Le financement de la BOAD devrait servir à accélérer l’opération de rachat de l’institution financière présente dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et du centre, 7e groupe bancaire de l’Uemoa, avec près de 6% de part de marché.
La Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) vient d’accorder un prêt à court terme de 25 milliards FCFA (41,2 millions $) au groupe Vista de Simon Tiemtoré (photo), pour soutenir le rachat du groupe bancaire basé à Lomé, Oragroup. Cette décision a été approuvée lors de la 134e session ordinaire du conseil d'Administration de la BOAD, qui s'est tenue mardi 27 mars sous la présidence de Serge Ekue, Président du conseil d'Administration, président de la BOAD.
Selon les informations, le groupe Vista devrait créer un véhicule spécial « ORA SPV HOLDING » pour prendre des parts dans Oragroup, détenues jusque-là par le capital-investisseur Emerging Capital Partners (ECP) et des institutionnels comme Proparco, German Investment Corporation (DEG) et Belgian Investment Company for Developing Countries (BIO).
Cette opération entérine également le départ d'ECP qui avait pris le contrôle du groupe basé à Lomé en 2008, ainsi que des bailleurs européens Proparco, BIO et DEG. La BOAD, elle-même actionnaire du groupe bancaire présent en Afrique de l’Ouest et centrale, ou encore la Banque d'investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) resteront quant à elles dans le tour de table. A leurs côtés, un actionnariat flottant d’environ 20%, coté sur la BRVM, dont l'IPS-CGRAE, qui s’était vu refuser le rachat du groupe, est détenteur de la majorité des parts.
Ce crédit de 25 milliards FCFA accordé par la BOAD à Vista Group Holding dans le cadre de la reprise d'Oragroup est un signe fort de la confiance que l’institution de développement place dans l'avenir du secteur bancaire de l’Union. La facilité devrait accélérer la finalisation du rachat et renforcer ainsi la présence de Simon Tiemtoré et son institution sur le marché ouest-africain.
En 2020, le financier d'origine burkinabè et ancien directeur du fonds d'investissement de Morgan Stanley a pris tout le monde de court en achetant les filiales subsahariennes (Burkina et Guinée) de BNP Paribas avec son fonds d'investissement Lilium Capital.
Fiacre E. Kakpo
L’Office Togolais des Recettes (OTR) ouvre ce jeudi 30 mars au Port de Lomé, une nouvelle opération de ventes aux enchères publiques. La session publique va concerner 17 conteneurs marchandises d’une importante société de transport maritime et de la logistique.
« La vente est faite aux enchères publiques au plus offrant et dernier enchérisseur, paiement au comptant et sur place majoré de 12% avec enlèvement immédiat. », précise le fisc togolais, dans son annonce.
Parmi les conditions, l’OTR rappelle notamment, que les participants doivent payer une somme non remboursable de 25 000 francs CFA pour l'enregistrement des adjudicataires à la Direction des Opérations Douanières de Lomé-Port. Les adjudicataires doivent également s'acquitter du montant des effets qui leur ont été adjugés avant 17h30 le jour de l'achat, faute de quoi, leur adjudication sera annulée.
Ces ventes aux enchères sont du reste des opérations courantes, régulièrement organisées par le Fisc togolais sur tout le territoire, et concernent généralement des marchandises issues de saisies, ou en souffrance aux douanes.
Un Togolais s’adjuge la deuxième place du concours international d'excellence "Meilleure entreprise jeune de l'année", en la personne de Pilisséwé Nassiba, comme l'indique le ministère du Développement à la Base.
Ce dernier remporte à ce titre, une cagnotte de 3 500 000 FCFA. Il fait ainsi partie des lauréats du concours organisé en marge de la 39ème session ministérielle de la Conférence des Ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie (CONFEJES), qui s'est tenue du 23 au 26 mars. Le Togolais se classe juste après Assanata Sanou Ouedraogo, du Burkina-Faso, qui a remporté le premier prix.
Âgé de 35 ans, Pilisséwé Nassiba dirige depuis 2017, une entreprise de tissage et de distribution de tissus locaux, appelée "Pagnes africains", et a déjà remporté le concours national du Projet de Promotion de l'Emploi des Jeunes. Un succès qui le positionne pour le Prix Bernadette Mapoke Ndongo de la meilleure entreprise jeune de l'espace francophone, en tant que représentant du Togo.
