Togo First

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Au Togo, les jeunes filles vulnérables ou non scolarisées ont jusqu’au 20 mai 2026 pour candidater au programme « École de la Chance », une initiative publique de formation professionnelle gratuite destinée à 1500 bénéficiaires dans le District autonome du Grand Lomé (DAGL).

Le programme, lancé dans le cadre du projet SWEDD+ soutenu par la Banque mondiale, est porté par le ministère de la Planification du développement, avec l’appui du ministère délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, et de l’Union des chambres régionales de métiers (UCRM).

Précisément, les candidatures concernent les jeunes filles togolaises âgées de 18 à 24 ans, sans emploi, en reconversion professionnelle ou ayant interrompu leur parcours scolaire. Les inscriptions sont ouvertes dans plusieurs centres du Grand Lomé, avec une possibilité de candidature en ligne via QR code.

Des formations courtes orientées vers l’auto-emploi

Les formations prévues dureront entre trois et six mois et porteront sur plusieurs métiers à potentiel économique. Parmi les filières retenues figurent la couture dame africaine, la mercerie, la broderie, la coiffure et tresse, la confection de perruques, ainsi que l’esthétique et la pédicure-manucure.

Selon les autorités, l’objectif est de renforcer les compétences techniques des bénéficiaires afin d’améliorer leur accès à l’emploi et à l’auto-emploi.

Le programme prévoit également le recrutement de centres et ateliers de formation professionnelle chargés d’assurer les enseignements. Les structures candidates devront notamment justifier d’au moins cinq années d’expérience, disposer d’équipements adaptés et proposer des infrastructures accessibles aux personnes en situation de handicap.

Une phase pilote avant une extension

Cette première phase se concentrera sur le Grand Lomé avant une éventuelle extension à d’autres régions du pays. Le projet s’inscrit dans le programme régional SWEDD+, qui vise à renforcer l’autonomisation des femmes et le dividende démographique en Afrique subsaharienne.

Selon les données officielles, le programme SWEDD+ ambitionne d’impacter à terme plus de 105000 filles et jeunes femmes togolaises.

Ayi Renaud Dossavi

Le Togo va lancer les études du projet gazier régional PRIME-GAS, qui doit renforcer son intégration énergétique avec la Côte d’Ivoire et le Bénin.

Le programme, soutenu par la Banque mondiale, doit permettre de structurer une chaîne régionale d’approvisionnement en gaz naturel à travers des infrastructures de réception, de transport, de stockage et de distribution.

On prévoit notamment des solutions d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que le développement d’infrastructures nationales et régionales pour soutenir le commerce du gaz en Afrique de l’Ouest.

Interconnexions gazières et ambitions industrielles

Pour le Togo, plusieurs infrastructures stratégiques sont envisagées, notamment des installations de réception et de stockage de GNL au port de Lomé, un réseau national de gaz destiné aux nouvelles centrales électriques et un réseau de distribution pour les industries situées autour du port de Lomé.

Parmi les options étudiées figure également un gazoduc entre le port de Lomé et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), accompagné du développement d’une centrale électrique au gaz de 500 MW.

Les autorités examinent aussi une extension du poste de livraison du West African Gas Pipeline (WAGP) à Lomé, ainsi qu’un nouveau gazoduc potentiel entre le Nigeria et le Togo afin de diversifier les sources d’approvisionnement.

Selon les documents techniques, les corridors gaziers étudiés devraient avoir une largeur comprise entre 30 et 40 kilomètres afin de permettre l’évaluation environnementale et sociale des tracés potentiels.

Une étude environnementale sur 20 semaines

Le projet étant classé à risque environnemental et social « élevé » par la Banque mondiale, une évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) a été engagée. Il s’agit notamment d’identifier les corridors de transport du gaz et d’évaluer les impacts potentiels sur les populations, les terres agricoles, la biodiversité et les infrastructures existantes.

Selon les prévisions initiales, l’étude doit être réalisée sur une période de 20 semaines et s’articuler autour de trois phases : le démarrage institutionnel, l’évaluation des corridors et la publication officielle des corridors retenus. Il y aura ensuite plusieurs études spécialisées portant sur la biodiversité, les impacts sociaux, les risques industriels, la sismicité, l’agriculture ou encore les effets du changement climatique sur les infrastructures gazières.

