À Rome, Faure Gnassingbé positionne le Togo comme point d'entrée bancable pour le capital patient européen

Investissement
jeudi, 18 juin 2026 14:04
À Rome, Faure Gnassingbé positionne le Togo comme point d'entrée bancable pour le capital patient européen

(Togo First) - Avec cette intervention à Rome, Lomé tente de convertir son positionnement logistique en argument financier auprès du capital patient mondial, au moment où l'Europe et le Golfe arbitrent activement leurs déploiements africains.

Faure Gnassingbé a livré, mercredi 17 juin 2026, un pitch direct au capital européen et moyen-oriental réuni au sommet FII Priority Europe 2026. Le président du Conseil togolais a appelé les investisseurs à financer « des systèmes productifs » en Afrique plutôt que des actifs isolés, et a positionné Lomé comme candidat point d'entrée régional pour cette équation.

Invité personnel de Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du fonds souverain saoudien PIF et président du conseil d'administration du FII Institute, le chef de l'exécutif togolais s'exprimait à la tribune du sommet. La rencontre, qui rassemble plus de 1600 dirigeants jusqu'au vendredi 19 juin au Waldorf Astoria Cavalieri, est convoquée autour du thème « Europe Reimagined: Capital, Sovereignty & Strategic Autonomy ». Elle se tient dans un contexte de croissance projetée à 1,2 % dans la zone euro en 2026, alors que les institutions européennes cherchent à mobiliser du capital privé patient pour leur réindustrialisation.

1 intitute

C'est dans cette équation que le président du Conseil a inscrit son offre. Le contexte est connu. Les crises sanitaires perturbent les chaînes d'approvisionnement. Les guerres bousculent les marchés de l'énergie et des céréales. Les tensions géopolitiques restreignent l'accès aux technologies et au financement. Dans ce monde fragmenté, l'autonomie stratégique s'impose. Mais elle ne doit pas être confondue avec l'isolement, prévient Faure Gnassingbé. Elle est plutôt « la capacité de mieux gérer les interdépendances ». L'Europe cherche des partenaires fiables pour sécuriser son énergie, ses matières premières critiques et ses chaînes de valeur. L'Afrique, elle, a besoin de « capital patient », de technologies et de capacités industrielles. Faure Gnassingbé y voit une « convergence d'intérêts stratégiques ». De quoi, selon lui, sortir du registre de l'aide pour entrer dans celui des « investissements stratégiques conjoints ».

1 port

Sur le terrain togolais, l'offre s'articule autour de quatre actifs : le Port autonome de Lomé, les corridors vers l'hinterland sahélien, la facilitation des échanges et la digitalisation avancée des procédures commerciales. « Le capital doit élargir ses horizons. Il ne peut pas se contenter de financer des actifs isolés. Il doit aider à bâtir des systèmes productifs : des ports connectés à des corridors, des zones industrielles connectées à l'énergie, des chaînes agricoles connectées à la transformation », a-t-il déclaré. L'étape suivante, selon lui : connecter ces actifs à des chaînes de valeur ciblées.

L'intervention est calibrée sur une fenêtre précise. La Zone de libre-échange continentale africaine entre en phase opérationnelle en 2026, tandis que la stratégie Global Gateway de l'Union européenne (UE), dotée de 150 milliards d'euros pour l'Afrique, est en exécution. Les financeurs européens et du Golfe présents à Rome cherchent des juridictions bancables pour ces enveloppes, alors que la sécurisation des chaînes d'approvisionnement et l'accès aux matières premières critiques redéfinissent les arbitrages.

La position togolaise affiche une logique régionale assumée. « Lorsqu'un port devient plus efficace, il réduit les coûts, accélère le commerce et renforce la compétitivité de plusieurs marchés », a affirmé le président du Conseil. Les investissements dans les chaînes de valeur africaines doivent, selon lui, être lus comme un investissement stratégique dans une « résilience partagée ». L'argument vaut pour Lomé comme pour le Burkina Faso, le Niger et le Mali, dont une part du commerce extérieur transite par le PAL. Objectif affiché, en clôture : « une nouvelle grammaire du partenariat » Europe-Afrique, débouchant sur une prospérité jugée plus partagée, plus durable et plus souveraine.

Fiacre E. Kakpo

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.