Togo First

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Les titres de dette togolais sont appréciés sur le marché financier régional. Après sa belle performance fin juin consacrée par la mobilisation de 21 milliards FCFA, le Togo a conclu en trombe vendredi 20 juillet dernier une émission simultanée par adjudication ciblée d’Obligations Assimilables du Trésor. Rebelote.

A l’arrivée, 57,49 milliards FCFA servis par les investisseurs de la sous-région contre une demande de 50 milliards.

Un taux de couverture du montant mis en adjudication par les soumissions de 114,98% qui traduit l’appétit des investisseurs d’un marché morne en début d’année. Le Togo retiendra 55 milliards FCFA, soit un taux d’absorption de 95,67%.

Dans le détail, la première obligation d’une maturité de 3 ans, assortie d’un coupon fixe de 6,25% aura permis de mobiliser 51,04 milliards dont 48,55 milliards FCFA retenus. La deuxième quant à elle, arrivant à échéance dans 5 ans, le 23 juillet 2023 précisément, et offrant un taux d’intérêt fixe de 6,5%, a permis de lever 6,45 milliards FCFA. Le prix moyen de l’OAT de 3 ans s’établit à 9655 FCFA avec un rendement moyen de 7,57%. L’OAT de 5 ans dont le prix moyen est estimé à 9650 FCFA, offre un rendement de 7,36%.  

Majoritairement, les soumissions viennent des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) du Togo (Boa Togo, Coris Bank, Ecobank, Orabank et UTB), qui auront servi, 45,34 milliards dont 43,86 milliards retenus sur l’obligation de 3 ans et l’intégration de celle de 5 ans.

Les SVT burkinabé étaient également au rendez-vous avec 5,7 milliards investis sur les OAT de 3 ans.

Pour ce troisième trimestre, le Togo envisage de lever 130 milliards dont 110 milliards sous forme d’OAT et 20 milliards FCFA en bons assimilables du Trésor (BAT). Selon le calendrier, du côté de Lomé, la prochaine émission du Togo portant sur un montant de 40 milliards FCFA est prévue pour le mois d’août.

Fiacre E. Kakpo

La construction du nouveau port de pêche évolue bien. Pour un taux d’exécution de 64,7%, les travaux de génie civil atteignent un taux de réalisation de 80% tandis que ceux relatifs aux bâtiments sont à 20%, a déclaré Ryu Ishii, directeur de l’entreprise en charge des travaux à une délégation ministérielle composée des ministres Ouro-Koura Agadazi et Ninsao Gnofam, respectivement en charge de la pêche et des travaux publics (TP), en visite sur le site ce vendredi 20 juillet 2018.

Rapporté au délai d’exécution déjà consommé, soit 70%, ce taux d’avancement des travaux reflète une vitesse d’exécution satisfaisante, selon le ministre des Infrastructures et des Transports. Celui-ci ajoute : « Nous avons bon espoir que le chantier sera réellement livré dans le délai et sera l’un des ports de pêche les plus modernes de la côte ».

En rappel, le projet est cofinancé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) à hauteur de 14,4 milliards FCFA et par le Togo à concurrence de 2,1 milliards FCFA. La construction de cette plateforme, sur une superficie de 7 hectares, semble traduire une volonté de dynamiser la pêche, compte tenu de son importance dans l’économie togolaise.

L’activité emploie plus de 22 000 acteurs et contribue à plus de 4,5% du PIB du secteur agricole avec une production annuelle moyenne de 20 000 tonnes, soit 80% de la production nationale estimée à 25 000 tonnes.

Séna Akoda

Le Togo et le Burkina Faso ont ouvert ce jeudi 19 juillet, une rencontre consultative pour redynamiser les activités au poste de contrôle juxtaposé de Cinkassé, une infrastructure commune aux deux pays.

La rencontre, qui a enregistré la participation de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), ainsi que de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), vise à redynamiser la feuille de route et le fonctionnement du poste.

Selon les acteurs, il s’agit particulièrement d’émettre des idées, de faire des recommandations à l’institution mère qu’est l’UEMOA, de faciliter les activités sur les frontières au profit des populations et d’accélérer la libre circulation des personnes et des biens.

D’un coût global évalué à plus de 7 milliards FCFA, le poste de contrôle juxtaposé de Cinkassé, ouvert en 2014, illustre bien la coopération entre le Togo et le Burkina Faso.

