Togo First

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On en sait davantage sur l’emprunt international qu’envisage le Togo. Si Faure Gnassingbé (photo), le Chef de l’Etat, estimait, dans une récente interview à Londres, le montant de la levée de fonds à 500 millions d’euros, un dernier tour de vis table désormais sur 397 millions d'euros.

Lomé, conseillé par Lazard la Banque d'affaires française, est surtout soutenue sur cette opération par la Banque mondiale et l’Africa Trade Insurance, après le feu vert du Fonds monétaire international. Les deux institutions ont accepté de garantir l’emprunt, pour alléger les conditions du marché.

Confronté à une pression de refinancement sur les prochaines années, l’exécutif togolais prévoit de contracter un emprunt à long terme en devise étrangère, pour rembourser une partie de sa dette intérieure à court terme. L’opération de reprofilage devrait contribuer à desserrer l’étau sur le gouvernement, et libérer de l’espace pour le financement des dépenses publiques, notamment sociales, alors que le PND nécessitera plus de 1 000 milliards FCFA d’investissements publics.

Le ministre togolais en charge de l’Agriculture, Noël Koutera, et Hussain Jasim Al Nowais, président du Fonds Khalifa pour le développement des entreprises, viennent de parapher à Lomé, un accord visant principalement le secteur agricole.

D’un montant de 15 millions $, ce financement est destiné à soutenir le développement des jeunes entrepreneurs agricoles et des PME/PMI du secteur. Il « vient créer une ligne de financement pour le MIFA et permettra de financer de très petites et moyennes entreprises pour les amener à créer des emplois et améliorer les revenus des populations », indique Noël Koutera. Celui-ci précise que « les femmes vont être bénéficiaires à plus de 40 % de cette ligne de financement ».

Pour ce faire, le fonds sera mis à disposition du Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA) fondé sur le partage de risque.

Pour sa part, Hussain Jasim Al Nowais table, avec ce financement, sur la création d’environ 13 000 emplois via le financement de 3 500 projets agricoles essentiellement innovants au Togo.

En rappel, les bases de cet accord qui vient d’être paraphé ont été jetées à Abu Dhabi, en mars dernier, à la faveur d’une visite du chef de l’Etat togolais aux Emirats arabes unis.

Séna Akoda

852 milliards FCFA de promesses d’investissements pour les 141 projets retenus en prélude au 1er forum d’affaires Togo-Ue. Si la moisson a été au rendez-vous, et d’ailleurs largement au-delà des attentes, il reste à rendre ces promesses effectives. Bilan, perspective, mécanisme de suivi, et les nouvelles visions pour faire rayonner la  « petite Suisse d’Afrique » aux côtés des grandes nations émergentes, avec en toile de fond le PND. La Ministre Déléguée-Conseillère du Président, Sandra Johnson, elle qui a coordonné l’organisation du Fetue (Forum économique Togo-Ue), lève un coin du voile sur l’avenir des projets ayant attiré les investisseurs. Exclusivité.

 

Togo First : Le premier forum Togo - UE a connu récemment son épilogue. Quel bilan dressez-vous de cette grande première ?

Sandra Ablamba Johnson (SAJ) : Le Forum Togo – UE était une des plus importantes rencontres d’affaires organisées au Togo. C’était un succès sur tous les fronts. Les objectifs fixés au départ ont été tous atteints. Le nombre de participants était supérieur à 1000 contre 400 initialement prévus. Plus de 410 participants étrangers venus de 54 pays, 450 entrepreneurs togolais, 46 membres de la diaspora togolaise, ainsi que 200 dignitaires et hauts fonctionnaires. Nous avions reçu 141 projets pour les rencontres b2b contre 100 initialement prévus. Au total, lors du forum, 427 rencontres B2B ont eu lieu. On était bien au-dessus des attentes. Avec plus que 60 journalistes, dont une vingtaine media internationaux qui ont couvert l’évènement, le Forum a renforcé l’image du Togo comme une destination d’investissement et d’affaires de premier plan.

Il a créé une nouvelle dynamique en termes d’encouragement de l’entreprenariat local, plus particulièrement celui des femmes et jeunes entrepreneurs venus de toutes les régions du pays. D’ailleurs, pour l’appel à projets que nous avions lancé en prélude au forum, plus de 400 projets du secteur privé local avait été réceptionnés.

