(Togo First) - Le Togo figure parmi les sept pays ouest-africains retenus dans le cadre d'un nouveau programme régional de renforcement des systèmes de santé financé par le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
Le Conseil d'administration de l'institution a approuvé, le 11 juin 2026, un don de 14,26 millions de dollars en faveur de l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).
Cette facilité vise à améliorer la qualité des soins, renforcer la préparation aux urgences sanitaires et consolider les capacités réglementaires dans sept pays de la CEDEAO : le Togo, le Bénin, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia et la Sierra Leone.
Un laboratoire transfrontalier prévu au Togo
Parmi les actions prévues figure la mise en place d'un laboratoire transfrontalier « Une seule santé » au Togo. Le projet doit également contribuer au renforcement de la surveillance sanitaire régionale dans un contexte marqué par la circulation croissante des maladies transmissibles et les risques épidémiques transfrontaliers.
Une telle initiative intervient alors que, pour la BAD, les défis sanitaires de la région dépassent les frontières nationales. Les pénuries de personnel qualifié, les capacités limitées des laboratoires et les faiblesses des systèmes de réglementation pharmaceutique nécessitent des réponses coordonnées à l'échelle régionale.
Des investissements dans un secteur en mutation
Le Togo a engagé ces dernières années plusieurs réformes destinées à étendre la couverture sanitaire et à améliorer l'accès aux soins. L'Assurance maladie universelle (AMU), progressivement déployée depuis 2024, vise à élargir la protection sociale à plusieurs millions de personnes.
Parallèlement, la construction et la modernisation d'infrastructures sanitaires se poursuivent dans plusieurs régions du pays avec l'appui de partenaires techniques et financiers.
Au-delà du volet sanitaire, le programme soutenu par la BAD comporte une dimension économique. L'institution estime que l'amélioration des capacités de contrôle des médicaments et le renforcement des systèmes de réglementation devraient favoriser le développement du secteur pharmaceutique régional. Des actions de formation destinées aux jeunes pourraient également générer environ 300 emplois dans les pays bénéficiaires, dont plus de 40 % pour des femmes.
Ayi Renaud Dossavi