Togo First

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Lancé en 2014 pour conduire le développement et la mise en œuvre d’investissements stratégiques, Togo Invest, après avoir pris, cinq ans durant, la température de l’environnement (études de faisabilité et autres), semble entrer dans sa phase opérationnelle. Plateforme logistique multi-services, projet de Zone économique spéciale, Port sec de Cinkassé, chemin de fer de trafic lourd à écartement standard, à l’aune du PND dont la holding d’Etat mise en place pour attirer les investissements structurants sera la colonne vertébrale, Samuel Ekue Mivedor, son DG, ancien Directeur de la Division, Gestion de portefeuille au Département secteur privé de la Banque africaine de développement (BAD) revient pour Togo First, sur le bilan et les enjeux. Exclusivité.

Togo First : En matière d’investissement au Togo, quelle place occupe Togo Invest Corporation ? Sur quels genres de projets d’investissement votre institution intervient-elle ?

Ekué Samuel Mivedor (ESM) : La mission de Togo Invest Corporation SA (TI) est de conduire le développement et la mise en œuvre d’investissements stratégiques par et pour l’Etat afin de créer de la valeur pour l’économie togolaise et ses populations. En effet, la société a été conçue comme l’un des acteurs économiques du pays à même de nouer des partenariats publics-privé sur les grands projets structurants du pays.

Ainsi nous initions des projets, et sommes également preneurs de projets externes, dans la mesure où ceux-ci répondent à l’objet de la société. Pour répondre à votre question, nous intervenons sur tout type de projet de développement économique qui cadre avec la politique nationale du gouvernement et qui est conforme à notre objet.

Naturellement, Togo Invest est un acteur clé du Plan National de Développement (PND), car nous portons une bonne partie des projets de ce plan notamment ceux composant les deux premiers axes, et sur lesquels nous travaillons activement en collaboration avec les différents ministères concernés et d’autres entités étatiques telle que la cellule Présidentielle pour le Suivi et l’Exécution des Projets (CPES). 

Togo First : Togo Invest a démarré en 2014. Que vaut son portefeuille de projets cinq ans après.

ESM : Le portefeuille de TI se porte bien et nous rentrons dans la phase opérationnelle où des projets vont commencer à voir le jour. A ce jour, nous disposons d’études pointues sur de grands projets structurants tels que la ligne de chemin de fer Lomé-Cinkassé, le potentiel minier en l’occurrence le gisement de fer de Bassar, le port de Lomé et sa capacité à pouvoir gérer des volumes de minerais ainsi que l’augmentation de volumes de conteneurs qu’engendrerait la modernisation des infrastructures portuaires.

Nous comptons aussi à notre actif des études du réseau électrique portant sur l’injection probable d’une capacité de 300 MW supplémentaires en courant continu pour soutenir le niveau d’activité économique qu’engendreraient les projets du PND et du corridor de développement. 

En outre, des études ont également été menées pour analyser comment les différents projets logistiques pourraient être complémentaires dans un contexte de développement spatial intégrant les corridors Sud-Nord et Est-Ouest. Il s’agit d’une planification stratégique qui intègre le port, la route, le chemin de fer et l’aéroport dans un contexte de développement urbain du Grand Lomé et du transport multimodal.

Je ne vais pas m’attarder sur les études actuellement en cours pour la réalisation de la plateforme logistique multiservices et du port sec de Cinkassé.

Pour Togo Invest, toute cette batterie d’études constitue une bonne base de travail et de planification qui nous permet de mettre en marche un programme d’investissement cohérent et attractif pour le secteur privé.  

Pour finir, je fais remarquer que cinq ans après, les projets stratégiques étudiés et développés par TI sont pris en compte et identifiés comme projets prioritaires dans le Plan National de Développement 2018 – 2022, notamment en son axe stratégique 1 qui envisage de mettre en œuvre « un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre », que sont : la plateforme logistique multiservices, le port sec de Cinkassé, entre autres. Et nous espérons compter sur la participation de tous pour la concrétisation de ces projets qui sans doute seront catalyseurs pour l’économie togolaise.

 Togo First : Vous portez une demi-dizaine de projets phares du Plan national de développement (PND 2018-2022), généralement des PPP. Quand on s’appelle Togo Invest, institution ayant un actionnariat bien constitué comme le vôtre, mais très jeune, comment arrive-t-on à mobiliser les acteurs pour le financement de ces projets ?

