Vendredi 20 mai 2022, la BAD a annoncé un vaste plan de soutien de 1,5 milliard $ (environ 920 milliards FCFA) au secteur agricole africain afin de l’aider à faire face à la crise alimentaire qui menace le continent, déjà privé de plus de 30 millions de tonnes de denrées alimentaires, en raison de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
L’initiative vise à accompagner, sur deux ans, plus de 20 millions de petits exploitants africains dans l’accès à des semences certifiées, aux engrais de qualité, et à des technologies innovantes, censés accélérer la production de 38 millions de tonnes de denrées alimentaires supplémentaires. Dans le détail, ce plan devrait permettre de produire 11 millions de tonnes de blé, 18 millions de tonnes de maïs, 6 millions de tonnes de riz et 2,5 millions de tonnes de soja.
“La Banque africaine de développement fournira des engrais aux petits exploitants agricoles de toute l’Afrique au cours des quatre prochaines campagnes agricoles, en usant de son influence auprès des grands fabricants d’engrais, de garanties de prêt et d’autres instruments financiers”, indique-t-on.
Que doivent faire les pays africains pour bénéficier de cette aide ?
Dans l’un de ses discours, lors des assemblées annuelles 2022 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) tenues du 23 au 27 mai à Accra, au Ghana, le président Akinwumi Adesina (photo), a donné des détails sur les démarches à suivre par les pays, désireux de bénéficier de la facilité africaine de production alimentaire d'urgence.
« J’ai reçu un appel du président [sénégalais] Macky Sall. Il a voulu savoir ce qu’il doit faire pour bénéficier de la facilité. Je lui ai dit que c'était très simple. C’est une facilité basée sur les besoins. Ce qui est important, c’est de développer un projet et le soumettre à la BAD. La Banque évaluera ensuite. Elle ne financera que les agriculteurs des pays qui la sollicitent sur la base d’un projet soumis par les gouvernements », a expliqué le président de l'institution financière de développement, basée à Abidjan.
Cependant, insiste l’institution bancaire, les demandes d’appuis doivent clairement être soutenues par la mise en œuvre de réformes visant à « s’attaquer aux obstacles systémiques qui empêchent les marchés d’intrants modernes de fonctionner efficacement », conformément aux engagements pris par les ministres africains de l’agriculture et des finances début mai, vis-à-vis de la BAD.
Fiacre E. Kakpo
Le Canada va allouer 20 millions $ (environ 12 milliards FCFA) à 4 pays de la sous-région à savoir le Togo, le Ghana, le Libéria, et la Gambie pour renforcer la capacité de leurs systèmes nationaux de mesure, de déclaration et de vérification liés au climat.
L'information émane du gouvernement canadien, à la faveur d’une rencontre au Ghana la semaine écoulée, entre les ministres ghanéens Kwaku Afriyie, et Benito Owusu-Bio - respectivement en charge de l’Environnement et des Terres et Ressources naturelles - et Steven Guilbeault, ministre canadien en charge de l’Environnement et du Changement climatique.
Cet appui vise à faciliter la mise en place de politiques et des mesures d’atténuation fermes et efficaces contre les défis climatiques, grâce à des renseignements transparents, exacts et comparables sur les sources d’émissions que de tels systèmes permettent d'obtenir. Il sera mis en œuvre via Nova Sphère, une entreprise canadienne sans but lucratif, qui « aidera les pays à surveiller leurs progrès dans l’atteinte de leurs objectifs de réduction des émissions en vertu de l’Accord de Paris. », selon Ottawa.
« Novasphere est honorée de collaborer avec le gouvernement du Canada pour soutenir la mise en œuvre des contributions déterminées à l’échelle nationale et à la gouvernance climatique avec ses pays-partenaires, le Ghana, le Libéria, la Gambie et le Togo. », a indiqué Tom Baumann, président-directeur général de Novasphere.
Concrètement, l’entreprise déploiera du soutien technique et financier ciblé pour la gouvernance climatique afin d’aider à constituer la capacité nécessaire pour mettre en place des systèmes de mesure, de déclaration et de vérification efficaces.
Il s’agira également d'appuyer le Togo et les autres bénéficiaires, à se former dans la recherche de nouveaux financements, pour mettre en œuvre leur politique nationale d’adaptation, face aux changements climatiques.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Président togolais, Faure Gnassingbé, a effectué ce mardi 31 mai 2022 à Brazzaville en République du Congo auprès de son homologue Denis Sassou-Nguesso, une visite de travail et d’amitié de quelques heures, selon la présidence congolaise.
