Togo First

Togo First

Au Togo, le Port de Lomé a subi un nouvel incendie dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars. Ce drame enregistré, environ deux semaines après l’explosion d'un navire à pavillon togolais, a été confirmé par le ministère de l’économie maritime et de la protection côtière.

Selon la source ministérielle, l’incendie aurait duré 2 heures d’horloge. Avant l'intervention des équipes de sapeurs-pompiers, un magasin de l'Office Togolais des Recettes (OTR) abandonné a été touché.

Toujours d’après le bilan officiel, aucun blessé n’est déploré. Toutefois, l’origine de l’incendie reste inconnue.

Notons qu’en juillet 2021, des dizaines de tonnes de coton emmagasinées dans les entrepôts sur la plateforme portuaire étaient emportées par des flammes suite à un incendie. Plus tard en février 2022, un feu avait ravagé plusieurs véhicules exposés au parc de la Société Libano-Togolaise de Transport (SLTT). 

Esaïe Edoh 

Le Togo, un peu près de 2 mois après son intégration à l'Organisation des États Américains (OEA), en tant qu'observateur permanent, entame des initiatives pour tirer profit de cette institution. Son ministre des affaires étrangères, Robert Dussey, a été reçu en milieu de semaine à Washington par le Secrétaire général de l'institution, Luis Almagro.  

« En tant qu'observateur permanent auprès de l'OEA, j'ai invité le Togo à profiter de la position stratégique de notre organisation dans la région », a déclaré Luis Almagro sur compte tweet.

Dans cette dynamique, les deux diplomates ont essentiellement évoqué les stratégies à mettre en œuvre pour assurer le renforcement de la coopération interrégionale et pour relever les défis communs au plan sécuritaire en Afrique et dans les Amériques.

Les deux parties sont d’ailleurs « convenues de l’importance de favoriser la compréhension et la coopération interrégionales », selon Luis Almagro.

Fondée en 1948, l'OEA regroupe 35 États membres du continent américain et intervient dans les sphères de la diplomatie et de la coopération. Le Togo qui a adhéré à l’OEA en janvier dernier, ambitionne pour sa part d'explorer les possibilités d'investissements dans des secteurs clés notamment l'agriculture, les mines et le commerce régional.

Au Togo, les autorités gouvernementales réajustent leurs approches dans la manière d'attirer les investissements. Sous l'égide du Ministère de la Promotion de l’Investissement et avec le soutien de la GIZ, une initiative ambitieuse vient de voir le jour : les Plateformes Institutionnelles Régionales de Promotion et Facilitation des Investissements. Le lancement, effectué le 13 mars 2024 dans la préfecture d’Agou, marquait le début d'une série d'ateliers destinés à transformer les préfets, les maires, ainsi que les autres élus locaux en de véritables ambassadeurs de leur territoire, dans l'optique d'attirer davantage d'investissements.

1 territoire

Du 14 au 19 mars, cette initiative s'est étendue à travers le pays, touchant les régions des Plateaux, Maritime, du Grand Lomé, des Savanes, de la Kara, et Centrale. Les ateliers, qui ont rassemblé plus de soixante participants par région, ont servi de tremplin pour sensibiliser ces acteurs locaux à l'importance de leur rôle dans la promotion des investissements. Avec ces nouvelles plateformes, le ministère dirigé par Manuella Santos, indique vouloir mettre en avant l'implication des communautés locales et l'utilisation des avantages compétitifs régionaux pour séduire les investisseurs.

L'objectif ultime ? Mettre en avant les atouts spécifiques de chaque terroir et développer une stratégie de marketing territorial ciblée et efficace.

L'an dernier, le Togo a mobilisé seulement 27,5 milliards FCFA d'investissements privés, dominés à hauteur de 80 % par les investissements directs étrangers (IDE), soit une baisse par rapport aux années précédentes. Pour corriger le tir et accélérer la cadence, le gouvernement togolais ne se repose pas sur ses lauriers et cherche à innover via ces plateformes régionales. La ministre a, en fin d'année dernière, initié une série de contacts avec différentes délégations d'investisseurs dans une démarche d'écoute. Cette dynamique s'est poursuivie en début de cette année. Ces ateliers itinérants s'inscrivent d’ailleurs dans cette stratégie plus large. 