ESM : La création de Togo Invest initie une approche ciblée du gouvernement togolais visant à disposer d’un outil stratégique de développement économique. Tout en étant une entreprise publique détenue à 100% par l’Etat qui en est donc l’actionnaire unique, nous sommes régis par le droit privé. Notre crédibilité et notre mode de gouvernance privée est un atout qui rassure tout acteur économique qui souhaite investir, avec nous, au Togo.   

A ce stade de la jeune vie de TI, nous intervenons en investissant directement dans les projets en fonds propres et/ou organisons le secteur privé autour de certains projets avec une rentabilité avérée. A titre d’exemple, notre conseil d’administration a notamment approuvé en 2018, deux investissements : une participation dans la centrale Kekeli Efficient Power qui sera construite avec notre partenaire Eranove, puis la création d’une joint-venture avec China Merchants Ports Holdings.

Le véritable défi de TI n’est pas tant la mobilisation des acteurs mais c’est comment trouver des modes de financement innovants pour réaliser les grands projets au regard du niveau de notre économie et de notre capital qui nécessite d’être amélioré.

La concrétisation de certains projets d’infrastructures va nécessiter que Togo Invest soit suffisamment capitalisée, avec des actifs productifs de revenus et nous y travaillons avec notre actionnaire, afin de nous donner les moyens nécessaires à Togo Invest de véritablement jouer son rôle et réaliser les objectifs qui lui ont été assignés.

Togo First : En termes de progrès en matière de climat des affaires, le Togo a notamment fait un bond de 19 places dans le Doing Business 2019. En tant qu’institution spécialisée dans la mise en place des PPP, sentez-vous déjà les prémices de cette performance ?

ESM : Assurément, nous le ressentons par l’intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour investir dans notre pays, un état de fait qui est renforcé par l’existence de notre PND qui représente un vrai programme d’investissements qui attire déjà plusieurs investisseurs. Les programmes de notations des indicateurs des pays tels que le Doing Business offrent une première image du cadre d’investissement de nos pays pour les investisseurs étrangers et l’amélioration des indicateurs que représentent le Doing Business permet de créer un cadre attractif et propice au développement des affaires et à l’attraction des investissement directs étrangers. Je pense que le Togo est résolument lancé sur la voie du développement et nous tenons à féliciter les réformes sur le climat des affaires entreprises par le gouvernement à travers la Cellule du Climat des Affaires, sous le leadership du Président de la République. 

Togo First : A Hangzhou en septembre dernier, Togo Invest Corporation et China Merchant ont scellé un partenariat pour la création d’une co-entreprise. Où en est le processus et qu’augure cette nouvelle alliance ?

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ESM : En mai 2015, l’Etat togolais a signé un partenariat stratégique non exclusif avec la société China Merchants Group (CMG) pour développer des projets dans plusieurs secteurs de l’économie togolaise en se basant sur ses avantages comparatifs. En application de ce partenariat, la Holding d’Etat Togo Invest a subséquemment signé avec l’une des filiales de CMG un accord-cadre établissant un groupe de travail chargé d’identifier des projets. L’un des projets prioritaires à développer conjointement est la mise en place d’une zone économique spéciale (ZES). C’est à cet effet que le pacte d’actionnaires de la co-entreprise Togo Merchants Investment and Development a été signé en septembre 2018 entre Togo Invest Corporation SA et China Merchants Ports.

Je vous informe que China Merchants Ports Holding est une filiale de la Société China Merchants Group, l’un des principaux acteurs chargés de la mise en œuvre de l’initiative de la Route et de la Soie (OBOR), lancée par le Président Xi Jiping. Initiative pour laquelle le Togo, sous le leadership de son président son Excellence Faure Gnassingbe adhère totalement.

Togo Merchants Investment and Development, société faîtière du Partenariat Economique Stratégique entre le Togo et CMG, se chargera de faire les études, la planification et la réalisation d’une zone économique spéciale et permettra de consolider la coopération fructueuse et historique entre la Chine et le Togo.

Togo First : Quels sont les composants de ce gigantesque projet, la ZES, et où en est-il?

