Installés sur le territoire, mais soumis à des procédures fiscales et réglementaires différentes des autres entreprises, les sociétés implantées dans la zone franche sont tenues d’exporter tout au 70 % de leur production. Cette procédure d’exportation est caractérisée par le paiement d’une redevance. Celle-ci est le plus souvent fixée en fonction de la valeur des biens exportés.
Au Togo, toutes entreprises installées dans la zone franche doivent s’acquitter d’une redevance au moment de l’exportation ou de l’envoi à l’extérieur des biens vendus. La procédure est gérée par les bureaux de la société d’administration de la zone franche se trouvant dans la zone portuaire. Le coût de la procédure est de 0,1 % de la valeur des biens vendus ou exportés, et la démarche est le plus souvent finalisée dans un délai de 20 minutes.
Personnes éligibles :
Toutes sociétés implantées dans la zone franche
Coût de la procédure :
Les frais sont de 0,1% de la valeur totale des biens
Délais d'exécution :
20 minutes
Où faire la demande ?

Nom du guichet : SAZOF zone portuaire
Adresse : 2564 , Avenue de la Chance 3250 LOME-TOGO
Téléphone : +228 22 53 53 53 / 22 53 53 60
Site : http://www.zonefranchetogo.org/
Pièces à fournir :
Dans cette interview exclusive accordée à Togo First, Sandra Ablamba Johnson, Ministre Déléguée, Conseillère du Président de la République en Charge de l’Amélioration du Climat des Affaires, revient sur les derniers développements du Doing Business. Ce rapport dont la suspension de la livraison de cette année a, comme une trainée de poudre, déchainé les passions.
Togo First : La Banque mondiale a annoncé le 27 août dernier la suspension de la publication du rapport DB 2021 des faits d’irrégularités concernant des modifications apportées aux données des rapports Doing Business 2018 et 2020. Lequel communiqué a engendré pour diverses raisons des débats parfois passionnés sur la toile..
Sandra A. JOHNSON : En effet, nous avons eu connaissance le 27 août dernier d'un communiqué de la Banque Mondiale portant suspension de la publication du rapport DB 2021.
Cependant, il s’agit surtout de l'organisation d'un audit sur la méthodologie, un processus naturel qu'il faut plutôt positiver, car devant permettre de faire une meilleure évaluation des changements introduits ces dernières années et les nouveaux attendus pour cette année sinon les prochains mois. Je précise bien qu'il s'agit d'une suspension et non un arrêt définitif du processus.
La Banque, dans son approche, a la possibilité d’affiner sa méthodologie. D’où cette évaluation qui sera certainement assortie de recommandations, permettant d'apporter des corrections si nécessaire au dispositif actuel et d’améliorer les prochaines publications.
Qu’importe les évaluations, le plus important reste la contribution des réformes réalisées au mieux-être des acteurs du secteur privé et de la population togolaise.
Bien évidemment, les débats passionnés ne doivent pas dominer le rationnel, ni non plus nous distraire. Nous avons l'obligation de garder le cap qui nous conduira au rayonnement de notre pays, le Togo.
Qu’importe les évaluations, le plus important reste la contribution des réformes réalisées au mieux-être des acteurs du secteur privé et de la population togolaise. Ces derniers en bénéficient, aujourd'hui, et ne cessent de témoigner des avantages importants de ces améliorations.
Togo First : Avez vous connaissance des raisons profondes de cette suspension ? Quel en sera l'impact et Qu'en est-il du Togo ?
Sandra A. JOHNSON : Je serai plus tentée de dire ce qui nous concerne (rire).
La Banque a évidemment bien précisé dans son communiqué les raisons fondamentales de cette suspension.
D’ailleurs, elle a notifié aux pays concernés les irrégularités constatées, lesquelles sont plus d’ordres méthodologiques. Les quatre pays cités sont la Chine, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Azerbaïdjan. Quant à notre pays le Togo, aucune notification n’a été faite.
C'est le lieu ici de préciser que le Togo n'est en rien concerné par le sujet et que la liste des pays concernés est disponible sur le site officiel de la Banque Mondiale, consultable par tous.
Je rappelle, en outre, que c'est la première fois en 17 ans d'existence que la publication du rapport Doing Business est suspendue. Au fil des années, cette étude était devenue un outil de référence pour les investisseurs à travers le monde, mais aussi un objet de critiques permettant aux pays d’améliorer leur climat d’affaires.
Ainsi le Togo, à l’instar d’autres pays de la sous-région, notamment l'île Maurice et Rwanda, respectivement 13ème et 38ème dans l'édition 2020, fait cas d'école.

Togo First : Cette suspension influencera t-elle le processus de mise en œuvre des réformes au Togo ?
Sandra A. JOHNSON : Absolument pas...
Nous allons, pour notre part, poursuivre la mise en œuvre des reformes, qui constituent un des facteurs de succès de notre Plan National de Développement (PND).
Rendre attractif le climat des affaires pour le bien-être des opérateurs économiques et donc des populations constitue notre leitmotiv et non la chasse aux classements.
Togo First : Votre mot de fin
Sandra A. JOHNSON :
Je voudrais une fois encore adresser mes vifs remerciements à tous les acteurs en particulier les points focaux de l'administration et les acteurs du secteur privé pour leur engagement sans faille pour la cause commune.
En tout cas, le flambeau qui est déjà allumé doit être maintenu pour le bonheur de nos populations, qui sont les vrais bénéficiaires de ces réformes.
L'exemple le plus parlant est la réduction des droits d'enregistrement pour les mutations totales de 4% de la valeur du terrain (plusieurs millions parfois) à 35 000 FCFA seulement. Cette mesure est élargie aux legs et dons qui ne sont pas du business mais profitent plus à nos familles. Ceci, pour vous dire que ce n’est pas le Doing Business mais plutôt permettre aux familles d'améliorer leur revenus.
Encore une fois, concentrons-nous sur le plus important. Et faisons de notre pays le meilleur pays où il fait bon vivre et également où il est plus facile de faire des affaires.
Coronavirus, digitalisation, financement du secteur agricole, des PME et du PND, Odile Medegan Affoyon, Directrice Générale de NSIA Banque Togo passe en revue les stratégies de l’institution de bancassurance.
Togo First : La crise du coronavirus a mis une grande partie de l’économie togolaise à mal. Quelles sont les difficultés rencontrées par NSIA en ces temps de crise sanitaire dans l'accompagnement de ses clients ?
Odile Medegan Affoyon : Depuis le début de la crise, l’ensemble du Groupe s’est mobilisé pour la santé et la sécurité de nos clients, partenaires, dirigeants et administrateurs. Malgré ces circonstances difficiles, NSIA est restée engagée à poursuivre sa mission : fournir au plus grand nombre, des produits et services financiers, contribuant ainsi au développement économique et social des pays d’implantation, dont le Togo.
Nous avons par ailleurs lancé un vaste plan de digitalisation au sein du Groupe. Dans ce cadre, plusieurs outils et plateformes de consultation à distance ont été créés pour les opérations courantes.
Nous avons adopté une série de mesures visant à lutter contre la propagation du Covid-19 au Togo. Au sein de l’ensemble de notre réseau d’agences, nous avons procédé au renforcement des dispositifs de santé et de sécurité, pour assurer la protection de nos clients et de nos employés. C’est notre priorité. Des outils facilitant le lavage des mains à l’eau et au savon ont été mis à disposition, de même que des gels hydro-alcooliques dans tous les sites d’accueil physique. Dans toutes nos agences, les entrées de visiteurs sont également régulées afin de garantir une distance d’un (1) mètre entre chaque client. C’est une recommandation des organisations sanitaires compétentes que nous nous sommes engagés à respecter.
Par ailleurs, nous avons recommandé à nos clients de privilégier l’utilisation des guichets et des distributeurs automatiques de billets pour leurs retraits et dépôts d’argent. Nous avons par ailleurs lancé un vaste plan de digitalisation au sein du Groupe. Dans ce cadre, plusieurs outils et plateformes de consultation à distance ont été créés pour les opérations courantes. En cette période ou les déplacements doivent être limités, nous avons vivement encouragé leur utilisation.
Nos clients attendent de leur protection assurantielle et de leurs services bancaires, qu’ils puissent leur permettre de faire face aux conséquences que l’épidémie aura pour leur santé et leurs biens. Nous l’avons compris et prenons toutes les mesures nécessaires pour répondre à leurs inquiétudes.
La priorité de NSIA Banque Togo est de fournir des services de bancassurance adaptés aux besoins des populations locales. Nous souhaitons accompagner notre clientèle dans l’évolution de leurs modes de vie. Nous avons donc été à leur côté pendant la crise sanitaire liée au Covid-19 et nous continuerons à l’être. Nos clients attendent de leur protection assurantielle et de leurs services bancaires, qu’ils puissent leur permettre de faire face aux conséquences que l’épidémie aura pour leur santé et leurs biens. Nous l’avons compris et prenons toutes les mesures nécessaires pour répondre à leurs inquiétudes. Nous sommes proches de nos clients. Nous savons comprendre leurs besoins et en tirer les leçons pour proposer des services de qualité, innovants et adaptés au marché et aux circonstances.