Les entrepreneurs togolais ont noué des contacts fructueux avec des partenaires étrangers et plusieurs projets sont au stade de négociations avancées.

Deux protocoles d’accord ont été signés à savoir : la lettre d’adhésion du Togo au Centre de Développement de l’OCDE et un accord entre la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo et la Conférence Permanente des chambres consulaires d’Afrique et de la francophonie (CPCCAF).

De plus, le Forum a permis de fédérer le secteur privé togolais avec les trois (3) principales structures, notamment la CCIT (Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo, ndlr), le CNP (Conseil National du Patronat du Togo, ndlr) et l’AGET (Association des Grandes Entreprises du Togo, ndlr), qui ont unifié leurs efforts pour promouvoir les atouts du Togo.

On a également assisté, lors du Forum, au lancement officiel de la Chambre de Commerce européenne au Togo.

 

Togo First : 852 milliards FCFA de promesses pour 141 projets. Un succès selon le Premier ministre. Mais l’autre paire de manche sera la mobilisation effective de ces ressources. Quand on réussit l’organisation d’un tel évènement avec les objectifs au rendez-vous, comment en arrive-t-on à l’effectivité des promesses ?

SAJ : Le Forum était la plateforme idéale de networking (réseautage d’affaires) pour les porteurs des projets qui pouvaient y rencontrer des partenaires et nouer des relations gagnant-gagnants. Maintenant que nos entrepreneurs ont présenté leurs projets aux partenaires potentiels, il nous faut nous assurer un suivi pointu et rapproché afin de concrétiser les partenariats initiés.

Il semblerait que certains  promoteurs de projets soient inquiets et, comme nous voulons prendre le temps pour bien faire les choses, il faut les rassurer : avec la rigueur instaurée par les autorités au plus haut niveau, nous sommes bien obligés de ne pas faire les choses à la hâte, s’agissant du suivi du Forum. Un cadre institutionnel relatif au mécanisme de suivi ainsi qu’une stratégie viennent d’être validés et sont en cours de mise en œuvre.

Des courriers ont été envoyés à tous les participants pour recueillir leurs commentaires et également aux promoteurs de projets pour les aider à poursuivre les discussions avec leurs partenaires. Nous avons surtout impliqué les ambassades pour ceux dont les partenaires sont à l’extérieur. Les promoteurs concernés ont tous été contactés à cet effet. Soyez-en rassurés. Certains s’en sortent déjà très bien. Nous avons des retours.

 DAME

« Il nous faut nous assurer un suivi pointu et rapproché afin de concrétiser les partenariats initiés. »

 

La plateforme B2B mise en place avec l’appui de l’UE, est opérationnelle pour deux ans, en vue de permettre aux promoteurs de poursuivre les échanges avec leurs partenaires. Les promoteurs ont été alertés par courriers qu’ils seront contactés sous peu pour ce qui est du mécanisme de suivi.

D’ici les prochains jours, une réunion sera organisée pour leur expliquer le dispositif mis en place en collaboration avec le secteur privé et ce qu’ils doivent faire.

Parallèlement et au-delà des partenaires étrangers, des institutions financières internationales telles que la BAD et la Banque mondiale ont pu identifier des projets sur la liste des 141 retenus. Ces institutions accompagnent déjà certains promoteurs afin de les aider à affiner leurs projets. Nous espérons qu’ils pourront bien se vendre et finaliser les discussions pour bénéficier des financements.

Par ailleurs, la Chambre de commerce (CCIT, ndlr) pour sa part, vient de mettre en place un mécanisme de garantie pour les PME, surtout celles dont le montant des projets n’est pas très élevé. Ceux-là pourront profiter de cette garantie pour aller vers les banques locales se faire financer.

Je voudrais, par cette occasion, de saisir la balle au bond pour expliquer aux promoteurs que l’Etat ne jouera, comme déjà dit dès le début du forum, que le rôle d’accompagnateur et de facilitateur. Ils se doivent eux-mêmes d’être capables de saisir les opportunités pour vendre leurs projets et non attendre que la manne tombe du ciel. C’est malheureusement ce que nous observons aujourd’hui pour certains. Toutefois, nous confirmons que le mécanisme de suivi déployé restera à l’écoute et les accompagnera.

