Démarrées le 9 janvier 2019 à Abidjan, les rencontres de haut niveau dénommées « Rencontres Marché des Titres Publics (MTP) » sont ce vendredi, à leur dernier jour. Au programme, un focus sur les Etats du Mali, du Burkina, du Sénégal et du Togo.
L’événement vise, selon l’agence régionale de planification de la dette UMOA-TITRES qui l'organise, à « renforcer les enjeux du Marché régional des Titres Publics et de promouvoir ses instruments auprès des acteurs du marché financier ».
Il a vocation, en outre, à rappeler le cadre réglementaire en vigueur, à faire une présentation du bilan de l'activité des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) sur le MTP de l'UEMOA et à recueillir des propositions de réformes de leur activité, dans un nouveau cadre d’exercice.
Le Trésor Public togolais devrait, à l’instar des autres pays précités, exposer ses projets et perspectives, y compris son programme d’émissions de titres publics en 2019.
L'ensemble de leurs communications seront complétées par une session régionale animée par l’agence Umoa-Titres. Cette session sera consacrée à des échanges autour du calendrier consolidé et du projet de mise en place d’une courbe de taux dans l’Union.
Hier, au second jour de l’événement, le Bénin, le Niger, la Guinée-Bissau et la Côte-d’Ivoire ont fait le même exercice.
Séna Akoda
Ce vendredi, 11 janvier 2019, cadres et agents du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) sont, à la faveur d’ « une retraite stratégique du personnel » à Notsé, ville située à environ 95 km de la capitale togolaise.
Cette rencontre de trois jours qui débute aujourd'hui devrait permettre d’adopter le Plan de Travail et de Budget Annuel (PTBA) 2019.
En outre, la rencontre se penchera sur d'autres activités clés. L'une consistera à faire un diagnostic des interventions de l’institution menées en 2018. L'autre volet de l'exercice aboutira, indique-t-on, à un examen spécifique des produits de deuxième génération.
En rappel, le FNFI est l’un des instruments mis en place par l’Etat togolais pour espérer réduire significativement la pauvreté. Au 30 juin 2018, il mobilisait 30 milliards FCFA auprès de l’Etat et des bailleurs de fonds. Ce fonds a permis à l’institution d’octroyer un volume de crédits record de 75 milliards FCFA, facilité par un système de revolving.
A son actif, également, plus de 20 700 jeunes financés à travers le produit AJSEF entre 2015 et 2017 et plus de 17 000 emplois directs générés.
Séna Akoda
Vous êtes une startup ou un porteur de projet dans le domaine du digital et des technologies, vous recherchez un cadre adéquat pour développer et matérialiser vos idées, stimuler votre créativité, augmenter votre productivité et échanger quotidiennement avec d’autres acteurs de votre secteur. Vous êtes à la quête de la compétitivité. Le Djanta TechHub s’adresse à vous : faites-vous connaître et exprimez vos besoins en termes d'appui, d'accompagnement et de financement, en soumettant ce formulaire en ligne.
Concrètement, qu’est-ce que Djanta TechHub ?
Brièvement, Djanta TechHub est un campus technologique de 3000 m² construit pour la promotion et la valorisation de l’entrepreneuriat, de la créativité et du développement économique par le numérique, la technologie, l’innovation et la recherche.
Il dispose notamment d’espace de coworking, d’un incubateur et d’un accélérateur d’entreprises, de salles disponibles pour héberger des conférences et des réunions.
Le Campus abritera une école de code de haut niveau, un FabLab pour initier à l’utilisation de machines-outils pilotées par ordinateur. Il fait également la part belle au genre, avec sa Nana Tech, un espace dédié à la promotion des femmes dans le numérique.
Rejoignez donc cette nouvelle aventure, ce cercle des innovateurs togolais.
Lien du formulaire d’inscription : http://k6.re/hWyil
Avec une production qui est passée de 24 000 tonnes à 35 000 tonnes sur les trois dernières années, et un rendement moyen de 3 tonnes à l’hectare, la filière du Soja a de bons résultats au Togo. Tant et si bien que des producteurs de pays voisins viennent s’inspirer de l’expérience locale.
C’est le cas de la délégation de l’Union Nationale des Producteurs de Soja du Bénin (UNPS) en visite à Lomé ce mercredi 09 janvier. Elle a rencontré les ingénieurs agronomes du Togo afin de bénéficier du savoir-faire togolais en matière d’équipement et de gestion des semences de soja.