Dons dans le cadre de la lutte contre la covid-19- NSIA
Togo First : Quel a été l’apport de NSIA à la riposte alors qu’on a vu plusieurs établissements financiers mettre la main à la poche pour venir en aide au gouvernement.
Odile Medegan Affoyon : L’engagement de NSIA Banque Togo s’inscrit dans une démarche aussi bien locale que globale. Toutes les filiales du Groupe ont fait preuve de solidarité dans leurs pays d’implantation. Nous sommes engagés pour le développement socio-économique du Togo. Nous avons donc souhaité participer aux efforts des autorités, des acteurs de la santé mais également de tous ceux qui sont impliqués au quotidien dans la lutte contre la propagation du COVID-19 et pour le maintien des services essentiels dans notre pays.
L’ensemble des filiales ont ainsi procédé à des dons d’une valeur totale de 322.000.000 FCFA.
La solidarité fait partie des valeurs qui sont au cœur du Groupe NSIA. Il nous paraissait donc primordial de mettre nos moyens à contribution de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Togo et dans tous les pays d’implantation du Groupe. L’ensemble des filiales ont ainsi procédé à des dons d’une valeur totale de 322.000.000 FCFA. Au Togo, NSIA Banque s’est associé à ses confrères de l’association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo pour sa contribution au Plan de Riposte Covid-19. La remise des dons étant toujours en cours, c’est tout ce que je peux en dire pour l’heure.
Togo First : On voit qu’il est difficile aujourd’hui d’envisager l’avenir de la banque en Afrique sans la digitalisation. Comment NSIA Banque amorce-t-elle cette transition ?
Odile Medegan Affoyon : Le digital est le prochain défi de l’Afrique et de la sous-région ouest-africaine. Tous les efforts seront nécessaires pour le surmonter. A la clé, se trouve un potentiel de développement énorme. La digitalisation des services bancaires est une priorité pour le Groupe et pour NSIA Banque Togo. Le Groupe et l’ensemble de ses filiales veulent répondre à cet appel. Accélérer la digitalisation de nos offres afin de faciliter l’accès de nos services au plus grand nombre est l’une des priorités du Groupe. Nous avons toujours promu l’inclusion financière et bancaire comme levier de développement. Nous appliquons ainsi le savoir-faire de NSIA au digital et l’optimisons grâce à la technologie. Dans le cadre de notre plan de digitalisation, plusieurs outils et plateformes de consultation à distance ont été créés pour les opérations courantes. Leur utilisation a été fortement encouragée en cette période, durant laquelle les déplacements devaient être limités.
Togo First : Quels sont les nouveaux services grand public lancés par NSIA Togo.
Odile Medegan Affoyon : Nous sommes très fiers du chemin parcouru au Togo. Depuis notre implantation ici, nous avons fait évoluer nos offres, de sorte à répondre aux besoins de notre clientèle de la manière la plus efficace possible. NSIA Banque Togo a mis à la disposition de sa clientèle l’outil NOVAPLUS, un service de banque à distance à destination des particuliers leur permettant de recevoir des informations relatives à des mouvements sur leurs comptes bancaires par message écrit (SMS) sur un téléphone portable quel que soit l’opérateur de l’utilisateur.
NOVAPLUS est aussi un service en ligne permettant le règlement des factures des grands facturiers.

Par ailleurs, deux nouveaux produits de bancassurance seront lancés avant la fin de l’année 2020. Nous continuerons d’élaborer des offres aux plus près des attentes et des besoins de notre clientèle. Nous nous y engageons et sommes fiers des résultats que nos efforts ont d’ores et déjà produits.
Togo First : En 2019, le Togo a mis en route son plan national de développement (PND). Que vous inspire cette feuille de route quinquennale et comment NSIA pourrait-elle participer à sa mise en œuvre?
Odile Medegan Affoyon : Le Plan National de Développement du Togo est appelé à jouer un rôle crucial pour le pays puisqu’il a pour objectif global de transformer structurellement l’économie afin que le Togo parvienne à une croissance forte, durable, inclusive et créatrice d’emplois.
NSIA Banque Togo porte l’ambition de participer au développement économique et social du pays.
Au travers les activités que nous menons, nous fournissons aux populations du pays des services financiers permettant d’accélérer l’inclusion financière sur tout le territoire. Nous continuerons de participer à la croissance économique nationale.

Togo First : Contribuant à hauteur de 40% à la formation du PIB et touchant près de 70% de la population selon les données officielles, le secteur agricole togolais reste le parent-pauvre du financement bancaire. Comment NSIA Banque, certes très jeune, compte-t-elle inverser la tendance ?
Odile Medegan Affoyon : NSIA Banque Togo est engagé pour le développement du Togo. Le secteur agricole joue un rôle majeur au sein de l’économie nationale et il est nécessaire de soutenir ses acteurs qui, pour la majorité, sont des PME/PMI.
Nous soutenons les PME togolaises : selon des études récentes, on en compte près de 4 000 sur le territoire national et elles représentent un chiffre d’affaire de 500 milliards FCFA par an. Pourtant, les sociétés unipersonnelles n’emploient que de 2,7 des effectifs au Togo. Nous avons donc élaboré des offres afin d’aider les PME à intégrer le circuit formel, à obtenir des moyens de financement et à créer de l’emploi au Togo. Cela est primordial pour nous.
Togo First : Dans la lignée des mesures mises en place pour maintenir les entreprises de l’Uemoa résilientes, la BCEAO avait invité les établissements de crédit à accorder un moratoire de 3 mois renouvelable aux entreprises. Comment cette mesure a-t-elle été implémenté chez NSIA Banque ?
A l’instar de tous les établissements bancaires de l’UMEOA, nous accordons ce report d’échéance de trois mois renouvelable une fois aux entreprises qui en font la demande et qui ont été impactées par les effets de la pandémie.
Cette mesure a fait l’objet d’un avis relatif au report d'échéances des créances des établissements de crédit affectées par la pandémie de la Covid-19. A l’instar de tous les établissements bancaires de l’UMEOA, nous accordons ce report d’échéance de trois mois renouvelable une fois aux entreprises qui en font la demande et qui ont été impactées par les effets de la pandémie.
La Covid-19 a créé une situation inédite pour les banques comme pour les clients. Chez NSIA Togo Banque, nous maintenons une relation de proximité avec nos clients dans le but de traverser ensemble cette période difficile.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Le 17 juin dernier, le gouvernement togolais a annoncé qu’il venait de finaliser le deuxième cycle de son emprunt international. En réussissant à mobiliser 150 millions € en pleine crise du coronavirus où les marchés semblaient tendus, le Togo a eu la main heureuse. D’autant que la communauté des investisseurs a semblé modérer le risque d’une telle opération soutenue par une garantie de l'Agence africaine d'assurance commerciale (ATI).
Le taux d’intérêt très favorable de 4,5% démontre clairement l’appétit d’un marché, qui fuyant la volatilité accrue des actifs occidentaux, a jeté son dévolu sur les économies en développement, désormais devenues une sorte de « valeur refuge ».
Le produit de l’opération qui bénéficie d'un profil d'échéance favorable de 10 ans devrait être utilisé pour rembourser la dette intérieure plus coûteuse et à plus court terme.
Alors qu’il avait envisagé plusieurs options, dont un eurobond de 500 millions $, le Togo a dû s’ajuster aux nouvelles conditions du marché pour privilégier un emprunt auprès de créanciers internationaux du secteur privé.
Ainsi, l’opération de reprofilage a démarré en décembre 2019 avec un premier emprunt de 103,6 millions d’euros (68 milliards de francs CFA) à l’extérieur à un taux d’intérêt de 4,68 %, une échéance de 10 ans et un délai de grâce de 2 ans. Avec cet emprunt, Lomé anticipe le remboursement de 66,6 milliards FCFA de dette intérieure et régionale en janvier 2020, assortie des taux d’intérêt d’environ 7 % et des échéances de 3 et 8 ans.

130 millions d’euros sécurisés
Le produit de l’opération qui bénéficie d'un profil d'échéance favorable de 10 ans devrait être utilisé pour rembourser la dette intérieure plus coûteuse et à plus court terme.
Pour les agences de notation, dont Moody’s qui, deux mois plus tôt, dressait un tableau assez sombre de l’économie togolaise, le recours aux marchés internationaux est un succès pour le Togo.
Selon l’agence américaine, le rééchelonnement de la dette devrait réduire les coûts du service de la dette du Togo d'environ 130 millions d'euros (1,6 % du PIB de 2020) au cours des trois prochaines années. On s’attend à ce que cette orientation contribue également à réduire les risques de liquidité liés aux importants besoins de refinancement. Ces besoins estimés à près de 18% du PIB, uniquement pour 2020, avaient précipité fin 2016 le pays, alors très endetté (82% du PIB), à se faire chaperonner par le Fonds monétaire international (FMI).
Si le programme avec le FMI a permis à l’exécutif d’accélérer le train de l’assainissement de ses finances, les pressions de refinancement se pointaient à l’horizon.
Selon des données officielles de début 2019, 18,3% de la dette domestique devrait être remboursée totalement au cours de l’année. Les mêmes statistiques estimaient que, globalement, la dette intérieure devrait échoir dans 3,8 ans, alors que 2020 pourrait être une année charnière pour les remboursements. Si l’onction FMI a été vite donnée, mais conditionnée, les autorités togolaises ont toutefois pris le temps d'explorer les pistes.