Notons que le jeune entrepreneur avait été appuyé, dans le cadre de sa formation entrepreneuriale, par le Fonds d'Appui aux Initiatives Économiques des Jeunes (FAIEJ), recevant notamment un financement du Programme de Promotion de l'Entreprenariat des Jeunes (PPEJ) pour un montant de 2 125 000 FCFA afin de booster son entreprise.
Le jeune lauréat emploie actuellement 30 personnes, dont 12 permanents et 18 temporaires, dans le cadre de son entreprise.
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Alors que le Togo met les bouchées doubles pour réaliser la couverture santé universelle, les autorités du pays ont entamé ce mercredi 29 mars 2023 et ce pour deux jours, des échanges avec des experts de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les différents moyens de mobilisation des ressources.
A cette rencontre, les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la couverture santé universelle au Togo et des experts de l’OIT, vont approfondir les réflexions en vue de définir des stratégies pour l’accroissement du financement de la protection sociale et procéder à la mise en place d’un système d’assurance maladie universelle, qui prend en compte les travailleurs du secteur informel.

Selon la ministre déléguée chargée de l'Accès universel aux soins, Mamessilé Aklah Agba-Assih, cette stratégie nationale est indispensable pour une meilleure mobilisation des ressources et traduit une cohérence dans le déroulement des actions. « Il s’agit de s’assurer que chaque Togolais sans discrimination, puisse bénéficier de la croissance sur toute l’étendue du territoire en disposant d’une certaine autonomie économique et sociale », a-t-elle déclaré.
A cette assise, les participants planchent également sur la stratégie d’extension de la protection sociale. Selon le directeur pays de l’OIT, Frederic Lapeyre, l’extension de la protection sociale va « protéger toute la population contre toute forme de vulnérabilité ».
Notons qu’au Togo, la couverture santé universelle est une priorité des autorités qui multiplient des initiatives pour y parvenir, notamment le nouveau mécanisme, l’assurance-tontine. Ce produit cible des couches de la population non-couvertes par les mécanismes d'assurance classiques, dans le secteur informel.
Esaïe Edoh
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Au Togo, une douzaine d’agents de sécurité maritime suivent cette semaine, une formation avancée en matière de fouille des navires dans le cadre des activités du projet multi-pays de coopération portuaire (SEACOP).
Ces travaux de cinq jours, ouverts le lundi 27 mars, sont spécifiquement destinés au personnel de l’unité mixte de contrôle des conteneurs de l’Office central de répression. Ils permettront aux agents issus de la police, de la gendarmerie, des douanes, ainsi que de la préfecture maritime, de renforcer et d’approfondir la préparation théorique et pratique tout en préservant la sécurité de ces navires.
La formation a pour but de renforcer les capacités des administrations chargées d’identifier les navires pouvant se livrer à des trafics en mer et de mener des contrôles efficaces pour lutter contre la corruption et les réseaux criminels internationaux et transnationaux de trafiquants de substances stupéfiantes qui ciblent la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit à terme, de contribuer à la lutte contre le commerce maritime illicite et les réseaux criminels dans les pays et régions ciblés, dans le respect des droits de l’Homme.
Les travaux ont été lancés notamment en présence du chef de cabinet du Haut Conseil pour la Mer, Laré Penn, qui a rappelé les différents mécanismes mis en place par le Togo pour lutter contre les fléaux en mer. L’ambassadeur de l’UE au Togo, Joaquin Tasso Vilallonga, était également présent.
Notons que l’UE appuie appuie cette initiative.
Les États-Unis vont apporter un soutien financier de 100 millions $ au Togo et à quatre autres pays d’Afrique de l’Ouest, dans le cadre de la lutte pour la sécurité dans le Golfe de Guinée. C’est ce qu’a annoncé Kamara Harris, Vice-présidente américaine, lundi 27 mars à Accra, lors d'une conférence de presse dans la capitale ghanéenne, en compagnie du président Nana Akufo-Addo, alors qu’elle était en visite dans ce pays ouest africain. Outre le Togo, le Ghana (pays hôte de la visite officielle), le Bénin, la Guinée, et la Côte d'Ivoire vont bénéficier de cet appui.
« Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'annoncer un soutien de 100 millions de dollars au Ghana, au Bénin, à la Guinée, à la Côte d'Ivoire et au Togo pour soutenir les efforts de prévention des conflits et de stabilisation dans la région côtière de l'Afrique de l'Ouest. », a annoncé l’officielle américaine.