« Nous sommes venus voir un peu comment nos frères togolais produisent le soja, quels sont les mécanismes de mise en place des matériels, c’est-à-dire les intrants, les matériels. Nous avons appris que le Togo est déjà plus avancé en matière de ces équipements », a expliqué un des membres de la délégation béninoise.
A titre d’illustration, pour un rendement togolais de 3 tonnes à l’hectare, le Bénin plafonne à un peu plus de 800 kg par hectare.
Ceci semble expliquer l’intérêt porté aux techniques du Togo par les producteurs de la sous-région. Avant le Bénin, c’est la Guinée et la Côte d’Ivoire qui sont venues s’inspirer du savoir-faire national en matière de production de soja.
Le Trésor Public togolais a frôlé ce jeudi son objectif de mobilisation, indiquent les résultats sanctionnant sa première opération sur le marché financier régional.
L’objectif était de mobiliser 20 milliards pour financer le budget de l’Etat. Au final, les investisseurs serviront 18,625 milliards FCFA. Toutefois, seulement 13,625 milliards FCFA seront retenus par la partie togolaise.
Alors que le pays vient d’achever une année 2018 sur de bonnes performances, cette grande première de 2019, marque un coup d’arrêt. Pourtant, le marché semble propice.
Le modeste résultat intervient dans un climat où, en ce début d’année, les investisseurs réagissent favorablement aux sollicitations de fonds des pays émetteurs de l’espace d’intégration.
A l’illustration du Bénin, le 9 janvier 2019, qui a crevé le plafond avec près de 22 milliards FCFA de soumissions contre 20 milliards FCFA recherchés, par BAT répondant à des caractéristiques quasi-identiques. 24 heures plus tôt, c’était le Niger qui, avec un objectif financier initial de 25 milliards FCFA, avait réussi à lever 25,313 milliards FCFA.
Rappelons que 2018 avait également démarré par une plus petite performance pour le Togo, avant que le pays ne relève progressivement ses sorties sur ce marché au cours de l’année, pour se hisser au rang des meilleurs émetteurs.
En 2019, le Togo prévoit de mobiliser sur ce marché 390 milliards FCFA dont 95 milliards FCFA au premier trimestre, pour financer le budget.
Ce jeudi 10 janvier 2019, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières et l’International Finance Corporation (IFC), institution membre du groupe de la Banque Mondiale, ont procédé à la signature d’un accord de coopération sur le code de gouvernance des entreprises.
Objectif : « permettre aux entreprises cotées à la BRVM d’être plus efficaces, compétitives et productives afin de garantir un climat de confiance vis à vis des investisseurs », indique Dr Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la société boursière au cours de cette cérémonie.
Si Charlotte N’daw, chargée des Opérations Senior à l’IFC Africa, précise que « cet accord de coopération entre la BRVM et l’IFC, s’inscrit dans le cadre de la promotion des pratiques du code de gouvernance au sein des entreprises », le n°1 de la BRVM ajoutera que : « le code de gouvernance d’entreprise vise à prévenir et à gérer les conflits qui peuvent naître entre les dirigeants d’entreprises ».
Notons que l’IFC est la plus importante institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé dans les pays en développement.
Séna Akoda
L’année 2018 s’est achevée sur une note de satisfaction au vu des résultats obtenus dans la mise en œuvre de la politique nationale de développement à la base, a indiqué ce jeudi 10 janvier 2018, le ministre en charge de ce secteur, Victoire Tomégah-Dogbé, qui a souligné un taux d’exécution de 94% de la lettre de mission.
Durant la période sous revue, 16 002 emplois durables ont été créés au profit des jeunes et 57 365 emplois temporaires ont profité à des jeunes et des femmes.
40 infrastructures socioéconomiques correspondant à 312 unités d’infrastructures ont été réalisées au profit des communautés, 91 394 élèves du préscolaire et du primaire ont bénéficié du programme des cantines scolaires.
Dans le secteur de l’artisanat, 691,1 millions FCFA ont été investis. Dans le détail, 27 centres ont été construits ou réhabilités, 1852 artisans ont été formés en technique de création et de gestion de PME. 353 artisans ont eux, participé à des manifestations foraines nationales et internationales.