 

Togo First : Au sortir de ce forum, outre les promesses de financement des 141 projets retenus, quelles sont les retombées pour les projets phares du PND ?

SAJ : Outre les projets bancables du secteur privé, tous les projets phares du PND ont été très bien accueillis par la communauté des investisseurs pendant le Forum. Nous avons reçu des propositions fermes dans les domaines d’infrastructures, de l’énergie renouvelable, de l’eau, de l’agriculture et de l’agro-industrie, de la construction de parcs industriels, du développement de centre commercial entre autres. Ces projets sont à différentes phases de concrétisation. De plus, les principaux ministres étaient présents au Forum en vue de promouvoir ces projets. Il faut ajouter que deux pré-événements dédiés au PND (agriculture et l’énergie) étaient aussi organisés pour mieux présenter les projets du PND.

 

Togo First : Une consultation avec la partie européenne est prévue « très bientôt », apprend-on. Quel sera le contenu de cette consultation ?

SAJ : L’Union Européenne reste le premier partenaire économique du Togo, pour le commerce international ainsi qu’en termes de sources d’investissement, d’arrivée de touristes, de flux financier, d’assistance au développement et de coopération. Nous avons une structure de dialogue bien établie et nous nous entendons très bien sur les différents dossiers prioritaires. Naturellement, le PND va être un de sujet clef dans nos discussions et négociations. Le PND est un catalyseur du développement durable et pérenne du Togo.

 

 

Togo First : L’UE a mis en place un fonds d’investissement extérieur qui vise à allouer 4,1 milliards d’euros à l’Afrique et le voisinage de l’Europe. Quelles sont les stratégies mises en place par Lomé pour s’offrir sa part du gâteau ?

SAJ : Dans le cadre du projet « Alliance Afrique-Europe pour des emplois et des investissements durables » du Président de la Commission européenne Monsieur Jean-Claude Juncker, l’Union Européenne espère mobiliser environ 44 milliards d’euros d’investissements, notamment en offrant des garanties et des fonds privés. Et comme l’a affirmé le Vice-Président, Jyrki Tapani Katainen, l’UE « veut et peut » aider le Togo. On va prochainement signer un accord entre l’UE et la BAD pour le projet CIZO d’un montant de 10 millions d’euros. Nous travaillons sur différents projets financés par l’UE, notamment : la stratégie pour le développement du secteur privé, les projets d’appuis aux petites et moyennes entreprises, le programme de renforcement de capacité des entreprises, le développement d’une stratégie de l’exportation vers l’UE, entre autres.

 

Togo First : Après la Chine et l’UE, le Brésil. D’un pays à un autre, la stratégie du gouvernement a changé. A quoi doit-on s’attendre cette fois-ci ?

SAJ : La diplomatie économique du Togo est bien en marche avec plus d’ouvertures sur le monde, au-delà des frontières de nos partenaires dits historiques et traditionnels. Le Togo se positionne comme la Capitale financière par excellence de l’Afrique de l’Ouest, un Hub de premier plan pour les investissements et les affaires ainsi qu’un port d’éclatement et un centre de tourisme. Pour assurer cette politique d’ouverture, le Togo consolide ses relations politique et économique avec tous les pays émergents. Le Président de la République a redoublé ses efforts pour mieux positionner le Togo sur le radar des investisseurs potentiels des pays exportateurs de capitaux. Nous avons un regard particulier sur l’Inde, la Russie, le Canada, les Emirats Arabes Unis et la Scandinavie, et d’autres pays. Aussi, allons-nous travailler d’arrache-pied pour l’internationalisation du Togo.

 

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Deux semaines après son succès à l’occasion de sa 1ère opération du 3è trimestre sur le marché financier UMOA-Titres, le Togo va solliciter à nouveau  les investisseurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le 26 juillet, il tentera encore de collecter 20 milliards FCFA pour combler les besoins de financement de son budget, exercice 2019-2020.

Si le montant reste le même que celui recherché le 12 juillet dernier qui a été bouclé par une sursouscription, la période de maturité de l’opération en revanche, diffère.