Fin 2019, période faste
Lorsque les autorités togolaises ont émis l’idée de recourir au marché financier international pour les toutes premières fois, le FMI avait fini par imposer un plafond sur le montant. Pas plus de 8% du PIB et la valeur actuelle nette de la dette devrait être surveillée rigoureusement.
La Banque mondiale, qui avait, à plusieurs reprises, annoncé qu’elle donnerait sa garantie via son guichet IDA, s'est rétractée quelques mois après l’arrivée du très libéral David Malpass à sa tête. L’ancien patron de Bear Stearns a suspendu la garantie au profit d'une injection directe de cash.
Le pays rembourse ses dettes, dégage même un excédent budgétaire, dons y compris de 2,1%.
Le Togo s’en sort avec un appui budgétaire record de 150 millions $, mais maintient son premier rendez-vous sur les marchés financiers internationaux, en cette heureuse fin d’année 2019 où tout semble lui sourire. Le pays rembourse ses dettes, dégage même un excédent budgétaire dons y compris de 2,1%.
Le pays devient le seul pays à respecter les critères de convergence. Scénario inespéré, d’autant que son ratio d’endettement très élevé, deux ans plus tôt, le destinait au cortège des pays qui feraient piétiner le passage à l’Eco.
« Les autorités ont procédé à la restructuration d’une première tranche de dette, ce qui a réduit légèrement la valeur actuelle nette de la dette publique totale, tout en préservant la notation du risque d’endettement extérieur, conformément au programme appuyé par le FMI », se satisfont les experts du FMI en mars 2020, dans un contexte de début apparent de la Covid-19 où les perspectives économiques ont été revues drastiquement à la baisse.
Fiacre E. Kakpo
Baisse du nombre d’impôts, réduction des coûts et rationalisation des procédures sur fond de refonte du code général des impôts, avec en toile de fond l’attractivité, le Togo poursuit son big bang fiscal. Et bien qu’eut surgi la pandémie de la covid-19, les autorités sont loin de désespérer, maintenant ou presque sur le rythme des réformes. Les objectifs semblent variés, mais le point d’orgue est mis sur l’amélioration du climat des affaires, en passe de devenir la chasse gardée du pays, du moins depuis deux ans. Dans cet entretien accordé à Togo First, Hodabalo Passou, Assistant Exécutif du Commissaire des Impôts et point focal de l’Office pour les réformes relatives au climat des affaires revient sur les récentes réformes, l’impact de la Covid-19 et les mesures d’accompagnement en faveur du secteur privé.
Togo First : quelles sont les réformes fiscales récentes qui ont été opérées pour asseoir un environnement propice aux affaires ?
Passou Hodabalo (PH) : Faciliter la vie aux contribuables et aux opérateurs économiques, a été le mot d’ordre qui a conduit les réformes sur les dernières années. Parlant de réformes, celle qu’il faut le plus souligner est la refonte du Code général des impôts, qui a apporté avec elle une bagatelle de mesures destinées à conforter le secteur économique dans ce que le gouvernement peut apporter comme accompagnements.
La rationalisation a permis de passer d’une fourchette de 26-27 impôts à environ 15-18 impôts. Le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 28 à 27 %.
Il s’agit de la rationalisation de notre système fiscal par la réduction du nombre d’impôts, ce qui équivaut, à une réduction des formalités, et ainsi permet d’accroître la compréhension par les contribuables de la réglementation fiscale. Si le code général de l’impôt est touffu, du temps s’avère nécessaire pour sa compréhension, ce qui limite l’efficacité. La rationalisation a permis de passer d’une fourchette de 26-27 impôts à environ 15-18 impôts. Ce qui permet une réduction des délais pour les contribuables et réduit les coûts engagés dans la conformité fiscale. Elle a aussi entraîné une baisse des impôts. Ainsi, le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 28 à 27 %. Le télépaiement et la télédéclaration, introduits et rendus obligatoires depuis 2018 pour les grandes et les moyennes entreprises contribue à l’amélioration de l’administration et permet aux contribuables de gagner en temps.

Togo First : Quid des entreprises de moindre taille ?
L’une de ces mesures est l’exonération de la Patente pour les deux premières années d’existence.
PH : Dans la même lancée, il a été procédé à un élargissement de l’assiette fiscale en faisant en sorte que le poids de l’impôt ne pèse pas uniquement sur un groupe réduit de contribuables. Dans le nouveau code, des mesures ont été prises pour identifier des niches fiscales et faire contribuer le secteur informel en prenant des dispositions en faveur des PME/PMI et ainsi les inciter à se formaliser et bénéficier des mesures d’accompagnement de l’État. L’une de ces mesures est l’exonération de la Patente pour les deux premières années d’existence. Aujourd’hui, les entreprises nouvelles, dont les chiffres d’affaires, sont situés entre 0 et 60 millions sont soumis à un régime synthétique d’impôts et donc n’ont qu’un seul impôt sur le revenu à payer.
Aussi, auparavant, seules les entreprises effectuant des investissements d’au moins 200 millions pouvaient prétendre bénéficier de la réduction d’impôt pour cause d’investissement. Avec le nouveau code, même les plus petites unités, les plus petites entreprises peuvent en suivant la procédure appropriée bénéficier de cette réduction, quel que soit le montant des investissements qu’elles ont effectué dans le cadre de leurs activités.
Ces mesures sont prises pour permettre aux structures d’atteindre des seuils de rentabilité avant de commencer à payer des impôts.
En outre, les PME/PMI qui bénéficient de l’accompagnement du Centre Agrée de Gestion (CGE) ou des structures comme le FAIEJ, l’ANADEB ou d’autres structures étatiques peuvent profiter des dispositions d’abattement d’impôts prises en leur faveur même après les deux premières années d’exonération de la patente. Ces mesures sont prises pour permettre aux structures d’atteindre des seuils de rentabilité avant de commencer à payer des impôts.
Togo First : En contrepartie, comment l’OTR retourne-t-elle l’ascenseur à ces entreprises qui s’échinent à rester citoyennes ?
PH : Le nouveau code a été élaboré en sélectionnant les meilleures pratiques observées de par le monde. Par exemple dans l’optique d’accorder plus de garanties au contribuable, l’administration est encadrée dans ces délais en ce qui concerne les contrôles effectués dans les entreprises. Des mesures sont aussi prises quant au délai de réponses entre l’administration et le contribuable. Ces délais sont égaux, c’est à dire qu’ils sont les mêmes aussi bien pour l’administration que pour le contribuable.
Les mesures prises en ce sens font en sorte que les remboursements de crédits TVA se fassent le plus rapidement possible.
Une autre mesure qui s’inscrit dans la droite ligne de l’amélioration du climat des affaires a consisté à mettre en place un dispositif d’accompagnement pour les contribuables afin de leur éviter des situations de manque de liquidité dues à des problèmes de remboursement des crédits TVA. Les mesures prises en ce sens font en sorte que les remboursements des crédits de TVA se fassent le plus rapidement possible. Ces remboursements se font désormais sous un mois. Pour rendre cette mesure plus effective, un compte séquestre a été créé auprès de la BCEAO. Il est alimenté mensuellement par les TVA collectées auprès des contribuables et facilite un remboursement rapide.
Les augmentations de capital que ce soit par incorporation de réserves ou par apport nouveau, le contribuable est exonéré des droits d’enregistrement.
Une autre problématique réglée par le nouveau code est la réduction des droits d’enregistrement lors de la création des entreprises. Cette mesure date certes de 2018, mais a été renforcée. Ainsi pour les augmentations de capital que ce soit par incorporation de réserves ou par apport nouveau, le contribuable est exonéré des droits d’enregistrement. Cette mesure permet aux entreprises d’être solides et stables.

Devanture du Centre de formalités de entreprises (CFE)
Ces mesures qui viennent d’être citées dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires au Togo ont été introduites d’une part par le code général des impôts qui a été révisé, rationalisé, mais aussi par la loi des finances 2020 et s’aligne sur les meilleures pratiques internationales pour permettre au Togo de demeurer un marché attrayant.
Désormais, toutes les entreprises qui financent leurs investissements par le crédit-bail bénéficient des accompagnements en termes de réduction d’impôts.
Deux autres mesures concernent d’une part l’exonération de droits et taxes d’importation en ce qui concerne les véhicules neufs. L’autre mesure porte sur le crédit-bail largement sous-utilisé jusque-là au Togo. Désormais, toutes les entreprises qui financent leurs investissements par le crédit-bail bénéficient des accompagnements en termes de réduction d’impôts, mais aussi il faut préciser que, quelle que soit l’immobilisation, le contribuable est libre de choisir le type d’amortissement qui correspond le mieux à la nature de l’activité et de la durée de la dégradation de l’outil. Par exemple le contribuable n’est plus tenu d’obtenir l’aval de l’administration avant d’utiliser le mode d’amortissement dégressif.