Quant au volet de la promotion de la jeunesse, 4455 jeunes ont renforcé leur employabilité dans le volontariat et 2364 micro-entreprises et PME ont été créées.
Ces chiffres ont été dévoilés lors de la présentation du rapport de la revue annuelle de performance 2018 du ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes.
Octave A. Bruce
La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) offre désormais aux employeurs la possibilité d’effectuer les paiements des cotisations sociales via des plateformes électroniques mises en place par le duopole du secteur de la téléphonie mobile au Togo, TogoCom et Moovtogo, vient-on d’apprendre.
Dans le concret, ceux-ci devront pour cela utiliser les services en ligne de la CNSS, en suivant https://services.cnss.tg, et effectuer les paiements via leurs comptes Tmoney et Flooz.
Tout récemment, l’institution en charge de la sécurité sociale au Togo digitalisait la procédure d’immatriculation et l’accès à ses prestations via l’interface électronique cnss.tg.
Elle offrait également la possibilité à ses partenaires (employeurs et travailleurs) de s’acquitter de leurs obligations envers elle. Et, par ailleurs, d’ouvrir et de consulter leur compte en ligne.
En s’alliant avec les deux sociétés de téléphonie pour le paiement des cotisations via le mobile money, elle confirme son entrée de plain-pied dans la numérisation de ses services par l’offre de solutions plus simples et plus pratiques.
Séna Akoda
L’année 2019 s’annonce propice pour les investissements au Togo. Le PND devrait atteindre sa vitesse de croisière. Kanka-Malik Natchaba, l’ancien DG de la SALT (Société Aéroportuaire de Lomé Tokoin), rappelé à la présidence en 2017 par Faure Gnassingbé, pour lui distiller quelques précieux conseils, comme il en a pris l’habitude depuis 2014, nous donne, dans une sorte de bilan-perspectives, un avant-goût d’une année qui marquera essentiellement le début d’une transformation économique du Togo.
Au menu, le climat des affaires, le social, les secteurs porteurs au Togo en 2019, les projets phares qui animeront cette nouvelle année, avec comme plat de résistance, des détails sur les 500 000 emplois directs visés d’ici 2022 et quelques annonces.
Exclusivité Togo First.
Togo First : Vous êtes depuis fin 2017 chargé de la coordination de la Cellule Présidentielle d’Exécution et de Suivi des Projets Prioritaires (CPES). Globalement, quel bilan faites-vous de l’année écoulée, notamment de l’important portefeuille de projets dont vous assurez le suivi ?
Kanka-Malik Natchaba (KMN) : Je voudrais d’abord vous souhaiter une bonne année 2019 et adresser mes meilleurs vœux à vos lecteurs. Je vous remercie également pour l’opportunité que vous me donnez et vous félicite pour votre professionnalisme au service du rayonnement de notre pays.
Après un an d’existence, nous pouvons dire que la Cellule poursuit son apprentissage et continue à s’installer dans l’environnement administratif togolais. C’est une réussite à mettre à l’actif du Chef de l’Etat qui a voulu cette cellule et qui lui accorde un soutien bienveillant dans ses activités au quotidien. De manière concrète, nous procédons par des comptes rendus réguliers et spécifiques sur les projets prioritaires, afin de lever au plus vite les blocages qui surviennent.
Premier résultat donc, l’institutionnalisation de la Cellule.
Deuxième résultat, les projets suivis ont, de manière intrinsèque, des résultats qui sont assez gratifiants. Naturellement, le mérite en revient d’abord aux porteurs de ces projets avec l’aide de la Cellule. Je peux citer par exemple :
Le projet d’agropole de Kara en phase préparatoire qui a déjà obtenu des accords de financement avec la BAD et la BOAD. Il est chiffré autour de 60 milliards de FCFA et devrait achever cette phase préparatoire courant 2019. Une agence mise en place par le gouvernement (l’APRODAT) a recruté des cadres opérationnels qui vont contribuer au développement de l’agropole.
Le deuxième projet à mettre en exergue, toujours dans le domaine agricole, c’est celui du développement de la plaine de Djagblé, qui a été lancé cette année par le chef de l’Etat et que nous suivons. Ce projet, aujourd’hui, est en phase de mise en œuvre avec la réception de 4 bâtiments scolaires, 6 blocsEco Sanitaires, une adduction en eau potable et la construction d'un CMS.
