Au Togo, « les consommateurs paient toujours très cher les services en entrée de gamme » chez les opérateurs de téléphonie mobile Togocel et Moov Africa, a relevé ce mercredi 4 mai 2022, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) qui, quelques mois plus tôt, avait recommandé une refonte tarifaire.
D’après un communiqué du régulateur dont Togo first a obtenu copie, les deux structures de téléphonie mobile ont amorcé une dynamique baissière mais maintenu le tarif en entrée de gamme très élevé. Seuls les tarifs en moyen et haut de gamme ont connu une baisse, constate le gendarme des communications au Togo.
Bien que le régulateur apprécie la baisse effectuée sur le moyen et le haut de gamme, il met l’accent sur la nécessité pour le duopole de revoir à la baisse, les tarifs en entrée de gamme car ce sont les offres les plus utilisées par des consommateurs à faible revenu.
A l'analyse de la refonte tarifaire des deux opérateurs, l'ARCEP note qu’au plan régional, « le Togo a toujours les tarifs les plus élevés pour les forfaits data et voix mais se retrouve dans les moyennes régionales pour les forfaits mixtes ». Dans une récente étude, l’institution dirigée par Michel Yaovi Galley tirait déjà la sonnette d’alarme sur le fait que les tarifs de forfaits voix et data au Togo étaient plus élevés que ceux pratiqués dans les autres pays de la zone Uemoa.
Au plan national, elle fait observer que les forfaits mixtes et voix de Togocel sont plus élevés que ceux de Moov Africa.
Esaïe Edoh
Ouvert en août dernier, l’appel d’offres pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque devant alimenter l’aéroport de Lomé vient d’être relancé, « redimensionné » par la Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT), après études de faisabilité.
Un avis de préqualification a été émis le mois dernier, en vue de sélectionner le candidat capable de financer, construire et exploiter cette infrastructure énergétique qui sera dotée d’une capacité de 1,8 MW et s’étalera à terme, sur une superficie de 5ha, avec une durée de vie de 25 ans. Le contrat de concession sera conclu sur une période de 15 ans, mais l’exploitant devra être évalué sur la base d’une période d’essai avant la signature de l’accord d’exploitation définitif, apprend-on.
« Le prestataire devra s’engager à l’acceptation des conditions de validation de la période d’essai de la centrale solaire photovoltaïque de trois mois, renouvelable une fois, durant laquelle la centrale devra générer une économie minimale sur les factures d’électricité de 25% », détaille Gnama Latta, DG de la SALT, dans l’avis de pré-qualification consulté par Togo First.
Ledit document précise qu’”à l’issue de la période d’essai concluante, le soumissionnaire retenu signera un contrat d’exploitation, de maintenance et d’entretien pour une durée de quinze (15) ans avec la SALT.”
Fiacre E. Kakpo
Lomé va être cette semaine, pendant 48 heures, la capitale des administrations fiscales africaines. Le Togo va en effet accueillir du 05 au 06 mai, la réunion du conseil du Forum africain sur l'administration fiscale (ATAF), qui rassemble plusieurs autorités fiscales nationales du continent.
La rencontre se tiendra en partenariat avec l’organisation en charge du fisc au Togo, l’Office togolais des recettes (OTR), qui annonce la participation de plusieurs pays.
« Deux grands rendez-vous pour les administrations fiscales africaines : la réunion du conseil du forum africain des administrations fiscales et la table ronde de concertation ouest africaine sur la mobilisation des ressources. », a annoncé l’OTR sur Twitter.
Lome la capitale des administrations fiscales africaines.#OTR#ATAF#Togo pic.twitter.com/lPlbstpBCX
— Office Togolais des Recettes-OTR (@otr_togo) May 3, 2022
Rappelons qu’il y a deux ans, le Commissaire général du Fisc togolais, Philippe Kokou Tchodie, a pris la tête de l’ATAF, en tant que président du Conseil.
Créée en 2008, cette organisation intergouvernementale fournit une plate-forme de coopération entre les autorités fiscales de 38 pays africains.
L’édition 2022 du Forum international de l’intermédiation, du numérique et de l’innovation (FONI) débute ce jeudi 5 mai 2022 à Lomé. La rencontre annuelle, organisée par Afrik Créances, sera pendant deux jours, un cadre de concertation et de partage d’expériences entre les différentes autorités de régulation des secteurs financier (banques, assurances et autres) et des télécommunications.

Les participants échangeront précisément sur l’impact des activités d’intermédiation bancaire et financière ainsi que la fourniture de services technologiques et de paiements dans la dynamique de l’inclusion financière et le financement du secteur privé régional.
