Au Togo, la cheffe du gouvernement Victoire Tomegah-Dogbé, a lancé en fin de semaine dernière, les travaux de réhabilitation de pistes rurales dans la préfecture de Vo. Il s’agit d’un chantier de 43 km, dans le cadre du programme de connectivité rurale, en ligne avec la feuille de route gouvernementale.
Ces travaux permettront de désenclaver plusieurs localités de cette préfecture, notamment Klologo, Kponou, Togoville Kouenou, Sévagan, Sévatonou, Tchadomé et Djokoto, toutes situées sur la route nationale 34 (RN34).
Le désenclavement de nos localités est un facteur clé de leur développement. Le lancement des travaux de réhabilitation des pistes dans la préfecture de Vo répond à ce besoin, conformément à la vision du PR. pic.twitter.com/2wvnfdTBhY
— Victoire Dogbe (@DogbeVictoire) December 9, 2022
Le chantier sera réalisé par l’entreprise Entreprise des Grands Bâtiments et Routes (EGBR), et devrait s’achever après 11 mois de travaux, apprend-on.
Le désenclavement de ces zones, s’inscrit en droite ligne avec la feuille de route quinquennale qui prévoit l’aménagement d’au moins 4000 km de pistes rurales dans le pays pour favoriser l’intégration du milieu rural, en améliorant l’accès des ménages et des producteurs agricoles aux intrants et aux marchés de vente.
Selon un récent rapport des autorités togolaises intitulé « Bilan Campagne 2021-2022 & Perspectives 2022-2023 », l’aménagement de 162 km de pistes rurales a démarré, dans le cadre du Projet d’Appui au Développement Agricole du Togo (PADAT) et s’ajoute aux travaux relatifs à la construction d’autres pistes de 603 km, dans le cadre du Projet d’Appui aux Pistes Rurales (PAPR).
Esaïe Edoh
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Au Togo, la campagne 2022-2023 de commercialisation du coton-graine a été lancée le vendredi 9 décembre 2022 à Korbongou (dans la région des Savanes). Cette année, au total, 52000 t de l'or blanc seront commercialisées, selon la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT).
Durant cette campagne les cotonculteurs mettront leur production en vente auprès de la NSCT au prix 300 FCFA/Kg décidé en avril 2022 par les acteurs du secteur. La NSCT pour sa part, va « mobiliser toute la logistique nécessaire pour assurer une collecte performante et un paiement rapide des cotonculteurs », informe-t-on.

La quantité à distribuer, émane essentiellement de la production de la campagne 2021-2022, estimée à un peu plus de 50.000 t.
Pour précision, la filière cotonnière au Togo est en difficulté, en dépit de sa prise de contrôle par le Singapourien Olam. Alors que la prévision de la campagne 2021-2022 était de 130.000 t, le rendement ressortait à seulement 50463 t, selon le ministère de l’agriculture et de l’élevage. Une année plus tôt, la production était de 66.000 t.
Esaïe Edoh
La société de commercialisation des motos électriques, M Auto et TotalEnergies ont conclu le vendredi 9 décembre 2022, un partenariat qui permet au fabricant d'engins de s'appuyer sur le réseau du groupe pétrolier français pour accélérer la transition vers la mobilité électrique au Togo. L’accord a été matérialisé par l’inauguration du premier kiosque de recharge et d’échange de batteries dénommé “Swap and go” situé à la station TotalEnergies de Totsi (quartier de Lomé).
Grâce à ce partenariat, les utilisateurs des près de 2000 motos électriques de M Auto actuellement en circulation dans le pays ouest-africain pourront recharger leurs batteries dans les stations Total dans tout le Togo.
« Chez M Auto, nous avons pris l’engagement de transformer la mobilité existante des 2 roues en Afrique, en passant de la thermique aux motos électriques. Très bientôt, nous ouvrirons de nombreuses autres stations d’échange avec TotalEnergies à travers le Togo », a déclaré Raman Malhotra, Directeur des Opérations chez M Auto.
En effet, la stratégie de M auto est basée sur un large réseau d'échanges de batteries afin de garantir une bonne expérience et favoriser la transition, une démarche dans laquelle s’est aussi engagé le Groupe TotalEnergies.
« Parce que le secteur du transport et de la mobilité se transforme, notre rôle en tant que compagnie multi-énergies est d’accompagner ce changement, de nous adapter et de nous engager pour une mobilité multimodale et bas carbone », a indiqué Frédéric Maupetit, DG TotalEnergies-Togo.
