Au Togo, l’Assemblée nationale a adopté en fin de semaine dernière (le vendredi 27 février 2026), le projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Cette mesure exceptionnelle, en vigueur depuis juin 2022, est reconduite pour une durée de 12 mois à compter du 13 mars prochain.
Renforcement des capacités opérationnelles
Le vote est intervenu en présence du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et du ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba. Pour ces représentants du gouvernement, cette décision répond à la persistance des menaces terroristes aux frontières septentrionales. Selon l'exécutif, ce régime juridique permet de renforcer les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité (FDS) tout en assurant une protection accrue des populations civiles.
Sécurité, économie, et résilience
Au-delà de l'impératif sécuritaire, la majorité parlementaire souligne les enjeux économiques de cette stabilité retrouvée. La région des Savanes constitue en effet un segment critique des corridors commerciaux vitaux pour le transit régional.
Le maintien de l'ordre public est ainsi présenté comme une condition nécessaire pour rassurer les investisseurs et garantir la continuité des services essentiels tels que la santé et l'éducation, piliers de la stratégie de résilience nationale. Le ministre de l’Administration territoriale, le Colonel Hodabalo Awaté, a pour sa part, réaffirmé que l'exercice de ces prérogatives se ferait dans le strict respect de l'État de droit.
Le texte doit désormais être transmis au Sénat pour examen avant son adoption définitive.
R.E.D.
La Banque africaine de développement (BAD) va appuyer des start-up Tech au Togo et en Afrique francophone. En effet, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, vendredi 27 février 2026 à Abidjan, une prise de participation de 6,5 millions d’euros au capital du fonds Saviu II. Cet investissement est destiné à financer les start-up technologiques en phase d’amorçage, avec un ciblage prioritaire sur l’Afrique de l’Ouest et centrale, incluant le marché togolais.
Détails de l'intervention financière
Dans le détail, l’intervention de l’institution financière panafricaine se décompose en 4,5 millions d’euros en capitaux propres et 2 millions d’euros sous forme de couverture de première perte, mobilisés via le programme Boost Africa de la Commission européenne. À terme, le dispositif doit permettre de catalyser des investissements dans des entreprises à forte composante numérique.
Saviu II, second véhicule d'investissement de Saviu Partners, prévoit d'allouer au moins 60 % de ses engagements à sept pays de la zone francophone : le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Bénin, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali.
Ciblage et accompagnement opérationnel
La stratégie d'investissement porte sur une vingtaine de jeunes entreprises opérant principalement dans le segment « B2B », avec des tickets d'entrée oscillant entre 500 000 euros et 3 millions d’euros.
Pour l’écosystème numérique de Lomé, cet appui renforce la disponibilité de capitaux pour les premières levées de fonds auprès d’acteurs institutionnels. Outre le financement, le gestionnaire de fonds propose un accompagnement opérationnel axé sur le développement commercial et l'expansion internationale, afin de structurer la croissance des acteurs technologiques de la sous-région.
R.E.D.
Lomé, la capitale togolaise, accueillera du 9 au 12 mars 2026, la 7ème édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). Sous le patronage de la Présidence du Conseil, cet événement rassemblera plus de 1000 participants, dont des ministres, des universitaires et des experts internationaux issus des 19 États membres de l'organisation.
Vers une politique de recherche commune
L'enjeu de la rencontre est l'adoption d'une politique de recherche commune, selon le ministère de tutelle. Ce projet, dont les bases ont été jetées à Bamako en janvier dernier, doit permettre d’harmoniser les stratégies nationales pour pallier le fractionnement de la recherche scientifique sur le continent.
Le CAMES ambitionne de réduire le retard technologique régional par une mutualisation accrue des ressources et des compétences académiques. Dans un contexte de concurrence globale, l’institution intergouvernementale créée en 1968 cherche ainsi à structurer l'innovation pour en faire un outil de développement et de transformation économique.
