
Fortement impliqué dans l’élaboration du PND, le secteur privé togolais est également attendu au Business Forum Togo-Chine qui s’ouvre ce vendredi.
Au Togo, l’investissement dans le secteur agricole à travers le Programme National d’Investissement et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) se révèle très porteur.
Lancé sur les cendres du Programme National d’Investissement et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) dont les résultats de 2012-2017 ont été encourageants, ce programme affiche de bons chiffres, quelques mois après le début de sa mise en œuvre.
Selon un bilan dressé lors de la mission d'évaluation de l’enveloppe additionnelle du Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA), un sous-projet du PNIASAN, par Ouro-Koura Agadazi, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Culture, il a touché 147 235 bénéficiaires directs contre un objectif de 150 000 pour fin 2018. Soit un taux de 98,16.
Dans le même souffle, a-t-il indiqué, « le pourcentage des femmes touchées est de 20,55% contre une prévision de 18% et la quantité des produits agricoles transformés est de 24 526 tonnes contre un objectif prévisionnel de 27 070 ; soit un taux de 90,60% ».
Le programme a permis également de booster le sous-secteur de l’élevage. « L’accroissement des effectifs des animaux auprès des bénéficiaires est de 245 084 contre une cible de 271 943, soit 90,39%. Celui des produits agricoles est de 30,765 tonnes contre 28,2 soit un taux de 109,10% », a révélé le ministre.
Ade Ayeyemi, PDG du groupe panafricain, Ecobank Transnational incorporated (ETI) basé à Lomé, est arrivé jeudi dans l’après-midi à Hangzhou dans le cadre du tout premier business forum qu’organise le Togo ce vendredi 07 septembre 2018.
Organisé en partenariat avec le secteur privé, ce forum d’affaires aura pour objectif de mobiliser les investisseurs chinois pour la mise en œuvre des projets phares du nouveau Plan national de développement (PND 2018-2022), adopté début août.
Le DG d’origine nigériane, qui aura à ses côtés le Directeur du groupe bancaire pour l’UEMOA, le Togolais Paul-Harry Aithnard, devrait présenter les perspectives de croissance et les opportunités d’affaires au Togo.
Fortement impliqué dans l’élaboration du PND et organisation de ce Business forum, apprend-on, le secteur privé est également attendu à cette grande première où cinq projets structurants dans les secteurs comme la logistique, l’industrie, l’agro-alimentaire, l’énergie, seront mis sur scène.
Le président de l’Association des grandes entreprises du Togo a foulé le tarmac hangzounais ce jeudi.
Selon les autorités togolaises, une trentaine d’entreprises chinoises devraient être présentes à ce grand rendez-vous auquel pourrait prendre part le célèbre économiste de développement bissau-guinéen, Carlos Lopes.
Fiacre E. Kakpo, Envoyé spécial à Hangzhou (Chine)
Le Président Faure Gnassingbé et son homologue chinois Xi Jinping ont signé plusieurs documents de coopération bilatérale ce jeudi 6 septembre 2018 à Beijing.
La cérémonie de signature fait suite à une rencontre bilatérale d’après Focac, entre les deux dirigeants. La rencontre a été l’occasion d’aborder divers sujets concernant la coopération sino-togolaise.
Le Chef de l’Etat a félicité la Chine pour le succès du sommet de Beijing, qui a élevé le partenariat stratégique et coopératif global Afrique-Chine à une nouvelle échelle. Faure Gnassingbé a ensuite salué les 8 initiatives annoncées par Beijing en faveur du continent et exprimé le soutien du Togo. "Le Togo sera toujours solidaire de la Chine fraternelle", a-t-il notamment déclaré.
Pour sa part, Xi Jinping a souhaité que les deux nations tirent pleinement avantage de leur fructueuse relation. Le n°1 chinois a d’ailleurs invité le Togo à participer à la construction de l’initiative « Ceinture et Route », en rappelant que l’Empire du milieu est prêt à approfondir sa coopération avec le Togo dans des domaines tels que l'agriculture, l’énergie et les infrastructures.
Le Président de la République poursuit demain 7 septembre, son séjour en terre chinoise, avec l’organisation d’un Business Forum à Hangzhou.
Au Togo, 936 sociétés ont été créées durant le mois d’août 2018 contre 716, l’année dernière à la même période. En douze mois, la création d’entreprises enregistre donc une progression d’environ 31%.
Cette performance est tirée par de nombreuses réformes mises en œuvre en vue de simplifier la création et le cycle de vie des entreprises, notamment des SARL.
Confiée à la Cellule Climat des Affaires, dont la coordonnatrice est Sandra Ablamba Johnson, l’exécution de la mission de rendre attrayant l’environnement togolais des affaires a permis stimuler l’entrepreneuriat local.
Entre autres, on retiendra la réduction des frais de création d'entreprises et de délai, la possibilité de créer une entreprise en ligne, la libéralisation du capital social pour les SARL, la réduction des frais et du délai de raccordement au réseau électrique.