Le ministre Bataka en train de manœuvrer un tracteur financé par crédit-bail par Africa Lease Togo.
Togo First : Quelles sont les mesures d’accompagnement pour le secteur privé dans le cadre du Covid-19 ?
PH : Dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie le Président de la République a donné des instructions pour que la situation fiscale des entreprises soit étudiée au cas par cas. Ceci afin que celles qui sont exposées aux conséquences de la crise sanitaire puissent être accompagnées d’une part, et de l’autre accompagner tout le secteur privé à pouvoir faire face et ne pas disparaître à cause de la pandémie.
De ce fait aujourd’hui, il n’y a plus d’actions de recouvrement forcées.
Entre autres mesures donc, le gouvernement a pris des dispositions pour accompagner les entreprises qui auraient des difficultés à respecter les échéances de dépôt de leur déclaration fiscale afin de pouvoir bénéficier de délais supplémentaires et durant cette période de crise sanitaire. A côté de ces reports de délais de dépôts de systèmes financiers ou de déclarations fiscales, l’Etat a également pris des dispositions que les actions en recouvrement puissent être allégées. De ce fait aujourd’hui, il n’y a plus d’actions de recouvrement forcées.
Enfin, on citera aussi l’exonération de droits et taxes à l’importation de tout ce qui est matériels et produits destinés exclusivement à la lutte contre le Covid-19.
Mais l’administration fiscale octroie désormais un plan de règlement suivant la demande des contribuables. Il y a également la flexibilité dans la gestion des risques à recouvrir, particulièrement pour les PME/PMI. Certaines ayant dû carrément mettre la clé sous la porte, on ne peut plus leur demander des paiements. Il faut donc que nous reconnaissions celles qui sont dans des difficultés pour pouvoir les accompagner.
Les contrôles fiscaux sont suspendus et ne se limitent plus qu’aux entreprises qui ne sont pas citoyennes. Il y a également la suspension des pénalités pour les entreprises qui ont des échéances d’impôts qui arrivent durant cette période de crise sanitaire. Enfin, on citera aussi l’exonération de droits et taxes à l’importation de tout ce qui est matériels et produits destinés exclusivement à la lutte contre le Covid-19.
Togo First : quels sont les impacts de la crise sanitaire sur l’OTR ?

PH : les impacts se ressentent beaucoup plus au niveau des recettes collectées. Le ministre de l’économie et des finances avait indiqué dans une de ses interventions que le PIB connaîtrait une baisse de plus de 3 points cette année. Ainsi, le taux de croissance du PIB ressortirait à 1,3% et pourrait même connaitre une contraction de 1,5% en 2020 dans l’hypothèse la plus pessimiste contre une prévision initiale de 5,5%.
Ces déclarations se sont confirmées ces derniers mois, notamment avec l’analyse d’impact de la pandémie réalisée par la Chambre de commerce.
Nous observons la baisse des chiffres d’affaires dans un certain nombre de secteurs d’activités comme l’hôtellerie, le transport ou encore la restauration. Ces secteurs ont été durement touchés. Les PME/PMI ont été également impactés parce que la plupart a dû fermer, tout comme certaines grandes entreprises qui connaissent des difficultés du fait de l’impossibilité d’exporter. Le secteur du BTP qui était déjà atteint à cause de la baisse du niveau d’investissement et de la diminution des grands travaux en raison de la Covid-19, continue de subir, la période n’étant favorable aux activités.
Nous retiendrons principalement au niveau de l’OTR une baisse des recettes fiscales. Les recettes fiscales devraient chuter d’environ 198 milliards de francs CFA, alors que nous anticipons une baisse des recettes non fiscales et de services de 32 milliards.
Octave Bruce
Jean-Paul AGBOH AHOUELETE
La transformation structurelle de l’économie togolaise, dont les autorités ont fait le pari, est portée par un ambitieux plan quinquennal, couvrant la période 2018-2022 et dénommé Plan national de développement (PND). Il s’agit pour le Gouvernement, grâce à des investissements stratégiques dans des secteurs clés comme les infrastructures, la logistique, l’agriculture ou encore les mines (…), d’assurer la prospérité économique et sociale de tous les Togolais. Au cœur du dispositif pour attirer des investissements publics comme privés, Togo Invest (TI). Avec des partenaires institutionnels, cette holding dont l’Etat est l’unique actionnaire, a créé un innovant véhicule d’investissement dénommé Kifema Capital, pour regrouper l’ensemble des investisseurs togolais nationaux et de la diaspora souhaitant intervenir sur des projets du PND.
Pour la mise en œuvre du PND, Togo Invest a défini ses domaines d’intervention en priorisant les projets à haute valeur économique et sociale pour le pays, notamment dans les secteurs suivants : agriculture, secteurs portuaire et aéroportuaire, énergie, finances et infrastructures publiques. Ses critères pour engager un partenariat avec les porteurs de projets structurants sont de plusieurs ordres : selon la nature du projet, un minimum de participation de Togo Invest lui permettant d’exercer un rôle d’actionnaire actif, la création d’emplois pour les Togolais, une gouvernance transparente et conforme aux meilleures pratiques d’affaires, la création de revenus directs et indirects pour l’Etat ou encore le respect de la règlementation en vigueur.
Il s’agit d’un projet ambitieux pour développer un réseau d’infrastructures de transport moderne (rail, route, logistique, pipeline, et télécommunications) allant du Port Autonome de Lomé à la frontière nord avec le Burkina Faso.
De fait, plusieurs projets sont conçus par Togo Invest, notamment celui dénommé Corridor de Transport du Togo (CDT). Il s’agit d’un projet ambitieux pour développer un réseau d’infrastructures de transport moderne (rail, route, logistique, pipeline, et télécommunications) allant du Port Autonome de Lomé à la frontière nord avec le Burkina Faso. L’objectif du CDT est d’améliorer l’efficience et l’efficacité du corridor Lomé-Cinkassé, tout en libérant le potentiel économique de toutes les régions du Togo.
Dans ce cadre, plusieurs projets identifiés comme prioritaires dans le PND sont en cours d’étude et ou de mise en œuvre par l’institution à savoir (1) un projet de Port Sec à développer sur une superficie de 100 hectares dans les environs de Cinkassé, (2) un chemin de fer de 670km, (3) une zone économique spéciale et une Plateforme Logistique Multiservice.
Le projet Plateforme Logistique Multiservices consiste à développer à 7km du port de Lomé une infrastructure logistique composée d'une route dédiée avec accès au port, d’un espace de stationnement pour les camions, des infrastructures de base sur le site et autres installations appropriées (centre logistique et de contrôle, bureaux, logements et restaurants). Celui de la Zone économique spéciale est en lien avec l’axe 2 du PND pour la transformation industrielle.

En partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT), TI entreprend de développer une Plateforme logistique Multiservices.
Ce projet d’infrastructure stratégique en lien avec les orientations du PND permettrait d’accélérer le transport conteneurisé vers les pays du Sahel et aurait un impact, fort et positif, sur l’industrie logistique, avec de milliers d’emplois à la clé.
Lire aussi : 10 questions à Ekué Samuel Mivedor, DG de Togo Invest
Solution de financement des projets d’intérêt national
Pour financer l’ensemble de ces projets entrant dans le cadre du PND, dont le coût global est estimé à 4 622 milliards de francs CFA (7 milliards d’euros) avec 65% attendus du secteur privé, Togo Invest a mis en place Kifema Capital SAS afin de syndiquer les contributions venant du secteur public comme du privé national. A propos de Kifema Capital, Marc Alberola, le Directeur Général du Groupe Eranove dit : « c’est un instrument innovant de mobilisation de ressources dans la sous-région qui a un bel avenir devant lui ».
Les principaux actionnaires de ce véhicule d’investissement sont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Institut nationale d’assurance maladie (INAM), la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Togo (CCIT) et Togo Invest. Kifema Capital est destiné à regrouper dans un premier temps l’ensemble des investisseurs togolais publics comme privés.
Les principaux actionnaires de ce véhicule d’investissement créé en octobre 2019, sous forme de société par actions simplifiées, sont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Institut nationale d’assurance maladie (INAM), la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Togo (CCIT) et Togo Invest.
Kifema Capital est destiné à regrouper dans un premier temps l’ensemble des investisseurs togolais, qu’ils soient issus du secteur public ou privé. Les projets d’investissement relevant de son portefeuille sont essentiellement ceux du PND, ou tout autre projet d’intérêt national s’inscrivant dans l’objet social de Kifema Capital. Pour ce faire, le fonds prendra des participations dans des entreprises de droit togolais, gèrera, contrôlera et mettra en valeur lesdites participations etc.

Centrale électrique au cycle combiné gaz vapeur Kekeli Efficient Power, d’une capacité de 65 MW
Kekeli Efficient Power, la preuve par l’action
Grand chantier dans le secteur énergétique, la construction de la centrale thermique KEKELI, est le premier projet dans lequel intervient Kifema Capital.
Lire aussi : L’Etat, co-actionnaire de la Centrale Kékéli Efficient Power à travers une prise de participation de Kifema Capital
Le projet KEKELI consiste en la conception, le financement, la construction et l’exploitation sur une période de 25 ans d’une centrale thermique à cycle combiné dotée d’une capacité de 65 MW dans la zone du Port autonome de Lomé. « L’avantage du cycle combiné est l’augmentation de la capacité de production sans utilisation supplémentaire de combustible, réduisant ainsi la pollution » détaillent les initiateurs du projet.
La centrale fonctionnera principalement au gaz naturel, auquel peuvent être substitués le propane 95 comme combustible secondaire ou encore le Distillate diesel oil (DDO) comme celui de secours.
Outre la centrale, le projet comprend également la construction d’un poste d’évacuation d’énergie de 161 KV et d’une ligne d’évacuation de l’énergie de 161 KV vers le poste d’interconnexion au réseau national de Lomé Port.
Pour réaliser le projet KEKELI, un investissement total de plus de 82 milliards FCFA a pu être levé par Kifema Capital et Eranove.
Pour sa mise en œuvre, une société dénommée Kékéli Efficient Power S.A. (KEP) a été créée, avec pour principaux actionnaires Kifema Capital qui détient 25% du capital social et le reste par Eranove, un groupe de référence en Afrique subsaharienne, spécialisé dans le secteur de la production et de la distribution de l’électricité ainsi que d’eau potable.
Kifema Capital représente la participation togolaise dans l’actionnariat de KEP. Il crée ainsi des opportunités pour les investisseurs togolais désireux de contribuer au développement économique de leur pays.
Pour réaliser le projet KEKELI, un investissement total de plus de 82 milliards FCFA a pu être levé par Kifema Capital et Eranove. La participation massive des banques locales et sous régionales à hauteur de 80% du total de l’investissement, confirme déjà le niveau de confiance des acteurs financiers vis-à-vis de ce jeune véhicule. Comme l’indique d’ailleurs Marc Alberola « ce projet illustre parfaitement le modèle multilatéral regroupant des partenaires panafricains et pan-européens que nous souhaitons promouvoir pour répondre au défi de l’accès à l’électricité et à l’eau en Afrique ».
Afin de maintenir ce bon cap dans la collecte des ressources nécessaires pour la réalisation des projets structurants du PND, Ekué Mivédor, Directeur général de Togo Invest et par ailleurs président de Kifema Capital, appelle le secteur privé à nouer des partenariats : « nous espérons compter sur la participation de tous les togolais y compris ceux de la diaspora pour la concrétisation de ces projets qui, sans doute, seront catalyseurs de l’économie togolaise », déclare-t-il.

