Nord Togo : le PAM et l’État mobilisés pour enrayer un risque d’insécurité alimentaire

Social
mardi, 16 juin 2026 12:13
Nord Togo : le PAM et l’État mobilisés pour enrayer un risque d’insécurité alimentaire

(Togo First) - Alors que la période de soudure s’installe, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le gouvernement togolais multiplient des actions pour limiter les risques d’insécurité alimentaire dans le nord du pays ouest africain. Cette mobilisation fait suite aux projections du Cadre Harmonisé, qui estiment que près de 332 000 personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026 s’ils ne bénéficient pas d’assistance, selon le PAM.

Un risque potentiel à anticiper

Le PAM insiste sur un point : aucune alerte de crise alimentaire n’a été lancée au Togo. Le chiffre avancé par le Cadre Harmonisé correspond à une projection fondée sur plusieurs hypothèses, notamment l’épuisement progressif des stocks alimentaires, les tensions saisonnières sur les prix des denrées et les effets persistants des vulnérabilités sécuritaires et climatiques.

« Il convient toutefois de souligner que ce chiffre ne reflète pas une observation actuelle, mais une projection fondée sur un ensemble d’hypothèses de risque pour la période de soudure. En d’autres termes, l’analyse indique qu’environ 332 000 personnes pourraient basculer dans une situation de crise alimentaire entre juin et août 2026 si aucune amélioration significative n’intervient », indique le PAM.

L’analyse vise avant tout à anticiper les besoins et à orienter les interventions avant une éventuelle dégradation de la situation.

« Au Togo, le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, dont le Programme alimentaire mondial, déploie une réponse intégrée combinant assistance d’urgence, soutien aux moyens d’existence, amélioration de la production agricole, accès aux services sociaux de base et renforcement de la cohésion sociale », souligne l’agence onusienne. Cette réponse est coordonnée dans le cadre du Programme d’urgence pour le renforcement de la résilience dans la région des Savanes (PURS).

Le Nord sous pression sécuritaire et démographique

La région des Savanes demeure la zone la plus exposée aux chocs sécuritaires liés à la situation frontalière avec le Burkina Faso. Depuis plusieurs années, les mouvements de populations ont accru les besoins humanitaires dans cette partie du pays.

Les communautés locales doivent partager des ressources déjà limitées avec des milliers de déplacés internes et de réfugiés. Cette pression affecte les revenus des ménages, les marchés locaux et l’accès aux services sociaux de base.

Des indicateurs agricoles plus favorables

Les autorités mettent en avant plusieurs signaux favorables. La dernière campagne agricole a enregistré des niveaux de production supérieurs à ceux de l’année précédente ainsi qu’à la moyenne des cinq dernières années pour la plupart des cultures.

Les stocks céréaliers demeurent importants. Le gouvernement a notamment proposé au PAM la vente de plus de 40 000 tonnes de denrées alimentaires disponibles dans les réserves nationales.

Parallèlement, les prix du maïs, du sorgho et du niébé ont reculé sur les marchés à fin avril 2026.

Une réponse axée sur la résilience

La réponse engagée, au-delà de l’assistance alimentaire destinée aux réfugiés, aux déplacés internes et aux communautés hôtes, porte sur la nutrition, le soutien à la production agricole, la restauration des terres, l’alimentation scolaire fondée sur les achats locaux et le renforcement des moyens de subsistance.

L’objectif est de réduire la vulnérabilité des ménages, tout en consolidant la sécurité alimentaire dans les zones les plus exposées du pays.

R.E.D

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.