Cette collaboration entre M Auto et TotalEnergies, indique-t-on, devrait contribuer aussi à accompagner le gouvernement togolais dans sa vision d’avoir au moins 3% de motos 2 roues électriques d’ici 2025.
En rappel, le fabricant d’engins s’est récemment engagé aux côtés du gouvernement togolais pour réduire le gaz à effet de serre à travers le projet « Transition vers la mobilité électrique » lancé en septembre dernier et financé à un peu plus de 860 millions FCFA par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).
Esaïe Edoh
Nous sommes le 20 mars 2020. Marqué par la difficulté qu'ont les citoyens pour se rappeler les codes USSD des opérateurs de téléphonie mobile qui deviennent de plus en plus nombreux, Marie-Trésor Agbolossou, patron de Gant (Génie africain des nouvelles technologies) Sarl et son équipe décident d’alléger ce calvaire. Ils créent PocketServices.
Deux ans après, l’application fait leur fierté. De cent utilisateurs au départ, elle enregistre aujourd'hui 20 000 dont 11 000 utilisateurs actifs, l'équipe pense déjà au cadeau de Noël de cette année : lancer le 24 décembre prochain, la nouvelle version de l’application, avec de nouvelles fonctionnalités.
Des transactions en un clic

Si beaucoup s’intéressent à cet outil innovant, c’est peut-être parce qu’il y a quelques mois, les opérateurs comme Togocom ont ajouté à leurs nombreux codes USSD qui existaient déjà, de nouvelles syntaxes. Ce qui complique davantage la vie aux abonnés.
PocketServices est un outil qui simplifie l'utilisation des codes USSD, notamment le transfert d'argent, le paiement marchand, des factures, la souscription aux forfaits, etc. Le client peut faire par exemple des abonnements Canal + ou Canal Box, payer ses factures d’eau et d'électricité…
« Quand vous prenez les réseaux mobiles de Togocom et de Moov et que vous voulez faire les forfaits, on oublie souvent les codes USSD. Quelqu’un qui revient de l’étranger par exemple, il oublie facilement le code et ne sait pas comment faire ses transactions. Tout est résumé dans l’application pour vous ».
En effet, l’appli tout en un prend en charge les deux opérateurs mobiles du Togo (Moov Africa & Togocom) simultanément, sans configuration supplémentaire avec une option de détection automatique du réseau souhaité pour les transactions.
Comme son nom l’indique, Pocket Services n’est pas qu’un simple gérant de code USSD. Elle servira bientôt d’assistant pour vous aider à avoir le bon réflexe au bon moment, notamment les numéros d’urgence, les pharmacies de garde…Désormais, il est possible pour vous d’oublier tous les codes USSD de vos opérateurs téléphoniques, mais d’effectuer quand même vos opérations sans difficultés. « Des fois, nous avons beaucoup d'applications dans nos téléphones qui ne nous servent pas à grand-chose, mais quand tu as PocketServices, tu as une très grande valeur », se réjouit le directeur général de l’entreprise Gant.

L’outil est disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargement d'applications comme Play store. Après l’installation, les utilisateurs ont accès à une page d’accueil où ils découvrent facilement les services proposés, en fonction de leurs besoins, puis le tour est joué.
Comme particularité, après téléchargement, PocketServices ne nécessite pas une connexion internet avant utilisation.
« Ce qui est avantageux, notre application prend en compte les deux réseaux mobiles. Lorsque tu accèdes à l'appli, tu verras une icône transaction et dès que tu cliques dessus, tu verras envoi, retrait, annulation. Ce qui est aussi intéressant, c’est qu’au lieu de taper le contact de la personne, tu as accès automatiquement à ton répertoire et tu choisis le contact à qui tu veux envoyer l’argent », explique Marie-Trésor Agbolossou.
Faire de Gant Sarl, une entreprise exceptionnelle
Créée le 18 mars 2018, la startup propose plusieurs services comme le réseau télécom et informatique, logiciel de gestion d’entreprise, l’administration de base de données, la conception de site web, l'électricité-bâtiment et industrielle, la maintenance et l’installation de groupes électrogènes, de machines électriques, l’installation des panneaux solaires et la sécurité incendie. L’entreprise revendique un chiffre d’affaires de dix millions FCFA par an.

