En 2019, suite à une “joint-venture” avec Beneficial Life, Prudential, assureur britannique qui célèbre cette année ses 175 ans, a fait une entrée remarquée sur le marché togolais. Sous la direction de Justin Quam Gbadago, un vétéran du secteur de l'assurance togolais diplômé du Centre Africain d'Etudes Supérieures en Gestion (CESAG) et ayant travaillé auparavant pour NSIA Assurances et GTA-C2A, Prudential affiche de nouvelles ambitions. Dans cet entretien, Justin Quam Gbadago parle de la position de l'assureur sur le marché togolais, de ses produits et de ses ambitions futures, ainsi que des défis à surmonter pour assurer sa croissance sur ce marché compétitif. Il aborde également l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les activités de Prudential et sur le marché de l'assurance en général. Entretien !
Togo First : Comment peut-on présenter Prudential Togo ?
Justin Quam Gbadago : Prudential est une entreprise britannique qui a étendu ses activités en Afrique depuis 2014, en commençant par le Ghana et en s'étendant ensuite au Kenya, en Zambie, au Nigeria, en Côte d'Ivoire et au Togo en 2019 grâce à une opération de co-entreprise avec le groupe Beneficial. Prudential se concentre actuellement sur les marchés asiatiques et africains.
La fusion entre Prudential et Beneficial a eu lieu il y a deux ans et s'est avérée bénéfique pour les directeurs généraux. Nous avons choisi Beneficial car son modèle d'exploitation s'aligne bien avec le modèle de Prudential, qui est unique et très apprécié.
Au Togo, notre entreprise Prudential Bénéficial occupe actuellement la quatrième place sur six compagnies d'assurance, avec une part de marché de 14%. Nous proposons environ 15 produits différents, allant des produits d'épargne pure aux indemnités de fin de carrière, en passant par les produits mixtes et les produits d'assurance décès. En 2023, nous avons obtenu l'autorisation de commercialiser un 16ème produit, la Pension Plus, qui est un produit d'épargne de base associé à des frais funéraires. Bien que nous soyons spécialisés dans l'assurance-vie, nous envisageons de créer des compagnies IARD [segment assurantiel en charge des « Incendies, Accidents et Risques Divers », NDLR] pour offrir des produits d'assurance non vie à l'avenir.
Notre entreprise compte plus de 52 000 clients grâce à notre réseau dense de plus de 600 agents commerciaux. Nous avons 11 agences dans 4 grandes villes, dont 8 à Lomé, une à Atakpamé, une à Kara et une à Dapaong. Notre part de marché est de 14% et cela concerne tous les segments, y compris le corporate, la grande branche et la banque assurance.
Togo First : Prudential fête ses 175 ans d’anniversaire cette année. Comment abordez-vous cette nouvelle année spéciale et quelles leçons pouvez-vous tirer de ses 175 ans d’activités ?
Justin Quam Gbadago : Nous célébrons cette année le 175ème anniversaire de la création de Prudential à Londres en 1848, en proposant des offres innovantes et accessibles à tous pour accompagner notre clientèle. Nous prévoyons également des activités spéciales pour marquer cet anniversaire au Togo, notamment des matchs de football sponsorisés et une soirée de gala pour nos clients.
Togo First : La Covid-19 a freiné l’économie mondiale qui, à présent, reprend petit à petit. Ressentez-vous particulièrement cette reprise dans vos activités ?
Justin Quam Gbadago : Le secteur de l'assurance n'a pas été fortement touché par la pandémie de Covid-19 et le marché a connu une croissance normale depuis 2020. En 2022, le marché de l'assurance a connu une augmentation de 11%, tandis que notre part de marché a augmenté de 13% [Chiffres d’affaires, NDLR] en 2022.
Togo First : En ce qui concerne le Togo, quels sont les changements et les principaux acteurs du marché ?
Justin Quam Gbadago : Il y a six compagnies présentes sur le marché de l'assurance-vie au Togo, avec GTA Assurances en tant que leader, suivie de Sunu Assurances. NSIA Assurances arrive troisième et Prudential est quatrième. Ensuite, vient CIF-Vie, qui appartient à la compagnie FUCEC, la première microfinance au Togo.
