Au Togo, la société de cimenterie Cimtogo, a annoncé une hausse de 15% des coûts de livraison de son ciment depuis ses usines de Lomé et Kara vers les points de distribution. La mesure a pris effet le 1er août 2022 dernier et devrait avoir des répercussions sur le prix de ce matériau.
Cette décision est, selon la direction de CimTogo, motivée « par les récentes mesures portant augmentation des prix des produits pétroliers dans le pays ».
Selon la Direction Commerciale, cet ajustement « permettra d’assurer la continuité des activités des transporteurs dans les meilleures conditions ».
En rappel, le ciment du groupe Heidelbergcement est livré jusque-là, à 81.000 FCFA la tonne sur l’ensemble du territoire.
Esaïe Edoh
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Tarik Boudiaf, directeur commercial du groupe Togocom, est désigné pour prendre provisoirement la tête de l’opérateur Télécoms, en attendant la désignation d’un nouveau Directeur Général, après la démission de Paulin Alazard de son poste.
Paulin Alazard, qui dirigeait depuis deux ans Togocom, a en effet jeté l'éponge. Il quittera ses fonctions de DG de la société à partir du 19 août prochain. L'information de sa démission, reprise par plusieurs sources dans la journée d'hier mardi 02 août 2022, a été confirmée par le responsable lui-même, dans une note adressée au personnel.
Sa démission de la tête du groupe détenu à 51% par le Malgache Axian, intervient quelques semaines après une sanction financière de 2,3 milliards FCFA pour « manquements graves » infligée à Togocel par l'ARCEP (l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes). Avec le gendarme des télécommunications togolais, le groupe aura été repris sur une série de manquements, ayant entrainé en tout, 6 mises en demeure (dont 2 amendes).
« C’est un moment triste comme lors de tous les départs, mais c’est également un moment pour faire un bilan. En regardant en arrière, je m’aperçois que ces deux années et demie ont été totalement dédiées à la transformation du Groupe avec de grandes réalisations, des progressions techniques et commerciales importantes, mais aussi plusieurs challenges. Nous avons essayé, tous ensemble, de faire un peu plus chaque jour et de nous améliorer autant que possible au niveau de chaque direction. Certains défis ont été relevés et d’autres sont encore en cours. », indique-t-il, dans une note au personnel.
Pour rappel, Paulin Alazard a pris la direction générale de Togocom en 2019, en remplacement de Affoh Atcha-Dedji, alors que le groupe passait aux mains d’Axian.
Ayi Renaud Dossavi
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Le gratin de l’industrie financière africaine se réunira les 28 et 29 novembre prochains à Lomé, dans la capitale togolaise, lors de la deuxième édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS). C’est la toute première fois que l'événement porté par l’IFC et Jeune Afrique Media Group, s’organise en présentiel, la première édition s’étant déroulée entièrement en ligne.
Pendant deux jours, apprend-on, des conférences, ateliers et tables rondes permettront aux leaders de l’industrie africaine de contribuer à la relance économique du continent à travers le développement d’une industrie financière compétitive, innovante, inclusive et durable.
“AFIS est une plateforme lancée en 2021 pour permettre aux leaders de l’industrie financière d’échanger sur les enjeux de financement en Afrique. Cette édition réunira des dirigeants de banques, de compagnies d'assurance, de sociétés opérant dans le Mobile money, de fintech, de marchés des capitaux. Seront présents à cette rencontre, des régulateurs, des ministres de l’économie et des finances, et des représentants de grandes institutions de développement,” a détaillé à Togo First, Frédéric Maury, Directeur délégué de l’Africa Financial Industry Summit.
Cette rencontre où sont attendus plus de 500 participants provenant de 30 pays, devrait permettre aux différentes délégations d’échanger sur quatre grandes thématiques jugées essentielles à la finance par les organisateurs.
En novembre prochain, il devrait y avoir notamment des personnalités comme Makhtar Diop, directeur général et vice-président exécutif de l’IFC, Sitoyo Lopokoiyit, PDG, M-PESA, Nezha Hayat, présidente de l’autorité marocaine du marché des capitaux, les gouverneurs du BEAC, de la BCEAO et de la banque centrale du Kénya, ou Mary Wangari Wamae, administratrice exécutive de Equity group holdings.