ESM : Les études topographiques de la zone économique spéciale du Lac Togo seront bientôt finalisées. Les études de faisabilité proprement dites seront réalisées par la Togo Merchants Investment and Development. La politique d’aménagement de ce domaine de plus de 500 hectares définit des espaces avec des activités spécifiques. Il s’agit de la zone résidentielle et touristique, la zone industrielle et la zone commerciale.

Togo First : La construction d’une plateforme logistique multiservices à Adakpamé est l’un de vos projets en cours. Que doit-on en savoir ?

ESM : La plateforme logistique multiservices est un projet qui vise deux principaux objectifs. D’abord, celui de désengorger la zone portuaire en relocalisant des activités qui n’ont pas forcement vocation à se développer dans l’environnement immédiat du port, vers une zone stratégique plus appropriée, offrant ainsi de meilleurs avantages en termes d’espaces et de connectivités avec les différents pôles de production et de consommation de Lomé, des autres villes du Togo et aussi des pays voisins.

Ensuite, la plateforme permettra de conteneuriser le corridor togolais. Il y sera aussi organisé des activités logistiques autour du fret portuaire et aéroportuaire. Globalement, il s’agira de développer sur une superficie disponible d’environ 500 ha une plateforme logistique comprenant un pôle de logistiques et de services support d’au moins 50ha à la sortie de la ville de Lomé dans les environs d’Adakpamé. Le reste sera consacré aux aménagements de types industriels et touristiques. Ce projet est une réelle opportunité, tant pour la main d’œuvre locale que pour les investisseurs, notamment dans sa phase de conception, de financement, de construction et d’exploitation. A ce stade, les études de faisabilité sont achevées, la recherche de financement est en cours. Des intentions de financement ont été enregistrées sur différents volets du projet et sont en cours d’étude. Nous espérons boucler très vite cette étape et procéder au début des travaux très prochainement. 

Togo First : Relier le Togo par les rails. C’est l’un des vieux objectifs de Togo Invest dès sa création.  Depuis, la réhabilitation et la modernisation de ces chemins de fer sont restées à l’étape de projet. Qu’est-ce qui freine leur mise en œuvre ?

ESM : En effet, la mission phare de Togo Invest à sa création est le développement d’un corridor de transport axé autour d’un corridor ferroviaire.

Le projet de Corridor de Transport du Togo a évolué en plusieurs phases. Le concept initial de corridor de transport était basé sur les atouts naturels dont jouit le Togo à savoir : l’existence d’un port en eaux profondes à Lomé, une bonne géographie et topographie permettant la mise en place d’un important corridor logistique vers les pays de l’hinterland. Ce concept a été renforcé par l’existence d’un important gisement de fer à Bassar à 450 km de Lomé, en plus du potentiel agricole du Togo. Il a été alors convenu qu’un tel corridor ne pourrait être desservi que par un système ferroviaire moderne dédié au trafic lourd couplé avec la route et un réseau de télécommunications.

Les études de préfaisabilité réalisées sur les infrastructures, ferroviaire et portuaire, s’étaient fortement focalisées sur un potentiel d’exportation d’environ 20 millions de tonnes de minerais de fer. Le mécanisme de financement du projet se reposerait principalement sur les flux de revenus générés par le transport de ce minerai. Cependant, la chute des cours de matières premières nous a amenés à réorienter la stratégie vers le transport de fret, en particulier les conteneurs. L’opérationnalisation de Lomé Container Terminal (LCT) a également renforcé la nécessité d’analyser davantage les mouvements de fret sur le corridor Lomé-Cinkassé et la position du port de Lomé dans le contexte de compétitivité sous-régionale. L’étude des mouvements de fret commanditée par Togo Invest montre un potentiel de trafic de conteneurs, qui pourrait être plus important, si des initiatives sont mises en œuvre pour améliorer l’efficience du Corridor du Togo.

Pour rappel, il s’agit d’une ligne de chemin de fer moderne pour trafic lourd à écartement standard qui empruntera un tout nouveau tracé qui a fait l’objet d’étude et dont les travaux de sécurisation des servitudes sont actuellement en cours avec les autorités compétentes. 

