(Togo First) - Au Togo, les autorités ont sensibilisé, le mardi 16 juin 2026, les acteurs de la pêche au respect du repos biologique, une mesure mise en œuvre dans l'ensemble des pays du Golfe de Guinée afin de favoriser la reproduction des espèces aquatiques et la reconstitution des stocks de poissons.
« C'est la période au cours de laquelle de jeunes poissons naissent. Nous ne devons pas perturber leur évolution afin de repeupler la mer », a expliqué Ali Domitani, directeur de la production halieutique.
Cette période de suspension des activités intervient dans un contexte marqué par une demande nationale largement supérieure à l'offre locale.
Selon les données de l'INSEED, les besoins annuels du pays dépassent 100 000 tonnes de produits halieutiques, alors que la production nationale ne couvre généralement que 30 à 40 % de cette demande.
« Plusieurs facteurs expliquent ce déficit de production nationale. Il s'agit notamment de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, de la surpêche, de l'usage d'engins destructeurs, du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la pollution et de la dégradation des habitats marins », explique notamment Lombo Yao, conseiller technique au ministère chargé des Ressources halieutiques.
Des investissements pour réduire les importations
La question dépasse le seul enjeu environnemental. Le poisson demeure une source essentielle de protéines pour les ménages togolais et fait vivre des milliers d'acteurs de la filière.
Selon les prévisions officielles, la production halieutique devrait atteindre près de 34 000 tonnes en 2026, contre 36 251 tonnes en 2025. Malgré les progrès observés ces dernières années, le pays reste fortement dépendant des importations pour satisfaire sa consommation intérieure.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement a notamment élaboré un plan quinquennal de développement de la filière poisson nécessitant près de 20 milliards FCFA d'investissements. Le programme, qui doit encore être opérationnalisé, prévoit notamment le renforcement de l'aquaculture, de la recherche halieutique et de l'organisation des acteurs de la chaîne de valeur.
Pour rappel, le secteur halieutique représente un enjeu économique important. Selon les données sectorielles disponibles, il emploie directement plus de 22 000 acteurs et contribue à environ 4,5 % du PIB national. La pêche artisanale assure à elle seule entre 70 et 80 % de la production halieutique du pays.
Ayi Renaud Dossavi