Contrairement à la précédente émission stipulée pour une maturité de 3 ans, celle annoncée prochainement, pour sa part, devrait couvrir une période de 5 ans (60 mois).

La valeur nominale unitaire des titres est 10 000 FCFA. Une fois souscrites, les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) envisagées, devraient commencer à produire des intérêts à compter du 29 juillet 2019 au taux de 6,5% l’an, dès la première année.

« Le remboursement de ces obligations se fera le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance.», informe l’avis d’appel d’offres publié par UMOA-TITRES, l’agence régionale de planification de la dette.

Séna Akoda

Dans la perspective du Africa Early Stage Investor Summit (Sommet des investisseurs en phase de démarrage en Afrique), prévu les 13 et 14 novembre prochains à Cape Town, il est lancé un appel à projets innovants et à fort potentiel de croissance.

Cette initiative émane de la « VC4A Venture Showcase - Séries A » qui joue un rôle central au cours de ce sommet annuel. Elle vise à sélectionner 10 projets innovants de jeunes entrepreneurs qui ambitionnent de lever des fonds, de l’ordre de 250 000 à 5 millions $ pour soutenir leur plan de croissance.

Pour être éligible, l’entreprise doit être à but lucratif et enregistrée en tant que personne morale indépendante ; avoir un produit ou un service disponible sur le marché, générer des revenus. Le produit ou service qu’elle propose doit être innovant. L’entreprise doit disposer d’une direction très forte, constituée d'au moins 3 personnes, souligne l’appel à projets.

Par ailleurs, l’équipe en charge de la direction doit être basée dans un ou plusieurs pays du continent africain ; et au moins, l’un des fondateurs de l’entreprise doit être de nationalité africaine.   

Toute start-up qui satisfait à toutes ces conditions pourrait soumettre, jusqu’au 31 juillet prochain, son projet via cette https://vc4a.com/vc4a/2019-vc4a-venture-showcase-series-a/">plateforme.

Séna Akoda

Gozem, le service de réservation en ligne de moyens de transport, vient d’ajouter un nouveau segment à son offre. Il a lancé, à Lomé et à Cotonou, son service de réservation de tricycles passagers.

La société fondée par le Nigérian Emeka Ajene propose ainsi des trajets en véhicules à trois roues, devenus un mode de transport intermédiaire entre les taxis-motos et les taxis.

Tout en enrichissant son offre dans la capitale togolaise, Gozem marque, avec l’ouverture du service de réservation des tricycles à Cotonou, son 1er point dans sa vision d’extension à travers le continent africain.

A l’occasion du lancement de ce service, la start-up a encore mis l’accent sur la sécurité du passager et le coût « abordable » de ses services. « Avec le lancement des tricycles, nous faisons un pas de plus pour offrir aux clients de la région des options sûres à des prix abordables pour toutes les occasions », a indiqué son promoteur.

Séna Akoda

Un projet de promotion des moyens d’existence respectueux de la biodiversité dans le parc national de Fazao-Malfakassa (Nord-Togo) a été lancé le lundi 15 juillet à Lomé.

Financé à hauteur de 1 million $ par l’Etat indien, il sera mis en œuvre par l’Unesco, informe Damien Mama, représentant-résident du Système des Nations Unies au Togo.

Ce projet devrait promouvoir un modèle de gestion des aires protégées, qui impliquera différents acteurs y compris les communautés environnantes.

Il devrait créer également 350 emplois verts. L’objectif final de cette initiative est de parvenir à inscrire le parc Fazao-Malfakassa parmi les réserves de la biosphère de l’Unesco et de développement des économies vertes, apprend-on.

Ce projet qui traduit le dynamisme de la coopération Sud-Sud, vient en appui aux initiatives visant à préserver la vie sous ses diverses formes dans le parc.

Hermès. Il fait partie de cette diaspora qui connecte la terre de ses ancêtres à l’Europe. Particulièrement à la France où il a gravi les échelons, niveau collectivités locales, avant de revenir à ses rêves : motiver, inciter, conseiller les entreprises  val-d'oisiennes à investir au Togo, et parfois, l’inverse. Le made in Togo, le consommer local, y compris le recrutement des compétences locales,  plus qu’un leitmotiv est inscrit en lettre d’or chez Pascal Ayayi Creppy (PAC), patron de 3 C Conseil, initiateur de l'association « Dynamique Togo Val d'Oise », digne fils togolais à la verve intarissable. Interview.