“Le premier pilier, c’est tout ce qui concerne la digitalisation financière (les fintechs, le Mobile money, etc). Le deuxième pilier, c’est la finance verte (Sustainable Finance) et le troisième est relatif à l’intégration économique, la Zlecaf. Il y a une quatrième thématique qui s’est invitée à l’aune de la période d’inflation élevée que nous traversons. Il s’agit de l’impact de l’inflation sur la solidité de l’industrie financière africaine et les perspectives”, a énuméré celui qui pilote également les programmes et contenus éditoriaux du Africa CEO Forum.
Dans une Afrique où l’industrie financière est en pleine croissance et de nouveaux usages pionniers émergent, les organisateurs d’AFIS disent vouloir « encourager l’innovation et impacter l’économie du continent. ».
Alors qu’au Togo, le taux de déforestation annuel est estimé à 0,42 %, soit 5 679 ha/an entre 1990 et 2015 au Togo, selon les données publiques, la feuille de route gouvernementale prévoit d’atteindre 25% de couverture forestière d’ici 2025. L'objectif est d’avoir 1 milliard d'arbres plantés, cette décennie (à l'horizon 2030).
« En 2020, le gouvernement a pris l'initiative par l'intermédiaire de la feuille de route gouvernementale 2025, d’instruire le ministère de l'environnement et des ressources forestières, de faire en sorte qu'en 2025, cette couverture forestière qui est de 24,24% soit portée à 25%. », a indiqué à Togo First Komi Tellu, Chef Division des forêts à la direction des ressources forestières, expliquant la stratégie de reboisement mise en place par le gouvernement. « Nous devons reboiser au total, 43000 hectares. », ajoute-il.
Selon l’inventaire réalisé par l’autorité publique, c'est en tout 138 000 hectares de terres et 21 millions de plants qui sont disponibles pour l'année 2022. « Pour 100 millions de plants chaque année, il nous faudrait dépenser 40 milliards FCFA annuellement », ajoute le responsable.
La part du WACA
Pour atteindre les 25% de couverture forestière en 2025 et surtout 1 milliard de plants d’ici 2030, objectif réitéré le 1er juin dernier, lors de la journée de l'arbre, le pays compte notamment financer les collectivités locales et acteurs privés, qui participent au reboisement et à l'implantation de forêts, comme l'a indiqué le ministre chargé de l'environnement, Foli-Bazi Katari.
A côté de ces mécanismes, l’Etat compte également sur la participation synergique de plusieurs initiatives, dont les actions convergent vers cet objectif. C'est le cas notamment du Programme de gestion du littoral ouest-africain (« WACA », West Africa Coastal Areas Program), dont le segment togolais a été lancé en 2018, et qui est appuyé par le groupe de la Banque mondiale.

Si WACA se concentre principalement sur la protection côtière et la conservation de la biodiversité, l'initiative intègre aussi un volet agro-forestier.
« Nous intervenons aussi dans la reconstitution des écosystèmes lacustres ou des rivières, c'est ce qui explique nos interventions en matière de reboisement », explique Félicien Bamoudna, spécialiste Suivi -évaluation du projet WACA, qui devra s’achever en décembre 2023.
1 million de plants d’ici la fin du projet
« L'objectif du Projet WACA, en ce sens, est de reboiser 1000 hectares, pour un peu plus d'1 million de plants à mettre en terre sur la période, et un montant à décaisser d'environ 700 millions FCFA », explique pour sa part, Yawo Komi, Coordonnateur adjoint du projet au Togo.
Dans le détail, « nous avons commencé ces actions depuis 2020 où nous avons reboisé 177 hectares. Nous avons continué en 2021 où nous avons reboisé 179 hectares », précise l’expert.
Une contribution « faible » ?

Si l’on ne manque pas de relever des chiffres qui semblent modestes, comparés à la cible du milliard, une contribution « très faible » en comparaison, comme on le concède de prime abord dans le top management, ceci s'expliquerait par des défis de timing.
En effet, « au moment où on montait le projet WACA, les ambitions du gouvernement n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, mais il est encore possible pour nous de rectifier le tir », alors que le projet vient à peine de passer le cap de la revue à mi-parcours.