Ekué Mivédor, DG de Togo Invest : « nous espérons compter sur la participation de tous les togolais y compris ceux de la diaspora pour la concrétisation de ces projets »
Créer des champions locaux
Après la réussite de la mobilisation des investisseurs autour de la centrale thermique KEKELI, la présidence de Kifema Capital assure de l’imminence d’autres projets, comme la création d’une Zone industrielle, ou celle de la Plateforme logistique multiservices.
Toutefois, la concrétisation de certains projets d’infrastructures va nécessiter que Togo Invest soit suffisamment capitalisée, avec des actifs productifs de revenus. « Nous y travaillons avec notre actionnaire, afin de doter Togo Invest des moyens nécessaires lui permettant de véritablement jouer son rôle, et de réaliser les objectifs qui sont les siens », a indiqué Ekué Mivédor.
Atout maître de Togo Invest, Kifema Capital devrait donc permettre à la holding d’Etat, chargée de conduire le développement et la mise en œuvre d’investissements stratégiques par et pour l’Etat, de développer et de tirer profit des investissements durables.
L’une des plus grandes perspectives de Kifema Capital est de renforcer le contenu local dans les projets de développement en permettant aux opérateurs économiques togolais d’investir dans les grands projets, de bénéficier du transfert de technologie et ainsi, de créer des champions locaux à même d’initier et de développer des projets dans les différents secteurs stratégiques du pays.
« L’objectif à long terme est de faire de notre véhicule, une holding avec la création de filiales qui investiront dans les secteurs porteurs qui seront identifiés », explique Mivédor. Selon lui, Kifema Capital identifiera et proposera, à travers ses actionnaires, d’autres projets d’envergure nationale dans les secteurs clés notamment le transport, l’agriculture, l’énergie, l’immobilier et les télécommunications, conformément à son objet social.
Atout maître de Togo Invest, Kifema Capital devrait donc permettre à la holding d’Etat, chargée de conduire le développement et la mise en œuvre d’investissements stratégiques par et pour l’Etat, de développer et de tirer profit des investissements durables.
Surpris comme le monde entier par la pandémie du Covid-19 et les retombées multiformes qui en découlent alors que ses perspectives macroéconomiques étaient des plus optimistes, le Togo réfléchit à « un Plan Marshall » pour relancer son économie post-crise. Le pays qui repose majoritairement la réussite de son Plan National de Développement (PND 2018-2022) sur l’apport du Secteur privé veut s’apprêter au mieux pour rebondir, une fois l’orage passé. Dans un entretien accordé au site d’informations linterview.info, la ministre -Conseillère du Président de la République en charge du climat des Affaires, Sandra Ablamba Johnson fait le point sur l’environnement des affaires au Togo, les différentes mesures d’accompagnement prises par le gouvernement et les perspectives. Lecture.
Comment se porte le climat des affaires au Togo depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19 ?
Sandra Ablamba Johnson : L’environnement des affaires au Togo est en nette amélioration, en témoignent les réformes opérées ces derniers mois par notre pays, largement diffusées, avec en toile de fond une communication permanente avec les professionnels des médias sur leurs contours et leurs avantages.
Certes, la pandémie actuelle fait craindre un impact négatif sur le secteur privé, cependant le gouvernement travaille activement en vue de soutenir, autant que faire se peut, le secteur pour une reprise rapide de l’activité économique.
Cependant, le Togo, à l’instar d’autres pays du monde, connaît la pandémie du Covid-19. En réponse à cette pandémie sans précédent, le Gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, a pris des mesures exceptionnelles de riposte, notamment l’instauration de l’état d’urgence sanitaire et d’un couvre-feu de 20 heures à 6 heures, circonscrit plus particulièrement dans le Grand Lomé, avec des extensions au fur et à mesure que de nouveaux foyers de contamination se déclarent.
Au niveau des services publics, il est instauré une journée de travail continue de 9 h à 16 h, durant toute la période de l’état d’urgence et du couvre-feu. Ce qui n’empêche en rien la sollicitation des services de l’administration publique. La digitalisation de l’économie, enclenchée par le gouvernement, porteuse de valeurs et créatrice d’emplois et de richesse, vient à point nommé pour répondre aux mesures de distanciation sociale instaurées, en vue de lutter contre le Covid-19.
Ainsi, dans le cadre des réformes économiques et structurelles, le segment « digitalisation des procédures administratives » est déjà effectif au niveau d’une dizaine de structures clés en contact permanent avec les opérateurs économiques. Nous pouvons citer entre autres le Guichet Unique du commerce Extérieur (GUCE), le Centre de formalités des Entreprises (CFE), le Tribunal de Commerce, le Guichet Foncier Unique, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET), l’administration fiscale (OTR), le port via le système douanier automatisé et la Société Togolaise des Eaux (TDE).
Ces administrations encouragent vivement les opérateurs économiques à privilégier le numérique pour solliciter des services, limitant du coup les déplacements.
Certes, la pandémie actuelle fait craindre un impact négatif sur le secteur privé, cependant le gouvernement travaille activement en vue de soutenir, autant que faire se peut, le secteur pour une reprise rapide de l’activité économique.
Que fait l’Etat pour soulager le secteur privé dans cette période de soudure ?
Sandra Ablamba Johnson : Le gouvernement a pris une batterie de mesures fiscales et douanières pour accompagner les opérateurs économiques dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus. Durement affectées, les activités d’hôtellerie et de restauration ne subiront qu’un taux d’imposition de 10 %. La deuxième mesure suspend les contrôles fiscaux en cours en entreprises et les limite aux entreprises citoyennes.
Durement affectées, les activités d’hôtellerie et de restauration ne subiront qu’un taux d’imposition de 10 %.
L’allègement de la charge fiscale pour les entreprises passera également par la suspension des pénalités de retard pour les impôts qui arrivent à échéance au cours du deuxième trimestre et la revue des pénalités au profit des entreprises qui ont subi des contrôles fiscaux. Un accompagnement sera proposé aux entreprises individuelles qui se sont retrouvées dans l’impossibilité de déposer leurs états financiers dans les délais prévus au 31 mars 2020 et aux entreprises sociétaires qui n’ont pas pu exécuter cette obligation fiscale au 30 avril.
Le gouvernement, via l’Office Togolais des Recettes (OTR), procédera à un allègement des actions en recouvrement en général et en particulier, envers les PME/PMI. Cet allègement fiscal va s’effectuer à travers l’octroi des plans de règlement échelonné à la demande et une flexibilité dans la gestion des restes à recouvrer auprès des contribuables en général et plus particulièrement auprès des PME/PMI.
A la CNSS, ces mesures vont de la suspension des calculs de majorations de retard aux remises exceptionnelles de majoration de retard sur les arriérés suivant des modalités.
La première mesure exceptionnelle suspend le calcul des majorations de retard sur le paiement des cotisations sociales des mois d’avril à juillet pour les employeurs. La deuxième stipule que toutes les entreprises qui s’engageront à payer leur cotisation sociale jusqu’au 31 octobre 2020, bénéficieront de la réduction de la majoration de retard comme suit : 100 % pour le secteur informel, 75 % pour les PME/PMI et 50 % pour les grandes entreprises, hormis l’hôtellerie, les restaurants, les débits de boissons, les établissements scolaires, établissements hospitaliers et les pharmacies.
Comment appréhendez-vous l’après-Covid-19 dans le monde des affaires au Togo ?
Sandra Ablamba Johnson : : Cette pandémie aura des conséquences à l’échelle mondiale qu’il est pour le moment impossible d’évaluer et par conséquent, un impact négatif sur l’économie locale. Ainsi, face à la conjoncture liée à la pandémie du coronavirus, l’on assiste déjà à la baisse de plus de 3 points de pourcentage taux de croissance du PIB pour une prévision initiale de 5,3 % en 2020. Les PME/PMI ont été pour la plupart surprises par cette situation imprévisible qui a de facto, mis à mal toutes les prévisions de l’année 2020.
Le monde des affaires, pour sa part, risque de connaître une reprise timide si la crise perdure. Cependant, la sortie de la crise pourra également être profitable à certains secteurs si nous arrivons à transformer les difficultés présentes en opportunités.
Néanmoins, pour relancer l’économie, les mesures concrètes prises par le gouvernement et d’autres en cours de finalisation pour soutenir le secteur privé permettront non seulement d’amortir les chocs, mais aussi d’anticiper sur les risques d’aggravation, au cas où la pandémie perdurerait.
Le monde des affaires, pour sa part, risque de connaître une reprise timide si la crise perdure. Cependant, la sortie de la crise pourra également être profitable à certains secteurs si nous arrivons à transformer les difficultés présentes en opportunités. Certains secteurs en sortiront gagnants même si d’autres auront besoin d’un soutien substantiel des institutions financières.
Nous allons parallèlement à cela, accentuer les réformes économiques et sociales ainsi que l’écoute permanente vis-à-vis du secteur privé qui reste l’acteur clé et donc le moteur de la croissance.
A peine débarqué au Togo, ses ambitions sont devenues africaines. Hydrimpex, la société française, spécialisée dans les métiers de l’eau et de l’énergie, de la conception à la fourniture d’équipements, ne fait plus désormais mystère de son intention de devenir un acteur de premier plan en Afrique. Janvier 2020, la société qui propose ses services dans une vingtaine de pays africains a franchi un cap, en démarrant au Togo l’implantation de son premier bureau physique sur le continent. C’est désormais chose faite. Crise sanitaire oblige, la « coupure du ruban » fut symbolique, sobre et simple mais les ambitions restent intactes. Dans cet entretien exclusif accordé à Togo First, Thierry Dumas, le Ceo lève un coin du voile sur les raisons de cet ancrage à Lomé, précise ses ambitions africaines, la démarche RSE de l’entreprise et les perspectives. Interview.
Togo First : Vous avez choisi le Togo afin de marquer votre ancrage africain. Grâce à HydrAfrique, Hydrimpex affiche désormais de réelles ambitions pour le Continent.
Pourquoi le Togo ?
Thierry Dumas (TD) : Le Togo est un pays stable, avec un Port en eaux profondes, pouvant accueillir nos cargaisons arrivant par bateaux. Sa situation géographique dans la sous-région, et la place qu’occupe la capitale Lomé dans la sphère financière en Afrique plus globalement avec les sièges sociaux de grandes entreprises et d’institutions, représentent des atouts considérables pour notre société.
Comme vous le savez, Monsieur Ayayi Crepy, notre directeur export est d’origine togolaise.