D’après les informations officielles, ces ateliers ont donc été l'occasion pour les participants de se familiariser avec les mécanismes de promotion des investissements et les régimes incitatifs mis en place par le gouvernement. L'objectif était double : mobiliser des investissements structurants pour les localités et positionner le Togo comme une destination de choix pour les investisseurs étrangers et nationaux.

Selon le ministère de tutelle, les recommandations issues des sessions de discussion contribueront à peaufiner une stratégie de marketing territorial, visant à ajuster et à renforcer le plan d'action national pour l'attraction des investissements. 

Fiacre E. Kakpo

Au Togo, 2348 candidats se sont engagés dans la conquête des 113 sièges à l’assemblée nationale. La Cour constitutionnelle du pays a publié la liste de ces candidats retenus le vendredi 22 mars 2024 après validation de leurs dossiers.

Ils sont, selon la publication consultée par Togo First, inscrits sur 353 listes portées par 19 partis politiques, 60 groupes indépendants et 2 groupes de partis. Précisément, 285 listes proviennent des partis politiques et 72 des indépendants.

Après cette validation des candidatures, par la cour constitutionnelle, précédée de la vérification par le ministère de l’administration territoriale et la Commission électorale nationale indépendante (CENI), s’ouvre une nouvelle étape vers les élections. Celle de paiement des cautionnements par les têtes de liste.  

Notons que ces élections législatives seront couplées des régionales et sont prévues pour le 20 avril 2024, avec la participation attendue de 4,2 millions d'électeurs qui sont enregistrés sur le fichier électoral définitif de la CENI.

Esaïe Edoh

Au Togo comme dans une dizaine de pays de la planète, l'industrie du batik représente un segment historique de l'artisanat et de la culture textile. Depuis 2021, Ornela Ezi, une jeune togolaise, a fait de la réinvention de cet art ancestral de teinture, une passion et un sacerdoce.  

IYATAN Collection”, pouvait-on lire sur les nombreux autocollants éparpillés çà et là. A l’arrière de la nouvelle boutique aménagée devant sa maison, Ornela Ezi achevait de poser religieusement le dernier stick à l'effigie de sa marque sur le dernier pagne, avant d’emballer les différents lots. Après trois jours de travaux continus, une nuit blanche et quelques migraines, la commande était enfin bouclée, prête à être acheminée vers Lomé. La seconde partie du contrat était en passe d’être honorée. 

4528batik

Le périple Adétikopé-Lomé, la jeune femme en avait fait son train-train quotidien, avalant presque chaque jour de la semaine la trentaine de kilomètres du trajet aller-retour entre le nouveau pôle industriel (depuis l’implantation de la PIA, ndlr), du centre-ville de la capitale. Ni la fatigue, ni la météo pas toujours coopérative de cet espace périurbain, n'affectaient de toute façon sa détermination. Le batik, Ornela Ezi en a fait un sacerdoce. 

De la curiosité à la passion

Rien ne laissait présager pourtant, quatre ans plus tôt, une telle trajectoire. Après un Baccalauréat, option Littéraire, obtenu en 2020, en plein contexte pandémique (Covid-19), Ornela s’inscrit en Faculté de Droit à l’Université de Lomé. Un choix tout à fait normal pour celle qui s’est toujours vue revêtue d’une toge d’avocat, malgré les énormes difficultés à s’exprimer alors en public. 