Du reste, les essences mises en terre visent non seulement à restaurer les écosystèmes, mais aussi protéger les espaces côtiers de l'érosion. C’est notamment le cas, grâce à la mangrove, qui est la principale essence plantée par le programme, en vue d’aider à la préservation des terres contre l'érosion côtière. Il s’agit par exemple de limiter l'envasement du Lac Boko-Zowla, mis en danger par des pressions naturelles et anthropiques.
Plusieurs communes bénéficiaires
Pour ses ambitions de reboisement, le programme appuyé par la Banque mondiale collabore avec les plusieurs communes bénéficiaires (Lacs 1, Vo1, Vo2, Vo 3, Vo 4 et Zio 4), qui disposent de superficies conséquentes pour abriter les activités agro-sylvicoles. Les reboisements seront réalisés dans les réserves administratives et sur les berges des cours d’eau.
A ce jour, 397 hectares ont été reboisés par WACA, soit 33 % de l’objectif ; on annonce également que 12 hectares (soit 67 %) sont à reboiser entre 2022 et 2023.
Ayi Renaud Dossavi
Le Togo va clôturer le 05 août 2022, sa première sortie du mois d’août sur le marché financier régional Umoa-Titres, pour tenter de mobiliser 25 milliards FCFA auprès des investisseurs de l’UMOA. Par l'intermédiaire de son trésor public, il vient de lancer une émission d’obligations de relance (ODR).
Ces obligations sont d’un nominal de 10 000 FCFA, de maturité 5 ans et d’un taux d’intérêt annuel de 5,7%.
Les ressources recherchées, selon le dossier d’appel d’offres, devraient permettre à l'État togolais d'assurer la couverture des besoins de financement de son budget, dans le cadre de son plan de relance économique post Covid-19. Le pays ambitionne en outre, de renouer avec les performances d’avant la crise sanitaire.
En rappel, le Lomé a prévu de mobiliser 550 milliards FCFA sur le marché financier régional, cette année 2022.
Esaïe Edoh
Dans une Opinion publiée cette semaine chez les confrères suisses du Temps, Robert Dussey, chef de la diplomatie togolaise, est revenu sur l’actualité mondiale et la perspective du continent africain. Le diplomate plaide notamment pour une plus grande prise en compte du continent dans les questions globales, à un moment où les tensions entre “grandes puissances" s'exacerbent, avec en toile de fond, le conflit russo-ukrainien, et sur des lignes de fracture qui ne sont pas sans rappeler celles de la guerre froide, il y a 60 ans.
Alors que différentes parties tentent de pousser le continent africain à “choisir un camp”, le considérant comme une “entité purement instrumentale” dans leurs agendas, Robert Dussey, ministre des affaires étrangères togolais depuis bientôt 10 ans, rappelle que de plus en plus de pays en Afrique, à l’instar du Togo, veulent faire résonner une voix diplomatique propre, avec des priorités et une vision propre. Ceci, dans un contexte de reconfiguration des cartes géopolitiques, de conflits nouveaux, mais aussi de nouveaux partenaires pour l’Afrique.
L’Afrique actuelle n’est plus celle des années 1945, encore moins celle des années 1960. Nous avons aujourd’hui en Afrique, une multitude de nouveaux partenaires comme la Chine et la Turquie qui font partie intégrante de la nouvelle géopolitique mondiale, bien loin des deux blocs antagonistes qui ont structuré l’après-guerre. Le monde s’est décentré pour devenir multipolaire. Pour paraphraser Blaise Pascal, le monde est devenu un tout dont le centre est à la fois partout et nulle part. Et l’Afrique ne peut et ne veut plus être les wagons d’une seule et même locomotive.
Le rôle assigné à l’Afrique depuis le début de la guerre en Ukraine est évocateur de l’image qu’ont encore les grandes puissances de notre continent : leur zone d’influence. L’Afrique n’a pratiquement aucun impact sur l’ordre mondial actuel alors qu’elle subit très drastiquement les conséquences de cette crise qui affecte notamment sa sécurité alimentaire. Elle ne revêt un intérêt aux yeux des grandes puissances que lorsqu’elles se retrouvent en difficulté. Avant de se préoccuper du positionnement de l’Afrique dans le conflit ukrainien, il faut se préoccuper d’abord de la place – ou plutôt du strapontin – que l’Afrique occupe sur la scène mondiale. Pour preuve, dans toutes les discussions relatives au conflit russo-ukrainien, l’Afrique a été mise à l’écart.