Il vient, d’une part, rationaliser le passage des personnes et des biens sur les frontières des deux pays, et d’autre part, alléger les formalités et les délais de passage pour accroitre le trafic économique.

De 2008 à 2016, le taux d’accès à l’électricité est passé de 22,5% à 35,6% en république togolaise. Ces données résultent de la présentation du Premier ministre au Forum des Nations Unies à New York sur les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Plus précisément, il s’agit des avancées du Togo concernant l’ODD7 consistant à garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable. Sur la même période, le taux d’accès est passé de 3% à 6,3% dans les milieux ruraux.

Plusieurs initiatives portées par le gouvernement ont concouru à cette nette évolution de l’accès des populations togolaises à l’énergie. Entre autres, un vaste projet d’électrification de près de deux cent soixante-onze (271) localités rurales. Ce projet se poursuit sur la période 2017-2018.

Par ailleurs, certaines initiatives en cours notamment le programme présidentiel CI-ZO, l’installation de quatre microcentrales solaires photovoltaïques d’une puissance totale cumulée de 600 KWc et de 10 000 lampadaires solaires dans les cinq régions du Togo ainsi que d’autres projets en vue devront permettre au pays d’atteindre ses objectifs à l’horizon 2030.

Séna Akoda

Cultiver de l’igname destinée à faire du foufou sur une terre inappropriée, pour un défi, c’en est un. Pour un risque, il n’y en a pas de plus grand. C’est pourtant la prouesse qu’aura réalisé ADZOHONOU Kwami Senyo.

L’idée a germé lorsque ce digne fils de Kloto, venu s’installer dans le Yoto, a cherché en vain un endroit à Tabligbo pour savourer du foufou d’igname. Impossible. Devant le foisonnement du foufou de manioc, la niche est toute trouvée. Mais devra-t-il encore se défaire des pesanteurs de la terre, du moins de ce que pensaient les autochtones.

Cinq (5) ans après, la terre n’a pas menti. Mieux encore, le résultat a été si bluffant que les Thomas d’hier, comme il aime à les appeler, s’y sont mis. Et maintenant, ces jeunes agriculteurs, la fleur de l’âge, sont à la recherche du financement du FAIEJ pour développer la culture de cette nouvelle variété d’igname qui réussit si bien à leur terre, le Senyo Yam. Le compte à rebours est lancé jusqu’à Novembre prochain où, si tout va bien, les premières recherches de semences doivent commencer.

Togo First est allé à la rencontre de cet amoureux de la terre, également apiculteur et Coordinateur de la COOP-CA-AEH (Apiculture-Environnement-Humanité). Il nous a reçu, entouré de deux de ses proches collaborateurs, LAWADA Adjo Bella et ATTIOGBE Kokou. Entretien.    

Togo First : D’où vous est venue l’idée de vous lancer sur ce projet et pourquoi avoir choisi Tabligbo ?

ADZOHONOU Senyo : A mon arrivée dans la localité en 2014, j’ai cherché en vain à manger du foufou d’igname que j’aime beaucoup. Mais il m’a été difficile, voire impossible d’en trouver. Partout, il n’y avait que du manioc. Or, étant habitué à l’igname, je n’ai pas vraiment apprécié. Donc je me suis dit qu’il faut développer la culture de ce tubercule dans la zone. J’ai approché des agriculteurs qui cultivent l’igname dans leurs champs et je leur ai expliqué qu’on ne pouvait pas en cultiver sans produire la variété qui permet de faire du foufou. Ils m’ont dit que ce n’était pas possible parce que cette variété ne réussissait pas sur leur sol.

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C’est devant cette question que je me suis dit que c’était un défi qui s’imposait à moi. Je leur ai donc dis que j’avais une technique de multiplication rapide qui permet de produire les ignames sur des billons. Cette technique permet d’avoir de grosses quantités de tubercules et cela permet aussi de produire l’igname qui fait du foufou. Bien entendu ils n’y ont pas cru.

Lors de la saison de 2016, j’ai fait la toute première production avec ma collaboratrice (LAWADA Adjo Bella, ndlr) et nous avons fait la récolte. J’ai appelé les agriculteurs et je leur ai montré les tubercules. Ils étaient extrêmement surpris lorsque je leur ai dit que je l’ai fait sur un carré de 25m sur 25. Je l’ai réalisé grâce à une variété d’ignames que j’ai apportées de Kpalimé qui s’appelle Krati.