Marie-Trésor Agbolossou, smart mais discret
Alors qu’il vient d’avoir 30 ans cette année à la tête de Gant Sarl, le jeune DG ne fait pas partie de cette génération qui attend de vieillir avant d’impacter sa communauté. Avec son master en finance banque, l'ancien étudiant de l’IAEC (Institut africain d'administration et d'études commerciales) n’a pas lésiné sur les moyens. Pour le très discret jeune entrepreneur, pour réussir, il faut s’entourer des bonnes personnes. Et les têtes pensantes, Marie-Trésor les a avec lui. Avec une jeune équipe de dix salariés talentueux, les idées pour venir en aide à la population ne manquent pas dans cette entreprise qui veut tutoyer les géants du monde.

Gant Sarl sollicite l’appui de l’Etat à travers l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) pour que toute la population adopte cette application.
La rédaction
Pour le compte de l’année 2023, le budget de la commune de Tône 1 est projeté en recettes et en dépenses à 304.045.024 FCFA. Ce budget prévisionnel est soumis pour étude aux conseillers municipaux qui tiennent depuis le 8 décembre 2022 et ce pendant 10 jours, la 4è session de l’année de la commune à Dapaong (620 km au nord de Lomé).
Ce budget sera essentiellement consacré au fonctionnement des organes municipaux, à l’augmentation du taux de desserte en eau potable dans la localité ainsi qu’à l’implantation des feux tricolores sur les rues principales de la ville.
Selon le maire de Tône 1, Yampoadeb Gountante, « ce budget prend en compte tous les besoins essentiels de la population ».
Quant à la mobilisation des fonds pour financer ce budget, l’administration communale de Tône 1 prévoit de nouvelles stratégies, notamment la sortie régulière des agents de recouvrement pour collecter les taxes réglementaires. De fait, elle recommande « une franche collaboration entre les services des impôts et toute la population afin de lutter contre les fraudes ».
Pour rappel, cette année, le budget initial de la commune qui était de près de 300 millions FCFA a été revu à la hausse à 355 millions FCFA, soit une progression d’environ 15%. Ce réajustement, avait indiqué l’Exécutif local de Tône 1, devrait permettre de faire face aux besoins financiers de la commune.
Esaïe Edoh
La Banque centrale des Etas d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) va relever de nouveau ses taux directeurs de 25 points de base (soit 0,25%), à compter du 16 décembre 2022. La décision a été prise et rendue publique par le Comité de Politique Monétaire (CPM), ce vendredi 9 décembre 2022.
Ainsi, le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques commerciales dans les 8 pays de l'Union, passe de 2,50% à 2,75% à partir de cette date.
Si cette mesure est inscrite dans le sillage de la normalisation de la politique monétaire de l’institution après les mécanismes de soutien mis en place en réponse à la Covid-19 et ses impacts sur les économies, il s’agit également d'enrayer l'inflation, en hausse depuis plusieurs mois au sein de l’Uemoa, et qui y a atteint 8,4% en octobre 2022. Pour la BCEAO, la hausse de l’inflation est tirée essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires de grande consommation et du transport, et les prix à la pompe des produits pétroliers.
« Cette hausse, la troisième de cette année, s’inscrit dans le cadre de la normalisation graduelle de la politique monétaire entamée depuis juin 2022. Elle devrait contribuer à ramener progressivement l’inflation dans l’intervalle cible de la Banque Centrale (1% à 3%) sur le moyen terme », indique l’institution sous-régionale dans son communiqué.
Il y a 6 mois, le principal taux directeur de la BCEAO était à 2,25 % (après avoir été relevé de 25 points de base), puis il passera à 2,50% en septembre, après une deuxième hausse, et désormais à 2,75%, dès mi-décembre.
Ayi Renaud Dossavi
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En marge de la 38ème réunion annuelle du Réseau de Prévention des Crises Alimentaires au Sahel et en Afrique de l'Ouest, qui se tient cette semaine à Lomé, la Banque ouest africaine de développement ( BOAD) annonce un partenariat avec le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS ), pour promouvoir le développement durable dans les pays des zones Sahélo-Saharienne et de l’UEMOA.
Ceci a été matérialisé par un accord entre les deux institutions sous-régionales, signé jeudi 8 décembre 2022, par Luis Soares Cassama, Vice-Président de la BOAD, et Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire Exécutif du CILSS.