African nations, including Ghana, play a critical role in global security.
— Vice President Kamala Harris (@VP) March 28, 2023
Today, I am pleased to announce $100 million in support for Ghana, Benin, Guinea, and Côte d’Ivoire, and Togo to support conflict prevention and stabilization efforts in Coastal West Africa. pic.twitter.com/oYXk6RRvEZ
Le programme d’appui aura pour but de promouvoir la stabilité dans la sous-région ouest-africaine en renforçant les efforts de prévention des conflits et de stabilisation. De fait, dans son intervention, la Vice-présidente a exprimé l'engagement de l’Oncle Sam à soutenir les cinq pays, dans la reconstruction de leur économie post-Covid-19 et dans leur lutte contre les crises de sécurité qui les affectent.

Cette aide financière s’annonce dans un contexte où Washington multiplie ses appels à l’égard des pays africains, alors que les présences russe, sur le terrain sécuritaire, et chinoise, sur le terrain de la compétition économique, se font de plus en plus pressantes sur le continent, et sont considérées par des observateurs américains, comme une menace à leurs intérêts.
En effet, cette visite de Harris, dans un pays voisin du Togo, s’inscrit dans le cadre d’une tournée africaine dans trois pays, et vise à renforcer les liens diplomatiques entre les États-Unis et l'Afrique. Elle intervient du reste, quelques mois après le sommet organisé en décembre dernier par le président Joe Biden à Washington avec les dirigeants africains, parmi lesquels Faure Gnassingbé du Togo.
Ayi Renaud Dossavi
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Les préparatifs de la Semaine Africaine de la Microfinance (SAM) que le Togo va accueillir du 16 au 20 octobre 2023 ont débuté. La ministre togolaise de l'Inclusion financière et du Secteur informel, Mazamesso Assih et les organisateurs, notamment le Réseau des Institutions Africaines de Microfinance (MAIN) et l’Appui au développement autonome (ADA) ont jeté les bases du lancement de l'événement en février dernier.
Cette rencontre, prévue sur 5 jours, sera essentiellement marquée par des échanges sur les enjeux de la finance inclusive en Afrique. A cette occasion, près de 1000 professionnels du secteur de la finance inclusive sont attendus à Lomé.
Selon Mazamesso Assih, cette assise sera l’occasion pour le Togo de partager son expérience avec les autres pays. En effet, selon les données rendues publiques en Conseil des ministres du 18 janvier 2023, le Togo affiche la meilleure performance en matière de progression de l’inclusion financière au sein de l’espace de l’Union économique et monétaire de pays d'Afrique d'Ouest (UEMOA). Le taux d’inclusion financière est passé de 82,72% à 85,72% de 2021 à 2022, en hausse de 3 points de pourcentage. Dans l’espace communautaire, Lomé devance le Bénin (85,52%), et la Côte d’Ivoire (82,2%).
« SAM 2023 sera un bastion d'espoir pour toutes les parties prenantes et une étape importante dans le développement et la stratégie du secteur de la finance inclusive dans toute l'Afrique de l'Ouest », a déclaré l’officielle togolaise.
Esaïe Edoh
En séjour à Lomé pour participer aux universités du patronat togolais, organisées par l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), Olivier Buyoya, directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest de l’International Finance Corporation (IFC), depuis le 1er novembre 2022, s’est prêté aux questions de Togo First. Les nouvelles stratégies de l’organisation, branche de la Banque mondiale dévolue au secteur privé, les orientations axées sur les partenaires locaux, tels que des banques, des assureurs et des entreprises de toutes tailles, sont passées en revue. Entretien !
Togo First Quelles ambitions souhaitez-vous réaliser en tant que responsable de la région depuis quelques mois ?
OB : Je me nomme Olivier Buyoya, et je suis honoré d'occuper le poste de directeur régional en charge de l'Afrique de l'Ouest au sein de la Société Financière Internationale. Depuis le 1er novembre, j'ai le privilège de contribuer à l'édification d'une économie florissante et résiliente, en œuvrant pour le développement du secteur privé dans les pays membres du groupe de la Banque mondiale.
En tant que filiale de cette institution prestigieuse, notre mission consiste à financer les projets et les entreprises du secteur privé, dans tous les domaines d'activité. Nous collaborons avec des partenaires locaux, qu'il s'agisse de banques, d'assureurs, ou d'entreprises de toutes tailles et de toutes industries, pour promouvoir le développement économique et social de chaque pays.