Pour de nombreuses grandes puissances, le continent africain n’a tout simplement pas de rôle à jouer en tant qu’acteur « majeur » au sens kantien du terme. Indifférentes aux changements, elles pensent habiter le même monde qu’autrefois. Quand les Nations unies ont été créées en 1945, hormis le Libéria et l’Éthiopie, les pays d’Afrique n’étaient pas encore indépendants. Après 77 ans, c’est le même système international qui perdure du fait de la volonté des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
L'Afrique, entité purement instrumentale
Le projet d’intégration africaine reste certes toujours en chantier. Toutefois, un consensus s’est dégagé au sein de l’Union africaine sur la nécessité pour le continent d’obtenir deux sièges de représentants permanents au sein du Conseil de sécurité, en plus des deux sièges de membres non permanents réservés aux États africains. Or malgré ce consensus de 55 États membres, les réticences des cinq membres permanents à voir l’Afrique occuper cette place ne font aucun doute. La voix de l’Afrique n’est pas entendue, car certains ne veulent tout simplement pas que l’Afrique soit un continent fort.
Les grandes puissances veulent réduire l’Afrique à une entité purement instrumentale au service de leurs causes. Elles s’efforcent le plus souvent à amener les Africains à adhérer à leur « narratif » et, in fine, à soutenir un camp contre un autre, selon une logique diplomatique utilitariste. Quand il s’agit de voter une résolution au Conseil de sécurité, nous sommes activement sollicités d’un côté comme de l’autre. L’Afrique est alors très courtisée, voire mise sous pression par certains de ses partenaires.
Une multitude de partenaires
Ces états d’esprit et agissements qui relèvent d’une autre époque, s’expriment dans un contexte historique où l’Afrique a pris conscience de sa responsabilité propre. Elle parle de plus en plus d’une seule et même voix. Les fractures de l’époque coloniale entre une Afrique dite francophone et l’autre anglophone se sont estompées, tout comme les idéologies « post-guerre froide » qui ont dominé toute la seconde partie du XXe siècle.
L’Afrique actuelle n’est plus celle des années 1945, encore moins celle des années 1960. Nous avons aujourd’hui en Afrique, une multitude de nouveaux partenaires comme la Chine et la Turquie qui font partie intégrante de la nouvelle géopolitique mondiale, bien loin des deux blocs antagonistes qui ont structuré l’après-guerre. Le monde s’est décentré pour devenir multipolaire. Pour paraphraser Blaise Pascal, le monde est devenu un tout dont le centre est à la fois partout et nulle part. Et l’Afrique ne peut et ne veut plus être les wagons d’une seule et même locomotive.
Beaucoup de pays africains ne se sentent aujourd’hui plus liés – au sens d’embrigadement – par l’histoire coloniale et se montrent enthousiastes à travailler avec de nouveaux partenaires. Cela devrait amener les grandes puissances à changer de logiciel. En tout cas, si elles veulent continuer de travailler avec les Africains. Il y a un défi de changement de mentalité et de comportement chez nos partenaires qui viennent tous en Afrique, sans exception, avec des agendas avant tout dictés par leurs propres intérêts. Pour l’Occident tout comme pour l’Est, je ne crois pas que les mots « partenariat » ou « alliance » soient toujours bien compris, quand il s’agit de notre continent.
Écouter l'Afrique
Pour avoir pris part à plusieurs rencontres organisées par l’Afrique et ses partenaires extérieurs ces dernières années et avoir été le négociateur en chef des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) dans le cadre des négociations post-Cotonou avec l’Union européenne en 2020, je pense qu’il y a une constance. Et tous ceux qui s’intéressent à l’Afrique ne doivent pas la perdre de vue : l’Afrique attend plus d’égalité, de respect, d’équité et de justice dans ses relations et partenariats avec le reste du monde, avec les grandes puissances, quelles qu’elles soient. Aujourd’hui, les Africains veulent être de vrais partenaires du reste du monde.
