Le Togo démarre les travaux de construction de son tout premier laboratoire de biomasse (LABTOGO), deux ans après les premières démarches entreprises.
En fin de semaine dernière (le vendredi 27 mai), le Premier ministre togolais, Victoire Tomegah-Dogbé a posé la première de l’infrastructure à la présidence de l’Université de Lomé (UL), apprend-on de source officielle. C’était à la faveur d’une cérémonie organisée, à l’occasion des dix ans du Programme du Centre ouest-africain de recherches et de services scientifiques sur les changements climatiques et l’utilisation adaptée des Terres (WASCAL), appuyé par la République fédérale d’Allemagne.
Le futur laboratoire sera implanté au sein de l’UL et servira de cadre pour la recherche en biomasse, avec pour ambition de mettre à disposition, des technologies innovantes favorisant une utilisation énergétique efficace et saine de la biomasse et du biogaz au Togo.
Pour faire face aux défis du changement climatique, la modernisation de l’agriculture togolaise et le programme décennal de reboisement restent des priorités pour le gouvernement, a indiqué le Premier ministre Tomegah Dogbé, dans le cadre de cette rencontre.
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1245 personnes ont bénéficié dans la région maritime de chirurgies de cataracte dans le cadre de la campagne nationale de prise en charge gratuite de cette pathologie ophtalmologique dénommée « Mana Messé » (vue retrouvée en langue locale kabyè). C’est le bilan présenté en fin de semaine dernière par l’ONG Lumière divine qui pilote cette initiative portée par l’organisation internationale humanitaire Mercy Ships avec le soutien du ministère de la santé du Togo dans le cadre de la stratégie nationale du gouvernement en matière de lutte contre la cécité dans le pays.
Précisément, au cours de cette première phase de la campagne, 1717 cas de la maladie ont été identifiés dans 136 villages de cette région du sud -Togo. Il est prévu 155 autres opérations dans cette partie du pays en juin afin d’atteindre 1400 chirurgies réalisées.
La campagne va se poursuivre dans la région de la Kara entre août et septembre où 600 chirurgies seront effectuées, dans le but d’atteindre l’objectif fixé de 2000 opérations.
En moins de 15 ans, la part de l’agriculture dans la richesse togolaise s’est contractée de plus de 12 % à cause des effets du changement climatique, selon la Banque africaine de développement (BAD).
En effet, dans sa dernière note sur les perspectives économiques du pays, l’insitution panafricaine relève que la part du secteur agricole dans le PIB togolais est passée de 37,3 % en 2008 à 24,7 % en 2021, notamment à cause de « l'effet du changement climatique sur le Togo ».
Dans ce contexte, cependant, la BAD estime que les perspectives d'atteinte de l'ODD 13 (Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions) sont « favorables ».
« En 2021, le Togo a renforcé son dispositif institutionnel en adoptant la stratégie REDD+, et la loi littorale. En outre, la centrale solaire de Blitta, d'une capacité de 50 MW, devrait contribuer à porter l'accès national à l'électricité à 60 % en 2022, contre 45 % en 2018. », indique-t-on.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo est devenu officiellement membre du « Forum of Incident Response and Security Teams (FIRST) » le 20 mai 2022, grâce à son Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité (CERT.tg).
L’entrée du pays dans cette organisation est l’une des retombées de l’engagement du gouvernement à sécuriser son cyberespace, a indiqué le ministère de l’économie numérique et de la digitalisation.
Désormais membre du FIRST, le CERT.tg sera bénéficiaire des programmes communs de renforcement des capacités, de partage d’informations et d’outils techniques pour détecter et prévenir efficacement les incidents de cybersécurité.
Cette adhésion, selon Cina Lawson, Ministre de l’Economie Numérique et de la Transformation Digitale, « vient confirmer l’importance que le pays accorde à la coopération en matière de cybersécurité ».
L’officielle rappelle également que le Togo fait de la coopération internationale, un important pilier de réussite en matière de cybersécurité. Ce qui explique son appartenance à deux autres communautés de cybersécurité à savoir « Africa Computer Emergency Response Team (AfricaCERT) » et le « Trusted Introducer (TF-CSIRT) ».
Notons que le Togo devient le 15e pays africain et le 5e ouest-africain à rejoindre FIRST, cette communauté mondiale de cybersécurité qui regroupe 100 pays pour un total de 627 équipes de CERT.
Esaïe Edoh
Au Togo, une nouvelle plateforme de vente en ligne se positionne sur le marché, pour mettre en relation les clients et les vendeurs. Dénommée « Vakpor », qui signifie « Viens voir » en Mina, la plateforme est promue par Kekeli, et a été dévoilée aux médias ce samedi 28 mai 2022 à Lomé.
La nouvelle structure de e-commerce veut promouvoir le « Made-in-Togo » en rapprochant vendeurs et acheteurs, via sa plateforme web www.vakpor.com, et son application mobile disponible sur Playstore.