Togo First : Quels sont les obstacles qui pourraient entraver votre croissance actuelle ? Quels sont les défis que vous avez identifiés qui pourraient avoir un impact sur votre développement ?
Justin Quam Gbadago : L'un des principaux obstacles est le manque de confiance des consommateurs envers l'assurance, en plus des entraves réglementaires qui y sont associées. Cette difficulté à percevoir la valeur de l'assurance n'est pas un phénomène propre à notre pays, elle existe également en Europe. Cependant, nous disposons d'agents formés sur le terrain qui expliquent clairement le contenu des contrats à nos clients, ce qui est notre point fort. Chaque client dispose d'un intermédiaire direct à qui il peut s'adresser à tout moment pour avancer sur son dossier.
L’autre défi auquel nous faisons face est la présence d'une banque chez nos concurrents, alors que nous n'en avons pas. Posséder une banque permet de proposer facilement des produits d'assurance aux clients ayant un compte bancaire, ce qui permet d'élargir le portefeuille. C'est un avantage considérable que nous ne possédons pas actuellement. Il est important de noter que les trois premiers concurrents que nous suivons disposent d'une banque, ce qui constitue un atout majeur pour eux. Nous travaillons en collaboration avec notre groupe pour aborder cette question et espérons progresser rapidement dans ce domaine.
En ce qui concerne les obstacles réglementaires, nous ne voyons pas de barrières particulières pour notre entreprise car les réglementations s'appliquent de manière égale à tous les acteurs du secteur. En fait, le Code CIMA [Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances, NDLR] offre de nombreux avantages et droits aux clients et sa rigueur garantit une certaine qualité de service.
Togo First : Quelles sont les tendances actuelles en matière d'innovation et comment Prudential se positionne-t-elle par rapport à ces défis ? Est-ce que cette tendance est observée au Togo ou est-ce que le pays est encore en retard ?
Justin Quam Gbadago : Le secteur de l'assurance connaît actuellement des tendances d'innovation technologique qui se propagent progressivement au Togo. Chez Prudential, nous sommes à la pointe de cette tendance, en proposant des services en ligne à nos clients, tels que le traitement des informations, l'envoi de documents et la création de comptes en ligne pour des montants limités. Pour les montants plus importants, nous préférons rencontrer personnellement nos clients pour effectuer des préliminaires avant la mise en place du contrat. Nous anticipons des opportunités futures pour les assureurs, en particulier en matière d'innovation et d'inclusion financière pour les populations non bancarisées.
Togo First : Quelles sont vos relations avec les sociétés, entreprises ou start-up qui développent des solutions technologiques innovantes ?
Justin Quam Gbadago : Nous allons créer un poste de responsable de l'innovation cette année, ce qui témoigne de notre engagement en faveur de l'innovation. Nous croyons que l'innovation est la clé pour accroître la pénétration de l'assurance auprès de la population. Nous allons progressivement adopter des technologies numériques pour permettre à nos clients de réaliser la plupart de leurs transactions en ligne, de payer leurs primes, leurs prestations et de recevoir leur argent via différentes applications telles que T-money, Flooz et OMNI d'Ecobank. Nous traitons les demandes d'assurance dans les 15 jours, ce qui est plus rapide que les 30 jours exigés par la loi. Nous sommes ouverts aux collaborations avec les entreprises et les start-up qui développent des solutions technologiques pour améliorer l'expérience client et faciliter l'accès aux services d'assurance.
Togo First : Comment percevez-vous l'arrivée d'opérateurs de téléphonie mobile dans le secteur de l'assurance, notamment le récent partenariat entre l’opérateur MTN et l’assureur sanlam qui est d’ailleurs présent au Togo sur le segment IARD ? Pensez-vous que cela représente une menace ou une opportunité pour vous ?
Justin Quam Gbadago : Pour nous, c'est une opportunité car les opérateurs de téléphonie ne peuvent pas proposer de produits d'assurance sans une compagnie d'assurance partenaire. C’est une évolution majeure qui offre aux compagnies d'assurance telles que Prudential, la possibilité d'utiliser les services de téléphonie pour toucher plus de personnes et augmenter le taux de pénétration. D'ailleurs, nous avons récemment obtenu un numéro court auprès de l'ARCEP [Autorité de régulation des communications électroniques, NDLR] pour offrir plus de facilité d'accès à nos services d'assurance à nos clients.