Un programme scientifique dense
Ces travaux s'articulent autour du thème de la résilience et du développement solidaire de l'Afrique. Le programme scientifique prévoit 981 communications, incluant 885 présentations orales et 96 posters, principalement en présentiel au Palais des Congrès et à l’Université de Lomé.
R.E.D
Au Togo, une nouvelle campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) est annoncée par les autorités sanitaires pour les prochaines semaines. Des rencontres préparatoires ont déjà démarré dans plusieurs localités, en prélude au lancement officiel de l’opération.
Ces séances mobilisent principalement les points focaux santé ainsi que les membres des Comités locaux d’organisation (CLO) dans les différentes communes. Les travaux portent notamment sur l’harmonisation du dispositif logistique et sur la stratégie de mobilisation communautaire, en vue d’assurer une couverture optimale des ménages.
Pour cette édition, les autorités prévoient l’intégration d’un dispositif numérique. Des tablettes seront utilisées pour l’enregistrement en temps réel des données des ménages. Cette technique doit permettre d’attribuer à chaque foyer un identifiant unique, afin de faciliter la distribution des moustiquaires et d’améliorer le suivi de l’opération.
Le volume total de MII à distribuer cette année n’a pas encore été communiqué. À titre de rappel, l’année dernière, 530742 moustiquaires avaient été annoncées pour être mises à disposition des populations.
Cette action s’ajoute à d’autres initiatives visant à la lutte contre le paludisme au Togo, notamment le lancement en septembre 2025 de l’administration de vaccin antipaludique R21/Matrix-M aux enfants de moins de 5 ans.
Esaïe Edoh
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Au Togo, l’entreprise française ABN Engineering & Consulting va déployer des solutions intégrées dans les marchés locaux à travers un projet baptisé « Maisons de services ». Un protocole d’accord a été signé à cet effet le vendredi 27 février 2026 à Lomé entre le directeur de la société, Nabil Abid, et le ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki. L’accord vise la transformation progressive de certains marchés en plateformes intégrées de services.
Spécialisée dans l’ingénierie, les études techniques et la mise en place de solutions industrielles, l’entreprise prévoit de doter des marchés togolais d’équipements modernes afin de répondre aux défis liés à la sécurisation des transactions, à la conservation des produits agricoles et à l’insuffisance des dispositifs de pesage.
Pour la phase pilote, le projet sera déployé sur les marchés d’Adidogomé, à Lomé, et de Djidzénou. Sur chacun des sites, il est prévu la construction des « Maisons de services » d’environ 250 m².
Ces infrastructures seront équipées de balances modernes certifiées, d’unités de transformation, notamment des moulins multiproduits et des ensacheuses, ainsi que de conteneurs frigorifiques destinés à améliorer la conservation des produits frais. Des salles de formation y seront également aménagées afin de renforcer les capacités des commerçants et des producteurs, tout en promouvant de meilleures pratiques commerciales.
Pour l’exécutif togolais, ce projet contribuera à structurer davantage l’activité commerciale, à améliorer les revenus des acteurs économiques et à garantir des échanges plus équitables et transparents dans les marchés. L’initiative s’inscrit dans la dynamique des autorités visant à renforcer la compétitivité du commerce local et à moderniser les infrastructures marchandes.
Le projet est le fruit d’une collaboration entre le gouvernement togolais et celui de la France, à travers le Fonds d'études et d'aide au secteur privé (FASEP), un mécanisme de financement destiné à soutenir les entreprises françaises dans des projets structurants à l’international.
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Au Togo, une nouvelle loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive a été adoptée définitivement en fin de semaine dernière par l’Assemblée nationale, après une deuxième lecture du texte par le Sénat. Ce nouveau cadre juridique adapte la législation nationale sur les récentes évolutions des standards internationaux et communautaires.
Il remplace la loi de 2018 et intègre des recommandations révisées du Groupe d'action financière (GAFI) ainsi qu’une directive adoptée en 2023 par l’UEMOA. À terme, cette réforme devrait contribuer à renforcer la transparence et la crédibilité du système financier togolais, dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes.