Togo First : Lancé il y a 5 ans pour catalyser les investissements privés, Togo Invest compte  aussi dans son portefeuille de projets la reprise de Shell, devenue T-oil. Du moins pour ce qu’on en sait. Il faut avouer que vous communiquez très peu. Est-ce une stratégie ou éprouvez-vous des difficultés à attirer des investisseurs majeurs?

ESM : C’est vrai  que Togo Invest a été largement impliqué dans la transaction qui a permis le rachat par l’Etat togolais des participations du Groupe Shell dans les sociétés STSL, T-oil et Compel. Le Togo dispose du plus grand dépôt de stockage de produits pétroliers en Afrique et vous conviendrez avec moi que l’économie togolaise bénéficiera énormément d’un corridor énergétique et d’un secteur des hydrocarbures bien structuré à son service et des pays de la sous-région.

Pour ce qui est du portefeuille de TI, nous comptons aujourd’hui plusieurs études sur des projets d’infrastructures. Certains projets, tel que le chemin de fer, nécessitent d’importantes ressources pour leur financement. D’autres, notamment la plateforme logistique multiservices et le port sec, suscitent aujourd’hui un intérêt certain des investisseurs et seront réalisés dans les meilleurs délais avec des investisseurs privés nationaux et internationaux.

C’est dire que nous n’éprouvons pas de difficultés pour attirer des investisseurs car nos projets sont structurants et attirent, du fait de leur importance pour l’économie togolaise, les investisseurs.

Cela dit, en ce qui concerne la communication, le fait est que pendant la phase d’étude de nos projets, notre stratégie est plus orientée vers un dialogue direct avec les investisseurs et bailleurs de fonds pour l’atteinte de nos objectifs. Cette stratégie est gagnante, comme peuvent en témoigner notamment la création d’une co-entreprise avec notre partenaire China Merchants Ports Holdings pour développer une zone économique spéciale, notre partenariat avec Sogea Satom sur la plateforme logistique multiservices et bien d’autres partenariats. Par ailleurs, nous avons participé à plusieurs fora tels que notre collaboration avec Afreximbank pour l’organisation de leur roadshow à Lomé en novembre 2016, la participation au Forum Chine-Afrique en septembre et au forum des investisseurs de la BAD en Afrique du Sud en octobre 2018.  Le CEO forum à Kigali et le prochain  Forum Togo-UE les 13 et 14 juin 2019, sont des vitrines qui permettront à Togo Invest d’avoir une meilleure visibilité et discuter directement avec les investisseurs. Nous avons aussi un site internet qui donne des informations pertinentes sur nos projets. C’est vrai nous communiquons relativement  peu parce que nous avons gardé une ligne de conduite à ce sujet. Maintenant, je peux vous assurer que nous communiquerons un peu plus puisque nous rentrons dans une phase opérationnelle en ce qui concerne les projets.

Togo First : Quelles sont les nouveaux défis de Togo Invest ?

ESM : A très court terme, Togo Invest s’inscrit dans le cadre du PND et dans la réalisation des projets qui le constituent. Parallèlement, Togo Invest entend diversifier son portefeuille vers d’autres secteurs de l’économie tels que l’agriculture et le tourisme. Enfin, en tant que société holding, notre objectif est de développer notre activité de gestion des actifs et participations de l’Etat afin de créer de la valeur pour l’économie togolaise.

Interview réalisée par Fiacre E. Kakpo

Ayi Renaud Dossavi, journaliste à Togo First, vient de remporter l’édition togolaise du concours Blog4Dev organisé par le Groupe de la Banque mondiale. Ahamed Gambary et Adzovi Happy Amewuho complètent le podium.

Lancé du 17 octobre au 30 novembre 2018 pour  « susciter une émulation entre les jeunes et les encourager davantage à s’impliquer dans le développement de leur pays », cette édition du Blog4Dev invitait la jeunesse africaine à écrire en 500 mots sur les défis et les transformations du travail en Afrique.  Plus précisément,  le thème  était : « Que faut-il faire pour permettre aux jeunes africains de développer les compétences en vue de mieux se préparer pour les emplois du futur ? ».

« La sélection des trois lauréats au terme de ce concours assez relevé, est le signe que la jeunesse togolaise n’est pas à court de talents. La pertinence des sujets développés dans les blogs retenus par le jury est le témoignage que les jeunes Togolais ne restent pas en marge des réflexions sur les sujets importants de développement », a laissé entendre Hawa Cissé Wagué, la Représentante-Résidente de la Banque mondiale au Togo.