R.E.D

Au Togo, Cyril Segonds est officiellement depuis lundi 4 mai 2026, le nouveau directeur général de la Brasserie BB Lomé. Il succède à Victoria Diogo, dont le mandat s’est achevé après 18 mois à la tête de la filiale togolaise du groupe français Castel.

Selon le groupe, cette nomination ouvre une nouvelle phase de développement pour l’entreprise. Le nouveau dirigeant est notamment attendu sur l’accélération de la croissance de cette société, acteur majeur du paysage industriel togolais.

Dans un contexte marqué par la promotion de la consommation locale et de la transformation des produits agricoles, la Brasserie BB Lomé devrait renforcer ses initiatives en matière de valorisation des ressources locales. L’entreprise entend notamment accroître l’intégration de matières premières issues de l’agriculture nationale, telles que le riz et le maïs, afin de contribuer au développement des filières locales.

Cyril Segonds cumule près de 30 ans d’expérience en Afrique subsaharienne. Avant sa nomination au Togo, il dirigeait depuis 2023 SOLIBRA en Côte d’Ivoire, société spécialisée dans la production de boissons. Il avait auparavant pris, en 2019, la tête de BRACONGO, la filiale congolaise du groupe Castel dédiée à la production et à la distribution de boissons.

Ingénieur de formation et âgé de 50 ans, il a également occupé des fonctions dans le secteur de l’équipement industriel. En 2006, il est le top manager de Tractafric Equipment, une entreprise spécialisée dans la distribution de matériels de chantier, basée à Libreville, au Gabon. En 2015, il accède à des responsabilités régionales en prenant la direction générale de CFAO Automotive Equipment & Services, couvrant plusieurs marchés d’Afrique centrale et de l’Ouest, notamment le Gabon, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo.

Esaïe Edoh

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Togo : BB Lomé annonce l’extension de son usine de production à Kara

Lomé accueille depuis le lundi 4 mai 2026 les travaux du Comité des experts de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), en prélude à une session spéciale des ministres des Finances prévue en fin de semaine. Au cœur des enjeux, la réforme du financement de l’institution, près de deux décennies après la dernière session du genre.

Créée en 1993, l’OHADA regroupe 17 pays et vise à améliorer le climat des affaires et à renforcer la sécurité juridique dans ses États membres. Organisation à vocation juridique, elle joue aussi un rôle économique dans la structuration des marchés et le soutien aux politiques de développement. Elle est aujourd’hui confrontée à des contraintes de ressources qui limitent son action.

« C’est une organisation très importante qui ne concerne pas simplement le ministère des Finances et le ministère de la Justice. Cela concerne tous les ministères impliqués dans le développement économique et social », souligne Prof Mayatta N’Diaye Mbaye, Secrétaire permanent de l’OHADA. 

1 OHADA

Ce dernier relève que le temps consacré à la recherche de financements réduit la capacité opérationnelle de l’organisation. Selon lui, l’OHADA doit être « réactive », « efficace » et « performante », des défis qui nécessitent des moyens adaptés.

Les travaux en cours examinent des propositions issues d’une étude financée par l’Agence française de développement. (AFD). L’objectif est de définir un modèle de financement plus stable, capable de garantir l’autonomie et l’efficacité de l’institution.

À l’ouverture des travaux, Akou Mawussé Adetou Afidenyigba, représentant le ministre des Finances et du Budget du Togo, Essowè Georges Barcola, a rappelé que « l’OHADA a assaini l’environnement juridique des entreprises et stimulé l’investissement ».

Malgré ces acquis, les mécanismes de financement existants, notamment le fonds de capitalisation et les contributions des États, montrent leurs limites. Les conclusions du Comité des experts seront soumises aux ministres des Finances, appelés à trancher sur les réformes à engager.

Ayi Renaud Dossavi

Le Togo et le Commonwealth entendent renforcer leur coopération dans plusieurs domaines liés au développement. La question était au cœur des échanges entre le Président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, et la Secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchway, en visite de travail à Lomé, mardi 5 mai 2026.