« Pendant que le blanchiment des capitaux permet aux criminels de donner une apparence légale aux produits du crime, le financement du terrorisme met en péril la sécurité collective », a souligné Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique.
Face à ce constat, le nouveau texte consacre une approche fondée sur les risques. Il élargit les obligations de vigilance à de nouveaux acteurs, notamment les prestataires de services d’actifs virtuels, et renforce les exigences en matière d’identification des bénéficiaires effectifs des transactions.
Selon le gouvernement, l’adoption de cette loi se justifie par le fait que « ces fléaux fragilisent le système économique, détournent les ressources destinées au développement, alimentent l’instabilité tout en soutenant les réseaux terroristes et criminels internationaux ».
Les autorités togolaises estiment que la réforme permettra de renforcer l’arsenal juridique existant, de moderniser les mécanismes de surveillance et de consolider la coordination entre les différents acteurs nationaux impliqués dans la lutte contre les flux financiers illicites. Le dispositif devrait également améliorer la mise en œuvre de l’approche par les risques, intensifier les obligations de vigilance des entités assujetties et optimiser les mécanismes de gel des avoirs liés au terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive.
Esaïe Edoh
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Deux jours après avoir en Conseil des Ministres, pris acte de la décision du Ghana de soumettre à l'arbitrage international le différend relatif à la délimitation de la frontière maritime commune opposant le Ghana et le Togo, le gouvernement togolais a rencontré la presse tant nationale qu’internationale. Objectif : faire connaître sa position à la suite de ce développement. C’était dans l’enceinte du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières.
A l’origine, des incidents maritimes entre les deux Etats
A l’origine, des incidents étaient régulièrement enregistrés entre novembre 2016 et mai 2018, notamment dans une zone, alors que les frontières n’étaient pas encore délimitées. Ces incidents n’auront toutefois pas viré à des échanges de coups de feu ni à des affrontements entre les deux forces navales, ont relativisé le Négociateur principal du Togo et le Colonel Takougnadi Néyo, membre de la commission nationale des frontières maritimes du Togo. Il y a d’ailleurs eu plus tard, une feuille de route convenue, applicable par chacune des deux marines, estimant que l’autre Etat exerce dans une zone que son voisin revendique.
« Conscient des risques d’escalade, le Togo a privilégié un règlement pacifique », en accord avec les dispositions du Paragraphe 3 de la Charte des Nations Unies et des articles 273 à 281 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer qui imposent aux Etats côtiers de régler leurs différends de manière pacifique, par tout moyen de leur choix », le Togo, à travers sa Commission nationale des frontières maritimes a engagé à partir de juin, un processus continu de négociations avec le Ghana.
Un cadre de discussions bilatéral mi-figue mi-raisin
De juin 2018 à décembre 2023, période marquant les activités du cadre bilatéral de discussions mis en place entre les deux Etats, et devenu théoriquement caduc avec la saisine arbitrale par la partie ghanéenne, 11 réunions officielles de travail ont été organisées alternativement à Lomé et à Accra. Couronnées de résultats d’ordre technique notamment un accord sur le point de départ des frontières maritimes, la détermination de la ligne de base pertinente et la carte maritime de référence.
Le cœur du litige
Ces avancées enregistrées n’éludent toutefois pas des sujets qui fâchent, plus particulièrement la revendication d’une prise en compte d’un certain nombre de faits et événements permettant à la partie togolaise d’avoir entre autres, un accès équitable à la Haute mer, non pris en compte par le tracé technique de la frontière à partir des calculs.
Les textes des Nations Unies encadrant la délimitation des frontières maritimes aménagent des possibilités pour chaque partie de contester, sinon de demander des réajustements ultérieurs de la première frontière, en tenant compte de certains éléments, indique Noupokou Dammipi, Négociateur principal pour le Togo. Ceci, dans le cadre des discussions bilatérales engagées par la Commission nationale des frontières maritimes du Togo avec la Ghana Boundary Commission. Notamment d’autres éléments techniques, des éléments historiques ou des préoccupations sécuritaires pour demander une modification de la frontière technique calculée.