Togo First : Quelles sont les initiatives de Prudential en matière de développement durable et de responsabilité sociale ?
Justin Quam Gbadago : Prudential s'est engagée fortement dans cette voie et a réalisé plusieurs projets en 2022, tels que la construction et la livraison de sept puits modernes et d'installations sanitaires dans cinq écoles et communautés des cinq régions économiques du Togo. Ces projets ont amélioré la vie de plus de 20 000 élèves à travers le pays, et cette tendance se poursuivra en 2023. Un projet de construction de puits et d'aménagement d'installations sanitaires est actuellement en cours dans la région maritime. D'autres projets ont été initiés en 2022 et seront lancés en 2023. L'objectif principal de Prudential est d'aider les populations à améliorer leur qualité de vie, tout en offrant des produits adaptés et en étant présent aux côtés de ses clients.
Togo First : En tant que collecteur d’épargne publique, comment se présente votre stratégie en matière d'investissement sur les marchés financiers de la sous-région et comment utilisez-vous ces instruments pour satisfaire les besoins de vos clients ?
Justin Quam Gbadago : En tant qu'institution financière, Prudential est très active sur les marchés financiers. Nous sommes présents sur les marchés obligataires des États de l'UEMOA, y compris sur les émissions togolaises, et nous avons des dépôts auprès de banques pour soutenir l'octroi de crédits aux populations. Nous investissons également dans des offres sur le marché financier, telles que celles du mois de mars que j'ai récemment souscrites. Cette présence sur les marchés financiers est cruciale pour nous permettre de tenir nos promesses en offrant à nos clients des produits financiers rentables tout en respectant nos engagements en matière d'intérêts. Nous sommes conscients de l'importance de la gestion efficace de l'épargne et nous travaillons activement pour maintenir un équilibre optimal entre les investissements sur les marchés financiers et la satisfaction des besoins de nos clients.
Togo First : Quelles sont les perspectives à long terme pour Prudential Togo, en termes de stratégie, de projets en cours et de vision d’avenir ?
Justin Quam Gbadago : Il convient de rappeler que Prudential a l'intention de s'installer durablement au Togo et dans toute l'Afrique, où l'entreprise poursuit son expansion. Bien que les pays africains qui pourraient accueillir Prudential dans un proche avenir ne soient pas mentionnés, l'ambition est grande pour Prudential de devenir le premier assureur du continent africain, en investissant considérablement dans cet objectif. Prudential a une histoire prestigieuse, avec une expérience de plus de 175 ans, ayant survécu aux deux guerres et indemnisé les victimes du Titanic. Avec ses 11 agences réparties dans les principales villes, nous prévoyons d'ouvrir de nouvelles agences très prochainement pour renforcer notre présence au Togo, afin de nous rapprocher davantage de notre clientèle.
En 2023, Prudential prévoit d'ouvrir au moins une nouvelle agence à l'intérieur du pays, car la satisfaction des clients est une priorité pour l'entreprise. En plus de cela, nous travaillons sur plusieurs projets visant à renforcer la disponibilité de nos systèmes pour les clients, avec pour objectif de permettre aux clients de souscrire, de faire des observations sur leur contrat, de demander un rachat ou de contacter leurs conseillers à tout moment, depuis leur domicile.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Comment booster l’industrialisation du Togo et faire du secteur industriel un levier de développement économique du pays ? Cette question était au cœur des échanges ce mardi 14 mars 2023 entre les acteurs du secteur privé, le gouvernement et des institutions financières internationales, dans le cadre de la deuxième édition des universités de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET).
Selon les dernières données officielles, le secteur secondaire contribue à 22,70 % du PIB du pays en 2020. Cet apport selon les entrepreneurs réunis au sein de l’AGET est infirme vu les atouts que dispose le pays. De fait, les réflexions ont été orientées vers l’amélioration de la politique industrielle et les facteurs de production ainsi que le financement du secteur.
D’après les différents acteurs du secteur privé, le renforcement de partenariat avec le gouvernement et les institutions financières est primordial « pour booster l’industrialisation du pays qui a aujourd’hui des compétences dans diverses domaines ».
