Togo : Pour doter chaque individu d’un numéro d’identification biométrique unique, l’Etat implique la société civile

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mardi, 21 janvier 2020 19:24
Togo : Pour doter chaque individu d’un numéro d’identification biométrique unique, l’Etat implique la société civile

(Togo First) - Annoncé depuis 2017, plusieurs fois évoqué par les autorités gouvernementales togolaises, le projet d’identification biométrique E-ID Togo, suit son bonhomme de chemin, et espère démarrer effectivement d’ici la fin de cette année.

Appuyé par le groupe de la Banque mondiale, l’initiative veut à terme « attribuer à chaque individu résidant sur le sol togolais, qu’il soit togolais ou pas, un identifiant unique », selon la coordination.

Il s’agit de doter, à l’horizon de 6 ans, tous les résidents du Togo d’un Numéro d’identification unique (NIU), composé de 10 chiffres, totalement aléatoire, qui servira de « base pour les services publiques, les services dans le social et dans le privé », en vue de « permettre aux entités du gouvernement d’avoir un élément pour communiquer ensemble, et être plus efficace dans ses politiques publiques ».

La procédure a également un fort volet social, en ceci qu’elle veut permettre aux couches les plus démunies, ne disposant pas de pièces d’identité conventionnelles (actuellement, seuls 20 à 25% de la population togolaise possède une carte d’identité), d’accéder à un élément d’identification. La biométrie intègre notamment les empreintes digitales, l’iris, et une photo.

A l’écoute de la société civile

Encore dans sa phase d’amorçage, E-ID a fait l’objet, ce mardi 21 janvier 2020, d’un atelier de consultation avec des parties prenantes au projet au niveau national. Cette rencontre, appuyée par la Banque mondiale et le ministère des postes, de l’économie numérique et de l’innovation technologique (le levier gouvernemental sur ce projet de biométrie), a réuni les acteurs de la société civile (OSC), de l’Etat, ainsi que des experts de l’institution de Bretton Woods.

Ces représentants des structures publiques comme non gouvernementales ont ainsi échangé sur le projet, l’importance et les modalités d’implication des différentes parties prenantes. La rencontre a notamment permis aux coordonnateurs d’identifier les contraintes matérielles liées aux réalités du terrain, et d’échanger avec ces acteurs sur les questions afférentes, notamment la protection des données à caractère personnel, et les possibles impacts sociaux d’un tel outil. L’idée étant d’avoir un système le plus inclusif possible, face à la « fracture civile » entre les différentes couches de la société.

biometri

Vers une agence nationale en charge de l’identification biométrique…

Pour la phase opérationnelle, à l’horizon de cette fin d’année, apprend-on, il devrait être mis en place une future agence en charge de l’enrôlement et l’enregistrement biométrique des populations. L’objectif à terme étant d’arriver à des outils comme un registre unique et intégré des bénéficiaires des prestations sociales (inclusion financière, différents mécanismes assuranciels, filets sociaux etc…), ou encore la digitalisation de l’Etat civil.

Des outils en ligne avec le projet affiché d’atteindre, pas à pas, la couverture assurance universelle (par exemple, après ses premières expériences au niveau des fonctionnaires publiques, l’INAM se tourne peu à peu d’autres vers d’autres segments de la population, notamment les étudiants, ou encore les journalistes ; de l’autre côté, le projet d’assurance destiné aux artisans est également dans les tuyaux).

et à terme, une intégration sous-régionale

Du reste, E-ID devrait s’articuler, à terme, avec une dynamique plus vaste et sous-régionale : le projet WURI (West Africa Unique Identification for Regional Integration and Inclusion Project), un programme piloté par la Banque mondiale, visant à « enregistrer » tous les résidants de la sous-région, avec comme horizon, l’interopérabilité des systèmes d’identification dans l’espace CEDEAO.

Si, au niveau national, l’institution de Bretton Woods espère mettre en place le système d’ici 2026, le gouvernement togolais, plus optimiste, table sur les deux ans à venir, avec un lancement d’ici la fin de cette année.

Ayi Renaud Dossavi

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