« La coopération régionale et la collaboration entre le CILSS et la BOAD, mises en exergue dans ce partenariat, préfigurent la transformation et l’émergence des économies de la zone UEMOA », s’est félicité Soares Cassama, Vice-Président de la BOAD.
La coopération entre les deux structures sous-régionales portera entre autres sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la gestion des ressources naturelles, et la lutte contre la désertification. Sont également prévus, le financement conjoint de projets et de programmes de développement, éligibles au financement de la BOAD et d’autres bailleurs de fonds du CILSS.
« Le CILSS, fort de son savoir-faire technique et scientifique cinquantenaire, ambitionne à travers cet accord de coopération avec la BOAD, de mettre son expertise et ses compétences au service de la sous-région, en vue de favoriser la coordination et l’harmonisation des interventions au profit des populations sahéliennes et ouest-africaines » a déclaré pour sa part Dr Abdoulaye Mohamadou, secrétaire exécutif du CILSS.
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Avec plus de 60 milliards $ investis dans le secteur privé africain depuis sa création et un portefeuille d’engagements actuels de 13 milliards $, la Société financière internationale (SFI) est à la croisée des chemins sur un continent qui traverse, comme l’économie mondiale, de grandes crises. Dans une conjoncture aussi difficile, l’institution, filiale du groupe de la Banque mondiale, qui a, ces dernières années, accentué sa présence africaine depuis l’arrivée de Maktar Diop à sa tête, veut jouer les premiers rôles dans le financement du développement sur le continent en général et plus particulièrement au Togo.
Sécurité alimentaire, zones industrielles, transition énergétique, PME, commerce intra-africain ou plus récemment l’événementiel, etc., Sergio Pimenta, le patron Afrique de l’institution, s’est prêté aux questions de l’Agence Ecofin-Togo First, en marge de Africa financial industry summit (AFIS) qui s’est tenu à Lomé.
Togo First (TF) : Nous venons juste de boucler le sommet sur les industries financières en Afrique à Lomé. Est-ce un sommet de plus ? Que représente cet événement pour vous ?
Sergio Pimenta (SP) : C'est une opportunité assez intéressante. Nous avons vu qu'il y avait une demande pour ce genre de sommet. Le constat est qu’il n'existait encore aucune conférence qui soit focalisée sur les institutions financières et de façon holistique. Certes, on avait des sommets sur les assurances, les banques, ou d’autres secteurs de la finance, mais il n'existait pas un seul qui couvre l'ensemble des institutions financières.
Quand vous voyez le niveau de participation, le nombre de participants, et la qualité des intervenants - le nombre de gouverneurs de banques centrales, les ministres des Finances, présidents et responsables de grands groupes financiers - clairement, on avait raison.
Les institutions financières jouent un rôle absolument crucial dans la transformation du continent africain. Elles sont elles-mêmes en pleine transformation en ce moment. C'était donc très opportun d'avoir ces échanges et ce furent des échanges très francs.
Qu'est-ce que cela implique pour les institutions financières africaines ? Être prêtes pour les années à venir pour aider à avoir une Afrique plus résiliente. Je pense que ce forum a été un grand succès parce que nous avons pu répondre aux attentes réelles des acteurs du secteur.
TF : A la crise sanitaire qui a mis l'économie mondiale aux arrêts s'est ajouté le conflit russo-ukrainien. Le secteur privé africain est l'un des plus touchés par cette succession de crises. Quels enseignements tirez-vous de ces crises ?
SP : Nous sommes dans un monde de plus en plus incertain et aussi turbulent. Dans ces conditions, il est très important d’avoir un continent résilient. Il n'est pas facile d'éviter une crise, mais il est important de se préparer et d'être résilient de manière à mitiger les effets et surtout, de pouvoir rebondir le plus vite possible.
Comme le reste du monde, l’Afrique a beaucoup changé pendant cette période. Il y a une accélération de la numérisation qui est évidente, beaucoup de changements dans les modes de consommation, d'investissement, les modes de vie. Il a fallu que les entreprises du secteur privé s'adaptent à toutes ces mutations. En même temps, vous avez des gouvernements qui font de plus en plus face à des situations difficiles au niveau fiscal, et de l’endettement. Il était important d'aider le secteur privé à jouer son rôle, à apporter le complément nécessaire pour poursuivre le développement du continent.