« Le secteur industriel est celui qui crée le plus d'emplois. Donc son développement va contribuer à réduire le chômage », a déclaré Jonas Daou, président de l’AGET.
Dans la même dynamique, la ministre de la promotion de l’investissement, Rose Mivedor, a invité le secteur privé à tirer profit des avantages qu’offre le gouvernement à travers le régime de la zone franche, le Code des investissements et la Plateforme industrielle d’Adétikopé qui est un espace d’implantation des industries.
Également, les institutions financières telles que la SFI et la Banque africaine de développement (BAD) se sont engagées à soutenir les actions du gouvernement visant le développement de l’industrie du pays.
Esaïe Edoh
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Au Togo, les prix des semences certifiées pour la campagne agricole 2023-2024 ont été fixés par le réseau national des producteurs de semences certifiées du Togo (RNPSC-Togo) lors de son assemblée générale à Atakpamé le mois dernier. Le kilogramme de semence de maïs toutes variétés est fixé à 650 FCFA, tandis que celui du riz est à 550 FCFA. Les semences de sorgho et de fonio coûtent respectivement 850 FCFA et 600 FCFA. Les autres semences certifiées, telles que le sésame, le niébé, le soja et l'arachide, sont vendues à 2500 FCFA, 850 FCFA, 750 FCFA et 850 FCFA le kilogramme.
« Pour nous, il est nécessaire que les prix soient annoncés très tôt pour que les producteurs puissent être bien informés. La semence est l’un des intrants de base pour un agriculteur et vite connaître ces prix permettra à l’agriculteur de mieux s’organiser. », explique Balintiya Konsana, président du RNPSC-Togo.
Les prix des semences certifiées ont augmenté par rapport à la campagne précédente, ce qui peut avoir un impact sur les agriculteurs qui devront s’ajuster pour cette campagne. Pour la campagne 2022-2023, le prix de la semence certifiée du maïs était fixé à 500 FCFA/Kg (soit 100 FCFA/kg de moins), tandis que celui du riz était à 500 FCFA/Kg (50 FCFA de moins, selon les sources). Le soja coûtait 700 FCFA/Kg et l'arachide 800 FCFA/Kg. En 2021, les prix étaient de 500 FCFA/Kg pour le maïs, 625 FCFA/Kg pour le soja, 425 FCFA/Kg pour le riz et 750 FCFA/Kg pour l'arachide.
Cette augmentation des prix pourrait avoir des répercussions sur les coûts de production pour les agriculteurs togolais.
La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), institution de financement de référence du développement de la zone UEMOA basée à Lomé au Togo, a rejoint la Coalition Finance en Commun (FICS), co-présidée par l'ONU Femmes et la Banque Africaine de Développement (BAD), pour lutter contre les inégalités de genre.
« Par cette signature annoncée le 20 Octobre 2022 par le cercle des Femmes Dirigeantes de la Coalition FICS, la BOAD s’engage à travailler avec les autres Banques et Institutions financières de Développement, membres de la Coalition FICS, et à rendre efficientes leurs actions de coordination et leur mobilisation, en faveur de la lutte contre les inégalités de Genre et l’autonomisation des Femmes et des Filles », indique-t-on dans un communiqué rendu public hier, lundi 13 Mars.
Par cette adhésion, l'institution sous-régionale dirigée par le béninois Serge Ekue, « entend, ainsi, améliorer l’accès à des opportunités d’emploi, favoriser l’égalité d’accès aux services financiers, et plus largement, les financements, en faveur de l’égalité des sexes, des droits des femmes et leur autonomisation, catalyseurs du Développement Durable et de la résilience économique dans notre région », précise-t-on.
Il s'agira notamment de travailler avec d'autres banques et institutions financières de développement, pour rendre efficientes leurs actions de coordination et leur mobilisation en faveur de la lutte contre les inégalités de genre et l'autonomisation des femmes et des filles.
Cette adhésion s'inscrit dans la lignée de son Plan Stratégique DJOLIBA (2021-2025) et de sa politique Genre, visant à promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans la sous-région.
Ayi Renaud Dossavi
Après ses politiques accommodantes pour tonifier l’économie sous-régionale alors en proie à la crise sanitaire, la BCEAO resserre petit à petit le vis pour lutter contre l’inflation. Un retour à la normale qui met la pression au secteur bancaire de l’Uemoa.