Le pont vers le monde de l’art textile et des nuances chromatiques sera réalisé un an après, à la faveur d’une formation exclusivement dédiée aux jeunes filles. Ornela, qui s’essayait depuis quelques temps déjà au monde de la décoration, y fait la connaissance d’un spécialiste du domaine du batik, issu lui-même de l’école d’un maître en la matière, Ayaovi Atobian, que Togo First avait déjà rencontré en 2018 lors d’une immersion au Centre d’art Tayé Tayé

Un passage au sein de ce temple voué à la création artistique et une seconde formation beaucoup plus approfondie plus tard, et la jeune femme se convertit définitivement. 

“Une ode à la nature”

Désormais outillée, Ornela va se jeter à corps perdu dans cette nouvelle passion. “J’ai toujours aimé créer des choses, et avec les choses que j’ai apprises, j’étais parfaitement dans mon monde”, raconte-t-elle.  

Les débuts sont difficiles. Les maigres économies partent dans l’achat de tissus au marché, puis, l’inspiration fait le reste. Le processus en lui-même est un rituel précis : définition des tons et préparation des couleurs, application de la cire, immersion, rinçage, retrait, séchage, une mécanique réglée. 

Dans le garage paternel réquisitionné et reconverti en atelier, Ornela manipule dans le respect des matériaux, un nombre d’outils indispensables à la transformation du pagne : gants, bassines, masques, teintes, bougies…, et laisse la magie opérer.

La nature sert de muse, les arbres, le ciel étoilé, les éléments de l’environnement se retrouvent transposés dans les œuvres. 

14528batik

Chaque pièce de batik pour moi est une ode à la nature, un tableau où s’harmonisent l'art et l'artisanat, tissé des motifs et de symboles”, poétise-t-elle. Et au moment de baptiser ses créations, la native des Plateaux ne cherche pas loin : IYATAN Collection. 

IYATAN vient de la langue Ifè parlée dans la région des Plateaux, plus précisément à Atakpamé, et veut dire ‘la souffrance est finie’, et COLLECTION pour exprimer la diversité des motifs et des couleurs”, explique-t-elle.

L’âge, un atout et un handicap

Les premières créations prêtes, survient le premier écueil : trouver une clientèle et la fidéliser. Ornela, qui a pris le soin de ne porter désormais que ses œuvres, multiplie les approches et les échanges avec les particuliers. 

Mais l’âge devient rapidement un handicap : “J’avais à peine 20 ans, c’était déjà un peu difficile de convaincre les responsables ou personnes âgées à essayer ou adopter mes produits. On me trouvait trop jeune pour être prise au sérieux”, se souvient-elle. 

La persévérance finit par payer, lorsque les responsables municipaux de sa commune la remarquent et passent commande. D’autres défis de taille comme la pénurie de main-d'œuvre, la méconnaissance du grand public sur la fabrication du batik occasionnant des demandes difficiles à satisfaire, les difficultés d'approvisionnement en matières premières, surgissent, mais la jeune femme au caractère bien trempé n’en a cure. 

Ces obstacles n'ont fait que renforcer mon esprit d'entreprise et me permettent d’ailleurs de développer des compétences en management, marketing, leadership et branding”, confie-t-elle. 

La reconnaissance 

Consciente de la place prépondérante des foires et expositions dans le paysage commercial togolais et particulièrement dans le secteur artisanal, Ornela multiplie les apparitions aux manifestations foraines à Lomé, et parfois en dehors. C’est d’ailleurs lors de la dernière édition du Marché international de l’Artisanat du Togo (MIATO 2023), qu’elle est distinguée, en raison de son très jeune âge.

24528batik

Ce prix d’encouragement fait l’effet d’un spot de lumière. Les commandes affluent, venant désormais de diverses couches de la population, ce qui amène la jeune promotrice à diversifier ses productions : “Nous avons deux clientèles cibles. Premièrement,  les amoureux du pagne Batik, ceux qui aiment avoir leurs touches uniques sur les créations, et deuxièmement les entreprises, écoles, associations et autres structures à qui nous offrons la possibilité de personnaliser leurs pagnes en y mettant leurs propres logos ou un texte. Elles peuvent elles-mêmes choisir les couleurs du pagne”. 