Ayayi Crepy, directeur export Hydrimpex et la déléguée générale d’Eurocham Togo
Nous travaillons d’ores et déjà étroitement avec des entreprises togolaises de travaux hydrauliques dans un environnement fiable et sérieux. Aussi, semblait-il naturel que notre premier partenariat dans la distribution se fasse au Togo.
Lire aussi : Le Togolais Pascal Ayayi Creppy prend les rênes de la division export du Français Hydrimpex
Avec HydrAfrique, nous souhaitons favoriser la disponibilité et la qualité tout en conservant une compétitivité forte pour les besoins d'équipements pour l'eau potable, les forages et l’irrigation.
Togo First : sur un continent comme l’Afrique où il a encore un vaste terrain à conquérir, quelle est la stratégie d'Hydrimpex pour s’offrir des parts de marché ?
TD : Nous nous battons pour gagner des parts de marché afin de s'installer durablement au Togo mais également progressivement dans toute la sous-région. Nous sommes à l’écoute en permanence et nous nous adaptons aux besoins et aux urgences de nos clients. En nous appuyant sur la distribution locale de produits de qualité nous serons présents, nous désirons ainsi afficher notre ambition.
Togo First : Quelles sont les actions Rse à votre actif sur le continent ?
TD : Hydrimpex a défini une politique RSE depuis plus de 6 mois par le biais d’actions diverses telles que le recrutement de collaborateurs de différentes nationalités au sein de l’entreprise.
« Enfin, en dehors de toute stratégie commerciale et politique d’entreprise, face à une actualité terrible, nous venons d’envoyer au Togo des dons de masques médicaux afin de prévenir le COVID-19. Ils arriveront à Lomé vers la mi-avril. »
Au Togo, nous avons mis en place un bureau commercial et nous évaluons actuellement les possibilités de nous engager dans des opération dites d’hydraulique villageoise.
Nous donnons également la possibilité à nos salariés qui le souhaitent de devenir actionnaires des entreprises de distribution que nous soutenons sur le continent.
L’idée étant de développer une franchise de distribution continentale africaine.

Enfin, en dehors de toute stratégie commerciale et politique d’entreprise, face à une actualité terrible, nous venons d’envoyer au Togo des dons de masques médicaux afin de prévenir le COVID-19. Ils arriveront à Lomé vers la mi-avril.
Togo First : Hydrimpex semble fortement engagée dans une démarche Rse et ce, dès ses premiers pas sur le continent particulièrement au Togo. Pourquoi cette option, qui pourrait vous faire passer plus pour une fondation qu'une entreprise à la recherche du profit ?
TD : A titre privé, je suis attentif aux autres, sensible à l’amélioration de la vie de chacun et à la sauvegarde de notre planète.
Nous ne pouvions pas rester sans agir face à cette menace mortelle. C'est donc avec humilité que nous offrons ces quelques milliers de masques.
Les populations africaines n’ont pas besoin de paternalisme occidental. Aussi nous souhaitons faire du transfert de compétences afin que notre soutien permette à terme une autonomie de choix dans les domaines qui nous concernent. Monsieur Ayayi Creppy, le directeur export d’Hydrimpex en charge de l’Afrique nous fait remonter les besoins des populations les plus vulnérables.
Notre politique RSE est donc surtout axée sur le volet social. La situation sanitaire mondiale qui, par ricochet, touche de plus en plus la sous-région nous pousse à nous engager.
Nous ne pouvions pas rester sans agir face à cette menace mortelle. C'est donc avec humilité que nous offrons ces quelques milliers de masques.
Togo First : HydrAfrique, à court, moyen et long termes, cela ressemblerait à quoi ?
TD : Notre partenaire HydrAfrique à court terme : il s’agit de développer la disponibilité de matériels au Togo, permettant ainsi un déploiement progressif dans l’espace UEMOA. A moyen terme : apporter notre soutien et notre expertise à HydrAfrique dans son développement en Afrique Australe et dans la région des grands lacs. A Long terme : soutenir la création d’une entité HydrAfrique pour l’Afrique centrale à Yaoundé-Cameroun.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Au cours de dix dernières années, le Togo s’est lancé dans une politique de modernisation de ses infrastructures. En témoigne, la construction et la réhabilitation de plusieurs routes, les aménagements du port autonome de Lomé ou encore, la construction d’une nouvelle aérogare. Toutes ces efforts s’inscrivent dans une vision globale de modernisation de l’économie togolaise.
Les ports
Le port autonome de Lomé est le seul port en eau profonde de la côte ouest africaine, et donc le seul capable d’accueillir des navires de 3eme génération. Inauguré le 26 avril 1968, l’exploitation de l’infrastructure a officiellement débuté le 1er Mai 1968.
Avec plus de 1,4 millions d’EVP brassés en 2018, le Port confirme son leadership dans le golfe de Guinée, et décroche, dans la foulée l’Awards de la meilleure plateforme de transbordement pour la troisième année consécutive en 2019. Les activités de transbordement qui ne représentaient que 5 % en 2012 ont connu une augmentation fulgurante et se situent à la fin 2019 autour de 64% du trafic global du port.
En 2017 déjà, le port de Lomé supplantait celui de Lagos pour le trafic global de conteneurs. En 2019 c’est le port d’Abidjan que l’infrastructure supplantera sur les activités de transbordements en volume.

Toutes ces performances ont été rendues possibles grâce aux investissements massifs effectués ces dernières années, et qui s’inscrivent dans une tendance soutenue.
En 2013, un consortium international mené par la SFI, la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, a financé à hauteur de 225 millions d’euros, Lomé Conteneur Terminal (LCT), un groupe dans lequel Méditerranéen Shipping Company (MSC), deuxième armateur mondial, est présent via sa filiale Terminal Investment Ltd. Ce nouveau terminal de transbordement de conteneurs est entrée en activité un an plus tard a permis de faire passer le trafic conteneurs de 311 500 EVP en 2013 à 1,4 millions EVP fin 2018.
En 2014, un troisième quai financé à hauteur de 300 milliards de francs CFA par le groupe Bolloré a été inauguré. D’une longueur de 450 m et d’une profondeur de 15 m, le quai compte 2 postes d’accostage et peut recevoir 7000 conteneurs de 20 pieds.
En 2019, MSC a annoncé un nouveau plan d’investissements de 500 millions d’euros dans la plateforme portuaire togolaise. Le but affiché est de faire monter à 4 millions EVP le trafic annuel de conteneurs. Tous ces progrès sont soutenus par une politique d’infrastructures routières dynamique.
En ligne avec le Plan National de Développement (PND), d’importants projets sont en cours pour poursuivre la modernisation du port de Lomé et accroitre ses activités. Ainsi une plateforme logistique Multiservices et autres installations logistiques devront être installées. Le projet de la plateforme logistique, porté par Togo Invest Corporation, est à un niveau avancé. L'infrastructure sera composée d'une route dédiée avec accès au port, d’un complexe de guérite sécurisée à la limite de la zone portuaire, d’un espace de stationnement pour les camions entre autres. Il est aussi prévu un projet de chemin de fer reliant Lomé à Cinkassé pour assurer le transport des personnes et des biens. La ligne ferrée permettra d’accélérer le transport conteneurisé vers les pays du Sahel et est censé avoir un impact fort positif sur l’industrie logistique.
Un port sec couvrant une superficie de 100 hectares devrait être implanté dans les environs de Cinkassé. L’infrastructure vise à conteneuriser et à renforcer le corridor de transport entre Lomé et la ville frontalière du Burkina.
En avril 2019, un nouveau port de pêche a été inauguré. Situé à Gbetsogbé, à environ 10 km de Lomé, l’infrastructure possède une capacité d’accueil de 300 à 400 pirogues et peut héberger 3000 pêcheurs et 5000 mareyeurs et transformatrices de poissons.
Un port privé, aménagé à Kpémé, à 35 km au sud-est de Lomé, sert à l’exportation du phosphate. Il dispose d’un quai de 225 m avec un tirant d’eau 11,8 m.
Le Togo est traversé dans tous les sens par de nombreux cours d’eau, les plus important sont l’Oti (un affluent de la volta) et le Mono. Les activités de navigation sur ces cours d’eau sont cependant faibles et on n’y dénombre aucun port fluvial.
Les routes
Au cours des 8 dernières années, l’Etat a injecté 680 milliards FCFA dans les infrastructures routières. Le Togo compte atteindre 60% de routes revêtues à l’horizon 2022. Le pays ambitionne aussi de dédoubler la voie nationale numéro 1 pour un montant total de 620 millions $. Actuellement, de nombreux projets de bitumage des routes sont en cours. Grâce à un financement de la BOAD, la route nationale n°17, entre Katchamba et Sadori sera ainsi revêtue.