Ils étaient donc surpris de voir à quel point cela a marché. Mais il faut reconnaitre que leur sol se dessèche vite. Toutefois, l’igname n’est pas une plante très exigeante en eau.

J’ai donc, en marge, procédé à une série de tests et j’ai eu à remarquer que leur sol est tout à fait propice à la culture de cette variété d’igname que j’ai introduite dans la zone. C’est partant de là que j’ai commencé la production.

La seconde année, j’ai distribué des semences de la variété Krati et d’une autre variété que j’ai introduite personnellement et que j’appelle Senyo Yam, à plusieurs agriculteurs pour qu’ils le fassent dans leurs champs et donc sur plusieurs sols. Le constat a été que Senyo Yam a plus réussi que Krati.

La troisième année, je suis allé sur les marchés d’Anié, de Bassar et quelques autres pour rechercher la variété que je voulais. C’est un type d’igname dont la peau semble lisse et la tête cornue. Je l’ai planté sur un peu plus d’un quart d’hectares et je l’ai encore distribué aux divers agriculteurs qui se sont intéressés au projet. Cela a encore porté ses fruits.

TF : En terme de productivité ou de rendement, est-ce-que votre technique produit plus si on la compare à la culture ordinaire qui se fait à Kpalimé ?

AS : Je suis dans ma 6ème année d’exploitation à partir de cette technique et je vous assure qu’elle produit plus. Il suffit juste de faire une comparaison. Prenez le carré de terre de 25m sur 25. Si vous faites 300 buttes, vous aurez le même nombre de tubercules. Mais avec la méthode de billons, vous pouvez avoir jusqu’à 2 400 tubercules allant de 500 grammes à 2 kg. Ces billons sont à une hauteur de 30 cm du sol pour pouvoir permettre au tubercule de puiser l’humidité du sol. J’ai initié cette méthode compte tenu du type de sol qu’il y a dans le Yoto et de la difficulté qu’ont les cultivateurs d’ici à produire de l’igname destinée à une large palette d’usage. L’avantage avec les billons est que, même lorsqu’il ne pleut pas ou que le temps n’est pas clément, les racines ne manquent pas d’humidité, les feuillages demeurent toujours verts et les tubercules restent toujours consistants.   

TF : Qu’est ce qui explique cet écart trop grand entre le nombre de tubercules générés par la technique de billons et celui des buttes ?

AS : Cela s’explique par le grand espacement qu’il y a entre les buttes. Vous pouvez avoir jusqu’à 1m voire 1m50 d’espacement. Alors qu’avec les billons, on ne laisse pratiquement pas d’espace.

Cela n’influence pas le développement des ignames. Nous avons inclus dans notre technique, un procédé d’enrichissement du sol avec le compost que nous fabriquons à base de fientes de volailles, bouse de vaches, de la cendre de bouse, de la sciure ainsi que du charbon de bois entre autres… Nous appliquons une partie au sol avant de faire les billons et après nous appliquons une seconde partie aux tubercules.

Il faut dire qu’avant de garder définitivement cette version de notre engrais, nous avons fait une série de tests et d’essais qui nous ont permis de l’améliorer et de parvenir à ce résultat final.

Nous pensons d’ailleurs le vulgariser en essayant de le produire en plus grande quantité et de le vendre aux producteurs à des coûts très bas. Nous avons de l’engrais sous forme granulée et sous forme liquide.

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TF : Pourquoi préférer votre engrais par rapport à ce qui est déjà sur le marché ? 

AS : Quand vous appliquez notre engrais au sol, cela agit bien entendu sur votre culture. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’après la récolte, il continue d’agir dans le sol et vous le remarquerez lorsque vous viendrez faire une autre culture. Cela s’explique par le fait que les micro-organismes contenus dans notre engrais continuent d’exister dans le sol et le nourrissent au contraire de l’engrais chimique qui appauvrit après le sol.   

Si nous comparons le prix de notre engrais bio au prix de l’engrais chimique, vous constaterez un grand écart. Le chimique coûte actuellement 300 ou 350f le kg. Nous, nous pensons vendre le nôtre à 190f le kg après étude de notre compte d’exploitation.

TF : Quel est en termes de bilan, le bénéfice que vous obtenez ?