Dans le concert des nations, il faut que l’Afrique soit écoutée pour que le dialogue ait un sens. Le déficit d’écoute pervertit le sens du dialogue qui se transforme en une juxtaposition de monologues et de raisons partiales, parfois sous le couvert d’un pseudo-multilatéralisme dont le danger réside dans la distorsion de la relation. Or, dans le monde qui est le nôtre, ce n’est qu’en mettant ensemble nos intelligences que nous pouvons nous accorder sur les objectifs à atteindre.
Pas les mêmes mégaphones
Bien que les problématiques essentielles de notre temps demeurent les mêmes, l’appréhension des mêmes problématiques diverge selon qu’on parle du nord ou du sud. Écouter les voix africaines ne peut pas être une simple variable d’ajustement. Le continent n’a certes pas les mêmes mégaphones que les grandes puissances de ce monde. Mais sa voix compte et doit compter si l’on veut avoir l’Afrique comme partenaire sur les grands sujets internationaux.
Plutôt que d’attendre à chaque fois un soutien inconditionnel du continent, nos alliés doivent faire l’effort d’accepter l’esprit d’un vrai partenariat. L’Afrique veut coopérer avec ses alliés sur la base de ses intérêts bien compris. Pour ce faire, nos partenaires doivent se défaire des imaginaires qui se sont en grande partie forgés aux XIXe et XXe siècles. Ils sont en dissonance manifeste avec notre siècle marqué par les défis nationaux et régionaux qui ont des implications globales. Tandis que les défis mondiaux ont des déclinaisons et ramifications régionales, nationales, voire locales. Les répercussions et les perturbations économiques actuelles à l’échelle internationale, résultats directs du retour de la guerre en Europe, en sont une belle illustration.
Robert Dussey est ministre des Affaires étrangères du Togo depuis 2013. Il est l’un des rares diplomates à maintenir le dialogue à la fois avec Paris et les militaires putschistes de Bamako, qui défient la France avec l’aide de la Russie.
L’Afrique ne veut plus s’aligner sur les grandes puissances, quelles qu’elles soient - Le Temps
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C’est à travers une tournée nationale de sensibilisation et d’information que l’OMCA-Togo (Organisme de mise en œuvre du Millennium Challenge Account Togo) a sollicité la contribution des communautés à la base à la réalisation du Projet de réforme foncière pour l’accroissement de la productivité agricole (LRAP). L’organisme qui pilote ce projet dans le cadre du programme Threshold, a achevé mercredi sa tournée d’une semaine en ce sens.
Principalement au cours des rencontres avec les forces vives des cinq régions économiques, le projet a été expliqué et l’accent mis sur la responsabilité des populations dans le cadre de cette initiative afin dit-on, d’amener ces dernières à participer activement à sa réalisation.
Le LRAP, en effet, vise l’accroissement de la productivité agricole à travers une meilleure sécurisation de la terre accessible aux producteurs. Il devrait être lancé le 1er août prochain, indique-t-on.
Pour rappel, ce projet est l’un des deux volets du Programme de Seuil. Il est financé à hauteur de 5 milliards FCFA par le département d’Etat américain au Togo via le Millennium Challenge Account (MCA).
Esaïe Edoh
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Mercredi 27 juillet dernier, l’agrégateur de paiement en ligne, CinetPay a réuni le gratin du digital au Togo autour de la thématique “Le digital, un accélérateur de croissance économique des institutions et sociétés au Togo”. Occasion pour la start-up co-fondée à Abidjan par Daniel Dindji et Idriss Marcial Monthe, et depuis 2020, confortablement installée à Lomé, de répondre aux questions de Togo First. C’est Yvon Baliki, Togolais de nationalité et Country manager de la fintech, qui se prêtera à l’exercice.
Togo First : Parlant de CinetPay, de quoi s’agit-il ?
Yvon Baliki (YB) : CinetPay est une solution de paiement et de transfert d’argent en ligne, qui permet aux entreprises de pouvoir encaisser des fonds en ligne 24h/24 et 7jours/7 via les services Mobile Money disponibles dans les pays où nous sommes présents et par carte bancaire (Visa, Mastercard).