Avec le Congolais, le dirigeant togolais s’est entretenu sur des sujets « d’intérêt commun d’ordres bilatéral et continental notamment sur la sécurité », a rapporté la présidence togolaise.
En rappel, c’est la 2è visite cette année du leader togolais au Congo. En février dernier, il avait participé dans le pays à un mini-sommet sur la paix et la sécurité en présence de Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo (RDC) et Yoweri Museveni de l’Ouganda.
“Le terminal géré par BAL [Bolloré Africa Logistics, ndlr] conservera son indépendance opérationnelle, avec un DG à Lomé, placé sous la responsabilité de son PDG à Puteaux [Siège de Bolloré, Ndrl], comme c’est actuellement le cas. Les deux entités n’auront pas vocation à se faire face mais à se compléter,” a révélé dans une interview Diego Aponte, Président de MSC depuis 2014.
Reprise par MSC, accord conclu en mars dernier, la filiale togolaise de Bolloré par l’armateur italo-suisse est au centre de toutes les attentions, d’autant que le premier transporteur maritime au niveau mondial opère déjà à Lomé à travers Lomé Container Terminal (LCT), le second terminal du Port de Lomé.
Si Lomé Container Terminal (LCT) est un franc succès, pour avoir propulsé le trafic conteneur du port togolais qui a quintuplé depuis son arrivée, plusieurs acteurs et observateurs portuaires rechignent à l’idée d’un monopole total sur les activités de manutention. Une tension latente que le premier transporteur mondial de conteneurs depuis janvier 2022, cherche à désamorcer avant de se confronter aux régulateurs africains qui doivent encore donner l’ultime feu vert.
« Notre but n’est pas d’avoir une position dominante qui pourrait pénaliser tel ou tel acteur. Il existe une autorité portuaire dont le rôle est justement de réguler et de s’assurer que tout le monde peut opérer normalement dans ses bassins », essaie de rassurer Diego Aponte. « Nous avons donc prévu, chez BAL comme chez MSC, d’aller rendre visite tous ces prochains mois à ces différentes autorités, dans le but d’obtenir leur aval, mais également pour nous présenter et leur expliquer notre vision », a fait entendre le dirigeant de MSC.
A Lomé qu’il a érigé en hub régional, l’armateur qui opère à travers sa société d’investissement dans les terminaux à conteneurs, Terminal Investment Limited (TIL) dit vouloir utiliser les installations de Togo Terminal, en complément à LCT, pour accueillir les autres armateurs qui desservent la capitale togolaise.
“Avec le transbordement, l’ampleur des volumes manutentionnés sur le Lomé Container Terminal (LCT) nous empêche de pouvoir servir d’autres armateurs que MSC. Ces derniers vont donc sur les installations de BAL, et il n’y a aucune raison que cela change”, a clarifié le fils de Gianluigi Aponte, fondateur de MSC.
« Nous n’exercerons aucune influence en matière de politique commerciale et de tarif, de gestion du terminal, pour faire en sorte qu’il subsiste une réelle différenciation entre les deux opérateurs portuaires », insiste-t-il.
Comme dans l’ensemble de ses nouvelles filiales, assure le groupe basé à Genève, on veut “continuer à gérer … en gardant BAL comme une société indépendante du groupe”. Mais, une nouvelle marque va voir le jour à court terme, avec un nouveau logo, assure-t-on.
“Nous n’avons pas l’intention d’intégrer BAL dans MSC, plutôt de trouver les synergies à mettre en place avec nos filiales pour éviter les doublons et les surinvestissements sur certaines installations… Nous allons conserver les effectifs ainsi que le management tel qu’il existe aujourd’hui, ce dernier devant juste rendre compte à un nouvel actionnaire qui s’appellera dorénavant Aponte et non plus Bolloré”.
Des clarifications qui interviennent deux semaines à peu près après la sortie du ministre togolais de l’économie maritime, Edem Tengue, dans les colonnes de la Tribune Afrique, qui faisait comprendre que le gouvernement togolais “se réservait le droit de commenter cette opération au moment opportun”, ajoutant que les discussions autour du deal ne sont pas bouclées.
