Microfinances : au Togo, le recouvrement des créances au cœur des préoccupations de l'exécutif

Finance
lundi, 30 mars 2026 13:03
Microfinances : au Togo, le recouvrement des créances au cœur des préoccupations de l'exécutif

(Togo First) - L’amélioration du recouvrement des créances dans les institutions de microfinance au Togo était au centre d’un atelier organisé la semaine dernière à Lomé par le ministère des Finances et du budget, en collaboration avec l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés (APSFD).

Cette rencontre est intervenue dans un contexte de dégradation préoccupante de la qualité du portefeuille du secteur. Selon les données du ministère, le taux brut de dégradation du portefeuille a atteint 6,7 % en 2025, soit plus du double de la norme maximale fixée à 3 %.

Face à cette situation, les acteurs du secteur ont échangé sur les difficultés liées au recouvrement des créances et formulé des propositions visant à renforcer les dispositifs existants, tout en identifiant des mécanismes innovants.

Dans les faits, une part importante des prêts accordés par les institutions de microfinance n’est pas remboursée dans les délais, exposant ces structures à des risques de pertes. Cette situation a également des répercussions sur l’économie nationale, notamment à travers une réduction de l’accès au crédit pour les populations vulnérables, une hausse des taux d’intérêt pour les emprunteurs et un risque de fragilisation du système financier.

Pour le gouvernement, qui considère la microfinance comme un levier essentiel de l’inclusion financière, il devient impératif d’apporter des réponses adaptées à cette problématique. Le secteur affiche en effet une dynamique notable, avec près de 4,7 millions de membres et un encours de crédits estimé à 352 milliards de FCFA.

« Le non-remboursement des crédits érode les fonds propres, fragilise la viabilité des institutions et compromet leur capacité à financer de nouveaux bénéficiaires. Cette situation affecte également la confiance des déposants et des partenaires financiers, mettant en péril l’ensemble du système de microfinance », a indiqué le ministre des Finances et du Budget, Georges Barcola.

Dans ce contexte, l’exécutif togolais entend accompagner le développement d’un secteur plus sain, inclusif et résilient. Des mesures sont en cours pour soutenir les institutions existantes dans leur mise en conformité avec les innovations introduites par la nouvelle loi régissant la microfinance au Togo, récemment adoptée.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Au Togo, la microfinance pèse plus de 578 milliards FCFA d’actifs, pour 4,7 millions de bénéficiaires

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.