Les infrastructures routières connaissent une modernisation soutenue depuis plusieurs années. Le réseau routier Togolais compte 11 777 km dont environ 2 101 km de routes nationales revêtues et 1 473 km de voiries urbaines. Du reste, le pays compte 1294 km de routes nationales non revêtues et 6802 km de pistes rurales.
Le pays possède trois corridors routiers :
Longue de 746 km, la route nationale numéro 1 traverse le pays du nord au sud et constitue le principal axe routier du pays. Le second corridor est la route Lomé-Hillacondji, longue d’environ 53 km (qui constitue une partie du corridor Abidjan–Lagos, long de 1022 km).
Le troisième corridor est la route communautaire CU19 de l’UEMOA, Nyamassila - Bagou – Goubi – Kambolé - Balanka - Frontière Bénin, longue de 180 km.
Entre 2012 et 2016 d’importants progrès ont été enregistrés. Ces progrès qui demeurent soutenus, ont permis de porter le pourcentage des routes en bon état de 18 à 29 % et de faire descendre le pourcentage des routes en mauvais état de 49 à 40 %.
Créée par le décret N°2012-013/PR du 26 mars 2012, La Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier (SAFER) est chargé de l’entretien routier. Le linéaire couvert par les opérations de la SAFER est en constante augmentation. De 900 km en 2012, il est passé à 1335 km en 2014 et à 2194 km en 2017.
Les aéroports.
L’aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE) est le plus grand du Togo. Sa fondation date de la période coloniale. L’infrastructure couvre une superficie de 413 ha.
Depuis sa création, l’aéroport n’a cessé de se moderniser, une nouvelle aérogare répondant aux normes internationales a été inaugurée en 2016.
Le trafic aéroportuaire est également en constante hausse. En 2012, sur toute l’année, l’aéroport accueillait 470 000 passagers. Sur les 5 premiers mois de 2019, il enregistrait déjà un trafic de 246 000 passagers. L’objectif affiché est d’atteindre 2 millions de passagers d’ici 2022.

L’aéroport international Gnassingbé Eyadema est desservi par plusieurs compagnies internationales, notamment le géant africain Ethiopian Airlines qui en a fait un de ses hub ouest-africain, Asky, basé à Lomé, Air France, Brussels Airlines...
Depuis mi-décembre, Ethiopian connecte, par vol direct, Lomé à Houston. A fin septembre 2019, la plateforme aéroportuaire a rapporté au budget national un total de 3,54 milliards FCFA.
L’aéroport international de Niamtougou est le second aéroport du Togo, il n’accueille toutefois pour l’heure, essentiellement que des vols privés de fret. D’importants travaux en cours devront permettre de faire de l’aéroport situé à 450km de Lomé une plateforme de référence pour la logistique aéroportuaire, en particulier pour le trafic cargo destiné aux pays de l’hinterland.
Lancée en 2017 pour assainir le secteur de la santé et garantir des soins de qualité à la population, la contractualisation des formations sanitaires publiques a atteint sa vitesse de croisière, soutenue par de premiers résultats éloquents. De l’augmentation du taux de fréquentation, de consultation, d’hospitalisation, du nombre d’actes effectués aux recettes, le désamour entre populations et hôpitaux publics semble de plus en plus de vieux souvenirs. Moustafa Mijiyawa, ministre de la Santé revient sur les résultats « exceptionnels » enregistrés depuis le début du processus, taxé à tort à ses débuts, de privatisation du système sanitaire.
Togo First : Quels sont les fondements de la contractualisation ?
Moustafa Mijiyawa : Au fil des années, nous nous trouvions dans une situation où il y avait une augmentation des ressources mises à disposition, qu’elles soient humaines, financières ou matérielles, d’un côté et de l’autre, une insuffisance des prestations. Cette situation a engendré de récurrentes et justifiées plaintes des populations. Cela a entraîné, avec le temps, un désamour entre ces dernières et les formations sanitaires. La majeure partie des Togolais a une fois été confrontée aux problèmes que connaissent nos formations sanitaires depuis de longues années.
Le principal problème qui expliquait ce fossé, d’abord entre les ressources injectées et les résultats obtenus, et ensuite entre les divers prestataires sanitaires et la population, résidait dans la gestion. C’est donc dans le souci de trouver un mécanisme corrélant les ressources aux prestations que le gouvernement a opté pour la contractualisation. Nous avons remarqué un dysfonctionnement et avons décidé de mettre en place un mécanisme régulateur.
Togo First : Comment cela se présente-t-il alors dans les faits ?
Moustafa Mijiyawa : La formation sanitaire reste publique, c’est-à-dire que c’est l’Etat qui continue de payer ses agents, les équipements et tout ce qu’il faut pour que l’hôpital fonctionne. Une entité non-étatique est recrutée, avec pour cahier des charges, de nous aider à mettre en place les mécanismes d’une bonne gestion. Un comité est ensuite installé au sein de la formation sanitaire. Il comprend le contractant, la direction de la formation, les syndicats, les représentants des corps de métier et les divers acteurs impliqués. Chacun est tenu au courant des ressources et recettes mobilisées. Les actions et dépenses à effectuer sont alors décidées par ce collège.
Le ministère de la santé, qui est le niveau central, est tenu informé afin de veiller à la régularité et à la pertinence des actions et des dépenses.
Togo First : N’est-on pas face à une fuite en avant des pouvoirs publics lorsqu’ils privilégient la contractualisation alors qu’ils auraient pu mettre en place un dispositif de bonne gouvernance pour que ce rôle soit pleinement joué par l’administration publique ?
Moustafa Mijiyawa : On sait que l’attachement de l’être humain à ce qui est public est moins étanche que lorsqu’il s’agit du privé, son affaire personnelle. Nous étions arrivés à un stade où l’écart entre ce qui devrait être fait et ce qui se faisait était tellement grand que nous avions dû opter pour une phase de transition qui consistant à ce que l’Etat ne soit pas le « Tout-Etat » et accepte de recourir à une entité privée. Cette dernière servira d’enzyme, de catalyseur dans l’intérêt de la population. Ce n’est pas du tout une fuite en avant.
L’approche contractuelle permet d’injecter une dose de rationalité dans la démarche et dans la gestion. Avec la contractualisation, nous voulons nous assurer que l’argent que nous injectons arrive véritablement à destination.
Quand vous allez dans les grands pays, ce modèle existe depuis la fin de la 2ème Guerre mondiale. C’est-à-dire que la gestion des structures publiques où c’est le « Tout-Etat » est quelque chose qui relève de plus en plus de l’histoire. L’approche contractuelle permet d’injecter une dose de rationalité dans la démarche et dans la gestion. L’objectif du Chef de l’Etat, via la contractualisation, n’est pas d’injecter moins d’argent dans les hôpitaux. Avec la contractualisation, nous voulons nous assurer que l’argent que nous injectons arrive véritablement à destination.