TF : Comment la SFI soutient-elle les pays africains et leurs secteurs privés à sortir la tête de l’eau ?
SP : En tant qu'institution de développement, nous avons pris un certain nombre de mesures pour aider le continent africain et le secteur privé africain à tenir le coup pendant ces crises et à se relancer.
Pour la première crise, la crise sanitaire, nous avons mis en œuvre un programme, à l’échelle mondiale sur trois phases, doté d’une enveloppe initiale de 8 milliards $. Ce programme a contribué à apporter très rapidement de la liquidité aux entreprises africaines.
Sa première phase a permis de fournir 1 milliard $ de liquidités au continent pour aider, dès mars 2020, les entreprises impactées à faire face à la crise. Ensuite, nous avons mis en œuvre deux autres phases de résilience et de reconstruction, pour notamment préparer la sortie de crise.
TF : Ces crises répétitives ne sont pas sans conséquence pour la sécurité alimentaire en Afrique. Le secteur agricole est mal financé, les banques locales très frileuses. Quelles sont les solutions que propose une institution multilatérale de développement comme la vôtre ?
L'Afrique consomme du blé et d’autres céréales qui sont importés, alors qu’il existe des céréales, que ce soit le mil, le sorgho ou le fonio, qui peuvent être produits sur place. Il est important d'accélérer l'approvisionnement de l'Afrique par l'Afrique.
SP : Nous avons lancé une initiative de 6 milliards $ au niveau mondial en réponse à la crise alimentaire en Afrique. On vient de l'annoncer, c’est en cours de déploiement. Bien que cette enveloppe ne soit pas allouée par région, nous voulons surtout et avant tout, nous focaliser sur l'Afrique qui est très touchée par cette crise.
Le but de cette facilité est d'accélérer nos interventions de manière à ce que nous puissions déployer plus rapidement des fonds en Afrique. Avec ces financements, nous entendons mettre le curseur sur les besoins prégnants de l’heure, mais pas que.
Comme vous le savez, la guerre en Ukraine a fortement perturbé l'accès aux engrais dans le monde et particulièrement pour l'Afrique. Nous sommes en train de relancer un certain nombre d'initiatives. Nous travaillons par exemple avec l'entreprise marocaine OCP [Office chérifien des phosphates, Ndlr] sur le déploiement d'un certain nombre d'initiatives pour accélérer la distribution d'engrais sur le continent. C’est un point qui est très important pour nous.
Nous regardons également les aspects liés à la logistique dans la chaîne agroalimentaire. Parce qu'avec les perturbations actuelles, c'est moins facile aux consommateurs d'avoir accès aux céréales et aux produits alimentaires. Il y a donc toute une composante logistique dans notre stratégie pour aider à améliorer l’acheminement des produits d'un marché à l'autre.
Nous voulons accroître tout ce qui est commerce intra-africain, tout ce qui est approvisionnement de l'Afrique par l'Afrique, pour soutenir le continent à devenir plus résiliente, plus autosuffisante en matière alimentaire.
Un autre volet sur lequel nous voulons aussi travailler, c'est les modes de consommation. L'Afrique consomme du blé, et d’autres céréales qui sont importés, alors qu’il existe des céréales, que ce soit le mil, le sorgho ou le fonio, qui peuvent être produits sur place. De plus, le continent a de très grandes surfaces de terres arables qui ne sont pas cultivées. Il y a des possibilités de les développer. Il est important d'accélérer l'approvisionnement de l'Afrique par l'Afrique. C’est à juste titre que nous avons lancé une initiative pour le commerce international africain pour aider les entreprises africaines à exporter d'un pays africain à l'autre.
TF : En Afrique, encore 600 millions de personnes sont sans électricité. Face aux contingences climatiques, le défi est encore plus colossal. La SFI avait lancé l'initiative Scaling solar pour accompagner notamment les pays africains. Est-ce des effets d'annonce ? Où en est cette initiative ?
SP : Non, non. Ce sont des programmes réels, des programmes qui ont un vrai impact sur la vie de nombreux Africains. Ce que nous faisons avec le Scaling solar, c'est de standardiser le développement de l'énergie solaire en Afrique.