Notre ambition est claire : créer des emplois pour les jeunes et les femmes, favoriser l'innovation et l'entrepreneuriat, et stimuler la croissance économique dans chaque pays que nous soutenons. Nous sommes convaincus que le secteur privé est le moteur principal de cette évolution, et nous travaillons sans relâche pour favoriser un environnement propice aux investissements, à la production et à la création de richesse.
Nous collaborons étroitement avec les gouvernements et les organisations internationales pour améliorer le climat des affaires dans chaque pays, en vue d'attirer des investisseurs locaux et internationaux, et de créer des opportunités pour les auto-entrepreneurs, les PME-PMI et les grandes entreprises. Nous sommes persuadés que cet engagement est crucial pour l'avenir de l'Afrique de l'Ouest, et nous mettons tout en œuvre pour que chaque projet financé par la Société Financière Internationale ait un impact positif et durable sur les communautés locales.
Togo First : Quels sont les moyens mis en place pour concrétiser cette ambition ? Nous avons remarqué que la SFI a cherché à mettre en place sa stratégie, notamment en Afrique de l'Ouest où des représentants de pays ont été nommés, ce qui n'était pas courant auparavant. Comment pouvez-vous expliquer cette stratégie de déploiement ?
OB : Je viens tout juste d'exposer la portée globale de notre mission et de nos ambitions, à l'échelle continentale et dans chaque pays où nous intervenons. Pour concrétiser et déployer notre stratégie sur le terrain, nous avons estimé primordial d'étoffer notre équipe et de nous rapprocher au maximum de nos clients et partenaires. Si l'on souhaite investir dans le secteur privé de manière efficace, il est indispensable de connaître les acteurs en présence ainsi que leurs besoins.
Cela implique une présence physique sur les lieux concernés. Voilà pourquoi, il y a trois années de cela, nous avons ouvert un bureau local, confié à un représentant national et ses équipes, qui ont pour tâche quotidienne de se tenir aux côtés du secteur privé.
La pleine compréhension des besoins des PME, des banques, des sociétés d'assurance, des industriels et de tous ces acteurs est primordiale pour nous permettre d'adapter nos produits et services en fonction de leurs attentes. Nous constatons déjà les fruits de nos efforts, avec l'augmentation considérable de notre portefeuille d'activités au Togo, qui s'élève désormais à plus de 300 millions de dollars. Il est difficile d'imaginer que nous n'en étions qu'à 5 ou 10 millions il y a cinq ans à peine. Aujourd'hui, nous avons gagné la confiance de toutes les parties prenantes.
Togo First : Quels sont les financements qui ont été opérés sur les cinq dernières années ?
OB : Nous avons alloué une somme considérable de 65 millions de dollars au secteur des télécommunications et sommes actuellement en train de travailler sur une ligne de financement qui a déjà été accordée et qui sera signée sous peu. Nous finalisons également un financement pour une entreprise opérant dans le secteur agro-industriel. Nous avons soutenu le groupe Zener et avons plusieurs autres financements en cours dans le domaine financier, notamment avec des plateformes qui prévoient de lancer des taxis-motos, des véhicules, et bien plus encore.
Je ne serai pas précis sur les noms, car certains de ces financements ne sont pas encore accordés, mais je tiens à souligner notre forte présence dans ces secteurs.

Nous avons également soutenu plusieurs producteurs d'énergie au Togo, notamment Contour Global. Nous travaillons actuellement avec le gouvernement togolais et le ministère de l'Énergie pour financer des centrales solaires qui contribueront à la promotion des énergies renouvelables.
Nous avons également financé le terminal LCT il y a quelques années pour démontrer notre approche multisectorielle. Notre portefeuille en croissance et diversifié répond parfaitement aux besoins de l'économie togolaise.
Nous avons une vision et une stratégie bien établies que nous déployons actuellement dans chacun des 13 pays dont j'ai la responsabilité, et nous sommes déjà présents dans 10 d'entre eux.