Togo First : Vous opérez sur le segment des activités de conseil en affaires intégrant une clause sociale d’insertion RSE. Qu’est-ce que cela signifie ?

Pascal Ayayi Creppy (PAC) : Mon métier de conseil en affaires consiste à conseiller et former des entreprises du Val d'Oise depuis 5 ans (depuis 2 mois le Rhône) à commercer avec le Togo. Concrètement, je traite des liens d’affaires entre les entreprises du Val d’Oise (France) et celles du Togo, afin qu’elles puissent faire des affaires ensemble.

Je suis facilitateur, le messager entre les entreprises de ces 2 univers dont la volonté de collaborer n’est plus à démontrer. Cependant, je considère que ces échanges doivent s'effectuer de manière pratique, dans un cadre de responsabilité sociale de l'entreprise (RSE). Pour ma part, cette RSE se matérialise avec une clause sociale d'insertion qui vise à créer de l'emploi. Ainsi, j’incite les entreprises que j'amène à recruter local.

Concrètement, nous mettons un avenant,  un petit contrat à côté, qui invite ces entreprises à recruter des Togolais. Bien évidemment, le terrain doit être balisé en amont. Par exemple,  j’identifie auprès de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi), les recruteurs locaux ou les publics, les demandeurs d’emploi capables de travailler sur les compétences demandées par ces employeurs. C’est un métier. Et ça marche !

Togo First : Quelles sont les entreprises présentes ici au Togo qui sont nées de votre activité?

PAC : Pour l’instant, je n’ai pas encore apporté de grosses structures. C’est essentiellement des porteurs de projet, des petites structures ou des PME. La première entreprise, fruit de mon activité de conseil, est dans la formation industrielle, la seconde dans la sécurité maritime, la troisième dans le métier des services. Une autre opère dans le secteur du transport de colis entre le Togo et la région lyonnaise. Il y en a une qui est dans l’agropastorale dans la région de Glei à Atakpamé. Je m’en voudrais de ne pas parler de ma plus grosse fierté. Elle opère dans le domaine de la photocopie. C’est une entreprise qui a réussi à employer beaucoup de Togolais en personnel permanent. Elle a recruté  local, de la direction commerciale aux directions informatique et financière.  

Nous avons fait du social dans le cadre de ces structures ; par exemple, nous avons offert une photocopieuse à une école publique qui n’avait pas les moyens de s’en acheter.

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Togo First : L’objectif que vous vous êtes assigné est de permettre aux Togolais d’avoir de l’emploi. Quid de la compétence de ceux que vous recrutez ? Parce que la question de la compétence se pose très souvent lorsque les multinationales descendent dans les pays les moins avancés. Comment résout-on le problème de l’adéquation ?

PAC : Si vous permettez, je vais rectifier. Mon seul objectif n’est pas de faire du social ou de la responsabilité sociale. Ce n’est qu’un de mes objectifs. Mon activité principale est commerciale qui est une invention humaine et sociale. Ce sont des affaires avec une approche humaniste, sociale et durable.

Pour la problématique de la compétence, elle n’est pas propre au Togo. Tu peux rencontrer en Europe ou en Amérique, des gens qui ne sont pas compétents. Mon rôle est d’amener le chef d’entreprise à mon concept, mon modèle de business, à revoir ses critères de recrutement dans un environnement où il ne peut pas trouver le mouton à 5 ou 10 pattes, c’est-à-dire le candidat qui a tout.

La plupart des entreprises a des modèles-types de recrutement. On veut telle personne née à tel endroit, qui a fréquenté telle école, avec telle compétence et qui parle trois langues. Sur le poste ou la mission à confier, on n’a généralement pas toujours besoin de tous ces prérequis ou toutes ces qualités pour travailler.

J’ai rencontré des assistantes de direction ou des secrétaires pour lesquelles, on a demandé la maîtrise de l’anglais, de l’allemand et de l’italien alors que l’entreprise n’opère pas à l’international. Cela n’a aucun sens. Ma mission est de les amener à revoir tous ces critères. Les candidats ne répondent pas aux annonces dès qu’ils se rendent compte qu’ils doivent répondre à une litanie de critères.