Porté au pinacle, le jeune écrivain participera aux réunions de Printemps de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI), du 8 au 18 avril 2019, à Washington DC.

Il prendra  ainsi part aux activités en compagnie d’une quarantaine d’autres jeunes venus des autres pays du Continent. « C’est un honneur d’avoir obtenu cette reconnaissance de la part de la Banque mondiale pour ce Concours, et un honneur encore plus grand de représenter mon pays à cette rencontre internationale sur les enjeux de l’avenir », a confié le lauréat à la rédaction.

Pour rappel, en 2018, Ayi Renaud Dossavi avait déjà remporté le concours panafricain d’écriture « Africa of my dreams »  (Afrique de mes rêves) de la Banque Africaine de Développement (BAD), ouvert à la jeunesse africaine, ainsi que le prix littéraire France-Togo.

Ce lundi 1er avril 2019, le comité d'organisation du forum économique Togo-UE a procédé au lancement officiel du portail web www.forumtogo-ue.tg dédié à l'événement, au cours d'une rencontre avec les gens de médias.

Selon Sandra Ablamba Johnson, ministre-conseillère du Président de la République togolaise, en charge du Climat des Affaires, l'événement fait suite au lancement du forum au cours duquel le ministre avait promis de faire le point des préparatifs à la presse.

Aussi, a-t-elle rappelé, le forum devrait permettre de mobiliser, de façon optimale, des ressources financières en faveur des différents secteurs phares portés par le Plan National de Développement (PND 2018-2022).

Selon Kodzo Adedze (photo), ministre togolais en charge du Secteur privé, « nous nous trouvons à un carrefour important de la vie de notre pays ». Pour un expert de l’Union Européenne sur le projet, le portail web dédié au forum, « n’est pas seulement un outil de communication ; c’est également un outil de connexion entre le Togo et le monde entier ».

Le représentant de l'UE, partenaire de l'Etat togolais sur cet événement souhaite, pour sa part,  que les entreprises européennes puissent participer en grand nombre à l’événement. « L'engagement, c'est d'en faire un événement annuel ou qui s’organise tous les 2 ans », a-t-il ajouté.

Séna Akoda

Sur les 97 mesures de réformes en matière de finances publiques sur lesquelles le Togo s’est engagé ces dernières années, le pays affiche un taux de réalisation d’un peu plus de 90%.

L’information ressort de la revue annuelle des performances du plan d'action de la réforme de gestion finances publiques, qui se tient ce lundi 1er avril 2019 à Lomé, pour une durée de deux jours, à l’initiative du ministère de l’économie et des finances. « Nous avons programmé au cours de l'année 2018, 97 mesures de réformes ; et sur ces 97, nous avons 54 qui sont réalisées, 34 qui sont en cours, et 9 qui ne sont pas encore réalisées. » explique Dedji Affoh, Chef de division au secrétariat permanent du ministère de l'économie et de finances.  

Ce taux indique une amélioration par rapport à l’année dernière, effet « on a un pourcentage autour de 90,7%, donc nous pensons que c'est une amélioration par rapport à l'année dernière, où nous étions autour de 83%. »

Notons que si ces travaux doivent permettre d’évaluer les réformes mises œuvre en 2018, il s’agit également d’identifier les forces et faiblesses du Togo en la matière, et de proposer de nouvelles réformes pour la période 2019 2021.

A cet effet, la revue nationale est prévue au mois de mai prochain, couplée avec la validation d’une matrice unifiée 2019-2021 des réformes, plans de travail et budgets du pays.

Ayi Renaud Dossavi

Il se tient aujourd’hui à l’Université de Lomé, la rencontre « 10 000 codeurs Togo », autour du numérique et des opportunités qu’il recèle, notamment pour les jeunes. Le thème étant à cet effet, « Les métiers du numérique : une opportunité d'autonomisation pour la jeunesse Togolaise ».

L’évènement est organisé par «10 000 Codeurs », un réseau d’acteurs du digital œuvrant pour l’insertion professionnelle de la jeunesse africaine dans ce domaine.