Togo First : Nous avons également observé des sorties de grosses banques comme Ecobank, qu’on peut assimiler un désintéressement du secteur bancaire togolais …
OB : Nous proposons plusieurs types de produits d'investissement, tels que la prise de participation dans les sociétés dans lesquelles nous intervenons, ainsi que des prêts à moyen et long termes avec différents types de garanties, tels que des prêts directs, des prêts simples et des prêts subordonnés. En outre, nous offrons une assistance technique à nos partenaires. Lorsque nous investissons en capital dans une société, cela a toujours un horizon temporel défini. Nous investissons à un moment donné, mais nous avons vocation à sortir de l'investissement lorsque le moment est venu. Cependant, cela ne signifie pas que nous interrompons notre relation avec le partenaire une fois que nous sortons de l'investissement en capital. Par exemple, nous sommes déjà sortis de l'investissement en capital dans Ecobank, mais nous continuons de travailler avec ce groupe-là.
Togo First : En quoi consiste ce travail ?
OB : Aujourd'hui, le travail consiste à engager ces sociétés-là sur d'autres produits d'investissement. Nous proposons plusieurs types de financements adaptés aux besoins spécifiques des entreprises et des secteurs d'activité. Nous offrons des lignes de garantie pour faciliter le financement des PME, ainsi que des financements ciblés pour les secteurs d'activité spécifiques. Nous avons également des financements dédiés aux femmes, au climat et au logement. En ce moment, nous sommes en train de discuter avec le groupe Ecobank pour explorer d'autres types d'investissement que nous pouvons offrir.
Togo First : Vous avez financé GOZEM pour l'acquisition de motos électriques. Il est souvent dit que la SFI ne finance que les entreprises de grande envergure ou ayant une certaine présence à l'international. Comment répondez-vous à cela ?
OB : À mon sens, le temps est venu pour la Société Financière Internationale (SFI) ainsi que pour d'autres structures similaires de mettre l'accent sur la recherche, l'identification et le soutien des entreprises du secteur privé local dans les pays où nous sommes présents. Cette approche ne relève pas du nationalisme ni de l'ethnocentrisme, mais plutôt d'une volonté de permettre aux entrepreneurs locaux de se sentir soutenus par des institutions internationales complémentaires. Nous avons mis cette vision en action en créant le programme "Local Champions Initiative" au Togo, visant à identifier et à soutenir les champions nationaux dans divers secteurs d'activités.
Concrètement, nous offrons un accompagnement technique spécifique à ces entrepreneurs, en identifiant leurs besoins et en mettant en place des solutions pour les aider à surmonter les obstacles auxquels ils font face. Ce soutien peut prendre la forme de conseils financiers, de recherches de marché, de certification pour exporter, ou encore de mise en relation avec des acheteurs potentiels. Nous nous engageons également à fournir des financements ciblés en fonction des besoins identifiés.
Nous mettons l'accent sur les entreprises dirigées par des femmes et nous espérons que cette initiative permettra de montrer aux entrepreneurs locaux que nous sommes capables de les accompagner au-delà des grands projets structurants. Nous sommes encore au début de ce programme et nous espérons pouvoir le déployer davantage à l'avenir. Nous espérons que dans 18 mois, nous aurons pu accompagner et entendre parler de 5 ou 6 entreprises, témoignant ainsi de la réussite de cette initiative. Ce changement de stratégie illustre l'évolution de la SFI au Togo.
Togo First : Au Togo, on sent une forte présence de la SFI dans tout ce qui a trait à l’évènementiel rassemblant le secteur privé. Quel en est l’objectif ?
OB : Il est crucial pour nous d'être à proximité des entrepreneurs, le secteur privé et nos clients. Rappelons que dans la SFI, nos actionnaires, ce sont 183 pays. À travers eux, ce ne sont pas les pays qui sont détenteurs des parts, mais bien les contribuables, vous et moi. Il nous incombe donc de nous positionner sur le terrain, de communiquer sur nos actions, de transmettre notre message et d'œuvrer à être le plus proche possible de nos clients.
Certes, nous ne sommes pas présents à tous les événements, mais nous nous efforçons d'être là où nos actionnaires et nos clients potentiels souhaitent nous rencontrer.
Togo First : Avez-vous déjà repéré des entreprises potentielles, susceptibles de partir ou de rester ?
OB : Je regrette de ne pouvoir vous fournir un chiffre précis, car il s'agit là d'un processus en constante évolution. En effet, lorsque j'ai mentionné notre plan d'investissement de 300 millions $, il s'agit là d'une partie de notre engagement. Par ailleurs, nous avons également mis en place un accompagnement technique pour un certain nombre de structures, mais cela ne représente qu'une partie de notre stratégie globale. En effet, nous continuons d'identifier des opportunités d'investissement en utilisant un processus rigoureux et dynamique qui nous permet de rester à la pointe des tendances du marché.