Depuis mi-février, le marché interbancaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est secoué par une tension sur la trésorerie causée par la reprise des adjudications aux guichets de refinancement hebdomadaire et mensuel à taux variables. Une mesure que la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) avait prise dans le cadre de la « normalisation de sa politique monétaire ». Le retour des taux variables était censé réduire la masse monétaire afin de permettre à l’institution faîtière de lutter contre l'inflation élevée que connaît la communauté monétaire.
Selon un post de Kadiatou Barry, gestionnaire ALM (Asset Liability Management) chez Oragroup, alerte abondamment commentée par les acteurs bancaires sur LinkedIn, le passage aux injections de liquidité à taux variable a permis de « détecter des défaillances dans la gestion de la liquidité des banques et de tester leurs solidités ».
Certaines banques n’ont pas réussi à s’adapter à la nouvelle situation. Selon la financière, plusieurs banques avaient adossé une grande partie de leurs emplois sur le refinancement aux guichets BCEAO, plutôt que de renforcer leurs efforts dans la collecte des dépôts. Certains ne disposaient même pas d’outils de gestion du portefeuille titres pour améliorer leur performance. En plus, d’autres n’ont pas pu anticiper les événements, faute d’outils de gestion de liquidités et de taux.
Et pour cause : « les banques, dont la principale mission est de collecter des dépôts et d'octroyer des crédits, ont ces dernières années eu tendance à se concentrer davantage sur la recherche de marges entre le coût du refinancement de la BCEAO et les revenus des titres d'État, au détriment de leur mission fondamentale », fait observer Cheick Oumar Samake, responsable direction financière et comptable chez Banque internationale pour le Mali, filiale de AttijariWafa.
« On a donc assisté à une transformation du bilan des banques avec une forte évolution des ressources interbancaires en lieu et place des dépôts clientèle et un fort accroissement de l'encours des titres de placement au détriment du crédit à la clientèle », poursuit-il.
« Avant, lorsque les taux étaient fixes, les acteurs du marché connaissaient les taux d'avance et élaboraient leur stratégie en conséquence. Mais avec la reprise des injections à taux variables, la concurrence s'est accrue entre les différents acteurs. Les stratégies basées sur le refinancement au guichet sont donc devenues incertaines, car si auparavant la BCEAO prenait en charge tout le monde, les taux sont désormais soumis à la concurrence », fait constater un autre financier, spécialiste du marché, contacté par l’Agence Ecofin.
Selon les données consultées par l'Agence Ecofin, le taux moyen pondéré sur les adjudications a augmenté pour atteindre 4,4531% lors de la dernière opération sur le marché, le 6 mars dernier. Cela représente une hausse par rapport aux taux fixes précédents qui étaient de 2,75%. Certaines banques ont même proposé des taux encore plus élevés, allant jusqu'à 4,75%, afin d'acquérir de la liquidité sur une période d'une semaine. Il s'agit du taux maximal appliqué sur le guichet de prêt marginal, qui est le taux d'intérêt que la Banque centrale facture aux banques commerciales pour des prêts de liquidités d'urgence à court terme.
Pour Cheick Oumar Samake, « cette inflexion de la politique monétaire de la BCEAO aura d'énormes conséquences sur la vitalité des banques de l'Union dans la mesure où la hausse du coût du refinancement ne pourra être facturée aux créanciers dans le court terme ».
« La plupart des banques seraient concernées par cette situation, à l’exception des banques appartenant aux grands groupes financiers », estime-t-on, laissant planer les craintes d’une baisse subséquente de revenus pour certaines banques.
Cette situation intervient alors que la Banque centrale a décidé de rehausser à nouveau ses principaux taux directeurs de 25 points de base, pour la quatrième fois en 9 mois. La mesure qui entre en vigueur le 16 mars prochain pourrait avoir des conséquences significatives sur les banques et les acteurs économiques plus en général, car elle implique une nouvelle hausse du coût du crédit dans un environnement où l’accès au financement est déjà difficile.