On s'est rendu compte qu'un des défis pour développer des parcs solaires, c’est que les pays avaient des réglementations différentes, chaque investisseur avait des demandes différentes, chaque compagnie d'électricité des spécificités différentes. Alors on a essayé d'arriver à travailler avec nos amis de la Banque mondiale et de la Miga [tous du Groupe de la Banque mondiale, Ndlr] sur un produit conjoint où on standardise les documentations entre l'entreprise d'électricité et celle qui fournit l’infrastructure solaire. Ensuite, on accompagne ce mouvement avec une couverture partielle du risque par des interventions de notre côté. Ceci permet ensuite de faire des appels d'offres et d'attirer des investisseurs dont certains n'avaient jamais investi en Afrique et de réduire drastiquement les délais de construction et les coûts.
C’est un schéma qui permet une vente à la compagnie de distribution à des coûts historiquement bas. Le Scaling solar a déjà été déployé en Zambie avec un franc succès. Ensuite, nous avons pu le répliquer au Sénégal et en Ethiopie. Nous avons d'autres projets actuellement en cours, au Togo, au Niger, ou encore en Côte d'Ivoire. On commence à avoir un bon nombre de partenaires.
TF : C’est donc un appui technique et pas financier ?
SP : C'est l'ensemble. C'est une solution clé en main. La SFI propose aux gouvernements une approche standardisée qui veut schématiquement dire : voilà le type de documentation dont vous allez avoir besoin, voilà le type d'investisseurs que vous pouvez attirer, voilà les aspects techniques (les appels d'offres, etc.). On les aide à mettre en œuvre l'appel d'offres. Ensuite la SFI qui finance et mobilise les financements pour ces parcs.
TF : Les marchés sont différents. Votre approche prend-elle en compte les différences, les spécificités des marchés ?
SP : C'est le défi de la standardisation. On essaie d'arriver avec un produit suffisamment standardisé pour attirer des investisseurs de qualité. Parce que les investisseurs, sachant que le produit est standardisé, sont plus confiants et prêts à faire des offres beaucoup plus intéressantes pour les pays. En même temps, il y a toujours une composante locale en fonction de la taille du projet, de la santé financière de la société de distribution. Le fait qu'on ait été capable de prendre un modèle déployé dans un pays pour le répliquer rapidement ailleurs est la preuve qu’il peut y avoir une certaine standardisation et que cela peut fonctionner. Scaling Solar est une composante importante de ce qu'on fait, mais c'est une partie de notre combo.
Par exemple, pour les pays africains qui sont très très grands, avec des populations très espacées, nous développons actuellement un programme similaire de distributions hors réseau principal (offGrid). On a commencé en RDC, il y a quelques mois. Et je pense qu’on va pouvoir le déployer de façon similaire dans d'autres pays à forte démographie, de façon similaire.
TF : La SFI a financé récemment la société de distribution de gaz domestique, Sodigaz. La SFI est-elle définitivement pour un mix énergétique ?
SP : Sodigaz est une entreprise qui fait de la distribution de bouteilles de gaz aux ménages, leur permettant de remplacer des solutions qui ne sont pas très sûres, avec un gros impact sur l'environnement par des solutions plus soutenables. C'est une problématique différente. En Afrique, dans de nombreux pays, malheureusement, beaucoup de ménages n'ont pas le choix, et sont contraints de couper du bois pour cuisiner. Cela a, à la fois, un effet environnemental négatif, des risques de santé, et d'incendie, etc.
Ici, on essaie d’aider à remplacer l’utilisation du bois de chauffe dans les foyers. Il ne s'agit pas de gaz au sens du gaz utilisé pour générer de l'électricité.
TF : Quid du mix énergétique, quelle est votre position ?
SP : Tout à fait. La SFI continue de financer des projets dans le cadre d'une transition énergétique propre, y compris des projets de gaz ou de centrales à gaz. La priorité pour l'Afrique, c'est de parvenir à fournir de l’énergie aux populations et aux entreprises. Et même si je suis très confiant qu'il y a une accélération de l'énergie solaire, de l'énergie éolienne, de l'hydraulique, d'énergies propres, je pense qu’on peut aller encore plus vite, mieux que les prévisions. Pendant cette période de transition, le gaz va jouer un rôle.
TF : Plusieurs pays de votre portefeuille se sont lancés ces dernières années sur des chantiers d’industrialisation, notamment avec la PIA au Togo ou la GDIZ au Bénin. Comment percevez-vous cette dynamique ? Comment la SFI compte-t-elle accompagner une telle dynamique ?