La réhabilitation de l’Unité de Soins Périphérique Lebe, quant à elle, est presque terminée (87 % de réalisation).
Ce sont de petites victoires dont nous nous réjouissons et qui nous motivent à aller de l’avant. La dernière mission de la BID conduite courant décembre est venue confirmer la bonne tenue de ce projet qui ne manquera pas de transformer la plaine de Djagblé dont les résultats sont visibles pour tous.
Je ne vais pas revenir sur les résultats du projet Mifa qui sont connus et partagés régulièrement par la dynamique équipe de coordination.
Dans le secteur de la santé, nous suivons le projet nommé Muskoka, relatif à la santé maternelle et néonatale. Il est financé par l’AFD et mis en œuvre par le ministère de la Santé. Cette année, il y a eu la réception définitive et provisoire de 21 structures sanitaires ; et la formation de 136 personnes en soins obstétricaux/néonataux d’urgence et en management.
Enfin, et pour ne pas être trop long, nous pouvons évoquer les avancées du projet d’identification biométrique de la population qui est aujourd’hui à une phase de prédémarrage. C’est-à-dire que les études sont achevées, le choix du prestataire est quasiment finalisé et la stratégie est définie par les autorités.
Je voudrais aussi mentionner le projet de parc logistique multiservices qui a vocation à désengorger le port et à renforcer nos capacités logistiques. Ce projet est porté par Togo Invest et aujourd’hui, nous pouvons confirmer que les études géotechniques sont en cours sur le site, avec un financement français, et dans quelques mois, les travaux pourront démarrer.
Plusieurs autres projets sont suivis par la cellule. Sans revenir spécifiquement sur ces projets, le troisième résultat que nous voulons mettre en exergue, c’est la diffusion progressive de la culture du Delivery (adéquation entre objectifs attendus et situation réelle, ndlr), du résultat, au sein de la communauté des porteurs de projets. En effet, nous avons vu évoluer l’implication des acteurs et leur mobilisation pour l’atteinte des résultats qui nous sont assignés. Nous voudrions donc les encourager à poursuivre dans cette voie difficile mais porteuse de fruits.
Pour finir, la Cellule ne travaille pas seule. Elle est aujourd’hui appuyée par le FIDA et l’Institut Tony Blair, qui nous outillent suffisamment en capacités, mais aussi en méthodes de travail pour être toujours plus efficace.
Togo First : Fort de ces acquis, quels sont les projets phares du PND qui animeront 2019 ?
KMN : Les projets phares du PND qui animeront 2019 sont pour la plupart ceux qui ont démarré en 2018. Un grand nombre a un délai de réalisation d’au moins deux ans, voire trois pour l’agropole de Kara, par exemple.
Plus précisément, en se référant à l’Axe 1 du PND qui est la mise en place d’un hub logistique d’excellence, nous visons un démarrage des projets tels que le développement de la compagnie aérienne Asky et le projet de construction d’un centre de conférence.
Les projets concernant la desserte des pays de l’hinterland, mais aussi le corridor est-ouest et la construction d’un port sec par exemple à Cinkassé, évolueront positivement au cours de cette nouvelle année.
Pour ce qui est de l’axe 2 du PND, qui est le développement de pôles de transformation agricole et d’industries manufacturières et extractives, nous nous pencherons sur les principaux projets sur lesquels nous travaillions déjà, à savoir : le projet de construction et de gestion d’un parc industriel à Adetikopé, les projets dans le secteur agricole (le projet d’agropole de Kara, le développement de la filière manioc, le développement de la plaine de Djagblé, le Mifa, etc.).
Pour ce qui est de l’axe 3 du PND, comme vous le savez, une stratégie d’électrification est en train d’être mise en œuvre, sans parler du Projet de Centrale Kékéli. Toujours sur cet axe 3, la construction des IFAD (Institut de formation pour l'agro-développement) permettant de renforcer l’employabilité de nos jeunes, va s’accélérer et aboutir à l’ouverture des deux IFAD déjà lancés. Nous abordions tantôt le projet d’identification biométrique qui devrait également entrer dans sa phase opérationnelle avec le démarrage de l’enregistrement des populations.