Fiacre E. Kakpo
Au Togo, les modalités de financement public des partis politiques, connaissent des modifications, suite à l’adoption d’une nouvelle charte des partis politiques le 24 mai 2022 par les parlementaires. L’aide sera désormais attribuée sur deux bases essentielles.
Les 2/3 des ressources à allouer seront destinés aux partis représentés à l’Assemblée nationale, proportionnellement au nombre de leurs députés. S’agissant du 1/3 restant, il sera réparti entre les formations politiques ayant recueilli 2% des suffrages au plan national, à l'occasion des élections législatives.
D’après anciennes dispositions, les financements étaient destinés seulement aux partis ayant recueilli au moins 5 % des suffrages sur le plan national aux élections législatives.
L’Etat devrait avoir un droit de regard plus renforcé sur la gestion financière des partis, conformément à l’article 20 de la nouvelle charte, qui stipule que « tout parti politique doit tenir une comptabilité et un inventaire de ses biens meubles et immeubles. Il doit présenter ses comptes annuels à la cour des comptes avec les détails et justifications de la provenance de ses ressources ».
Notons que, officiellement, le pays d’environ 8 millions d'habitants compte plus de 100 partis politiques légalement enregistrés.
Esaïe Edoh
Une délégation du Conseil national de patronat du Togo (CNP), conduite par son président Laurent Tamegnon, participe jusqu’au 11 juin 2022 à Genève, à la 110è Conférence internationale du Travail (CIT).
La délégation togolaise, avec d’autres acteurs du monde du travail, se penchera sur la sécurité et la santé au travail, les apprentissages, ainsi que l’économie sociale et solidaire. Elle participera également à la définition des priorités et à l’élaboration du budget de l'Organisation internationale du travail (OIT), au niveau mondial.
Notons qu’en octobre prochain, le Togolais Gilbert Houngbo prendra les commandes de l’organisation onusienne, en sa qualité de Directeur général.
Le Togo veut moderniser son système judiciaire, en se dotant d’un nouveau code de procédure pénale. Un avant-projet de loi a été adopté en ce sens, jeudi 30 juin 2022, par le gouvernement, réuni en Conseil des ministres.
Le nouveau texte, de 1047 articles, vise selon le gouvernement, à apporter plus de modernité dans la procédure pénale togolaise ou à répondre à des défis « nouveaux » comme le terrorisme ou la piraterie maritime. Il s’agira également d’introduire la célérité dans la procédure, et de répondre aux grands standards internationaux en matière de liberté individuelle et de protection de la dignité des individus.
« S’inscrivant dans la dynamique du vaste programme de modernisation de la justice, l’élaboration du nouveau code de procédure pénale est l’une des réponses aux nombreux défis du monde judiciaire et concourt à l’amélioration de l’efficacité du système judiciaire conformément aux objectifs de l’axe 1 de la feuille de route gouvernementale Togo 2020-2025 », indique le Communiqué du Conseil.
Dans le détail, poursuit l’exécutif, le nouveau code vise à renforcer les droits des victimes, les droits de la défense, à organiser des alternatives aux poursuites ainsi qu’à la détention provisoire, et à établir les voies de recours en matière criminelle.

Selon Akodah Ayewouadan, ministre en charge de la communication et porte-parole du gouvernement, cette réforme envisagée permettra notamment d’introduire dans la pratique, d’autres formules alternatives à la détention pénitentiaire dans le cadre de la procédure pénale, comme les travaux d’intérêt général ou encore le bracelet électronique.
« Les innovations sont nombreuses, on peut citer entre autres, la possibilité pour les juges de proposer des alternatives, non seulement à la poursuite, mais aussi à la détention. Concrètement, au lieu de détenir quelqu'un de façon provisoire ou définitive, l'on peut envisager des solutions comme le bracelet électronique, qui permettent à une personne de ne pas se retrouver enfermée, mais d'être quand même disponible pour la justice. », a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Ayi Renaud Dossavi
Au Togo, une réorganisation s’annonce à la Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP), une structure administrative dépendant du ministère de l'Économie et des Finances togolais, chargée du contrôle a priori des procédures de passation de marchés publics et des délégations de service public.
Le gouvernement, réuni en Conseil des ministres hier lundi 30 juin 2022, a en effet examiné et pris un projet de décret, portant attributions, organisation et fonctionnement de la DNCCP. Objectif : permettre de renforcer et d’étendre le contrôle de cette direction aux procédures de partenariat public-privé (PPP).