« Je suis venue pour explorer les domaines dans lesquels le Commonwealth peut soutenir l’action du Président du Conseil ainsi que les institutions de gouvernance du Togo. Il s’agit essentiellement d’une visite exploratoire, mais aussi d’une démarche visant à assurer au Togo notre soutien sous toutes ses formes », a indiqué la responsable.

Si les contours précis des nouveaux axes de coopération n’ont pas été détaillés, le Togo, depuis son adhésion à l’organisation, entretient avec elle, des relations dans plusieurs secteurs. Il s’agit notamment de la culture, de l’éducation, des investissements, de la formation et du numérique. Des discussions sont également en cours en vue d’une collaboration dans le secteur portuaire et de l’énergie renouvelable.

Selon Shirley Ayorkor Botchway, le Togo s’est distingué par un engagement constant dans les initiatives portées par le Secrétariat général du Commonwealth.

Pour rappel, le Togo a rejoint le Commonwealth le 24 juin 2022. Cette adhésion a été formalisée le 20 octobre 2022 à travers la cérémonie de levée du drapeau togolais (flag-raising) au siège du Secrétariat général de l’organisation, à Marlborough House, à Londres.

Depuis lors, le pays s’emploie à renforcer ses relations d’amitié et de coopération avec les États membres, dans une dynamique de diversification de ses partenariats économiques.

Esaïe Edoh

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Investissements : une délégation du Commonwealth explore les opportunités au Togo

La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) a inauguré, mardi 5 mai 2026, sa délégation régionale du Grand Lomé, implantée dans la commune d’Agoè-Nyivé 1.

Le dispositif, qui s’inscrit dans une stratégie de décentralisation visant à rapprocher les services des opérateurs économiques de la capitale, devrait permettre aux entreprises de bénéficier localement d’un appui en matière de formalités administratives, d’information économique, de médiation commerciale et d’accompagnement à l’export.

La cérémonie officielle s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique chargé du Commerce, Badanam Patoki, du président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi Symenouh, et du gouverneur du Grand Lomé, Kassa Traoré.

L’objectif affiché par la représentation consulaire est de réduire les délais de traitement, de simplifier les procédures et d’offrir un guichet de proximité aux acteurs économiques.

Pour la CCI-Togo, cette nouvelle infrastructure répond à la concentration des activités économiques dans le Grand Lomé, qui représente une part importante du tissu productif national. La délégation est appelée à jouer un rôle d’interface entre les entreprises et les administrations publiques, notamment fiscales et douanières.

Ainsi, cette ouverture « matérialise la réforme de la CCI-Togo », tournée vers l’efficacité, la proximité et la performance », selon Dr José Kwassi Symenouh, président de la CCI-Togo.

Pour leur part, les autorités mettent en avant un levier pour renforcer la compétitivité des entreprises dans un contexte marqué par l’intensification de la concurrence régionale, notamment avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’amélioration de l’environnement des affaires et l’accès à l’information sont identifiés comme des facteurs clés pour soutenir la croissance du secteur privé.

La structure devra également répondre à la diversité des acteurs économiques, allant des grandes entreprises aux PME et au secteur informel en transition. Une attention particulière est annoncée en faveur des jeunes entrepreneurs et des femmes, souvent positionnés sur des segments à fort potentiel d’innovation.

Ayi Renaud Dossavi

Lomé dispose désormais d’une nouvelle vitrine de valorisation des produits café transformés au Togo. L’espace, dénommé « Maison du Café, Le Terroir », est porté par le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC), en partenariat avec l’Organisation interafricaine du café, et a été inauguré mardi 5 mai 2026.

La nouvelle structure combine plusieurs fonctions, dont un espace d’exposition et de vente de produits transformés, un lieu de dégustation et un centre de formation. L’objectif est de renforcer la transformation locale et d’encourager la consommation du café togolais sur le marché intérieur.

« La mission première de cette maison est de renforcer les capacités de ceux qui maîtrisent déjà les bases de la transformation pour la consommation locale, afin d’encourager la commercialisation et la consommation du café togolais », explique Anselme Gouthon, secrétaire général du CCFCC.

Il s’agit également de former des baristas, spécialistes du café, pour soutenir la promotion du produit.