L’objectif du Togo est d’obtenir une révision du tracé technique des frontières afin d’avoir accès à la Haute Mer, a informé Dammipi.

Au moyen de sa prétention, le Togo, selon la commission, a présenté des faits et événements qu’il juge convaincants pour soutenir un réajustement du tracé des frontières, autrefois effectué sur la base des calculs. « Historiquement, les bateaux qui arrivaient au port de Lomé mouillaient dans une zone que nous connaissons très bien, en attendant de trouver une place où accoster et nous avons estimé que c’était un fait historique dont il devrait être tenu compte dans le redressement de la ligne obtenue par le tracé technique », a détaillé la commission, indiquant que c’est le point essentiel de crispation des pourparlers engagés.
Des changements au niveau de la Ghana Boundary Commission
Avec le changement de régime au Ghana marqué par le retour aux affaires de John Dramani Mahama et quelques mutations annoncées au niveau de la Ghana Boundary Commission, la partie togolaise, souligne son Négociateur en chef, attendait l’installation des nouvelles autorités afin de relancer les négociations.
Mais patatras ! Alors que les négociations n’étaient pas rompues sur ce point à l’origine des divergences, « nous avons tous appris l’information relative à la saisine par la partie ghanéenne de la justice internationale », a informé la commission.
Réaction du Togo
Si Noupokou Dammipi ne nie pas que le recours à l’arbitrage international, est une procédure réglementairement normale car prévue par les textes, il souligne que « le Togo entend y répondre avec tous les éléments dont il dispose ». De toute évidence, c’est l’étape suivante dans la réaction du gouvernement togolais, après avoir pris acte de la démarche ghanéenne. « Nous sommes confiants au regard des éléments dont nous disposons », a-t-il laissé entendre. En cohérence avec la position réaffirmée par le ministre Hodabalo Awaté, en charge de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières : « le gouvernement togolais réaffirme son engagement constant en faveur du règlement pacifique des différends. La République togolaise a toujours privilégié le dialogue, la concertation et le recours aux mécanismes juridiques internationaux appropriés pour résoudre toute divergence, dans un esprit d’apaisement, de coopération et de stabilité régionale. Le gouvernement togolais demeure profondément attaché aux principes du droit international, notamment au respect de la souveraineté des États, à l’intégrité territoriale et au principe de l’exécution de bonne foi des engagements internationaux ». À cet égard, rassure-t-il, « les autorités togolaises aborderont cette procédure avec responsabilité, sérénité et esprit d’ouverture, dans le strict respect des normes et procédures internationales applicables, et avec la ferme volonté de préserver les intérêts légitimes de notre pays ».
Des enjeux économiques en toile de fond ?
Le négociateur principal du Togo n’a pas éludé cette question, faisant observer qu’un différend relatif à une délimitation de frontières maritimes emporterait entre autres, des conséquences économiques si la zone concernée, présentait un potentiel économique. Et d’après les informations recoupées, il s’agit d’un conflit qui aurait en toile de fond, des enjeux énergétiques avec des perspectives d’exploration offshore, au-delà d’une portée territoriale.
La zone maritime concernée se situe dans le bassin du Golfe de Guinée, une région à fort potentiel en hydrocarbures, plus exactement un potentiel pétrolier et gazier. Et le Ghana exploite déjà des champs majeurs qui ont transformé son économie. Une modification de la ligne de délimitation pourrait affecter des blocs d’exploration futurs, influencer l’attribution de permis pétroliers ; avoir un impact sur les recettes fiscales et les investissements énergétiques.
Pour le Togo, qui ne produit pas encore de pétrole offshore, l’enjeu est stratégique : sécuriser un accès souverain à d’éventuelles ressources futures.