La SFI a fait une étude sur le textile en Afrique de l'Ouest qui montre qu’il y a un potentiel énorme pour asseoir une industrie, non pas du coton, mais une industrie qui va du coton jusqu'à la mode, c’est-à-dire toute la chaîne de valeur.
SP : J'ai visité certaines de ces zones, que ce soit ici au Togo ou dans les pays voisins. Je pense que c’est important pour l'Afrique d’être résiliente et d'avoir un développement tourné vers l'Afrique. Les parcs industriels jouent un rôle très important dans l'industrialisation.
Du côté de la SFI, nous sommes tout à fait partants pour soutenir ces parcs en développement. D’ailleurs, nous avons déjà soutenu au Ghana, LMI Holdings [qui opère la zone industrielle de Dawa, Ndlr]. Et qu'est-ce que vous avez dans ce parc ? Vous avez l'approvisionnement en électricité qui est fourni de façon continue et sûre, des facilités logistiques pour l’accès aux matières premières dans le pays afin de les transformer, les exporter ou les vendre en produit fini sur les marchés domestiques. C’est toute une dynamique que nous encourageons. A juste titre, la SFI a fait une étude sur le textile en Afrique de l'Ouest qui montre qu’il y a un potentiel énorme pour asseoir une industrie, non pas du coton, mais une industrie qui va du coton jusqu'à la mode, c’est-à-dire toute la chaîne de valeur.
Ici en Afrique de l'Ouest, au lieu d'exporter du coton brut, on peut commencer déjà une première phase de transformation, ensuite envisager de faire du textile et enfin aller vers une vraie industrie vestimentaire. Ici en Afrique de l'Ouest, nous avons financé les entreprises de textile. Nous les mettons aussi en contact avec les autres entreprises que nous connaissons dans ces zones industrielles. Ici au Togo, nous sommes en discussion avec les industriels pour les soutenir et espérons pouvoir le faire rapidement, parce que cela peut avoir un très grand impact.
TF : La SFI a annoncé, il y a deux ans environ, son intention d'orienter sa stratégie vers les PME. Vous avez même rencontré les femmes du Grand marché de Lomé, à cet effet. Pourquoi une telle ambition peine-t-elle à se mettre en place ? Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Au Togo, nous avons travaillé avec des banques, partenariat qui a permis de mettre en place plus de 600 prêts pour accompagner des petites et moyennes entreprises togolaises.
SP : Nous sommes dans une phase d'accélération depuis plusieurs années. La pandémie nous a aussi aidés à aller encore plus vite que prévu. En Afrique, il faut créer de l'emploi. Et pour créer de l'emploi, il faut soutenir les petites et moyennes entreprises. Il y a à peu près un an et demi, nous avons annoncé une alliance pour l'entrepreneuriat en Afrique. Dans ce cadre, un certain nombre d'instruments ont été déployés depuis deux ans pour aider les petites et moyennes entreprises. Au Togo, nous avons travaillé avec des banques, partenariat qui a permis de mettre en place plus de 600 prêts pour accompagner des petites et moyennes entreprises togolaises.
Avec l'Alliance, nous voulons aller plus loin. D’autre part, la SFI a lancé une initiative pour le commerce intra-africain, dotée d’une enveloppe d'un milliard $. Beaucoup de petites entreprises devraient en bénéficier. Aussi, sommes-nous convaincus qu’au-delà du secteur bancaire traditionnel, il faut regarder les nouvelles technologies, tout ce qui permet une inclusion financière, et accélère l'accès aux financements pour les petites et moyennes entreprises.
TF : On parle de plus en plus de champions locaux dans notre pays. Cette question est-elle sensible à la SFI, en lien avec ces nouvelles transformations économiques en cours ?
Notre schéma, c'est de prendre les micro-entreprises, de les transformer en petites, les petites en moyennes et les moyennes en grandes.
SP : Pour qu'une économie se développe de façon équilibrée, il faut un continuum, des micro-entreprises aux grandes entreprises, une part d'entreprises nationales, régionales et étrangères. Nous voyons que les entreprises étrangères peuvent apporter du capital, de la connaissance. Les entreprises locales, quant à elles, ont évidemment une bien meilleure connaissance du marché local. Elles ont une capacité à se développer rapidement et de façon durable. Ce sont encore elles qui peuvent créer le plus d'emplois. Il est donc important de les soutenir. A la SFI, nous les avons soutenues et nous continuons de le faire.