La seconde chose est que lorsque je demande aux multinationales de recruter local, je le fais de manière intelligente. Car, après tout, c’est le Chef d’entreprise qui a le dernier mot. Concrètement, j’identifie les différents postes concernés et je vérifie dans le bassin de l’emploi local, si on a des compétences qui y correspondent. Si personne ne répond aux critères, je laisse l’entreprise faire.

Toutefois, je tiens à préciser qu’il y a bien des universités dans ce pays et des gens qui sont y formés sur des normes internationales. Comme il y a aussi des personnes qui ont besoin d’un cadre pour compléter leur formation. Ce sont des choses à mettre en œuvre avec l’entreprise en matière de formation ou de mise à niveau.

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Togo First : Comment on arrive à défier les lois du marché pour propulser son activité quand on exerce dans le conseil en affaires, un métier peu connu dans les pays en développement ?

PAC : Ce n’est pas évident au départ. Le conseil dans nos pays n’est pas encore connu. Dans un premier temps, il faut aller, humblement et modestement, se faire connaitre. Il n’y a que par des résultats qu’on arrive à poser, petit à petit, ses marques. Un petit contrat, un second qui débouche sur un autre.

La difficulté est de pouvoir monnayer le conseil. C’est mieux quand il s’agit de grandes entreprises mais là encore...

Il faut cultiver les graines et entretenir son relationnel, son lobbying. Il faut accepter de ne pas beaucoup gagner au départ. A mes débuts, j'ai dû former, enseigner, animer des séminaires parallèlement pour faire connaître et expliquer le métier du conseil, la particularité du Val d'Oise avec le Togo dans le cadre d'une coopération décentralisée.

Le mot « affaires » a une connotation péjorative qui laisse penser qu’on fait des choses illicites. Nous, notre rôle est aussi d’expliquer qu’on peut faire les choses, selon une certaine éthique. C’est d’ailleurs ce qu’essaie de mettre en place la secrétaire d’Etat en charge du climat des affaires : instaurer un climat de confiance.

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Togo First : Vous venez de participer au 1er FETUE. Quelle est votre appréciation de cette initiative ?

PAC : Une excellente initiative, même si moi-même je n'y croyais pas au départ. Tout le monde est d’accord que c’est une belle initiative. Un véritable moyen de faire la promotion du pays en général, de ses politiques, entreprises etc. On a pu se mettre d’accord sur le fait que l’évènement des 13 et 14 juin derniers, a réussi. Tout a été top. L'événement a réussi aussi bien dans le pilotage par Mme le ministre en charge du climat des affaires, Sandra Johnson, que dans la communication par le Moci (Moniteur du Commerce international) de France. C’était un bon show d'affaires à l'européenne. Un forum à l’image de ce qui se fait dans les grands pays, à l’échelle de l’Europe.

Togo First : Quel est votre bilan personnel à ce forum ?

PAC : Je suis allé au forum avec une double casquette : patron de ma structure de conseil (3 C Conseil, ndlr) et président de l’association dynamique Togo-Val d’Oise que j’ai récemment initiée. Au niveau de ma structure, le forum a permis d’enrichir mon carnet d’adresses avec surtout ceux qui sont venus de l’international : entreprises, institutionnels, personnalités de l’ODCE etc…

Le plus fort a été au niveau de l’association. C’était l’opportunité de nous faire connaître. On avait un stand et on a enregistré énormément de passages. On a permis à des jeunes Togolais, membres de notre association de présenter leur business et leurs produits Made in Togo.

Au départ il y a 5 ans, l'idée était d'amener des chefs d'entreprise du Val d'Oise à investir et à y faire du business. Aujourd'hui, des jeunes entrepreneurs togolais veulent conquérir les marchés Val d'Oisiens et du Rhône Alpes Auvergne. Avec des produits made in Togo, des entreprises comme Never Die, Neo Liquors, Colis Expres...., de réelles perspectives sont en train d'être ouvertes depuis le forum Togo-Ue dans l’ananas, le beurre de karité, le jus de fruit bio haut de gamme, etc.