Déjà en constante hausse depuis l’année dernière, les taux d'intérêts sur les obligations souveraines émises sur le marché des titres publics par adjudication organisé par Umoa-Titres devraient également augmenter. Cet état de choses ne sera pas sans impact sur les investissements alors que les États de l’Union, presque privés des marchés internationaux, se tournent de plus en plus vers les places régionales pour mobiliser des ressources afin de financer leur budget d’investissement.
Et même si la Banque centrale dans son dernier communiqué sur le relèvement des taux directeurs indique que la liquidité reste adéquate dans le secteur bancaire de l’Union et devrait permettre aux banques de poursuivre le financement des économies, l’alerte reste en vigueur.
Fiacre E. Kakpo
Cette semaine, le Togo accueille les acteurs de la gestion intégrée des ressources en eau en Afrique de l'Ouest. Ils se réunissent à Lomé pour se concerter sur les priorités sous-régionales en prélude à la Conférence des Nations Unies sur l'eau, prévue du 22 au 24 mars 2023 à New York. L'atelier de concertation régionale a débuté hier, le 13 mars 2023, sous la direction du ministre togolais de l'Eau et de l'Hydraulique, Bolidja Tiem, et est organisé par le Centre de Gestion des Ressources en Eau (CGRE) de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
« C'est en agissant de concert, à travers une coopération régionale et transfrontière que nous parviendrons à mieux gérer nos ressources en eau, qui sont de plus en plus affectées par les effets des changements climatiques », a déclaré le ministre de l'Eau et de l'Hydraulique, Bolidja Tiem, cité par le quotidien national Togo Presse. Le ministre souligne ainsi les efforts déjà entrepris dans les pays d'Afrique de l'Ouest et au niveau transfrontalier, bien que des défis restent encore à relever.
Les acteurs de la gestion intégrée des ressources en eau, les organisations intergouvernementales des secteurs de l'eau et du climat, ainsi que les organismes des bassins transfrontaliers échangeront sur les enjeux de la Conférence, partageront les résultats des concertations africaines, renforceront leurs capacités à formuler des engagements et des besoins clairs, définiront des actions pour renforcer la coopération régionale et les synergies et parleront des attentes et priorités de l'Afrique de l'Ouest en termes de programmes et de projets.
Au Togo, la feuille de route gouvernementale 2020-2025 comporte des objectifs prioritaires en matière d'accès à l'eau : augmenter la couverture en eau potable à 85% d'ici 2025, rendre l'eau accessible à un coût abordable, accompagner le secteur agricole, augmenter l'accès aux infrastructures d'assainissement en zones urbaines et rurales, et sécuriser l'approvisionnement en eau potable du Grand Lomé. Dans ce contexte, le sous-secteur de l'eau potable en milieu urbain s'est doté d'un programme d'investissements sur la période 2016-2030 évalué à environ 335 milliards de FCFA.
Au Togo, l’hôpital de référence Dogta-Lafiè (Ex-Saint Pérégrin) a entamé ses activités de prise en charge des patients depuis le 1er mars 2023. Son département de l’imagerie est opérationnel et constitue le premier service offert au public.
Dans un communiqué consulté par Togo First, la direction médicale de l’hôpital situé à l’entrée nord de Lomé, annonce des prestations de radiographie, mammographie et l’opérationnalisation de son scanner 64 barrettes.

Selon le communiqué, ces prestations augurent du « démarrage effectif de l’hôpital » dans les prochains jours.
Toujours dans le cadre de la mise en service de cet hôpital, la Société de gestion hospitalière (SOGEHP), en charge de l’exploitation avait lancé en juin 2022, une opération d’ouverture de son capital couplée à une levée de fonds.
L’opération, confiée à la Société de gestion et d’intermédiation (SGI), devrait permettre à l’exploitant hospitalier de diversifier son actionnariat à hauteur de 49,975%, pour un capital global de 25, 01 milliards FCFA.
La structure sanitaire qui se prépare à ouvrir définitivement ses portes est spécialisée dans les domaines de Médecine, Chirurgie et Obstétrique (MCO).
Elle devrait « desservir une frange importante de la population, et drainer du fait de sa tarification avantageuse et de son offre de soins, une population nouvelle qui précédemment, ne s’adressait pas aux hôpitaux ».