Traditionnellement, on est plus visible lorsque nous finançons les projets des grosses entreprises, pas forcément quand il s’agit des petites entreprises, car celles-ci semblent moins visibles. Mais j’insiste : les petites et moyennes entreprises (PME) font partie de notre stratégie. Nous avons un programme dédié aux Champions pour les entreprises de toute taille. Ce programme aide surtout les petites entreprises ou les moyennes entreprises à se préparer pour pouvoir accéder au financement bancaire et au financement de la SFI.
Les petites entreprises n'ont pas encore la gouvernance, n'ont pas des systèmes qui sont suffisamment solides pour aller lever des fonds de façon conséquente. Notre schéma, c'est de prendre les micro-entreprises, de les transformer en petites, les petites en moyennes et les moyennes en grandes. Dès lors, tout le monde grandit et contribue à l'économie.
Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo
Au Togo, le Groupe de réflexion et d'action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), vient d’obtenir une subvention de plus de 150 millions FCFA (250 000 $) pour diverses activités de sensibilisation en faveur de certains groupes sociaux vulnérables. Cette facilité a été récemment reçue symboliquement à Lomé par Michelle Aguey, sa Secrétaire générale, des mains du Premier Conseiller à l'Ambassade américaine, Ronald Hawkins, sous la forme d’un chèque.

Cet appui financier s'inscrit dans le cadre du programme Africa Regional Democracy Fund, un mécanisme de financement, débloqué par le département d’Etat américain au bénéfice de plusieurs pays africains.
Au Togo, cette subvention s'oriente principalement vers un programme visant à promouvoir la participation démocratique et politique des femmes et des filles, ceci « pour un Togo plus stable, inclusif et prospère en renforçant leurs capacités à exercer leurs droits », selon l'Ambassade américaine.
Les fonds doivent servir à implémenter un programme d'une année, et les objectifs de la représentation américaine, se résument entre autres à renforcer la compréhension des femmes sur leurs droits, améliorer leur accès à des systèmes d’identification vis-à-vis de l'Etat et des structures privées (pour leur faciliter l'accès à des opportunités d'emploi, ouvrir un compte bancaire, voyager, voter, et recevoir des soins de santé et une aide sociale), et lutter contre le harcèlement et les violences faites aux femmes.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, 60 communes issues de trois régions vont bénéficier d'un financement allemand de plus de 13 milliards FCFA pour la réalisation d'infrastructures prioritaires. Cet appui financier, qui sera mobilisé par la Banque de développement allemande KfW, a fait l’objet d’une signature d’accord ce jeudi 8 décembre 2022, entre le Togo et l’institution allemande. Les soixante communes bénéficiaires sont issues des régions des Plateaux, Centrale et Kara.
C’est le fruit du partenariat entre l'Allemagne et le Togo, à travers le programme d'appui au financement des communes (PAFC).
« L'objectif est que cet appui corresponde aux besoins prioritaires des communes. Ça veut dire que ça inclut des centres de santé, des écoles, des infrastructures marchandes, ainsi que des infrastructures dans les secteurs de l'eau, notamment », explique Sonia Asserman, Directeur Bureau de la KfW au Togo. « Ce sont des infrastructures de base pour vraiment avoir un impact positif sur la population dans les communes. ».
Pour sa part, si le ministère chargé de l’administration territoriale et de la décentralisation, présent à la signature du contrat, s’est réjoui de cet appui, il a également émis le vœu de le voir étendu aux deux autres régions du pays (Maritime et Savanes).
« Il faudrait souhaiter que très rapidement, on puisse étendre ce programme aux autres régions. Nous n'en n’avons que 5, 3 sont prises en compte, il en reste 2. Je pense que l'effort est à votre portée. », a relevé Payadowa Boukpessi, ministre en charge des collectivités locales. « Quant à nous, au ministère de l'administration territoriale, nous voudrions vous confirmer que nous prenons l'engagement de tout mettre en pour qu'un accompagnement efficace puisse être fait dans le cadre de l'exécution de ce programme », a-t-il ajouté.
Rappelons que l'Allemagne a apporté un appui notable au Togo dans le cadre de la décentralisation, notamment à travers le programme Prodegol et ses dérivés; un processus dont l’un des moments forts a été les élections locales, qui ont concrétisé la mise en place des 117 communes que compte aujourd'hui le pays.
Ayi Renaud Dossavi
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