Pas de frais de livraison
Et pour se démarquer de la concurrence, avec des plateformes de plus en plus nombreuses sur ce segment, Vakpor veut miser notamment sur un atout : la gratuité de la livraison pour les clients, qui sont servis via sa flotte de distributeurs.
« Vakpor est une plateforme qui permet à l'acheteur d'avoir accès à une multitude de produits, dont surtout des « Made-in-Togo », avec la possibilité de payer le produit à la livraison, et surtout sans frais de transport », a expliqué Jephté Amewuho, promoteur de Kekeli Solutions et de la plateforme. « Il se fait livrer gratuitement, où qu'il le désire à Lomé », a–t-il indiqué.

Promouvoir le Made-in-Togo
Pour le promoteur, qui veut faire de Vakpor, une « marketplace de référence », le projet est parti du désir d'apporter une solution durable aux défis de couverture et de promotion auxquels les entrepreneurs sont confrontés sur le territoire.
« La plupart des entrepreneurs ont des produits, mais ils n'arrivent pas à vendre, faute de moyens. À travers ce projet, nous comptons leur permettre de toucher plus de gens encore, et promouvoir leurs produits auprès d'une clientèle qui, nous en sommes sûrs, les attend avec impatience », a-t-il ajouté.
Première phase test
Pour ses débuts, Vakpor s’est associée avec Cube Store, une autre plateforme de vente. Après une phase de test, elles se targuent de résultats « encourageants ».
« Après un mois de test, nous avons touché environ 200 000 personnes avec notre projet, avec des retours assez encourageants, comme un chiffre d'affaires de près de 2 millions FCFA, grâce à notre partenariat avec CUBE Store, qui est aujourd’hui notre partenaire principal, dans notre déploiement à Lomé », indique-t-on.
Ayi Renaud Dossavi
La croissance togolaise pourrait pâtir cette année du conflit russo-ukrainien, dans un contexte compliqué par la Covid-19 et les changements climatiques. Ceci, après l’embellie postpandémie de 2021, qui va vu la croissance passer annuellement de 1,8% à 5,3%. C’est ce que prévoient les dernières perspectives de la Banque africaine de développement (BAD), rendues publiques dans le sillage de ses assemblées générales, qui se sont tenues cette année à Accra, capitale voisine de Lomé.
Selon les projections de la BAD, la croissance nationale pourrait ainsi passer de 6,2% initialement anticipée à 5,8% cette année.
En effet, « pour 2022, les perspectives de l'économie semblaient favorables. Cependant, l'invasion de l'Ukraine par la Russie pourrait ralentir la reprise que le Togo a initiée en 2021 (6% contre 1,8% en 2020), avec une croissance du PIB attendue à 5,8% contre une prévision initiale de 6,2% début février 2022. », indique l’institution panafricaine basée à Abidjan.
A noter que la BAD était au départ, légèrement plus optimiste que le gouvernement togolais, qui anticipait une croissance à 6,1% pour cette année.
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Rebond de la croissance ralentie, inflation en hausse
Dans le même temps, le niveau d’inflation devrait s’envoler, pour culminer à 4,6% contre une estimation initiale de 2,4%, selon les projections. Les tensions seront particulièrement notables sur des produits d'importation comme le blé, qui occupe une place notable dans le secteur alimentaire.
« Le Togo pourrait être affecté en raison de ses relations commerciales avec la Russie et l'Ukraine. Environ 40% des importations de blé du Togo en 2020 provenaient de la Russie, ce qui suggère une forte probabilité d'un effet négatif sur la disponibilité et le prix de la céréale. », indique-t-on.
Les autres défis sont en lien avec les relations de ses partenaires en Europe, qui doivent gérer des défis d’approvisionnement en énergie (gaz) ainsi que les contrecoups des autres sanctions infligées à Moscou, ou en Asie (Chine et Inde, notamment).
« Le pays pourrait également être affecté par les effets négatifs du conflit sur les pays partenaires, tels que ceux de la zone euro et de l'Asie. », indique le rapport.
Tout ceci intervient dans le spectre de la Covid-19 et ses variants, dont les impacts économiques et sanitaires laissent encore de traces sur les circuits d’approvisionnement. C’est en particulier le cas de la Chine, dont la politique anti-covid stricte, affecte ses grands ports.
Appel à un nouveau “Novissi”