AS : A l’hectare, on peut obtenir jusqu’à 6 400 000 f  dans l’intervalle de 6 mois. Lorsque vous ôtez le coup de production et les frais annexes, vous avez un bénéfice de 4 millions et quelques.

TF : Vous avez parlé de votre technique de reproduction rapide. Est-ce qu’elle ne comporte pas de marge de défaillance ? Si oui, quelle est-elle ?

AS : 1%. Si vous prenez une planche de mille tubercules fait en pépinières, parfois ce n’est que quatre ou cinq qui pourrissent. Il est déjà arrivé d’enlever près de 400 tubercules sans constater un seul pourri.

TF : Envisagez-vous d’étendre la technique à d’autres localités ?

AS : Les agriculteurs n’avaient pas foi au départ mais lorsqu’ils ont constaté le succès de notre technique, ils m’ont littéralement envahi pour apprendre et le développer dans leurs plantations. J’ai appuyé 14 jeunes qui ont constitué des dossiers au niveau du FAIEJ. Ils espèrent un financement pour développer l’activité.

Donc pour répondre à votre question, oui. Mais cela est soumis au financement du FAIEJ ou de ceux qui voudront bien nous aider. Et l’idéal est de l’obtenir avant Novembre ou Décembre afin que les recherches de tubercules à ensemencer dans la localité puissent commencer. Vu qu’en Avril-Mai, les pépinières doivent être constituées. Nous attendons que le FAIEJ réagisse favorablement et cette exploitation se fera sur tous les sites disponibles de la localité.

Je l’ai fait sur un quart d’hectare et cela a été très productif. Avec le groupe que nous sommes en train de constituer, nous voulons nous entraider afin d’augmenter la production.

TF : Avez-vous entendu parler du MIFA ?

AS : Non pas vraiment. J’ai plutôt entendu parler de TIRSAL. C’est dans mes recherches connexes que j’ai lu MIFA quelque part et c’est d’ailleurs par ce lien que j’ai découvert votre site Togo First et que je vous ai contacté. Donc c’est à vous que je demanderai de m’en dire un peu plus sur le MIFA. (Rires…)

TF : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la production et l’exploitation ?

AS : En termes de difficulté, il y a l’absence de semences. Pour trouver les bonnes variétés à ensemencer, il faut voyager. J’ai dû aller à Anié, à Bassar, à Kpalimé pour sélectionner ces variétés et les inclure dans le lot que je constituais. Et l’année prochaine, ce sera la même chose.

La seconde difficulté est le manque de ressources humaines. Je manque de métayers pour aider à développer l’activité. Mais j’espère qu’avec ces 14 personnes dont j’ai parlé plus tôt, le travail se fera plus harmonieusement et je ne serai plus qu’un simple conseiller technique pour les aider.  

TF : Avez-vous un appel à lancer ?

AS : A tous ceux qui sont intéressés. C’est un domaine méconnu et il serait bien qu’on le vulgarise. Je vous remercie déjà pour votre réactivité et d’être venus nous voir aussitôt. Nous espérons, par votre créneau, prendre attache avec les autorités spécialisées, discuter avec elles pour voir dans quelle mesure elles pourront nous aider.

En 2015, j’ai fait venir l’ICAT (Institut de conseil d’appui technique, ndlr) sur le site. Ils ont pris des photos. Je leur ai fait voir l’exploitation, la technique et la croissance. Mais cela n’a rien donné. Je voudrais que les autorités nous écoutent mieux et que les autres producteurs aussi s’y intéressent.

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TF : A long terme quels sont vos objectifs ?

AS : Faire de la zone de Yoto un centre de production d’igname. Les bonnes femmes de Lomé qui vendent du foufou ou des produits dérivés de l’igname vont à Bassar principalement ou à Anié pour en acheter. Si on crée une zone de production à grande échelle dans le Yoto, ce serait un atout. L’idée est de faire du Yoto, un grenier pour l’igname, et spécialement pour la variété Senyo Yam qui réussit merveilleusement pour le foufou dans cette localité. Ce qui n’était pas le cas avant.

Yoto est une localité qui regorge de nombreuses richesses qui, si elles sont bien exploitées, elles feront le bonheur de beaucoup.

Tenez, je suis aussi apiculteur. Et lorsque je suis arrivé ici, j’ai remarqué un nombre important de palmiers à huile. Or le miel produit par nos abeilles vient en majeure partie des palmiers. J’ai installé une ruche et je tire un minimum de 10 litres de miel pur par an. C’est dire donc que beaucoup de choses peuvent être réalisées ici.