Entreprises privées, restaurants, écoles privées entre autres, rejoignent le phénomène IYATAN qui séduit un peu plus. 

Confiante, Ornela, jusque lors discrète sur les réseaux sociaux, se prend à communiquer davantage. 

34528batik

Promotion et distribution

Ornela a su habilement utiliser les réseaux sociaux et les plateformes en ligne pour promouvoir ses produits. “En attendant d’avoir des ambassadeurs reconnus, nous essayons de nous faire connaître sur Instagram, Twitter, Tiktok, mais aussi sur Coin d'Afrique, une application de marché en ligne”, indique-t-elle. 

Le reste est confié aux acteurs du réseau de distribution, qui, lors des livraisons, s’efforcent de dévoiler un peu plus les activités de la jeune pousse.  

S’ancrer durablement

Désormais bien investie, Ornela rêve grand : devenir une référence dans le domaine du batik au Togo, collaborer avec des organisations nationales et internationales, et ouvrir une boutique de prêt-à-porter. 

D’ailleurs, souffle-t-elle, la prochaine étape est la création d’une ligne de vêtements (chemises et robes en pagne batik) accessibles à tous, où chaque client trouvera son goût. 

Je veux tisser des rêves à travers le batik”, conclut-elle, des étoiles dans les yeux. 

Octave A. Bruce 

Sur les cinq dernières années, de 2019 à 2023, la dette togolaise est passée de 2197,7 milliards FCFA à 3707,8 milliards, marquant une évolution continue sur la période. C’est ce que révèlent les données du ministère de l'économie et des finances sur la dette du pays à fin décembre 2023. Sur la période considérée, la dette nationale marque ainsi une croissance annuelle moyenne d'environ 17,21%.

Entre 2021 et 2023, le ratio dette/PIB est ainsi passé de 63% (2021) à 66,65% (2023). En dépit de cette évolution, le pays reste en deçà du seuil de soutenabilité de l'Uemoa, fixé à 70% du PIB au sein de l'espace communautaire.

3copper image

Cette dette totale comprend la dette intérieure, qui s’élève à 2276 milliards FCFA en 2023 (soit 61,4% de la dette totale) et la dette extérieure, qui s’élève à 1431 milliards FCFA en 2023 (soit 38,6%).

2tresor public

La dette intérieure

Si la dette intérieure (qui représente les obligations financières du gouvernement envers des créanciers nationaux) représente le gros de l’endettement de l’État, cette dernière a cependant progressé à un rythme relativement plus lent, avec un taux de croissance annuel moyen entre 2019 et 2023 d'environ 12%.

La dette extérieure

Pour sa part, la dette extérieure (représentant les obligations financières contractées par le gouvernement auprès de créanciers étrangers), a connu une augmentation plus significative sur la période étudiée. Elle est passée de 751,3 milliards FCFA en 2019 à 1431,6 milliards FCFA en 2023, soit une augmentation de près de 90%. 

Sur la période, le taux de croissance annuel moyen de la dette extérieure entre 2019 et 2023 est d'environ 17,72%. Cette expansion rapide pourrait être attribuée à divers facteurs, notamment la recherche de capitaux pour financer des projets d'infrastructure.

1tresor public

Le service de la dette 

En 2023, le service de la dette au Togo (l’ensemble des paiements effectués par le pays à ses créanciers, sur les intérêts et le remboursement du capital emprunté) a représenté environ 706 milliards FCFA, pour l'ensemble de la dette togolaise. Ceci couvre notamment 553 milliards FCFA pour le remboursement du principal, et 153 milliards FCFA pour le paiement des intérêts et commissions.

Ayi Renaud Dossavi

Au Togo, l’ancien ministre de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi, débarque à la Cour constitutionnelle quelques mois après avoir été évincé du gouvernement de Victoire Tomégah-Dogbé à la faveur d’un remaniement.

L’homme politique qui a été nommé par le Président Faure Gnassingbé le 19 mars dernier, selon le Journal officiel, vient occuper ainsi un des deux postes vacants depuis plusieurs mois à la Cour constitutionnelle.