Enjeux économiques et budgétaires
Les ressources offshore représentent des recettes fiscales ; des redevances pétrolières ; des emplois directs et indirects ; des investissements étrangers.
Pour le Ghana, déjà producteur, le but de la manœuvre serait de protéger ses acquis économiques.
Côté togolais, tout porte à croire qu’il s’agirait de préserver un potentiel de développement futur, dans un contexte de diversification économique.
S.A
La Banque africaine de développement (BAD) envisage d’investir dans un programme de développement des chaînes de valeur des filières bovine, petits ruminants et avicole au Togo. Dans ce cadre, une mission de l’institution a séjourné cette semaine à Lomé afin d’échanger avec la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP) sur les opportunités d’investissement dans le sous-secteur de l’élevage.
Au cours de cette mission, des rencontres ont été organisées avec les acteurs des différentes filières, les organisations professionnelles et les éleveurs. Ces derniers ont présenté les réalités quotidiennes de la production ainsi que les besoins prioritaires en intrants, notamment les poussins, les aliments pour bétail et les vaccins. Les difficultés liées à l’accès au financement, aux marchés et aux infrastructures ont également été évoquées, de même que les attentes en matière d’appui pour améliorer la productivité, la biosécurité, la transformation et la commercialisation des produits, en particulier ceux avicoles.
Selon les parties prenantes, ces échanges ont permis à la mission de la BAD de collecter des données de terrain fiables et contextualisées, nécessaires à l’orientation de la conception du futur programme. L’objectif est de bâtir une intervention adaptée aux réalités locales et aux contraintes structurelles du secteur.
Le programme de développement des chaînes de valeur en préparation vise notamment à renforcer la résilience des systèmes d’élevage, à accroître la production animale et à améliorer les revenus des éleveurs. Il ambitionne également de contribuer à la réduction de la dépendance du pays aux importations de produits carnés et avicoles, un enjeu majeur pour la souveraineté alimentaire.
À terme, l’initiative devrait soutenir la structuration des filières, favoriser l’investissement privé et stimuler l’économie rurale. Elle s’inscrit dans la dynamique des politiques publiques togolaises visant à moderniser l’agriculture et à faire de l’élevage un levier de croissance, de création d’emplois et de sécurité alimentaire.
Esaïe Edoh
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Au Togo, les directeurs des affaires financières (DAF) des ministères et institutions publiques sont réunis depuis le mercredi 25 février 2026 pour un conclave de trois jours, consacré à l’amélioration de la gestion des finances publiques. Les échanges portent principalement sur l’harmonisation des outils d’exécution budgétaire, dans un contexte marqué par la poursuite des réformes visant à renforcer la discipline financière et la transparence.
Concrètement, les DAF travaillent à l’alignement de plusieurs instruments clés : plan de trésorerie, fiches d’autorisation de dépenses, plans d’engagement, plans de passation des marchés publics, plans de travail et budgets annuels. L’objectif est d’assurer une meilleure cohérence entre ces documents et le système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP), outil central du pilotage budgétaire de l’administration.
À terme, la démarche doit permettre d’anticiper plus précisément les besoins de financement des ministères et institutions, d’allouer les ressources de manière plus efficace et efficiente, et d’optimiser la gestion des flux de trésorerie afin d’éviter les pénuries comme les excédents de liquidités. Elle vise également à renforcer la priorisation des dépenses publiques en fonction des objectifs gouvernementaux.
Selon les organisateurs, la mise en cohérence de ces instruments constitue une étape déterminante pour améliorer la qualité de l’exécution budgétaire et faciliter le suivi des performances infra-annuelles et annuelles. « La mise en cohérence de ces outils devrait permettre de mieux piloter l’exécution du budget, en vue de l’atteinte des objectifs budgétaires infra-annuels et annuels, tout en assurant une régulation budgétaire appropriée », a indiqué Ephrem Ghonda Makiadi, conseiller résident en gestion des finances publiques (FAD), intervenant comme formateur lors de la rencontre.