Mon dernier mot est que j’espère qu’à travers cet échange, nos activités pourront être boostées. L’objectif est d’étendre notre exploitation à 14ha d’ici quelques années. Avec l’idée que chacune des 14 personnes inscrites au programme du FAIEJ puisse bénéficier d’un ha et lancer le processus d’entraide pour vulgariser la technique et la variété Senyo Yam.    

Nous prévoyons de trouver un moyen de production à grande quantité de la poudre d’igname qui a de nombreuses applications. Elle sert à préparer le foufou de façon très rapide et sans qu’on ait à piler de l’igname, les boulangers s’en servent pour fabriquer des biscuits, voire une forme de pain.

L’igname est un aliment de prestige et on doit développer sa production partout où c’est possible. En plus, il se conserve bien et pendant longtemps.  

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo & Octave A. Bruce

Entre 2013 et 2017, le trafic conteneurs au Port de Lomé a presque triplé. De 311 470 en 2013, le volume de conteneurs vingt pieds (EVP) manutentionnés au Port autonome de Lomé (PAL) a connu une hausse de plus de 283%, pour atteindre 1 193 841 l’an dernier, indique l’édition 2017 du Rapport sur l’Aide publique au développement (RAPD2017), publié à Lomé la semaine dernière.

Un bond significatif de 45,3% aura été noté entre 2016 et 2017, où le trafic passe de 821 639 conteneurs à 1 193 841, constate-on.

Selon le document, cette performance significative s’explique en partie par la modernisation des infrastructures portuaires et l'acquisition de nouveaux équipements de manutention, ainsi que les efforts consentis en matière de sécurité maritime, ces dernières années.

Aussi, doit-on mentionner la simplification des procédures et des formalités, qui aura permis d’améliorer l’attractivité du seul port en eaux profondes de la sous-région, et aussi la seule infrastructure portuaire d’Afrique de l’Ouest, susceptible de desservir plusieurs capitales en une journée.

S’agissant du trafic aéroportuaire, le trafic annuel de passagers à l'Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIGE) est passé de 589 416 en 2013 à 810 494 en 2017. Il s'agit d'une hausse de 37,5% par rapport à 2013. Cette augmentation est attribuable à la modernisation de l’infrastructure aéroportuaire, conformément à la vision des autorités togolaises de faire de Lomé, un hub logistique.

Fiacre E. Kakpo

Le projet ambitieux d’assurer le service universel de l’électricité à l’horizon 2030 comporte trois phases : 2018-2020 où le gouvernement se lance le défi d’atteindre 50% du taux de couverture, 2020-2025 où il espère porter ce taux à 75%, et à 100% lors de la dernière phase 2025-2030.

Dans les semaines à venir, le gouvernement va procéder au lancement de la première phase de cette stratégie d’électrification nationale. Et celle-ci prend en charge 300 localités non encore électrifiées, indique Marc Ably-Bidamon, ministre togolais des Mines et de l’Energie dans une interview accordée au journal « Flambeau des démocrates », dans sa parution n°549 du jeudi 19 juillet 2018.

Si les localités concernées ne sont pas, à l’étape actuelle, dévoilées, l’on en sait toutefois un peu plus sur le délai prévisionnel de matérialisation de cette première phase. Selon le ministre, elle couvrira une période de quatre mois à un an.

Globalement, le ministre se veut rassurant, au regard de l’engagement du gouvernement et des promesses des bailleurs de fonds pour le projet d’électricité pour tous au Togo à l’horizon 2030 : « L’échéance de 2030 est certes ambitieuse, mais réalisable ».

Séna Akoda

L’African Guarantee Fund West Africa dont le siège est dans la capitale togolaise, affiche de grandes ambitions en appui au secteur privé togolais, notamment les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Sur les cinq (05) prochaines années, cette institution financière devrait leur accorder des garanties financières à hauteur de $75 millions, soit plus de 41 milliards FCFA.

Cette enveloppe permettra « aux institutions financières et aux banques de débloquer près de 150 millions de dollars (82,5 milliards de francs CFA) de financements au profit des opérateurs économiques sans oublier l'assistance technique apportée aux acteurs du secteur privé », a déclaré jeudi 20 juillet 2018, Adidjatou Zanouvi, directrice générale de l’institution. C’était à l’occasion de la signature de l’accord de siège avec le gouvernement togolais. Cette annonce confirme l’option retenue par le groupe de faire des PME sa priorité.