L’ex-ministre est nommé en remplacement de Mipamb  Nahm-Tchougli, qui a intégré en janvier dernier, l’exécutif, précisément au poste de ministre de la Justice et de la Législation, Garde des Sceaux.

Avant cette nomination, Payadowa Boukpessi a été plusieurs fois ministre au Togo. Il a également été député et président de la Commission des Finances et des échanges du Parlement. Il devient ainsi le 8è membre de la plus haute juridiction togolaise en matière constitutionnelle.

Le Président de la république devrait nommer un 9è pour que l’institution soit au complet et joue toute sa partition, alors qu’avancent à grands pas les législatives prévues pour le 20 avril prochain. 

Esaïe Edoh 

Au Togo, 813 éleveurs et promoteurs de sous-projets d’entrepreneuriat agricole et agroalimentaire de la région des savanes ont bénéficié de matériaux de construction, d’équipements d’élevage et de chèques, dans le cadre du Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP Togo). C’était à la faveur d’une cérémonie officielle, hier jeudi 21 Mars 2024 à Dapaong, sous la houlette du Directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural, Dindiogue Konlani.

Cet appui, mis en œuvre dans le cadre du Programme d’Urgence de Renforcement de la Résilience et de la Sécurité des Communautés (PURS), vise notamment à renforcer la résilience des populations face aux menaces grandissantes de la crise du Sahel, comme l’indique le ministère de l’agriculture.

Le FSRP-Togo, appuyé par la Banque mondiale, s’est en effet engagé à soutenir les petits éleveurs de volailles et de petits ruminants dans la région des Savanes, en identifiant et en accompagnant 400 éleveurs ainsi que 420 bénéficiaires (dont 151 femmes) de sous-projets d’entrepreneuriat agricole et agroalimentaire.

Par ailleurs, la remise officielle des matériaux de construction, des équipements d’élevage et des chèques aux bénéficiaires marque le démarrage des activités de financement et pose les bases pour un meilleur contrôle décentralisé des actions du projet financé dans le cadre du PURS.

Lors de la cérémonie, Dahouda Djele, coordonnateur opérationnel délégué du FSRP Togo, a souligné l'importance de cet appui pour le secteur de l’élevage dans la région des Savanes, notamment en améliorant la qualité des abris d’élevage et en renforçant la capacité de production et la résilience des animaux face aux maladies. 

Si cet appui se fait dans une approche de synergie avec le Programme PURS centré sur la région nord du pays, il faut rappeler que l’an dernier, le FSRP Togo a globalement touché dans le pays, plus de 260 000 bénéficiaires.

En pleine croissance depuis 2016, le marché togolais du mobile money, à l'image de celui d'autres pays africains, reste confronté à des disparités dans les mécanismes de transaction, ce qui crée de la confusion chez les utilisateurs et entrave l’accélération de son adoption généralisée comme moyen de paiement universel.

Ces obstacles ont maintenu les principaux opérateurs, tels que Moov Africa Togo, Tmoney (Togocom) ou Coris Money, dans une situation de fonctionnement isolé, sans interopérabilité effective.

Malgré l'annonce en 2018 par le gouvernement togolais d'une initiative ambitieuse visant à unifier les services financiers électroniques à travers une plateforme unique nommée « TogoPAY », le projet a subi des retards significatifs. 

Constat 

Actuellement, il est plus simple d'effectuer un transfert d'argent de Moov Togo vers MTN Bénin, dans un pays voisin, que de Moov Togo vers TMoney, pourtant dans le même pays.

Ce cloisonnement se traduit par des défis quotidiens pour les utilisateurs. Notamment, lorsqu'il s'agit d'envoyer de l'argent de Moov Africa Togo à Tmoney, le processus est loin d'être fluide. Le bénéficiaire reçoit un code, mais de nombreux points de vente refusent d'accepter ces codes, rendant les transactions compliquées et souvent infructueuses.