Esaïe Edoh
Au Togo, le prix bord champ des noix de cajou pour cette campagne a été fixé à 325 francs CFA par kilogramme sur toute l'étendue du territoire national jusqu'au 30 septembre 2023. L'information a été rendue publique lors de la cérémonie de lancement officiel de la campagne de commercialisation des noix de cajou et de ses dérivés cette année, à Kara, sous l'égide du Comité de coordination de la filière anacarde (CCFA) en collaboration avec le Conseil interprofessionnel de la filière anacarde au Togo (CIFAT).
Ce lancement fait suite aux accords interprofessionnels conclus le 09 mars 2023 entre les cinq maillons de la filière anacarde.
Évolution de la filière
Ce fut notamment l'occasion de présenter les données clés du secteur. Ainsi, en 6 ans (de 2016 à 2022), la production d'anacarde est passée de 16 000 tonnes à 33 866 tonnes, en hausse de 112%, ce qui a généré plus de 76 milliards de francs CFA et plus de 200 000 emplois sur la période. En 2023, on envisage une production de plus de 40 000 tonnes.
Rappelons qu'en vue d'assurer une meilleure traçabilité des noix conformément aux textes réglementaires de la filière anacarde sur le territoire, le CIFAT a pris des dispositions pratiques pour mieux orienter les opérations d'achat-vente.
Au cours de l'évènement, le Directeur général du développement du secteur privé, Bilakimwé FEOU, représentant le Ministre en charge du commerce, a invité tous les acteurs de la filière à respecter les accords interprofessionnels ainsi que les textes réglementaires en vigueur tout au long de la campagne de commercialisation.
Et d'indiquer qu'« un dispositif sera mis en place pour suivre, retrouver et sanctionner sévèrement les contrevenants ». Du reste, « le gouvernement fait siennes les préoccupations des acteurs de la filière et des dispositions sont prises pour des investissements structurants au profit des différents maillons de la filière en vue du bon fonctionnement des organes de gestion de la filière anacarde à partir de cette année 2023 », a-t-il conclu.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, la filière anacarde est en plein essor. La production a augmenté de plus de 100% entre 2016 et 2022, selon le Conseil interprofessionnel de la filière anacarde au Togo (CIFAT).
Précisément, la production nationale de l’anacarde est passée de 16 000 t à 22 000 t en 2019, soit une hausse de 37%. La tendance haussière va se poursuivre l’année suivante pour ressortir à 25.000 t en 2021 et à 33 866 t en 2022.
Sur la période, la production a généré plus de 76 milliards de francs CFA et créé 201 289 emplois sur la période, selon la même source.
Cette croissance enregistrée est attribuable aux appuis du gouvernement à la filière grâce notamment à ses partenaires. On note concrètement l’enveloppe de 1,5 milliard FCFA sous forme de crédit, mise à disposition de chaque préfecture en vue de booster la filière anacarde au titre de la campagne 2020.
Ce crédit, dont la gestion est confiée au Mécanisme Incitatif de Financement Agricole fondé sur le partage de risques (MIFA), a permis de relancer cette filière.
Pour le compte de cette année, dont la campagne de commercialisation et de production a été lancée le vendredi 10 mars dernier, les acteurs du secteur tablent sur un rendement de 40 000 t.
Esaïe Edoh
Au Togo, les étudiants pourront désormais accéder à des services financiers via le produit “Coris Academia” proposé par Coris Bank International-Togo (CBI) afin de financer leurs études.
Ceci résulte d’un accord de partenariat d’offre de services financiers aux étudiants togolais, signé ce lundi 13 mars 2023 entre le ministère chargé de l’enseignement supérieur et la filiale togolaise de Coris bank international.
Concrètement, cet accord va permettre à des étudiants togolais des universités publiques et privées de disposer de compte courant particulier à travers lequel ils percevront des allocations et bourses accordées par l’État ou par les organismes internationaux accrédités.
Cette démarche du 3è acteur bancaire du Togo, vient s'ajouter à diverses initiatives qui portent la tendance haussière du taux de bancarisation dans le pays.
En effet, selon le dernier rapport de la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) intitulé : « Tableau de bord de l'Inclusion financière dans l'UEMOA au titre de l'année 2021 » publié le 28 septembre 2022, le taux de bancarisation au Togo est passé de 27,0 % en 2020, à 30,1 % en 2021, en progression annuelle de 11%.
Esaïe Edoh