Lors d’un entretien des responsables du fonds avec Komi Sélom Klassou, Premier ministre togolais, ceux-ci avaient en effet insisté sur leur vision prioritaire, de concentrer leurs interventions sur les PME en donnant un nouveau souffle à ces catégories d’entreprises.

Cette option se justifie, selon eux par le fait que les PME sont le maillon faible de la chaîne économique et qu’elles manquent de financements conséquents pour soutenir leur plan de croissance.

Séna Akoda

Le Togo met les petits plats dans les grands pour honorer ses engagements vis-à-vis du Nigeria, un des fournisseurs les plus importants de la CEB (Communauté électrique du Bénin) à laquelle il est affilié.

Dans le courant de la semaine dernière, quelques jours seulement après la lettre adressée par le département nigérian de l’énergie aux Togo, Bénin et Niger, le ministre de tutelle togolais Marc Ably-Bidamon a pris les taureaux par les cornes. La menace nigériane de déconnecter les « clients internationaux », catégorie dans laquelle loge le Togo, est prise au sérieux du côté de Lomé. Une réunion a été initiée avec les responsables de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET). Objectif : faire un point rapide afin de trouver les options possibles pour mettre le pays au diapason auprès du géant de l’Est.

Selon les sources, des instructions auraient été données pour régler auprès de la CEB la facture accumulée par le Togo, afin d’éviter les désagréments d’une cessation de fourniture de l’énergie électrique par le Nigeria.

Si les démarches ont démarré côté togolais, au ministère de l’énergie, on attend que la SBEE, la Société béninoise d’Electricité fasse de même.

Cette sommation faite sur instruction du président nigérian Buhari en vue de récupérer les créances détenues par le Nigeria sur ces clients, soulève la nécessité, pour le Togo qui s’est récemment doté d’une stratégie globale d’électrification à l’horizon 2030, d’intensifier et d’accélérer les investissements pour la mise en place de ce plan audacieux. Plan qui, rappelons-le, devrait porter la couverture du territoire national à 50% en 2020, 75% en 2025, puis 100% en 2030, avec dans le viseur l’installation de centrales thermiques et solaires pour assurer la dépendance énergétique du pays.

Le Togo dépend encore à près de 50% de fournisseurs extérieurs tels que le Ghana et le Nigeria, pour la couverture de ses besoins énergétiques.

Fiacre E. Kakpo

Dans la dynamique d’élargir sa gamme de solutions off-grid et de développer les compétences locales dans le domaine de l'installation des kits solaires hors-réseau, le géant français EDF, premier producteur et fournisseur d'électricité en France et en Europe, vient de nouer un partenariat avec Energy Generation, une organisation panafricaine basée à Lomé, qui œuvre à l'électrification des zones rurales en Afrique subsaharienne.

L’accord qui porte sur le programme intitulé « Femmes et entrepreneuriat solaire », va permettre de former des femmes aux techniques d'installation et de maintenance de systèmes solaires off-grid ainsi qu'à l'entrepreneuriat dans le sous-secteur en plein essor des énergies renouvelables.

Concrètement, EDF se chargera de la conception des modules de formation. Energy Génération, de par sa connaissance du terrain, notamment l’Afrique de l’Ouest, en assurera la mise en œuvre au sein de centres de formation dédiés aux métiers de l'énergie. On apprend que la première de cette initiative prévoit d’outiller d'une centaine de femmes d'ici à fin 2019, réparties sur le Togo, la Côte d'Ivoire et le Ghana.

 « Grâce à cette formation, une centaine de femmes au Togo, au Ghana et en Côte d'Ivoire seront formées à un métier d'avenir leur assurant de meilleures perspectives économiques, mais aussi et surtout, elles seront formées à être des actrices à part entière de la transition énergique de leur pays » ​​​​​​​, s’est rejouie Astria Fataki, Présidente d'Energy Generation.

Créée en 2016 par la jeune entrepreneure Astria Fataki (photo), Energy Generation est déjà partenaire d'EDF dans le cadre du Concours EDF Pulse Africa, visant à révéler et accompagner les innovateurs africains au service du développement énergétique du continent.

Fiacre E. Kakpo

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