Ecobank a porté de 15 à 25 le nombre de ses filiales africaines rentables en quatre ans

Finance
jeudi, 04 juin 2026 12:19
Ecobank a porté de 15 à 25 le nombre de ses filiales africaines rentables en quatre ans

(Togo First) - Trois ans après avoir suspendu son dividende pour préserver ses fonds propres, le groupe panafricain Ecobank propose un retour à la distribution d’un dividende de 40 millions de dollars à ses 640 000 actionnaires, en s'appuyant sur une base élargie de filiales africaines créatrices de valeur économique.

Ecobank a annoncé, mercredi 3 juin, que 25 de ses 34 filiales africaines génèrent désormais un rendement supérieur à leur coût des fonds propres, contre 15 il y a trois à quatre ans, selon son directeur financier, Ayo Adepoju.

L'information a été livrée à Lomé en marge de la 38ᵉ assemblée générale annuelle d'Ecobank Transnational Incorporated (ETI), la maison mère du groupe, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue des votes statutaires.

« Il y a trois ou quatre ans, environ 15 pays seulement généraient un rendement supérieur à leur coût des fonds propres. Aujourd'hui, environ 25 pays atteignent ce seuil », a déclaré M. Adepoju, en réponse à une question de l'Agence Ecofin sur la rentabilité des filiales du groupe. « À mesure que ces pays améliorent leur rendement, c'est bénéfique pour la banque, parce que cela nous protège contre l'impact du change », a-t-il ajouté.

Le coût des fonds propres correspond au rendement minimal exigé par les actionnaires en contrepartie du risque associé à leurs investissements dans un pays. Une filiale qui se situe en dessous de ce seuil peut afficher un bénéfice comptable tout en détruisant de la valeur économique pour le groupe.

Selon le rapport annuel 2025 d'Ecobank publié le 20 mai, ce seuil s'établit entre 16,47 % et 30 % de rendement annuel selon les marchés, reflétant les primes de risque propres à chaque pays.

Une rentabilité encore inégale selon les marchés

Neuf filiales restent en dessous du seuil de création de valeur économique ainsi défini. Le rapport ne les nomme pas, mais cite la nécessité de « redonner du dynamisme au Nigeria et aux filiales sous-dimensionnées ». Ecobank Nigeria a affiché une perte avant impôts de 31 millions de dollars en 2025, après la fin, par la Banque centrale du Nigeria (CBN), d'un régime de tolérance prudentielle sur certaines créances de son portefeuille de crédits au secteur pétrolier et gazier.

Le groupe a cédé en 2025 sa filiale du Mozambique à la banque malawite FDH Bank Plc, après plus d'une décennie de présence locale. Il a inscrit la rentabilité durable comme objectif officiel de sa stratégie « Growth, Transformation and Returns ».

Ecobank a par ailleurs annoncé le versement d'un dividende de 40 millions de dollars au titre de l'exercice 2025, son premier depuis 2022. Le groupe vise pour 2026 un coût du risque ramené entre 250 et 350 points de base, contre 500 points de base en 2025, selon son rapport annuel.

L'assemblée générale a également élu Cathia Lawson Hall, banquière d'affaires d'origine togolaise et ancienne responsable de la banque d'investissement Afrique chez Société Générale, comme nouvelle administratrice du groupe.

Ecobank, dont la maison mère est domiciliée à Lomé depuis sa création le 3 octobre 1985 sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), opère dans 34 pays africains et compte 30 millions de clients ainsi que plus de 640 000 actionnaires. Le groupe a publié pour 2025 un bénéfice avant impôts en hausse de 21 %, à 801 millions de dollars.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

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