De son côté, Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère des finances et du budget, a souligné que l’initiative s’inscrivait dans l’engagement de l’exécutif togolais à renforcer la transparence budgétaire et à produire des données conformes aux standards internationaux. Cette dynamique est dans la lignée des réformes engagées ces dernières années pour moderniser la gestion publique, améliorer la crédibilité du budget de l’État et soutenir l’efficacité de la dépense publique.
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Les deux acteurs du marché financier togolais, Ecobank et SUNU, concurrents sur plusieurs segments et en même temps partenaires de longue date à l'échelle des groupes, ont choisi la coopération pour lancer Protectys Premium, un contrat d'assurance vie ciblant une clientèle intermédiaire et fortunée. L'initiative illustre une tendance de fond dans le secteur de la bancassurance en Afrique subsaharienne.
Sur un marché togolais de l'assurance vie encore peu pénétré, Ecobank Togo et SUNU Assurances Vie Togo ont officiellement lancé Protectys Premium, un contrat d'assurance vie distribué via le réseau bancaire d'Ecobank.
Le produit garantit le versement d'un capital en cas de décès ou d'invalidité totale et définitive, avec une option d'épargne à long terme. Il est accessible aux titulaires d'un compte Ecobank âgés de 18 à 74 ans, une limite d'âge supérieure à la norme du marché, habituellement fixée à 64 ans.

« C'est un produit d'assurance qui vous permet de payer une petite prime pour un capital important à mettre à la disposition de votre famille. », a résumé Maurice Mawutodji Mortey, chef produit chez Ecobank Togo. Aucun plafond de capital n'est fixé, ce qui distingue l'offre des contrats standards présents sur le marché.
Le nouveau produit cible une clientèle à revenus intermédiaires et élevés, désireuse de constituer des capitaux significatifs pour leurs ayants droit.
Sur le plan concurrentiel, ce partenariat réunit deux acteurs bien connus du paysage financier togolais. Ecobank Togo est la première filiale du groupe panafricain Ecobank, présent dans 35 pays et fort de plus de 32 millions de clients. La banque a été distinguée par le magazine The Banker comme banque innovante de l'année 2025. SUNU Assurances Vie Togo, filiale du groupe SUNU, présent dans 17 pays avec 26 compagnies d'assurance, revendique pour sa part le leadership du marché togolais de l'assurance vie sur les exercices 2023 et 2024, avec un capital social de 3 milliards de francs CFA.

La logique de ce rapprochement est celle de la complémentarité des réseaux. En s'appuyant sur l'infrastructure de distribution d'Ecobank, SUNU espère accéder à une base de clientèle bancarisée déjà segmentée.
En retour, Ecobank élargit son offre de services financiers intégrés, un axe jugé stratégique dans un environnement où les banques africaines font face à la pression montante des fintechs et à la nécessité de fidéliser leurs segments à forte valeur.
L’un dans l’autre, ce type de co-construction entre banque et assureur reste encore peu répandu au Togo, où la bancassurance est en plein développement. Sur le segment, on retrouve notamment Orabank Togo, qui propose une gamme dédiée de services de bancassurance pour les particuliers. À côté, la plupart des banques de la place distribuent des produits d'assurance via des partenariats avec des acteurs du marché local. C'est notamment le cas du groupe NSIA, où NSIA Banque Togo travaille en étroite synergie avec NSIA Assurances. On note également Cofina Togo, institution de mésofinance, qui dispose d'un département spécifique pour la distribution de produits d'assurance à sa clientèle.
Plus largement, Protectys Premium peut être lu dans une tendance régionale. Plusieurs marchés de la zone UEMOA voient les acteurs bancaires et assurantiels densifier leurs partenariats pour capter des segments de clientèle qui arbitrent encore peu entre épargne et protection.
Pour le reste, au-delà du produit lui-même, l’enjeu est également celui de l'éducation financière, dans un pays où le taux de pénétration de l'assurance vie reste inférieur à 1 % du PIB.
Ayi Renaud Dossavi