Actuellement, nous sommes présents dans 10 pays d’Afrique francophone, le Togo notamment. Nous comptons étendre nos services aux 15 pays d’Afrique francophone (Afrique de l’ouest et du centre), à l'horizon 2025.
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Togo First : Quels sont les chiffres qui permettent à CinetPay d’être confiant en son avenir ?
YB : CinetPay, c’est environ 1,3 milliard FCFA échangés chaque mois. Nous sommes présents dans 10 pays d’Afrique francophone et nous comptons en faire de même pour les 5 autres restants. Nous avons plus de 20 000 marchands qui nous font confiance. Notre plateforme compte environ 40 moyens de paiement selon les réseaux mobiles utilisés dans les pays (Tmoney, Flooz, Orange Money, Free Money, etc.) et effectue des paiements par carte bancaire.

Togo First : Comme vous l'avez souligné, votre ambition est d'être le premier agrégateur de paiement en Afrique francophone, un marché déjà très concurrentiel où foisonnent actuellement les solutions de paiement en ligne. Quelle stratégie comptez-vous mettre en place pour dompter ce marché ?
YB : Les statistiques montrent qu’en Afrique francophone, CinetPay a une meilleure présence géographique par rapport à ses concurrents directs. Nous ne craignons donc pas la concurrence. Nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs. Nous en voulons pour exemple notre dernière levée de fonds qui s’élève à 2,4 millions $, ressources qui ont été mobilisées auprès d’acteurs de référence de l’écosystème tels que la licorne nigériane Flutterwave, un mastodonte dans la partie anglophone et le capital-risqueur panafricain 4DX Ventures. Dans une telle dynamique, CinetPay s’active pour monter en force.
Togo First : Flutterwave a été, dans l’actualité récente, au centre de plusieurs polémiques. Pensez-vous que cela pourrait avoir des impacts sur votre feuille de route, à CinetPay ?
YB : Avec Flutterwave, nos relations sont indépendantes et bien fondées. Leur investissement dans notre développement est motivé par le potentiel de CinetPay. Cette injection de fonds s’est faite après une analyse profonde de notre business model, partant du constat que s’il a été démontré que 90% des transactions de nos jours se font en cash, CinetPay y apporte une solution à long terme en facilitant ces opérations. En conclusion, FlutterWave n’intervient pas directement dans notre business. Il s’agit plutôt d’un partenariat où la fintech nigériane a un droit de regard sur nos activités.
Togo First : Comme Togocel et Moov au Togo, nous avons constaté que les opérateurs de Mobile money diminuent considérablement leurs marges. Quels impacts ces réajustements tarifaires pourraient-ils avoir sur votre croissance ?
YB : Cette diminution n’a pas un impact sur l’activité de CinetPay ni sur nos collaborations. Nous évoluons sur un principe de base clair avec un taux de commissionnement défini au préalable, avec les opérateurs de Mobile money. Les réductions de frais n’ont d’impact que sur les points de vente physique.
Togo First : Puisque nous sommes dans une ère de digitalisation des économies, comment CinetPay se positionne-t-il par rapport à cette digitalisation en termes de relation avec les partenaires publics, privés et même les particuliers ?
YB : Pour le moment, CinetPay fonctionne sur un principe B2B, ce qui veut dire que nous nous adressons uniquement aux entreprises. Par ailleurs, le secteur public est notre principale cible, car, fort heureusement, les gouvernements semblent dans la même dynamique que nous. Vous pouvez le constater au travers de la feuille de route du gouvernement togolais, avec la digitalisation de plusieurs entreprises publiques. Notre objectif est de nous rapprocher le plus possible de ces entreprises afin de les accompagner avec nos solutions de paiement.
Togo First : Sur ce segment de la digitalisation des paiements dans les services publics, quel est votre état de service dans vos pays de présence ?