Pour cette rencontre au Togo, ce Réseau, qui a déjà fait ses armes au Sénégal, au Cameroun et en Côte d'Ivoire, compte sur le parainage du ministère des postes, de l’économie numérique et des innovations technologiques.

Notons qu’outre la valorisation des métiers du numérique, il s’agit également de mettre en avant les professionnels de ce secteur. Notamment Christian Noukafou, Chef service études et développement des applications à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS); Efy Saboutey, chef de l’agence de communication Gombo Studio, ou encore Guillaume Djondo, blogueur et spécialiste en communication digitale.

Ayi Renaud Dossavi

Sur un total de 979 projets enregistrés, le Fonds d’Aide à la Culture (FAC) en a retenu 250 cette année. Comme l’année précédente, c’est une enveloppe de 600 millions FCFA, dotation budgétaire que se partagent les projets culturels tous azimuts, soumis par des associations qui œuvrent pour la promotion de la culture.

Dans le détail, les grandes rubriques sont : « Arts de la scène » qui s’adjuge 274 millions FCFA, soit 46% du budget total et permettra de relancer d’anciennes gloires de la musique togolaise ; « patrimoine » qui valorise les traditions togolaises et décroche un financement à hauteur de 66,8 millions FCFA.

Les productions audiovisuelles et cinématographiques bénéficient, pour leur part, d’une dotation de 104,5 millions FCFA tandis que les arts plastiques s’en tirent avec 59 millions FCFA. 

Cette année, le FAC alloue 30 millions FCFA à la rubrique  consacrée à la participation des Togolais à des manifestations nationales et internationales.

Notons que l'idée des pouvoirs publics, avec cette dotation budgétaire annuelle, est de contribuer à l'essor de la culture togolaise, dans toute sa diversité.

Séna Akoda

Mediterranean Shipping Company (MSC), deuxième armateur mondial, présent dans l’actionnariat de Lomé Container Terminal (LCT) via sa filiale Terminal Investment Ltd (TIL), prévoit un nouveau plan d’investissements de 500 millions d’euros (328 milliards FCFA) dans la plateforme portuaire togolaise, a confié à Jeune Afrique, son nouveau DG,  Ammar Kanaan.

« Le port fonctionne très bien, notre productivité sur les quais progresse chaque année pour faire aujourd’hui de Lomé l’un de nos terminaux les plus performants », se satisfait le nouveau patron du groupe basé à Genève.

Grâce aux investissements prévus, le groupe italo-suisse qui a décidé de faire de Lomé son hub africain, entend porter à 4 millions le trafic annuel de conteneurs au Port de Lomé, en ligne avec l’axe 1 du Plan national de développement (PND 2018-2022).

Selon l’analyste néerlandais Dynamar, le port ouest-africain, seul en eaux profondes de la côte, a dépassé le million d’EVP en 2017, supplantant Lagos. Dynamar attribuait notamment cette performance (hausse de 283% du trafic de conteneurs de 2013 à 2017) aux activités au second terminal de Lomé opéré par LCT, une co-entreprise 50/50 entre TIL et China Merchants Holdings. 

Le terminal dont la construction a été financée en majeure partie par un consortium international mené par la SFI, la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, sert depuis son lancement en 2014, de relais de croissance pour le port togolais. Le trafic de conteneurs est d’ailleurs passé de 311 500 EVP en 2013 à 1 193 800 EVP fin 2017.

 

 

25 octobre 2018, Cap Town en Afrique du Sud, l’application Sos System de la startup Dashmake est lauréate du Prix Anzisha du « choix du public ». Rebelote quelques mois plus tard, en février 2019 où la même application séduit le jury du Prix Total Startupper de l’année et s’adjuge la 1ère place. La startup encore inconnue il y a un an se voit projetée en pleine lumière et veut capitaliser sur ce succès pour réaliser ses rêves de promotion d’un entrepreneuriat social, utile et innovant. Togo First a rencontré son porte-voix. Interview.

T.F : Avant de parler de votre application, présentez-nous votre startup.