En termes d'activité, nous avons sensibilisé et  formé des entrepreneurs à faire de l'international avec le val d'Oise et depuis quelques semaines avec le Rhône Alpes.

On a appris une bonne nouvelle au forum. Le Togo va recevoir des financements de l’UE pour créer ou aider des entreprises locales dans les certifications ou les facilitations dans l’export, par exemple.

Comme je le disais, je suis l'initiateur et président du l'association Dynamique Togo Val d'Oise. Les piliers qui me soutiennent sont Mme Solim Kpimsie de Never Die,  Monsieur Homawoo de l'entreprise Néo Liquors, Mme Ouédraogo, Mr Anani, informaticien.  Ils ont été formés à faire l'international. Ils ont énormément préparé leur participation active à ce forum qui leur a permis de commercialiser leurs produits sur place.

Un entrepreneur dans l'équipe a même obtenu un contrat ponctuel en informatique de 3 jours auprès d'un dirigeant de passage à Lomé pour ce forum Togo-Ue. Ils ont pu tisser créer des liens entre entrepreneurs du Val d'Oise (Trinita Company Group) et du Rhône (Edouard Lorente, lobbyste en affaires) venus au forum. Des négociations ont lieu après le forum pour des échanges commerciaux entre ces derniers et le Togo.

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Togo First : Que pensez-vous de la stratégie utilisée : lancer un appel à projets pour recruter une centaine de projets qui sont allés ensuite conquérir plus de 800 milliards FCFA ?

PAC : Je trouve cette démarche très intéressante. C’est la partie la plus concrète et visible du forum. Il faut donner des opportunités aux porteurs de projets et entrepreneurs locaux de montrer leur savoir-faire à des potentiels investisseurs. Ces entrepreneurs sont parfois isolés et bénéficient de micro-financements institutionnels mais cela ne suffit pas. Il faut un réseau, un carnet d’adresses et de l’expérience.

Togo First : 852 milliards de promesses. Comment passer de l’étape de promesse à l’effectivité de leur mobilisation ?

PAC : Pour l’entrepreneur, il n’y a que par l’aspect commercial, le relationnel, le chiffre d’affaires, la démarcation dans l’offre, le lobbying de qualité, le non-isolement, l’acceptation de se faire accompagner par des autorités locales et de se faire identifier par les financeurs.

Togo First : Le PND a pour ambition de transformer structurellement le Togo avec 65% des investissements qui repose sur le secteur privé. Quel est le point fort de ce programme ?

PAC : Je le trouve bien et ambitieux. A un moment, il faut le faire. On ne peut pas toujours naviguer à vue. Il faut avoir une vision. Ce que j’ai le plus apprécié est qu’ils aient réussi à définir les secteurs prioritaires en matière d’investissement. L’agriculture, les industries et les emplois, l’énergie, sont au centre des projets d’investissement.

Togo First : Pensez-vous qu’avec la mise en œuvre des axes du PND, le Togo s’inscrit dans la dynamique de l’émergence ?

PAC : La question qui se pose est juste le financement. On n’est pas encore assez financés. Il faut aller voir les investisseurs, les fonds. Il faut trouver de l’argent pour le (PND, ndlr) financer. Si on y arrive, oui on réussira. Bien évidemment, le financement seul ne fera pas l’affaire. Il faut aussi, et surtout, des hommes. Mais, le financement est capital pour la réalisation du PND. Revenant aux ressources humaines, il faut que les autorités s’entourent des gens qui savent développer une économie. C’est un métier. On aura besoin des développeurs d’entreprises et d’emploi.

Togo First : Quels sont les pièges à éviter dans la mise en œuvre du PND, selon vous ?

PAC : Le Togo a connu une période difficile des années 90 à 2000 où on était sous embargo. Nous n’avions quasiment plus de bailleurs de fonds. Tout est maintenant revenu dans l’ordre. Le dialogue a été renoué. Il faudra donc continuer à travailler dans ce sens, pour que cela ne s’arrête pas et que les financements affluent.