« Ce décret, qui s’inscrit dans le cadre des réformes récentes du cadre de la commande publique, vise à adapter la DNCCP à ses nouvelles missions de contrôle des procédures concernant les marchés publics et les contrats de partenariat public-privé. », indique le communiqué du Conseil. « Cette réforme permettra à la DNCCP de renforcer l’efficacité et la célérité des procédures de traitement des dossiers. », assure-t-on.
Dans la même dynamique, ceci survient peu après un autre projet de réforme, au niveau de l’Autorité de régulation des marchés publics, qui devrait permettre d’aboutir à l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), avec également une extension de son champ de compétence.
Ayi Renaud Dossavi
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67,6 millions $ mobilisés depuis sa création auprès d’une trentaine de capital-risqueurs et business angels de renom ayant fait leurs preuves chez Uber, Spotify, Revolut, Gojek, une ambition de doubler ses levées pour conquérir toute l’Afrique, en commençant par les pays francophones. Après la France, le Canada, le Maghreb où la start-up est très présente (Algérie, Tunisie, Maroc) et plus récemment le Sénégal, Yassir, une entreprise de livraison et de courses par VTC (Voiture de transport avec chauffeur), continue de tisser sa toile. Prochains caps : Bénin, Togo et Côte d’Ivoire où Gozem et le Russe Yango, sont presque les seuls capitaines à bord.
« C’est imminent, nous devrions avoir lancé les opérations d’ici à la fin de juin », a confié Noureddine Tayebi à Jeune Afrique, dirigeant de la start-up dont le nom est un jeu de mots entre "facile" et "conduite" en arabe algérien.
Fondée en 2016 par Amel Delli, El Mahdi Yettou, Mustapha Baha, et Noureddine Tayebi et basée à Alger, la start-up revendique déjà plus de 2 millions d'utilisateurs, 40 000 partenaires, une présence dans 26 villes en Algérie, au Canada, en France, au Maroc, en Tunisie et au Sénégal, son dernier marché.
Que ce soit à Lomé, à Cotonou ou Abidjan, Yassir veut déployer d’abord ses services phares, le transport et la livraison rapide.
Depuis la Silicon Valley où il vit, l’entrepreneur algérien Noureddine Tayebi qui dirige Yassir, veut lever lors de son prochain tour de table, plus du double du montant mobilisé lors de son premier tour de table en octobre 2021. L’an dernier, la start-up a levé, à la faveur de deux Séries A, 37 millions $ (octobre) et 30 millions (novembre), selon les données de Crunchbase, consultées par Togo First. Autour de la table, on compte des investisseurs américains comme WndrCo, VentureSouq, Spike Venture ou K50 Ventures ou le très célèbre Y Combinator, l’un de ses premiers financeurs.
A Yassir, la vision semble plus poussée, d’autant plus que la jeune pousse cherche à conquérir également le marché des services financiers.
“Nous introduisons maintenant des services financiers pour aider nos utilisateurs à payer, épargner et emprunter numériquement”, a dévoilé Noureddine Tayebi.
Fiacre E. Kakpo
Elu le 18 mars 2022, le nouveau bureau exécutif de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG) travaille à renforcer sa coopération avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo). En visite à Lomé la semaine dernière, une délégation de la chambre consulaire guinéenne a réitéré ce vœu, lors d’une rencontre avec Nathalie Bitho, présidente de la délégation la CCI-Togo.
« Je pense qu’ayant les mêmes réalités, si les chambres de commerce de l’Afrique de l’Ouest se mettaient ensemble, on pourrait largement dépasser les problèmes que nous avons, parce que le plus important, c’est la chaîne des valeurs », a déclaré Éric Benjamin Collé, Vice-Président de la CCIAG. Selon le Guinéen, il est temps que le partenariat sud-sud devienne une réalité car, « les peuples des différents pays ont les mêmes réalités avec les mêmes langues, et des marchés achalandés de la même façon ».
Outre le renforcement de la coopération, la Guinée ambitionne de s’inspirer des réformes et autres initiatives enclenchées par la CCI-Togo, notamment les études réalisées sur le secteur privé, l’environnement des affaires et le cadre juridique qui selon elle, sont de nature à « consolider la place de la Chambre dans le microcosme économique togolais ».
Pour rappel, la CCIAG a été inactive pendant plus de 18 ans avant la mise en place en mars dernier d’un bureau directeur par les nouvelles autorités du pays.
Esaïe Edoh