Yaovi Agbewonou : Dashmake, qui pour nous veut dire « fabrique de traits », a été fondée par 4 jeunes. L’idée à la base c’était de créer une entreprise capable de développer des solutions permettant de lier les utilisateurs, un peu grâce à des traits d’union, « dash ». Au départ c’était juste un club de passionnés d’informatique que nous avons mis en place. Nous créons des logiciels et des solutions informatiques destinées aux entreprises mais aussi au grand public. Etant jeunes et dynamiques, nous avons pensé que nos solutions devaient apporter une valeur ajoutée à des secteurs restés jusqu’ici classiques, sans grande innovation technologique. C’est dans ce cadre que nous avons développé Sos System dédié à la santé, ou encore FarmApp dans le domaine de l’agriculture que nous prévoyons de lancer d’ici la fin de l’année ou début 2020 si tout va bien. Cette dernière permettra de révolutionner le domaine de l’élevage.  

T.F : On va maintenant s’intéresser à l’application qui vous a révélé, Sos System. Qu’est-ce-que c’est ?

Y.A : C’est un système informatique de gestion, de géolocalisation des sinistres, destiné aux assurances et aux secours, qui résout les problèmes de prise en charge adéquate des victimes et d'informations de santé des populations.

Il est constitué de 2 applications phares, SOS Mobile et SOS Ask, plateforme de diffusion des campagnes de sensibilisation sur la santé. Il y a aussi une interface de supervision, SOS Superviseur conçue pour localiser et gérer sur une carte, les signaux émis par les utilisateurs de la plateforme mobile. Elle est dédiée aux secouristes.

Vous lancez un signal en prenant une photo de ce à quoi vous assistez et vous l’envoyez. Nous réfléchissons sur certaines améliorations qui vont se faire cette année. Nous voulons simplifier au maximum SOS et la rendre plus soft et plus facile dans son maniement. Qu’elle soit la première plateforme digitale à proposer des produits d’assurance, qui correspondent à des besoins spécifiques de nos utilisateurs. L’assureur ne présente plus un large éventail de produits, mais propose le produit qui est adapté au client qui utilise notre application. Ceci sera dans le cadre d’un partenariat avec les assureurs.

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T.F : Parlons justement des assureurs. Comment perçoivent-ils votre application ?

Y.A : Nous avons travaillé en version test avec le département sinistre de NSIA-Togo, et c’est encourageant parce que l’idée en soit est innovante. Pendant longtemps, les assureurs ne sont pas arrivés à toucher le grand public. Ils ne touchent, soit que des entreprises, soit une classe aisée, mais la grande masse est encore délaissée. Après, nous allons l’étendre aux autres structures d’assurances.

T.F : Votre application est basée sur internet. Ne craignez-vous pas qu’elle ne suscite de l’engouement dans les zones à faible pénétration internet ? Le terreau est-il favorable ?

Y.A : Oui, nous pensons que le terreau est favorable. Par exemple, lorsque la version 1.0 de l’appli a été lancée, nous avons eu beaucoup de retours d’utilisateurs par rapport à l’instabilité internet, entre autres. Et aujourd’hui, la version 3.0 intègre une innovation intéressante : sans connexion vous pouvez lancer le signal et le système derrière donne aux secours vos latitudes et longitudes. Même sans photo, même sans interaction avec l’application, il y a un signal qui part et qui se retranscrit sous forme de SMS.

D’ailleurs, la version 2.0 permettait de lancer le Numéro vert automatiquement, lorsqu’il n’y avait pas de réseau. Cela vous permet d’appeler les secours.

Dans une certaine mesure, nous avons pris le Togo comme un laboratoire qui va nous permettre d’atteindre notre vision, parce que SOS n’est pas fait pour le Togo uniquement, mais pour l’Afrique et le monde. D’ailleurs notre application a cette particularité d’être répliquée très aisément dans d’autres pays. Nous sommes en train de prospecter sur les marchés en Côte d’ivoire, au Ghana, au Sénégal, au Maroc et au Gabon. Nous avons déjà entamé des discussions avec des partenaires là-bas.

T.F : Avez-vous bénéficié d’un accompagnement ?

Y.A : Oui en 2016, nous avons gagné le 2ème prix du concours AppsTogo lancé par le ministre de l’économie numérique et des innovations technologiques, et nous avons bénéficié du mentorat du Faiej qui nous a appris les rudiments de la préparation des projets entrepreneuriaux, notamment la rédaction de business plan. Aujourd’hui nous avons d’ailleurs considérablement avancé dans la recherche et la mobilisation de financement pour nos projets.