Dans un tel contexte, marqué déjà par une envolée des prix des produits de consommation et de l’énergie, l'institution dirigée par le Nigérian Adesina Akinwumi suggère notamment des mesures de soutien à la consommation, et pour relancer l’économie. C’est à l’instar du système de revenu universel par transferts monétaires Novissi, lancé par le pays en 2020 pour aider les populations face à la crise de la Covid-19.
« La prise de conscience des risques ci-dessus rendrait nécessaire l'amplification des mesures de relance telles que le programme NOVISSI afin d'alléger le poids de la flambée des prix sur les ménages déjà durement touchés par les effets de la crise sanitaire. », indique ainsi la BAD.
Ayi Renaud Dossavi
La version française de la 4è édition du Guide du Café a été officiellement lancée ce vendredi 27 mai 2022 à Lomé par l’Agence des cafés Robusta d’Afrique et Madagascar (ACRAM). Le document est élaboré avec la collaboration du centre du commerce international (ITC).
L’ouvrage est subdivisé en 8 chapitres, et diffuse des informations sur les évolutions du marché du café en Afrique avant, pendant et post-Covid-19. Il apporte des précisions sur la nouvelle qualité du café, la nouvelle classification, la digitalisation de la filière café et l’organisation du secteur, dans le contexte du changement climatique.
Ce guide dont la première édition remonte à 1992, selon le président de l’ACRAM, le Togolais Enselme Gouthon, offre et explique aux acteurs de la chaîne café, les opportunités à explorer dans cette filière qui est en plein essor.
En effet, l’agence, à travers cette nouvelle édition, ambitionne de positionner le café sur le marché international après la pandémie de Covid-19, qui a affecté tous les secteurs d’activité.
Le guide sera également disponible prochainement, dans d’autres langues afin de permettre à tous les pays producteurs du café de connaître et maîtriser son contenu.
Esaïe Edoh
A la recherche de 35 milliards FCFA auprès des investisseurs de la sous-région, le Togo se contente de 11 milliards FCFA qu’il a retenus au terme de son émission d’Obligations de relance (ODR), bouclée ce vendredi 27 mai 2022.
Selon le rapport de l’agence Umoa-Titres, l’émission a connu la participation de 10 investisseurs qui ont soumis un peu plus de 36 milliards FCFA. Ce qui correspond à 104% de taux de couverture de l’opération. Les obligations qui ont 10.000 FCFA comme nominal, ont été émises sur une maturité de 180 mois, au taux d’intérêt de 6,1% l’an.
Au terme cette nouvelle sortie, la mobilisation de Lomé en 5 mois sur le marché financier régional est évaluée à 236 milliards FCFA contre 550 milliards FCFA, ressources globales qu’il prévoit d’engranger cette année sur le marché Umoa-Titres pour financer son budget.
Esaïe Edoh
Au Togo, la deuxième campagne de reboisement démarre le 1er juin prochain, qui coïncide avec la 46è édition de la journée nationale de l'arbre. L’annonce a été faite ce vendredi 27 mai 2022, par les ministres Foli-Bazi Katari et Akodah Ayewouadan, respectivement chargés de l’environnement et de la communication (et porte-parole du gouvernement), lors d'une rencontre avec les médias.
Pour cette année, le pays se donne pour ambition de planter 21 millions d’arbres dans le cadre de cette campagne, contre un peu plus de 3 millions effectivement plantés l’an dernier, selon les précisions du ministre Katari. Ceci, en cohérence avec l'objectif de planter 1 milliard d’arbres d’ici 2030, soit en moyenne 100 millions par an.
« Cette année, comme nous nous y sommes pris tôt, nous avons pu mobiliser 133 000 hectares de terres, dont nous avons juste besoin pour mettre en terre 100 millions d'arbres. », a indiqué le ministre.
Rappelons que les autorités togolaises envisagent de financer les initiatives de reboisement, menées par des municipalités ou des acteurs privés, pour assurer leur ambition.
Pour la seule journée du 1er juin, 1 million de plants sont prévus pour être mis en terre.
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Elle fait partie des rares femmes togolaises à se lancer dans la fabrication de chaussures et d’autres accessoires de mode, après un parcours peu conventionnel. Celle qui a préféré troquer sa blouse blanche est aujourd’hui la patronne de DD Fashion et ne regrette pas son choix.

Entourée d’un tas de chaussures et d'outils de cordonnerie, Déborah Agbo pense à la dernière touche à apporter à ses nouvelles créations. Dans sa main, un chapeau traditionnel de roi qu’elle vient de confectionner. Le chef d'œuvre attire beaucoup de clients qui n’hésitent pas à l’essayer. Une bonne nouvelle pour l’entrepreneure qui cherche déjà d’autres débouchés.