Le projet intervient dans un contexte où les économies productrices cherchent à capter davantage de valeur ajoutée, alors que la filière café-cacao au Togo reste marquée par une part importante d’exportations de matières premières.

La « Maison du Café » prévoit notamment la formation de 80 jeunes baristas issus de plusieurs régions du pays. Ces bénéficiaires seront accompagnés et équipés pour développer des activités de distribution et de consommation locale. Cette approche vise à structurer un réseau de micro-entreprises autour du café.

Par ailleurs, l’initiative s’appuie sur des actions déjà engagées, notamment la mise en place de kiosques à café à Lomé et à Kara, gérés par de jeunes entrepreneurs regroupés en coopératives. Elle bénéficie également du soutien du Centre du commerce international, impliqué dans la formation des acteurs du secteur.

Ayi Renaud Dossavi

Le Togo et la Banque Ouest Africaine de Développement ont conclu, le mardi 5 mai 2026 à Lomé, un accord de financement de 15,3 milliards FCFA (environ 27,7 millions de dollars). Ce financement est destiné à la mise en œuvre du Projet de renforcement de la résilience des communautés vulnérables dans les zones à haut risque climatique et de catastrophe (SAPO 48).

L’accord fait suite à l’approbation, en février 2025, du projet par le conseil d’administration du Fonds vert pour le climat, dont la BOAD constitue un partenaire opérationnel dans la région. Les documents ont été paraphés par le ministre togolais des Finances et du budget, Georges Barcola, et le vice-président de la BOAD, Abdoulaye Daffé. Il s’agit du premier projet individuel du Togo à bénéficier d’un financement direct de ce fonds mondial.

Concrètement, le projet vise à protéger près de 9 millions de personnes, dont environ 1,3 million de bénéficiaires directs. Il prévoit notamment le renforcement des services d’information climatique, le déploiement d’un système d’alerte précoce multirisque et la mise en place de mécanismes de financement d’urgence basés sur les prévisions.

À travers cette initiative, le Togo entend passer d’une gestion réactive des crises à une approche fondée sur l’anticipation. « Anticiper, c’est sauver des vies, préserver les moyens de subsistance et protéger les investissements publics », a indiqué le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Madjoulba.

De son côté, le ministre des Finances et du budget a souligné l’enjeu budgétaire de cette démarche : « Investir dans la résilience, c’est aussi protéger nos finances publiques et éviter des coûts bien plus élevés pour la collectivité », a déclaré Georges Essowè Barcola.

Dans cette dynamique de protection de la population, le Togo prépare également un Projet de reconstruction et de soutien aux communautés post-catastrophes climatiques (PRECO-Togo). Celui-ci devrait également être financé par le Fonds vert pour le climat, toujours au moyen de la BOAD.

Esaïe Edoh

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Togo : un programme national pour anticiper et financer les chocs climatiques

A Lomé, derrière la façade d'un secteur bancaire relativement bien capitalisé, un signal d'alerte s'est allumé. En l'espace de douze mois, le taux de créances bancaires dégradées au Togo a quasiment doublé, selon les données publiées par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dans son bulletin mensuel de mars 2026.

En février 2026, le taux de dégradation brut du portefeuille des banques togolaises atteint 13,5 %, contre 7,2 % un an plus tôt. En valeur absolue, les crédits bruts en souffrance sont passés de 171,5 milliards de francs CFA en février 2025 à 318,2 milliards un an plus tard, soit une hausse de 85 % sur la période. C'est la progression la plus rapide de toute la zone UEMOA sur cet indicateur.

Le taux de dégradation net, qui mesure l'exposition réelle des banques après déduction des provisions, ressort pour sa part à 8,2 %, contre 2,7 % en février 2025. Plus préoccupant encore, le taux de couverture de ces créances douteuses par les provisions constituées recule fortement, passant de 63,9 % à 42,3 % en un an. Les banques togolaises provisionnent de moins en moins par rapport aux risques qu'elles portent.

« Une telle dégradation en si peu de temps traduit généralement une combinaison de chocs sectoriels non anticipés et d’une politique de provisionnement insuffisamment anticipatrice », relève un analyste bancaire. 