Togo First : Quels sont les défis que vous rencontrez dans le soutien au secteur privé ?
OB : Les défis qui se dressent devant les acteurs du secteur privé dans les pays en développement sont nombreux, notamment l'accès à l'information qui est souvent difficile. Il s'agit également de convaincre les entrepreneurs les plus prometteurs, les plus dynamiques, qui sont souvent sceptiques quant aux attentes déçues vis-à-vis des institutions de développement et de financement en général.
La persuasion est donc de mise. Cependant, une fois convaincus, ces entrepreneurs ont des attentes élevées en matière de rapidité et d'efficacité des solutions proposées, ce qui peut parfois être difficile à réaliser en raison de procédures et de critères contraignants. Il est donc crucial de pouvoir gérer ces aspects avec habileté.
Togo First : Certains secteurs sont souvent négligés, notamment l'agriculture, qui contribue significativement au PIB du Togo mais reste sous-financée. De même, le secteur de l'éducation, bien qu'essentiel, ne donne pas toujours des résultats tangibles, ce qui pousse les pouvoirs publics à ne pas y investir massivement. Selon vous, quelle stratégie spécifique déployer pour favoriser l’investissement dans l’agriculture, l’innovation dans le secteur de l'éducation et les start-ups, sachant que l'écosystème local reste peu développé ?
OB : Tout d'abord, permettez-moi d'être d'accord avec votre observation selon laquelle les financements alloués à la production agricole, non pas à l'agro-industrie, ne sont pas suffisants pour répondre aux besoins et aux potentiels actuels. Toutefois, il est important de reconnaître humblement que l'un des obstacles à ce financement est la perception des risques qui dissuadent les institutions et les investisseurs privés de s'engager dans ce secteur. Cependant, cela ne signifie pas que nous ne devons rien faire.

Nous devons travailler avec l'État et les partenaires de développement pour réduire les risques dans le secteur. Par exemple, en insérant la production agricole dans une chaîne de valeur plus large pour garantir une commercialisation. Nous travaillons actuellement avec la Banque mondiale et l'État togolais pour créer les conditions nécessaires, à l’effet d’inciter les investisseurs et les entrepreneurs locaux à s'engager dans la production agricole afin que nous puissions la financer ensemble.
Togo First Quid de l’éducation, l’innovation, les start-ups... en général, la jeunesse ?
OB : En ce qui concerne les startups et l'innovation en Afrique de l'Ouest, nous assistons à l'émergence d'entrepreneurs, en particulier des jeunes et des femmes, qui créent des entreprises répondant à des besoins spécifiques dans divers domaines tels que l'éducation et la santé. Toutefois, ces entrepreneurs ont besoin de financement spécifique pour se développer. Nous avons donc créé une plateforme de 225 millions de dollars au niveau continental pour investir dans le capital à risque, identifiant les entreprises les plus innovantes et les entrepreneurs les plus résilients pour les accompagner dans leur croissance. Cela nécessite des produits d'investissement spécifiques tels que les seed capital, qui permettent de lancer leur activité et de lever des fonds de manière classique.
Togo First : Hier, la question de l’industrialisation était au cœur des débats lors de l’université du patronat. Comment percevez-vous cette thématique ?
OB : La thématique abordée portait sur l'industrialisation, considérée comme la voie royale pour la création d'emplois dans la région en demande, en particulier au Togo. Cette thématique est chère à nos cœurs. Toutefois, la question qui se pose est de savoir comment y parvenir. Pour ce faire, nous devons tous réfléchir humblement ensemble, car les solutions à cette problématique ne sont pas aisées.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, entame une visite officielle au Niger et au Togo du 29 mars au 1er avril 2023, pour discuter des priorités régionales et mondiales telles que le renforcement de la sécurité et de la paix, la croissance économique inclusive et durable, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie et l’éducation.
Au Niger, le président Malpass rencontrera le Président du Niger, Mohamed Bazoum, ainsi que les principaux acteurs et partenaires du Groupe de la Banque mondiale pour discuter du programme de développement du pays et de l’appui apporté par la Banque. Il prononcera également ‘’le discours de positionnement’ à l'Université Abdou Moumouni de Niamey en prélude aux Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, prévues du 10 au 16 avril 2023 à Washington, apprend-on d’un communiqué diffusé par l’institution de Bretton Woods.