« Tout le monde a salué le courage des autorités togolaises d’avoir vu la vérité en face. »
Une chose est évidente aujourd’hui. Nous avons, à nos dépens, constaté qu’on tentait de recueillir de l’eau avec un panier. Lorsque vous injectez 100F et qu’il y a moins de 50 F qui arrive au malade, c’est un problème. Par contre si en injectant 100 F, vous vous dites que quelqu’un fera en sorte que 90 F arrivent au malade, il y a une grosse différence. Lorsque vous donnez des réactifs pour 100 malades et qu’au bout de 20 malades, ils sont épuisés, c’est qu’il y a un problème. Par contre si vous donnez des réactifs pour 100 malades et vous établissez par une entité extérieure un mécanisme de telle sorte que 95 personnes soient satisfaites sur les 100 attendues, cette option s’impose.
Lorsque j’étais allé à Brazzaville devant l’Assemblée des ministres de la santé d’Afrique, tout le monde a salué le courage des autorités togolaises d’avoir vu la vérité en face parce que dans la plupart de nos pays africains, ce problème est identifié comme le gros souci.
Togo First : Quels sont les résultats déjà obtenus ?
Moustafa Mijiyawa : L’état des hôpitaux était déjà connu bien avant. De la consultation à l’hospitalisation en passant par la pharmacie, tout était sujet à plaintes. Nous avons commencé à contractualiser le 15 juin 2017 à Atakpamé et Blitta et durant l’année 2018, on l’a étendu. Aujourd’hui les Hôpitaux de Dapaong, Kara, Sokodé, le CMS de Siou et le CHU-SO, font tous objet de contractualisation. Ce qui fait au total sept centres.
Nous avons observé une augmentation des taux de fréquentation, de consultation, d’hospitalisation, du nombre d’actes effectués et bien évidemment des recettes.
Dès les premiers mois après le début de la contractualisation à Atakpamé et Blitta, tout a commencé à changer. Nous avons observé une augmentation des taux de fréquentation, de consultation, d’hospitalisation, du nombre d’actes effectués et bien évidemment des recettes.
Également, les médicaments utiles ou réclamés par les divers prestataires dans chaque formation, sont aujourd’hui disponibles à plus de 95%, ce qui n’était pas le cas avant.
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Avec cette augmentation des recettes dans chaque formation, chaque comité de gestion de trésorerie décidait de ce qu’il lui fallait comme équipement ou besoin immédiat. Ce qui a permis de doter plusieurs formations d’un minimum d’équipements nécessaires.
La meilleure gestion des ressources a permis de payer régulièrement les contractuels, personnels qui ne sont pas payés directement par l’Etat. Ainsi à ce jour, il n’y a plus de retard en ce qui concerne le paiement de ceux-ci.Autre impact significatif, la meilleure gestion des ressources a permis de payer régulièrement les contractuels, personnels qui ne sont pas payés directement par l’Etat. Ainsi à ce jour, il n’y a plus de retard en ce qui concerne le paiement de ceux-ci. Concrètement, à Atakpamé par exemple, ils sont 109 agents contractuels. Leurs salaires mensuels se chiffraient à 18 millions FCFA. L’année qui a précédé la contractualisation, il y a eu 4 mouvements de grève parce que l’hôpital n’arrivait pas à les payer.
On met en place la contractualisation le 15 juin 2017. A partir du 30 juin 2017 jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas eu une minute de retard. L’hôpital d’Atakpamé avait 46 millions FCFA de découvert à la Banque. Cela a été épongé en 8 mois.
On met en place la contractualisation le 15 juin 2017. A partir du 30 juin 2017 jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas eu une minute de retard. L’hôpital d’Atakpamé avait 46 millions FCFA de découvert à la Banque. Cela a été épongé en 8 mois. C’est sur ces recettes qu’il a réussi à s’acheter, sur fonds propres, microscopes, brancards, et que la pharmacie a été réhabilitée pour 7 millions FCFA.
A Kara, sur une base consensuelle de critères entre la direction, les agents, le syndicat et le contractant, il a été défini un seuil de recettes à partir duquel, un bonus est accordé aux agents, une sorte de prime à la productivité. Cela a été fait au mois d’octobre 2019.
Au mois de novembre, le chiffre d’affaires de la pharmacie au CHR de Dapaong faisait 48 millions FCFA, soit plus d’un million par jour dans un hôpital où on était à moins de 200 000 FCFA par jour. La même tendance est en train d’être observée au CHU-SO où il a d’abord été effectué une phase pilote au Laboratoire et à la radio, avant de généraliser depuis 02 mois. Et les premiers chiffres sont extraordinaires.
En environ deux mois de contractualisation, le laboratoire du CHU Sylvanus Olympio qui avait des soucis fait désormais un peu plus d’examens en variétés que l’Institut National d’Hygiène (INH).
Jusque-là, le laboratoire du CHU Sylvanus Olympio avait des soucis mais aujourd’hui, vous allez vous rendre compte que les examens sont en nombre suffisant, en variétés suffisantes. Le laboratoire du CHU Sylvanus Olympio fait un peu plus d’examens en variétés que l’Institut National d’Hygiène (INH). Ce mois de janvier, on aura franchi les 3 mois de contractualisation généralisée au CHU Sylvanus Olympio. Le bilan de ces trois mois fera l’objet d’une communication en Conseil des Ministres. Avec la contractualisation, nous améliorons le taux de fréquentations, d’actes chirurgicaux, ce qui implique une amélioration de la qualité des soins.
Le Chef de l’Etat a instruit à ce que l’hôpital garde son caractère social, appartienne à l’Etat et que ce soit lui qui injecte les ressources. Dans les prochains mois, nous allons étendre la contractualisation à 08 autres hôpitaux dans le cadre d’un projet avec la Banque Mondiale qui est venue constater de visu les résultats déjà obtenus sur le terrain.
Précision utile, étant donné que c’est une expérience nouvelle, au fur et à mesure que nous avançons, nous procédons à des ajustements. Le modèle que nous avons choisi était totalement différent d’autres modèles qui nous ont été proposés. Nous avons eu des sociétés qui se sont déclarées prêtes à injecter des ressources mais nous n’avons pas voulu cette approche pour pouvoir fixer librement, au niveau de l’Etat, les différents prix. Le Chef de l’Etat a instruit à ce que l’hôpital garde son caractère social, appartienne à l’Etat et que ce soit l’Etat qui injecte les ressources.
Dans les prochains mois, nous allons étendre la contractualisation à 08 autres hôpitaux dans le cadre d’un projet avec la Banque Mondiale qui est venue constater de visu les résultats déjà obtenus sur le terrain. Nous sommes en discussions avec d’autres partenaires, avec comme exigence qu’ils s’arriment au modèle déjà en place. Nous voulons quelque chose qui aille dans le sens de la pérennité et le Chef de l’Etat s’y est personnellement impliqué pour que dans les prochaines années, l’approche contractuelle puisse être appliquée à toutes les formations publiques du pays.
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Togo First : Au-delà des résultats élogieux que vous venez de dresser, quelles sont les difficultés ?
Moustafa Mijiyawa : Les difficultés sont celles de toutes les réformes, lorsqu’une réforme est mise en place, elle fait toujours face à plusieurs résistances. Certains acteurs manifestent une prudence excessive, d’autres sont réticents à cause des avantages qu’ils tiraient de l’ancien système. D’autres se disent qu’il s’agit d’un voyage vers l’inconnu, il y en a qui, pour des raisons politiciennes, doutent de l’opportunité de ces réformes, d’autres ne font aucun effort pour écouter ou lire les documents sur les réformes. Parce que toutes les informations sont sur notre site santé.gouv.tg.

« Sans un système médical de base, les structures de top niveau sont submergées par les problèmes mineurs, les petits bobos. »
Ceci est un problème commun à toutes les réformes. Bien évidemment, s’agissant d’une expérience nouvelle, nous n’allons pas faire du copier-coller, il faut un peu d’imagination, de flexibilité, de souplesse, de faculté d’adaptation et de remise en cause. Ce qui va être facilitant, ce sont les premiers résultats qui auront en même temps valeur pédagogique. Aussi, la population en général et les hommes de médias en particulier devront-ils se faire le relais auprès du plus grand nombre, du contenu de ces réformes. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut céder, un homme politique français disait souvent : si ce n’était pas difficile, il ne s’agirait pas d’un problème.
Togo First : Nous parlons de la Contractualisation qui porte ses fruits, notamment au CHU SO. Mais qu’en est-il du manque de scanner dans ce CHU, qui est souvent pointé du doigt ?
Moustafa Mijiyawa : En ce qui concerne la réhabilitation et l’équipement des hôpitaux, il est prévu de doter les CHU et les CHR de scanners, sous formes d’achats groupés. Nous devons cependant comprendre que ces équipements correspondent au niveau 2 en termes d’imagerie médicale (qui comprend trois niveaux : le 1er, pour la radiographie et l’échographie, le 2ème pour le scanner, et le 3ème pour l'IRM, Imagerie par résonance magnétique). Ce que nous devons éviter, c’est d'aller vers des équipements de 2ème niveau, alors que nous n’avons pas encore ceux du 1er. Avant de doter un centre de scanner, il faut veiller à l’équiper avant tout en radio et écho. Dans ce mois de janvier, nous prévoyons d’installer une nouvelle radio à Dapaong ; la radio de Kara, le problème est réglé ; Sokodé, est également ok. Une nouvelle radio sera bientôt installée au CHU Sylvanus Olympio.
Logique et bon sens, ça fait une personne impeccable. Bon sens sans logique, ça fait un bon exécutant, Logique sans bon sens, c'est la catastrophe.
Nous n’équipons pas les hôpitaux de scanners pour le simple fait de les équiper. Quand un centre qui ne dispose pas de radiographie est équipé d’un scanner, on a tendance à surexploiter cet outil pour des cas qui ne nécessitent pas forcément un scanner. En conséquence, au bout de quelques mois, ce précieux matériel s'essouffle. Equiper un hôpital de scanner, alors qu’il n’y a pas encore de radio, c’est comme prendre des commissaires de haut rang pour régler la circulation, par manque de policiers.
Pour aller plus loin, nous avons besoin d’un système de santé de base solide et résilient. C’est-à-dire : des dispensaires, hôpitaux de districts, hôpitaux régionaux solides. C’est seulement à cette condition qu’un hôpital de haut standing sera viable.
Sans un système médical de base, les structures de top niveau sont submergées par les problèmes mineurs, les petits bobos (par exemple, une hernie, appendicite, césarienne) et finissent par étouffer ; au plus après 18 mois. L’exemple a été observé dans de nombreux pays.
Un bon système de santé, ce n’est pas qu’une belle bâtisse, c’est aussi et surtout la qualité des soins offerts, qui dépend de la qualité des hommes et de la gestion !
Logique et bon sens, ça fait une personne impeccable. Bon sens sans logique, ça fait un bon exécutant, Logique sans bon sens, c'est la catastrophe.