Cette détérioration intervient dans un contexte où les banques togolaises disposent pourtant de liquidités confortables. Leurs réserves constituées auprès de la BCEAO atteignent 166,3 milliards de FCFA en mars 2026, pour des réserves requises de 74,2 milliards seulement. L'excédent de liquidité est bien réel. Mais face à des portefeuilles fragilisés, les établissements préfèrent la prudence à l'expansion du crédit.

Les données sectorielles éclairent relativement cette dégradation. Les utilisations de crédits à court terme dans le commerce togolais ont chuté de 292 milliards de FCFA en novembre 2025 à 148 milliards en janvier 2026, soit une contraction de près de 50 % en deux mois. Dans le même temps, les banques facturent leurs crédits à un taux moyen de 7,51 %, l'un des plus élevés de la zone, loin des 6,40 % pratiqués en Côte d'Ivoire. Un crédit cher, qui se raréfie, sur des emprunteurs déjà fragilisés : la combinaison explique mécaniquement la montée des impayés. À cela s'ajoute une exposition souveraine de 623,5 milliards de FCFA des banques sur l'Administration centrale togolaise, qui réduit d'autant l'espace disponible pour financer le secteur productif.

La BCEAO publiera ses prochaines données mensuelles dans les semaines à venir. Celles-ci diront si la dégradation du portefeuille togolais s'est stabilisée ou si elle continue de s'aggraver.

Fiacre Kakpo

La filiale togolaise du groupe Ecobank a annoncé la semaine dernière ses résultats annuels : un produit net bancaire record à 45,7 milliards de FCFA et des crédits en hausse de 17 %, et un résultat net de 14,3 milliards FCFA.

Ecobank Togo a enregistré en 2025 un produit net bancaire (PNB) de 45,7 milliards de francs CFA (69,7 millions d'euros), en hausse de 9,9 % sur un an, mais son résultat net a reculé de 9,5 % à 14,3 milliards de FCFA (21,8 millions d'euros), selon le rapport annuel présenté semaine dernière à l'assemblée générale ordinaire à Lomé.

La banque, filiale togolaise du groupe panafricain Ecobank Transnational Incorporated (ETI), a imputé ce recul à une charge fiscale plus élevée en 2025, sans l'effet d'aubaine qui avait allégé son impôt en 2024.

L'activité commerciale, en revanche, a affiché une dynamique soutenue. Les crédits nets à la clientèle ont progressé de 16,8 % pour atteindre 373 milliards de FCFA (568 millions d'euros), tandis que les dépôts ont crû de 12,1 % à 588,8 milliards de FCFA (898 millions d'euros). Le total de bilan s'est établi à 724,2 milliards de FCFA (1,1 milliard d'euros), en hausse de 5 %.

« L'économie togolaise a fait preuve de résilience en 2025 », a souligné Séna Elda Afiwa Kpotsra, présidente du conseil d'administration, dans son message aux actionnaires daté du 29 avril 2026, évoquant une activité bancaire « demeurée dynamique dans un cadre réglementaire et concurrentiel exigeant ».

Malgré la baisse du résultat net, le conseil d'administration a proposé un dividende de 40 000 FCFA par action, en hausse de 60 % par rapport aux 25 000 FCFA distribués au titre de 2024, représentant une enveloppe totale de 8 milliards de FCFA (12,2 millions d'euros).

L'exercice a également été marqué par une sanction pécuniaire de 200 millions FCFA (305 000 euros) infligée par la Commission Bancaire de l'UMOA à l'issue d'un contrôle thématique portant sur les relations financières extérieures. La banque a indiqué avoir engagé un plan d'actions correctives.

Ecobank Togo se félicite par ailleurs d’avoir été désignée « Meilleure Banque au Togo 2025 » par le magazine américain Global Finance, dans le cadre de ses World's Best Banks Awards annuels.

L'effectif de la banque est resté stable à 335 collaborateurs, répartis dans 18 agences, et 86 GAB sur le territoire togolais.

La BCEAO avait abaissé son principal taux directeur de 25 points de base à 3,25 % en juin 2025, puis à 3,00 % en mars 2026, une détente monétaire dont la banque anticipe des effets favorables sur ses conditions de refinancement au cours de l'exercice en cours.

Fiacre E. Kakpo

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