Près de 200 institutions issues de 30 pays prendront part à cette assise de Lomé.
Au Togo, l'État va appuyer financièrement les opérations de reboisement et d'implantation de forêt qui seront réalisées au Togo, qu'elles soient associatives, communautaires ou privées. Ceci dans le cadre de son ambition d’atteindre 1 milliard d’arbres plantés d’ici 2030. L'information a été donnée hier mardi 3 Avril 2022, lors d'une intervention par le ministre en charge de l'environnement, Foli-Bazi Katari.
« Nous nous sommes lancés dans une dynamique de restauration de nos forêts. Lorsqu'il y a initiatives, même si ce sont les élus locaux qui décident de faire une forêt, nous allons évaluer la capacité de cette forêt à séquestrer le CO2, en termes de quantité, et en termes d’argent qui seront versés uniquement et directement aux initiateurs », a expliqué le ministre.
Ces initiatives de reboisement devraient concerner tant les actions publiques, des collectivités locales, que du privé.
La vaste campagne qui s’annonce, visant à planter 1 milliard d’arbres sur le territoire sur 10 ans, fait partie des approches du gouvernement pour « gagner le pari d’un développement durable et profitable aux populations », selon le ministre, l’an dernier. Cet objectif, demanderait notamment de mettre en terre quelque 100 millions de plants chaque année, soit près de 10 millions par mois.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, la production agricole devrait s’améliorer grâce au projet « Stations Météos Togo », qui prévoit de mettre à disposition des producteurs, des données météorologiques. L’initiative lancée officiellement mardi 3 mai 2022 à Lomé par la fondation Teolis et le ministère de l’agriculture, intègre le numérique à la pratique agricole.
Précisément, il s’agira de l’installation sur l’ensemble du territoire togolais, d’un quadrillage de stations digitales permettant de suivre les indicateurs clés pilotant les cycles agricoles du pays.
Ces installations digitales, explique-t-on, assurent la collecte, toutes les 5 minutes de la température, l’ensoleillement, la pression, l’humidité de l’air, la direction du vent, sa vitesse, la pluviométrie, la température du sol, son humidité, sa salinité et sa conductivité́. « Ces données qui seront disponibles sur le smartphone de l’agriculteur et à travers plusieurs autres sources numériques, permettront de savoir où, quand et quoi semer, comment entretenir le champ et quand récolter », précise Michel Bagnah, président de la fondation Teolis.

Au total, 120 stations seront déployées pour le compte de cette nouvelle phase après le succès de la première lancée en janvier 2021 avec 12 stations. À terme, plus de 400 stations devraient couvrir le territoire national.
Ce projet, d’après le ministère chargé de l’agriculture, « permet de booster le secteur agricole » qui constitue un des piliers de l'économie togolaise.
En effet, le développement de l’agriculture est l’une des priorités du gouvernement togolais, inscrite dans la Feuille de Route 2025. La loi de finances 2022 prévoit une enveloppe d’environ 45 milliards FCFA pour le ministère chargé de ce secteur.
Notons que « Stations Météos Togo » est l’un des projets prévus dans le programme « AGRITEOLIS » de Teolis, qui intègre plusieurs autres projets numériques et digitaux, dont « colliers numériques d’élevage » qui sera lancé prochainement.
Esaïe Edoh
Après s’être dégradé en 2020 en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, le portefeuille de crédits des banques et établissements financiers opérant au Togo a poursuivi, en janvier 2022, sur la pente de l’amélioration observée en 2021.
Si l’encours des crédits nets accordés à l’économie, en augmentation, a franchi la barre des 1 606 milliards FCFA en janvier, les crédits bruts en souffrance ont baissé de 18% pour tomber à 209,4 milliards FCFA, reflétant les efforts de recouvrement des institutions financières alors que l’activité économique se remet peu à peu des contrecoups de la Covid-19. Les créances ou crédits en souffrance étant, au sens de l’Umoa et pour les emprunteurs non souverains, des créances échues depuis plus de trois mois mais dont le recouvrement final, sans être compromis, ne peut être effectué immédiatement.
Ainsi, favorisé par le repli de ces prêts non performants, le taux brut de dégradation du portefeuille - rapport entre les créances irrécouvrables et le total des crédits à l’économie -, est passé successivement de 16,1% en janvier 2021 à 14,9% en décembre de la même année, pour tomber à 11,9% en janvier 2022. L’amélioration continue de cet indicateur qui est censé mesurer la qualité des crédits accordés par les banques, paraît comme le fruit des efforts d’assainissement amorcés dans le secteur financier, voeu cher de Sani Yaya, ministre togolais de l’Economie et des Finances.
