Recouvrement des avoirs criminels : le Togo invité à créer une structure dédiée et à rejoindre l’ARINWA

Finance
mardi, 30 juin 2026 09:52
Recouvrement des avoirs criminels : le Togo invité à créer une structure dédiée et à rejoindre l’ARINWA

(Togo First) - Le Togo pourrait prochainement renforcer son dispositif de lutte contre la criminalité économique et financière. En mission à Lomé le lundi 29 juin 2026, une délégation du Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA) a encouragé les autorités togolaises à mettre en place une structure nationale dédiée au recouvrement des avoirs criminels et à intégrer le réseau régional.

Conduite par son président, Mor Ndiaye, la délégation a notamment rencontré le ministre de la Justice et de la Législation, Pacôme Yawo Amenyo Adjourouvi, ainsi que plusieurs responsables du secteur judiciaire. À l’issue des échanges, les autorités togolaises ont exprimé leur intérêt pour la création d’une telle entité et leur volonté de renforcer leur coopération avec l’ARINWA.

Selon le réseau, cette structure nationale de recouvrement des avoirs criminels aura pour mission d’identifier, localiser, saisir, administrer et récupérer les biens et ressources financières issus d’activités illicites. Un tel dispositif constitue aujourd’hui un outil central dans la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux, le trafic de stupéfiants, le financement du terrorisme, la fraude fiscale et les autres formes de criminalité économique, rappel le réseau.

Bien que le Togo dispose déjà de plusieurs mécanismes de lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, l’ARINWA estime qu’une agence spécialisée permettrait de renforcer l’efficacité des actions engagées. Elle faciliterait notamment la coopération avec les autorités étrangères pour retracer, geler et rapatrier les avoirs criminels dissimulés hors du territoire national.

« La mise en place d’une telle structure, au-delà de l’obligation légale, constitue une nécessité pour garantir l’efficacité de l’action publique face aux infractions liées à la criminalité économique et financière. C’est également un acte de souveraineté : celui d’un État qui refuse que son territoire serve de refuge aux produits du crime », a déclaré Mor Ndiaye.

Le responsable a souligné que le Togo dispose déjà des bases juridiques nécessaires pour franchir cette étape. En mars 2026, le pays a en effet intégré dans son dispositif national la loi uniforme de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ce texte prévoit notamment la désignation d’une structure nationale chargée de la gestion et du recouvrement des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués.

L’ARINWA a, par ailleurs, réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Togo dans ce processus à travers une assistance technique, le partage d’expériences ainsi que l’accès à ses réseaux de coopération régionaux et internationaux.

Créé pour renforcer la coopération entre les États ouest-africains, le Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest œuvre à faciliter l’identification, la localisation, la saisie, la confiscation et la gestion des produits du crime, dans le but de priver les auteurs d’infractions des bénéfices tirés de leurs activités illicites.

Esaïe Edoh

Lire aussi:

Togo : vote définitif de la loi contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.