Comme vous le voyez, 2019 sera l’année d’accélération de la mise en œuvre des projets phares du PND. Nous nous réjouissons d’avance des challenges que cela va générer pour les Togolais et des réussites qui en découleront pour les populations.
Togo First : Point focal du premier Business Forum organisé par le Togo à Hangzhou, on vous a vu très dynamique en terre chinoise. Quelles sont, aujourd’hui, les premières retombées de cette campagne dont l’objectif était de ‘’vendre le PND’’ ?
KMN : Nous n’étions pas nécessairement le point focal du business forum. Je pense que c’était une implication collective. En termes de retombées, je pense qu’il ne faut pas voir seulement les retombées éventuelles du Forum, mais globalement celles de la visite en Chine.
Grâce à cette visite, le Togo a considérablement gagné en visibilité et suscité l’intérêt des compagnies rencontrées au cours du Forum, avec l’appui politique de la province hôte et du China Africa Development Fund (CAD Fund). L’objectif premier visé était de partager les axes et projets du Plan national de développement et surtout de présenter les avantages comparatifs du Togo. Cet objectif a été atteint.
Des entreprises chinoises rencontrées lors de cette visite et du forum ont effectué plusieurs visites au Togo afin de mieux appréhender l’environnement économique ; des partenaires déjà installés au Togo conçoivent des projets visant à ancrer leur positionnement et diversifier leurs activités.
De manière concrète, les investisseurs rencontrés savent désormais positionner notre pays sur la carte de leurs futures destinations. Pour plusieurs raisons, ce n’était pas évident au départ ; ensuite, des échanges spécifiques se sont engagés et ont conduit à la visite de certaines entreprises ici au Togo.
La plus emblématique est celle de la société China Tiesiju Civil Engineering Group, spécialisée dans les infrastructures, avec laquelle le Togo a signé récemment un accord-cadre de partenariat. Egalement, l’accord signé entre Togo Invest et China Merchant Group, visant à entamer les études pour une zone économique spéciale (ZES), est en voie d’opérationnalisation. Enfin, le Togo s’est vu confirmer son adhésion à la Banque Asiatique pour l’Investissement dans les Infrastructures (AIIB), ce qui montre une ouverture vers la Chine qui est très importante pour attirer les investisseurs.
Toutefois, je crois qu’il faut souligner que le travail entamé est un travail de longue haleine que le Togo s’est engagé à poursuivre et qu’il a poursuivi par des contacts réguliers avec la Partie chinoise. Ce qui s’est matérialisé par l’atelier d’articulation du PND avec les 8 initiatives du Président chinois. Aujourd’hui, nous sommes un des rares pays à avoir fait cet exercice. Il nous faut désormais travailler encore plus pour en tirer parti.
Togo First : Après l’étape chinoise, un forum des affaires Togo-UE est annoncé pour le deuxième trimestre de cette année. Le PND sera certainement l’objet d’attraction de cette rencontre avec les investisseurs du Vieux Continent. Où se tiendra ce forum et quels seront les objectifs du Togo ?
KMN : Comme vous le savez, le PND sera financé à 65% par le secteur privé étranger ou local. Soit près de 3000 milliards de francs CFA. Toutes les opportunités pour échanger avec les investisseurs seront donc saisies dès lors qu’elles seront bénéfiques.
Le forum d’affaires Togo-UE devrait se tenir dans notre pays au cours du premier semestre 2019 et aura pour objectif de faire connaître les avancées du Togo en matière de climat des affaires ; de partager notre vision en matière de développement et de proposer les projets phares aux investisseurs européens, mais aussi aux acteurs institutionnels européens.
Etant en phase de cadrage de cet évènement, je pense que le moment viendra où des éléments plus détaillés pourront être fournis pour préciser les contours de cette activité. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cet évènement envoie un signal important : le Togo, comme destination d’investissements, intéresse beaucoup de pays. C’est une réalité dont nous devons être conscients, en tant que Togolais, et, si je puis dire, en être fier.
Quand nous voyons la place que notre pays a eu à occuper lors de la réunion du G20 à Berlin, nous devons être de plus en plus exigeants avec nous-même et la manière dont nous préparons et délivrons nos projets, afin de susciter encore plus l’adhésion des investisseurs et des populations bénéficiaires.