La situation est d'autant plus complexe que les systèmes de Moov et Tmoney ne sont pas standardisés. Chez Tmoney, c'est l'envoyeur qui initie la transaction, tandis que chez Moov, c'est le point de vente qui commence, et l'envoyeur valide ensuite en saisissant un code USSD. 

La problématique de l'interopérabilité n'est pas propre au Togo mais c’est un constat général sur le continent africain où on dénombre plus d’une cinquantaine de services de paiement mobile. 

L'absence de plateforme d'interopérabilité et de normes standardisées constitue non seulement un obstacle pour les utilisateurs souhaitant effectuer des transactions simples et rapides, mais aussi une entrave au potentiel de croissance du secteur du mobile money au Togo.

Au Togo, ces derniers mois, un projet similaire à TogoPAY a été ressorti des tiroirs et remis sur la table, dans le cadre de trois initiatives d’investissement dans le numérique que le Togo développe avec la GIZ et le Millennium Challenge Corporation (MCC), à travers ses programmes ProDigiT, Compact et Threshold. Si ces initiatives redonnent espoir quant à l'avènement d'une solution d'interopérabilité qui pourrait transformer le paysage des services financiers électroniques, les acteurs quant à eux, appellent surtout à une collaboration forte et à une mise en place de normes standardisées qui permettraient d'augmenter l'efficacité, d'améliorer l'expérience utilisateur et de promouvoir une plus grande inclusion financière. Certains en appellent au régulateur. 

Fiacre E. Kakpo

En Afrique de l’Ouest, l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a maintenu le cap de sa croissance en 2023, selon M. Abdoulaye Diop, président de la commission de l’UEMOA, lors de la réunion du Conseil interparlementaire de l'UEMOA à Lomé hier jeudi 21 mars à Lomé.

À la faveur de l’exercice ayant consisté à présenter l’état de l’Union économique commune à huit pays de la sous-région (le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, et le Sénégal), le représentant est revenu sur les fondamentaux macro-économiques de l’organisation pour l’année précédente, dans un contexte économique mondial marqué par les soubresauts de la crise russo-ukrainienne et les tensions au Moyen-Orient.

Ainsi, au sein de l’Union, l’activité économique a enregistré une croissance de 5,7 % l’an dernier, se montrant plutôt résiliente face aux chocs externes. Cette performance a été soutenue par la bonne tenue de tous les secteurs d'activité, malgré une conjoncture internationale incertaine, indique-t-on.

finance

Finances publiques

Dans le domaine des finances publiques, l'UEMOA a enregistré une amélioration significative de ses indicateurs. Le déficit budgétaire global a été réduit à 5,3 % du PIB, contre 6,7 % en 2022, grâce à une augmentation des recettes publiques supérieure à celle des dépenses. De plus, le taux d'inflation annuel moyen a baissé à 3,7 % en 2023, contre 7,4 % l'année précédente, reflétant une meilleure maîtrise des pressions inflationnistes.

En ce qui concerne les échanges extérieurs, l'Union a enregistré une amélioration de son solde global de la balance des paiements, avec un déficit du compte courant ramené à moins 2,5 % du PIB, contre moins 3 % en 2022. Cette évolution a été soutenue par une atténuation du déficit modéré par le repli des entrées de capitaux.

Défis sécuritaires et tensions politiques

Le représentant de la Commission est également revenu sur les défis sécuritaires et politiques dans la sous-région, notamment les tensions entre la CEDEAO et les pays de l’Alliance des États du Sahel (Burkina, Mali, Niger). “Comme autre événement, il y a la création naturellement de l'Alliance des États du Sahel par trois États membres de l'Union et leur décision, comme vous le savez, de sortir de la CEDEAO”, a rappelé Abdoulaye Diop. Dans ce contexte, il faut relever que la Commission de l'UEMOA a, sur la période, également renforcé sa collaboration avec la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour favoriser l'intégration régionale. Des efforts qui sont aujourd’hui confrontés à des vents contraires dans la sous-région.

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.