Il y a déjà des réformes, avec l’amélioration du climat des affaires et tout ce qui va avec pour rendre le pays attractif.  Il faut poursuivre et accentuer les efforts. Ne pas casser la dynamique en retournant dans les crises. A chaque crise, il faut reconstruire ce qui a été cassé, remobiliser la population, les bailleurs, les énergies et tout. Il faut de la stabilité pour construire sur la durée.  Il y a souvent eu une crise de confiance entre la population et le gouvernement. Si elle (Confiance, ndlr) revient, tout ira bien.

Togo First : Vous parliez des réformes du climat des affaires. Pensez-vous que les prestations fournies par l’administration publique se soient améliorées ces dernières années ?

PAC : Pour être honnête, nos services publics ont évolué grâce à la dynamique de l'amélioration du climat des affaires. Grâce aux réformes, on peut désormais créer facilement  et simplement une entreprise. Aujourd’hui, on peut rencontrer plus facilement les autorités pour échanger sur les possibilités d’investissement.

Néanmoins, c'est important que la paix individuelle revienne afin  que chaque Togolais puisse accompagner le Togo vers l'émergence économique. Sans l'économie, la société n'est rien. Sans l'homme, la société n'est rien.

Le travail du ministre Johnson (Sandra Johnson, ndlr) au secrétariat  en charge  du climat des affaires, dans ce sens,  est innovant, nécessaire et tendance. Elle et son équipe arrivent à concilier le développement des affaires avec une certaine éthique. Des ambitions et paris à encourager.

Togo First : Quels sont vos prochains défis au Togo ?

PAC : L’association Togo-Val d’Oise et Rhône-Alpes va accompagner les opérateurs économiques togolais à nouer des relations d’affaires, intensifier ses activités et profiter des opportunités issues du forum. Nous comptons faire venir des investisseurs français au pays et aller, avec d’autres, dans la mesure du possible, dans l’hexagone. Nous allons surtout développer le commerce équitable, un concept qui promeut des échanges honnêtes et valorisants entre les différents partenaires.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Le tout 1er forum dédié à l’investissement en Afrique de l’Ouest se tiendra les 03 et 04 octobre prochains dans la capitale togolaise. Dénommée « Invest In West Africa », cette rencontre devrait permettre d'apporter une réponse au problème critique de l'accès du secteur privé ouest-africain aux financements.

Selon les données de la BAD, rapportées par Idrissa Nassa (photo), président du Groupe Coris, et parrain de l'événement, « pour la période 2006-2016, l'économie du secteur privé a représenté près de 40% du PIB de l'Afrique de l'Ouest, et 30% du budget des Etats ».

Ces statistiques fondent le financier à affirmer que « le secteur privé représente sans conteste le moteur de la croissance et du développement inclusif sur le continent africain en général et en Afrique de l'Ouest tout particulièrement ».

Avec pour fil conducteur « financer les PME-PMI à fort potentiel, amplifier les partenariats public-privé », cette rencontre devrait « fédérer l’ensemble des acteurs de l’investissement ». Via cette mobilisation, il s’agira de  « démontrer au monde, qu’en Afrique de l’Ouest, le secteur privé est prêt à absorber les investissements et est en train d’acquérir de la maturité ».

Sont attendus à cet événement unique en son genre et par sa portée, des entrepreneurs, investisseurs, organisations régionales et continentales. 

A terme, les promoteurs du forum ambitionnent d’avoir un secteur privé ouest-africain fort, au service des Etats.

Séna Akoda

Après CanalBox qui permet de déployer le très haut débit à domicile, GVA-Togo, filiale du groupe Vivendi vient de lancer son offre « Start ». Si avec sa 1ère offre, la société dédiée au développement de l'accès Internet très haut débit au Togo rend le très haut débit  accessible à 30 000 FCFA, l’offre Start quant à elle, vient réduire de moitié ce prix.

Avec ce nouveau produit mis au point dans le cadre du projet (FTTH – Fiber to the Home), l’idée est de démocratiser l’accès à Internet haut débit et donc à une connexion « d’une qualité technologique inégalée », selon la société qui commercialise ce produit.

« La création de l’offre Start permet, dès aujourd’hui, à un très grand nombre de familles togolaises de profiter du très haut débit par fibre optique, à seulement 15 000 FCFA/mois.», assure Alexandre Cohen (photo), directeur général de GVA-Togo. Celui-ci met par ailleurs l’accent sur la vitesse de connexion, qui est de 10 Mbps.

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