Le déclic
La marionnettiste comédienne, métier qu’elle a hérité de son père, arrivait difficilement à joindre les deux bouts. « J’écrivais des scènes qu’on jouait ensemble. Mais je vivais difficilement de ce métier. J’ai voulu donc faire un travail qui me permettrait d’être rémunérée à la fin de chaque mois. C’est ce qui m’a dirigée vers la pharmacie », déclare Déborah Agbo. Après une formation d’auxiliaire en pharmacie, elle a exercé comme vendeuse en pharmacie, de 2011 à 2015, avant d’abandonner cette activité pour développer son talent. « Je n’étais pas trop dans ma peau. J’aime être libre. Et je préfère être à l’aise dans ce que je fais », souligne-t-elle. A ses heures perdues alors qu’elle évoluait toujours dans le secteur de la pharmacie, elle customisait ses chaussures et sacs avec des tissus.

« Des gens ont commencé à passer des commandes. À un moment donné, je ne pouvais pas jumeler les deux activités, donc j’ai laissé la pharmacie pour me concentrer sur la customisation et la fabrication de chaussures », soutient-elle.

Confrontée à un manque de moyens financiers pour se faire coudre un pagne retenu à l’occasion d’une fête organisée dans son église, elle a décidé de customiser ses vieux vêtements pour se démarquer. Elle est immédiatement remarquée et plusieurs membres de son église passent des commandes. « Ce n’est pas un métier que j’ai appris, lorsque j’ai commencé, mes frères et mon mari m’ont encouragée. Une fois, mon petit frère m’a passé une commande de certains articles. Je me suis amusée à lui faire un sac et un chapeau d’été », se rappelle-t-elle. Déborah finit par percer le secret de sa passion et de son art.
Promouvoir le made in Togo
Spécialisée dans la confection de chaussures, sacs, colliers, boucles d’oreilles, DD Fashion, son entreprise, transforme aussi des ceintures et d’autres vêtements usés.

Elle utilise plus les réseaux sociaux pour toucher des clients non seulement au Togo, mais aussi à l’étranger et réalise des chiffres d’affaires en constante amélioration, d’année en année. Ainsi, la marque est commercialisée dans plusieurs pays à travers le monde, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Burkina Faso, au Niger, au Bénin, au Gabon, au Cameroun, en Centrafrique, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, au Qatar et à Dubaï. « Dans certains pays, les clients ne croient pas que ce sont des produits fabriqués à la main en Afrique et particulièrement au Togo », souligne-t-elle.

A travers ses articles, Déborah Agbo fait également la promotion du « Made in Togo ». « Une fois, un Camerounais qui vivait au Gabon a passé une grosse commande et m’a demandé d’enlever la mention made in Togo et de mettre plutôt made in Ghana ou un autre pays sur les chaussures. Je lui ai répondu non. Mon intention est de créer plusieurs emplois pour la jeunesse togolaise », explique-t-elle.
Si Déborah excelle dans son métier, elle n’échappe pas souvent aux critiques. « Les gens trouvent que c’est un métier d’homme. Tout ce que l’homme peut faire, la femme aussi peut le faire si la volonté y est. S’il y a des femmes pilotes d’avion, pourquoi ne peuvent-elles pas fabriquer des chaussures », affirme-t-elle souriante. Chacune de ses chaussures est fabriquée avec soin. Et les couleurs ne sont pas choisies au hasard. « L’avantage avec nous, c’est que nous fabriquons presque toutes les tailles de chaussures. Il est difficile pour certains de trouver leurs pointures sur le marché, mais avec nous, c’est facile », indique-t-elle.
Défis et perspectives
Depuis qu’elle a commencé cette aventure, la jeune entrepreneure est confrontée à un manque de financement pour développer son initiative. Elle souhaite avoir ses propres machines pour produire en grande quantité.
Deborah ambitionne aussi de réveiller le génie qui sommeille en beaucoup de jeunes. L’entreprise initie de temps en temps, des formations à leur endroit. « Nous voulons créer des emplois pour les jeunes. Nos formations nous révèlent que beaucoup ont des talents cachés qu’il faut valoriser », précise-t-elle. Ces formations ont permis de créer plus de 30 emplois.
Celle qui était pressentie pour devenir infirmière, conseille les parents à « orienter leurs enfants vers ce qu’ils savent faire le mieux » et encourage les jeunes à développer leurs talents. Son projet le plus ambitieux est d’ouvrir son usine dédiée. D’ici-là, Déborah Agbo continue de se perfectionner et d’émerveiller.
La rédaction