(Togo First) - L’État togolais anticipe une chute marquée des dons-projets entre 2026 et 2028. Selon les prévisions de recettes sur la période, les dons des institutions internationales passeraient de 166,9 milliards FCFA en 2026 à 70,9 milliards FCFA en 2027, puis à 31,6 milliards FCFA en 2028.
En deux ans, ces financements spécifiques seraient ainsi divisés par plus de cinq. En valeur absolue, la perte atteindrait près de 135 milliards FCFA entre 2026 et 2028.
Ces dons-projets, constitués d’aides extérieures parfois assimilées à des ressources non fiscales au sens large, se composent essentiellement des dons des institutions internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, dans le cadre de leurs différents programmes.
Incidemment, pour l’exercice 2026, l’État togolais a prévu des comptes d’affectation spéciale afin de canaliser des financements de l'institution de Bretton Woods, pour un montant global fixé à 48,68 milliards FCFA. Ces fonds sont destinés à trois programmes. Le premier est le Programme national de la protection sociale non contributive, devant financer l’Assistance sociale transformatrice pour la résilience au Togo (ASTRE), qui couvre notamment les transferts monétaires aux ménages vulnérables. Le deuxième, le programme de modernisation et de renforcement des capacités de l’administration pour la délivrance des services (PMADS), axé sur l’amélioration de la performance administrative, de la qualité des services publics et de la gouvernance. Le troisième, le programme de transformation durable de l’agriculture au Togo (PTDAT), qui accompagne la mise en œuvre du Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (ProMAT) 2025-2034.
S’agissant du FMI, le pays bénéficie d’une Facilité élargie de crédit, FEC, de 42 mois, soit 3 ans et 6 mois, approuvée en mars 2024, pour un montant total d’environ 240 milliards FCFA (quelque 400 millions de dollars).
L’un dans l’autre, les dons projets représentent encore plus de 10 % des recettes budgétaires en 2026. Ils tomberaient à moins de 2 % en 2028, selon les projections actuelles, sauf changement majeur d’ici là.
Dans le même temps, à côté de la baisse anticipée des dons-projets, les recettes fiscales sont, pour leur part, prévues en légère hausse. Elles devraient représenter 1338 milliards FCFA en 2026, puis 1474 milliards FCFA en 2027 et 1620 milliards FCFA en 2028.
Une telle trajectoire soulève naturellement la question de la capacité de l’État à financer les investissements publics sans appui extérieur massif, de même que celle de la soutenabilité sociale d’un effort fiscal accru sur les ménages et les entreprises.
Quoi qu’il en soit, les prochains mois et les prochaines projections budgétaires indiqueront si ces évolutions traduisent la fin de cycles de projets sans renouvellement équivalent, ou si le gouvernement assume un recentrage progressif vers l’autonomie budgétaire.
Ayi Renaud Dossavi