Selon les données consultées par Togo First, les banques font de plus en plus preuve de prudence et d'anticipation, en témoigne le niveau de couverture des crédits bruts en souffrance par les provisions constituées. Ce ratio s’est redressé, en atteignant 73,4% en décembre 2021, avant de se consolider autour de 70,5%, un mois plus tard.
Fiacre E. Kakpo
S’il n’est pas référencé dans la liste des vignobles du monde ni du continent, le Togo peut tout de même revendiquer depuis quelques années, l’éclosion de quelques jeunes pousses attirées par les effluves de la vinification. L’une d’entre elles, Kagni Kodjo, à la tête de son entreprise African’s Head, s’est positionnée sur un secteur original : transformer les fruits en vins. Et ça marche !
Debout dans le stand de la seconde édition du Marché international de l’artisanat du Togo (Miato II, 23 mars au 3 avril dernier, ndlr) où il a pris ses quartiers en cette reprise des activités foraines à Lomé, le jeune entrepreneur répète invariablement le même procédé : inviter le visiteur, lui présenter brièvement le breuvage contenu dans l’une des bouteilles étiquetées Kr’ina, lui proposer une dégustation et le convaincre d’en emporter une.
L’exercice, Kagni Kodjo l’a répété un nombre incalculable de fois déjà, au gré des foires, expositions et événements où il s’est invité, afin de mieux faire connaître au public, ses fruités. Car l’idylle entre le jeune trentenaire et les vins à base de fruits ne date pas de la veille. “J’aime tellement les fruits, et ce, depuis ma tendre enfance”, explique-t-il.
Le déclic
Son entrée dans le monde estudiantin n’y changera rien. Mieux, son parcours en agronomie phytosanitaire, couplée à une intégration à une association, lui donne la possibilité de suivre une formation en fermentation de boisson naturelle faite à base de champignons. La méthode, qu’il essaiera avec des fruits, représente le déclic.
“J’ai constaté après une fermentation du bissap que le goût ressemblait à celui du vin. C’est de là qu’est née l’idée de faire un vin purement à base du bissap. Après, nous l’avons amélioré en y ajoutant des additifs naturels de légumes et essayé avec des fruits”, confie-t-il.
Définitivement séduit, il décide d’essayer la vinification, exclusivement à partir de produits locaux. A la foire des jeunes entrepreneurs Adjafi (événement annuel qui se déroule à Lomé, ndlr), il présente quelques échantillons de ses produits et décroche avec ses camarades de l’Université, le premier prix du concours Pépites d'or.
Ce premier pactole lui ouvre les portes d’un accompagnement du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ). Le mécanisme gouvernemental lui octroie dans la foulée, une subvention de 2 millions FCFA. Dans le même temps, il démarre une période d’incubation de deux ans au centre Innov’up. Le voilà définitivement lancé.

Débuts timides
Si son entreprise voit le jour, les débuts ne sont pas aussi rêvés qu’escomptés. “Au début, ça a été difficile parce que nous avons tous connu le vin avec du raisin”, avoue Kagni. De façon brusque, on vous dit qu’on peut faire du vin avec du bissap ou telle chose. On a fait beaucoup d’efforts avant que les gens ne commencent à croire avant de goûter”.
Mais, armé de ses pintes de dégustation, le vigneron togolais use de persévérance et de persuasion pour convaincre les plus sceptiques. “Aujourd’hui, beaucoup apprécient. Nous avons réussi le pari de démystifier le vin à base de raisin", se réjouit-il.
Compositeur de goûts et formateur
Désormais connu, Kagni ose un peu plus. Le patron d’African’s Head essaie des formules et compose des vins avec 3 ou 4 produits. L'objectif est de varier les goûts et proposer une large palette de produits à ses clients. “Actuellement, je suis un formulateur en production de vin à base des fruits et des légumes”, embraye-t-il.
Surtout, il décide de partager ses expériences et transmettre ses compétences à d’autres jeunes. Une façon d’encourager l’entrepreneuriat.
400 bouteilles par mois…, cap sur l’industrialisation
D’un seul bidon de 25 litres, le producteur de vins locaux à base de fruits et de légumes locaux est passé aujourd’hui à deux cuves de fermentation de 350 litres et de 150 litres. ‘‘J’ai commencé avec 30 bouteilles, après on est passé à 50 puis à 100. Actuellement, on est à une capacité de 400 bouteilles par mois. Nous arrivons à dépasser cette capacité en cas de grands événements’’, affirme celui qui est surnommé par ses proches Egato 1er.