A l’étape togolaise, un séjour de 48 heures, qui démarre le vendredi 31 mars, selon les informations de Togo First, Malpass discutera avec le Président Faure Essozimna Gnassingbe et les partenaires, des axes d’intervention stratégiques dans le pays, tels que l’éducation, l’agriculture, la réponse à l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, le développement numérique et la protection sociale. Il abordera également les efforts accomplis pour renforcer la résilience et la croissance inclusive dans les pays du Golfe de Guinée. Selon des sources proches, le président sortant de la Banque mondiale, qui quittera ses fonctions d’ici fin juin, devrait se rendre au ministère de l'Agriculture ainsi qu'à l'Université de Lomé lors de son séjour dans la capitale togolaise.
Dans ce périple, le financier américain sera accompagné par Ousmane Diagana, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et par Sergio Pimenta, Vice-président de la Société financière internationale (IFC) pour l’Afrique.
Cette visite suscite des questions chez les observateurs quant aux intentions de l'ancien financier de Wall Street de se rapprocher du continent africain, après avoir été vertement critiqué pour sa politique africaine limitée durant tout son mandat et pour son scepticisme à l'égard des enjeux climatiques, alors que l'Afrique est manifestement la région la plus exposée aux affres du climat. On se souvient de son veto à l'utilisation des crédits IDA comme garantie pour les pays qui souhaitent accéder aux marchés financiers internationaux. Cependant, David Malpass avait accordé un crédit IDA record de 150 millions de dollars au Togo, obligeant ce dernier à faire appel à l'Agence pour l'assurance du commerce en Afrique (ACA) pour couvrir les risques liés à cette dette sur une période de 10 ans à un coût global inférieur à 5 % par an. Sous la direction de Malpass, le Togo a connu une tendance haussière en matière de financement de la part des filiales de la Banque mondiale, que ce soit dans les volumes ou le nombre de secteurs soutenus, tels que les énergies, les filets sociaux, le secteur privé, l'éducation, l'agriculture et la mobilité. L'IFC a renforcé sa présence dans le pays, son portefeuille actif étant passé de quelques dizaines de millions de dollars il y a cinq ans à plus de 300 millions de dollars (dont une partie en voie de signature).
Actuellement, la Banque mondiale soutient 18 projets au Togo, dont 9 sont à l'échelle nationale et représentent une enveloppe financière de 420,10 millions de dollars, et 9 autres à l’échelle régionale pour un montant de 535 millions de dollars.
Fiacre E. Kakpo
Des cadres des administrations fiscales, des ministères des finances, du commerce de la sous-région se forment pendant trois jours, depuis lundi 27 mars 2023 à Baguida, sur « les perspectives et implications en matière de recettes » de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cette rencontre sous-régionale est à l’initiative du Forum des administrations fiscales ouest africaines (FAFOA), avec l’appui de l'Office Togolais des Recettes (OTR).
Les travaux ont été ouverts en présence du Secrétaire exécutif du FAFOA, Babatunde Oladapo et du Commissaire des Impôts de l’OTR, Atta Kakra Essien. L’objectif est d’amener les participants à examiner les implications fiscales de la Zlecaf, afin de permettre aux États membres de l’organisation d’harmoniser leurs politiques fiscales.
« Dans le contexte actuel de diminution des appuis extérieurs à nos Etats, des craintes subsistent par rapport à l’impact que l'accord de la Zlecaf pourrait avoir sur l’effort de mobilisation des recettes intérieures. Outre la perte des droits de douane envisagée, la libre circulation des personnes et des biens à travers les frontières peut laisser libre cours aux évasions fiscales », a déclaré Atta Kakra Essien.
Concrètement, les experts en politique fiscale seront outillés sur les implications économiques de la Zlecaf et réfléchiront sur la problématique liée à sa mise en œuvre effective et son impact sur la mobilisation des recettes intérieures. Ils se pencheront également sur le programme d’harmonisation des politiques fiscales et feront le lien entre cette zone et les législations fiscales nationales.
Dans un contexte de baisse constante des appuis extérieurs, cette formation permettra aux Etats membres du FAFOA de mieux gérer les recettes fiscales et d’imposer les mêmes taux, selon le Secrétaire exécutif du FAFOA, Babatunde Oladapo.