Cette considération pour notre pays à travers le monde, tient principalement au Leadership du président de la République qui est perçu comme sérieux, visionnaire et engagé. C’est ce leadership qui a permis, par exemple, la validation de la demande d’adhésion de notre pays à la Banque Asiatique pour l’Investissement dans les Infrastructures, par son Conseil d’Administration. C’est également ce leadership qui a valu l’invitation du Président de la République au Sommet «One Planet Summit », lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Et enfin, c’est ce leadership qui a hissé le projet Cizo au rang des initiatives qui auront fait l’objet d’une présentation détaillée lors de l’Africa Investment Forum de Johannesburg, organisé par la BAD, en novembre. Toutes ces occasions ont permis de parler de la vision du Togo et des moyens concrets pour parvenir à transformer notre économie.
Tout ceci est naturellement un gage de réussite pour les investisseurs.
Togo First : Le PND table sur plus d’un million d’emplois directs et indirects à l’horizon 2022. Un vœu pieux ou une ambition en laquelle vous croyez ?
KMN : Je pense très sincèrement qu’il ne s’agit pas de vœu pieux. Des travaux ont été mis en œuvre dans la phase d’élaboration, notamment avec les équipes techniques de la cellule économique de la présidence, de la Direction de l’économie et du Ministère de la planification, pour aboutir à ces projections de réalisation.
Si je peux toutefois apporter une précision, il est important de noter que le PND évoque une création de 100 000 emplois directs par an. De manière concrète, un projet d’agropole, c’est au moins 20 000 emplois, et idem pour un projet de parc industriel, sans parler de projets tels que le MIFA qui peuvent concerner près de 500 000 personnes dans 5 ans. Notre enjeu est d’avoir au moins 500 000 emplois directs à la fin de la période du PND et, par effet indirect, atteindre le chiffre que vous évoquiez.
Donc, nous sommes confiants dans l’atteinte des résultats fixés.
Il est néanmoins important qu’en la matière également, nous puissions insuffler un nouveau paradigme. Vous savez que dans le décompte classique, seul l’emploi salarié est effectivement comptabilisé. Or, dans des pays comme les nôtres, des initiatives et programmes visant à autonomiser économiquement les jeunes et les femmes génèrent autant de revenus qu’un emploi rémunéré, et pourtant, selon les standards, ces activités génératrices de revenus ne sont pas comptabilisées. Nous estimons que la part prépondérante de l’informel dans notre économie doit conduire à réfléchir différemment sur les données, notamment celles de l’emploi.
Mais il est important aussi de dire que le PND présente l’intérêt de ne pas seulement tabler sur des chiffres, mais surtout de définir une stratégie claire, déclinée autour de projets concrets qui, mis en œuvre, permettront d’atteindre les objectifs fixés. Il s’agit d’une stratégie mûrie afin d’être à la hauteur des résultats escomptés.
Des personnalités influentes de l’économie du développement, dont le Professeur Carlos Lopes, saluent notamment la cohérence de cette stratégie, au profit de laquelle le Gouvernement met en œuvre tous les moyens nécessaires. L’actuelle dynamique de promotion des investissements illustre bien ce fait, et les progrès remarquables dans le sens de l’amélioration du climat des affaires visent en bout de ligne à la création d’emplois.
L’objectif du nombre d’emplois directs est donc bien une ambition en laquelle je crois, en étant pleinement conforté par les actions engagées par le Gouvernement.
Togo First : A Paris, le mois dernier, le Sénégal réussit à obtenir auprès de ses partenaires internationaux, réunis autour d'un Groupe consultatif, des engagements financiers de 14 milliards $ pour financer la deuxième phase de son plan de développement. Le Niger en 2017, à l’issue du même exercice, dans la même ville, annonçait avoir reçu des engagements avoisinant les 23 milliards $ pour soutenir la mise en œuvre de son plan de développement économique et social. Le Togo prévoit-il de sacrifier à cette désormais tradition des pays ouest-africains ?
KMN : Le Togo entend collaborer avec l’ensemble de ses partenaires au développement pour la mise en œuvre de son Plan National de Développement, sans distinction.
Le PND accorde une place centrale au secteur privé parce que nous avons la certitude qu’une création de richesse résiliente et inclusive passera par le développement d’activités créatrices d’emplois. Cependant, il va sans dire que l’appui de tous nos partenaires techniques et financiers reste une composante déterminante.