YB : Pour le moment, nous avons plusieurs contrats en cours de négociation. Toutefois, il faut reconnaître que dans le secteur public, le processus de traitement des dossiers s’avère plus ou moins long. Nous y sommes habitués pour avoir digitalisé les méthodes de paiement de plusieurs entreprises publiques en Côte d’Ivoire. Je veux citer le projet DDVA (Déclaration de Déplacement par Voie Aérienne) pour le ministère des transports où les paiements et la déclaration des transports par voie aérienne (entrées et sorties) se faisaient via CinetPay. C’est aussi le cas avec l’ONECI (Office National de l’Etat Civil et de l’Identification) pour l’achat des timbres, la commande ou le renouvellement des cartes nationales d’identité, du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, du ministère de la promotion des PME, de l’Institut National de la Santé Publique.

Togo First : On constate que vous êtes bien installé en Côte d’Ivoire et sûrement dans d’autres pays où vous vous êtes déployé. En matière de présence, faites-vous une présence physique ou vous vous contentez de déployer la solution ?
YB : Sur ce point, nous ne nous contentons pas de déployer la solution. Nous nous déplaçons plutôt vers ces pays et nous nous y installons physiquement et légalement, selon les prescriptions juridiques (pour les entreprises) de ces pays. En ce qui concerne notre présence physique, elle est concrète avec des équipes internes que nous prenons le soin d’y installer.
Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo
Comment mobiliser des ressources en faveur du projet d’augmentation de capital de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ? Les représentants de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), des Etats de la zone de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) planchent sur la question, à l’occasion d’une rencontre de 2 jours, ouverte le jeudi 28 juillet 2022 à Lomé.
Il s’agit à cette réunion pour ces acteurs, de réfléchir à une stratégie commune de levée de fonds, nécessaire pour permettre à la BOAD d’augmenter son capital de 1,5 milliard $ afin de continuer à œuvrer pour le financement des économies de ses Etats membres.
En effet, l’institution bancaire régionale dont Serge Ekue est le président, ambitionne d’injecter, chaque année, 1 milliard $ dans les économies de l’Union, sous forme de financements nouveaux dans le domaine des infrastructures (transports et digitalisation), de logements, de l’énergie, de la valorisation du capital humain (éducation et santé), du développement de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. L’objectif pour la BOAD, apprend-on, est de répondre aux enjeux de développement des Etats membres de l’UEMOA, en cohérence avec son plan stratégique 2021-2025 “Djoliba”. Un plan étalé sur 5 ans, qui vise à lutter contre la pauvreté endémique et les inégalités économico-sociales, l’accès à l’éducation ou à la santé, entre autres.
« Cet ambitieux plan requiert la consolidation des fonds propres de la banque, d’où la nécessaire augmentation du capital de la BOAD avec plus d’1,5 milliard $ », soutient Galé Lossou Djibom, Coordonnateur général finance et investissement de la BOAD.
Notons qu’en février 2022, Serge Ekue avait annoncé la conclusion de la 1ère étape d’augmentation du capital, pour un montant représentant plus de la moitié de son objectif de 1,5 milliard de USD.
Esaïe Edoh
Quelques semaines après la validation par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) du Plan Stratégique Pays (PSP)-Togo 2022-2026 pour la résilience alimentaire, le lancement de la phase de mise en œuvre a été effectué mercredi 27 juillet 2022 à Lomé.
Cette phase sera marquée par trois actions principales, notamment les assistances alimentaires et des transferts monétaires ponctuels, le renforcement de la résilience des petits producteurs et l’appui aux cantines scolaires à travers des jardins potagers.
Ces différentes actions nécessitent une enveloppe de 17,6 millions $, soit environ 10 milliards FCFA, qui sera mobilisée en partie par le PAM. Ce geste marque ainsi, selon son représentant au Togo, Aboubacar Koisha, la volonté de l’organisme onusien d’aider le gouvernement dans la mise en œuvre de projets de réponse intégrée aux défis liés à la faim, à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, à la pauvreté et aux vulnérabilités sous toutes leurs formes.
« Le PAM mobilise des ressources à l’extérieur mais elles doivent être complétées par la contribution de l’Etat. Que ce soit les ressources financières ou techniques, tout cela va contribuer à la mise en œuvre de ce plan stratégique qui vient renforcer les capacités des structures existantes en les dotant de moyens pour pouvoir continuer leurs activités », a indiqué Aboubacar Koisha.
Pour rappel, ce plan quinquennal permettra au PAM d’assister environ 260.000 personnes vivant dans la vulnérabilité au Togo.
Esaïe Edoh