L’ambition est désormais d’industrialiser le projet et de le porter à une autre échelle. “Il est temps que d'ici deux ans, on puisse avoir une industrie de transformation des fruits et des légumes en main avec des machines adéquates pour que le produit fini soit plus raffiné”, estime-t-il. Et puisque le rêve est permis, le jeune patron se voit bien doubler ou tripler la production dans les prochaines années pour satisfaire toutes les demandes.
En attendant, Kagni Kodjo continue de faire goûter son nectar à qui le veut.
Octave A. Bruce
La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) veut renforcer l’efficacité du transit aux frontières de ses Etats-membres, notamment en Afrique de l’Ouest, notamment en digitalisant les procédures douanières sur le corridor Abidjan-Lagos. Un projet allant dans ce sens a été présenté, en fin de semaine dernière, au Chef d’Etat togolais, Faure Gnassingbé, par Wamkele Mene, le Secrétaire Général de la ZLECAF.
C’était à la faveur d’une audience, vendredi 29 avril, où les grandes lignes du projet de renforcement de la zone ont été présentées, un peu plus d’un an après son opérationnalisation.
« Nous avons déjà mobilisé les ressources nécessaires à la réalisation de cet agenda. Actuellement, nous sommes prêts pour travailler avec la Cedeao et le gouvernement togolais. Il s’agit donc de voir dans quelle mesure, nous pouvons consolider tout cela pour une efficacité des processus douaniers », a expliqué Wamkele Mene, à l’issue de son entrevue avec le président Faure Gnassingbé.
Le Chef de l’Etat @FEGnassingbe s’est entretenu ce 29 avril 2022 avec une délégation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), conduite par son Secrétaire général, Wankele Mene.
— Présidence Togolaise (@PresidenceTg) April 30, 2022
Plus de détails dans la vidéo ci-dessous. ⬇️ pic.twitter.com/suHtxFSIZH
Rappelons que le corridor Abidjan-Lagos est un projet phare du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA), et s’intègre dans le grand axe sous-régional côtier Dakar-Lagos.
Ce projet visant à digitaliser les opérations douanières intervient dans un contexte où les travaux de l'autoroute Abidjan-Lagos (connectant cinq pays de la sous-région : Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin et Nigéria) se poursuivent, pour accélérer les échanges sur cet important axe routier transafricain dans l’espace 1081 kilomètres.
Au sortir de son audience, le Secrétaire Général a salué la bonne évolution de la mise en place des stratégies de la Zlecaf, visant à appuyer les pays membres afin d'éliminer les barrières commerciales, et de stimuler les échanges commerciaux intra-africains.
Après 4 ans d’activités au Togo, le projet d’Opportunités d’emplois pour les jeunes vulnérables (EJV), arrive à terme sur une belle note, avec « Mention hautement satisfaisante », de la part de la Banque mondiale, qui appuie l’initiative. C’était à la faveur d’un atelier de clôture, le vendredi 29 avril dernier dans la capitale togolaise.
Outre la Banque mondiale et le ministère du développement à la base, la rencontre a réuni différents acteurs et bénéficiaires, dont les représentants des communautés bénéficiaires.
Tout au long de son déploiement, l’initiative d’appui aux couches les plus défavorisées, exécutée par l’Agence nationale d’appui au développement à la base (Anadeb), a ainsi permis d’impacter 14 500 jeunes en situation de pauvreté ou de vulnérabilité, de créer 225 centres d’alphabétisation, et de réaliser 200 microprojets, selon le rapport.
Fort de ces résultats, et de son modèle visant à redistribuer des ressources dans une économie vertueuse aux plus défavorisés, tout en renforçant la cohésion sociale dans les communautés cibles, l’initiative a été saluée par l’institution de Bretton Woods, qui a estimé qu’elle méritait d'être institutionnalisée par le gouvernement, à l’instar du programme de cantines scolaires.
Pour sa part, la ministre de Tutelle, Myriam Dossou d’Almeida, en charge du développement à la base, s’est réjouie des « importants acquis » de l'initiative.
« Les succès du projet ne sont plus à démontrer. Les témoignages vivants sont là. Et ces témoignages nous viennent des bénéficiaires eux-mêmes, de leurs proches, des communautés bénéficiaires comme non-bénéficiaires. Le projet EJV, à travers les THIMO (Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre, les formations, les subventions et les coachings, a transformé des vies », a-t-elle notamment ajouté.
Lancé en 2017, le projet EJV a été financé à hauteur de 9 milliards FCFA.