L’ensemble de ces partenaires en Europe, aux Etats Unis, en Chine, en Inde ou ailleurs seront donc sollicités pour mobiliser, aux côtés du Togo, le financement requis pour la réussite du PND 2018-2022.
Peut-être que le format ne sera pas le même que celui des groupes consultatifs, car nous restons plus à l’aise avec des échanges dans des sessions restreintes avec des groupes d’investisseurs bien définis, selon leur centre d’intérêt. C’est ainsi que nous avons procédé lors de la mission en Chine et c’est ce format qui a été réitéré lors du G20 à Berlin où le Président de la République a eu des échanges directs avec les investisseurs.
Chaque format a ses avantages et il revient à chacun, selon la stratégie de mobilisation de ressources qui est la sienne, de privilégier tel format ou tel autre. Je dois dire que, personnellement, les discussions directes avec les investisseurs et le secteur privé me conviennent plus, car elles sont plus concrètes et plus opérationnelles. Ce qui n’exclut naturellement pas des échanges en bilatéral avec les différents partenaires techniques et financiers.
Togo First : Pour finir, dans quoi investir au Togo en 2019 ?
KMN : Avant de parler des domaines porteurs au Togo, je pense qu’il faut revenir sur le formidable bond que notre pays a fait en matière d’amélioration du climat des affaires. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous sommes très à l’aise pour attirer les investisseurs.
Ces résultats, qui positionnent notre pays comme un des meilleurs réformateurs au monde, sont une rampe de lancement sur laquelle nous devons capitaliser en 2019, tout en recherchant toujours mieux. La Cellule Climat des Affaires avec laquelle nous collaborons est à féliciter pour cela.
Ensuite, pour répondre à votre question, je dirai de manière simple : investir dans l’Humain. Le Gouvernement, sous la conduite de Son Excellence le Président de la République, a bien compris que la réussite collective passera par une évolution des mentalités et une appropriation du PND par tous. Le premier des investissements sera donc de faire des Togolais les premiers acteurs de ce Plan.
Par ailleurs, je pense que les investisseurs devraient regarder de près des projets à maturité comme le MIFA qui offre un taux de rentabilité supérieur à 10% ; le projet Cizo ou encore les projets tels que le dédoublement de la RN1, le port sec de Cinkassé ou encore la plateforme multiservices.
J’ajouterai également le projet de Parc industriel d’Adétikopé qui est aujourd’hui quasiment bouclé et pour lequel les investisseurs pourraient jouer plusieurs rôles, soit en tant que développeurs, soit en tant qu’occupants.
Au-delà des projets phares mentionnés ici, les projets portés par la stratégie d’électrification ou encore ceux dans les secteurs des services seront également à suivre de près.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Longtemps confiées à des organismes étrangers, les activités d’accréditation des organismes d’évaluation, d’inspection et de certification, etc, seront assurées dorénavant au Togo par le SOAC (Système ouest-africain d’accréditation).
Un communiqué du ministre togolais de l’industrie et du tourisme Ihou Atigbé, tutelle technique de la Haute Autorité de la Qualité et de l’Environnement (HAQE), a été adressé à cet effet aux directeurs généraux des organismes d’évaluation, d’inspection et de certification.
Le SOAC, précise ce communiqué, veillera à la mise en conformité de ces organismes avec les exigences des organismes internationaux. Ces activités d’accréditation devront être réalisées conformément au règlement n°03/2010/CM/UEMOA du 21 juin 2010 portant schéma d’harmonisation des activités d’accréditation, de certification, de normalisation et de métrologie dans l’UEMOA.
Elles devront également tenir compte de la loi-cadre n°2009-016 du 12 août 2009 portant organisation du schéma national d’harmonisation des activités de normalisation d’agrément, de certification, d’accréditation, de métrologie, de l’environnement et de la promotion de la qualité au Togo.
Avec la reconnaissance au SOAC de cette attribution, les activités d’accréditation devraient être promues dans le pays. De fait, leur réalisation, autrefois par des organismes étrangers, coûtait extrêmement cher aux institutions d’évaluation de la conformité. Ceci avait pour conséquence de dissuader la plupart de ces organismes de s’engager sur la voie de l’accréditation, pourtant capitale pour fournir des services de qualité.
Séna Akoda