L’année qui a suivi, nous avons remporté le Prix Jambar Tech Lab qui récompense les meilleures innovations technologiques en Afrique francophone. Ce qui nous a donné droit à une incubation par le CTIC Dakar. Nous sommes l’une des rares entreprises basées au Togo mais incubées par le CTIC, qui ne prend généralement en charge que les startups sénégalaises. Si tout va bien sur le plan local avec Djanta Tech Hub, nous pourrions bénéficier de l’accompagnement et de financement à ce niveau.   

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« Nous voulons avoir plus de capital pour pouvoir développer de nouveaux trucs et offrir de meilleurs services. »

T.F : Quels sont vos challenges et ambitions ? 

Y.A : Avoir encore plus de crédibilité et atteindre cette année 250 000 utilisateurs. Plus d’un millier de Togolais utilisent aujourd’hui SOS System. Nous pouvons y arriver même si c’est difficile. Nous voulons avoir plus de capital pour pouvoir développer de nouveaux trucs et offrir de meilleurs services.

A côté, Dashmake travaille sur deux prototypes. Un bracelet à code QR, SOS Bracelet, qui servira de carnet de santé numérique, puisque nous sommes partis du constat selon lequel il n’y a pas de carnet de santé numérique. Aujourd’hui, vous achetez un carnet, on vous fait les soins, demain vous l’oubliez, et vous en achetez un nouveau en cas de pépin. Il n’y a aucun suivi. Donc avec un bracelet connecté, à code QR, qui sera vendu dans des pharmacies, vous permettra, lorsque vous allez dans un hôpital ou dans une clinique, de faciliter les choses.

Le deuxième prototype est un système embarqué pour véhicule.

Propos recueillis et retranscris par Ayi Renaud Dossavi & Octave A. Bruce

« Nous sommes totalement ouverts à une réforme en profondeur de la zone franc, mais c’est aux Etats aussi de décider. », a déclaré Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances.

Propos tenus au sortir d’une audience avec le président malien, Issoufou Mahamadou, dans le cadre de la réunion des ministres des Finances de la Zone franc, qui s’est tenue à Niamey ces 27 et 28 mars 2019.

Outre cette déclaration en faveur d’une discussions sur la monnaie commune aux pays de l’Uemoa, M. Le Maire a ajouté que « les ministres des Finances de la zone franc sont satisfaits de leur zone. »

En effet, ces derniers « réaffirment leur attachement à cette zone en disant des choses très simples : c’est un moyen de stabilité, de lutte contre l’inflation. ». Ce qui ferait de la monnaie un vecteur de développement économique « dans les meilleures conditions possibles ».

Ainsi, une réforme profonde de la Zone ne semble pas encore à l’ordre du jour auprès des autorités des deux bords de la Méditerranée. Réformes que souhaitent les critiques du CFA, notamment l’ancien de ministre togolais Kako Nubukpo.

Pour rappel, selon Afrobaromètre dans une étude publiée en février 2019, deux Togolais sur trois (66%) pensent que le Franc CFA devrait être remplacé.

Ayi Renaud Dossavi

L’Agence Nationale de la Sécurité Alimentaire du Togo (ANSAT) vient de donner le ton à la campagne de rachat des céréales auprès des paysans, avec à la clé, une innovation majeure dans la procédure.

Si auparavant des équipes du ministère de tutelle, avec ou sans le ministre, sillonnaient le pays entier du nord au sud pour procéder aux achats et aux paiements, cette année, l’option est celle d’une inclusion financière des producteurs. « La procédure que nous avons mise en place consiste à la déclaration des stocks au préalable. Les agents de l'ANSAT se déplacent sur le terrain pour venir constater la qualité du stock et l'ANSAT fait le virement directement sur le compte de la coopérative », détaille  Napo Gnofam, chef division commerciale à l'ANSAT.

Cette procédure, moderne et de toute vraisemblance plus sécurisée qui garantit aux producteurs le virement sur leurs comptes des fonds provenant de la vente de leurs surplus de production, est en droite ligne avec le thème sous lequel est placée cette campagne d’achat : « la bancarisation des coopératives ».

Séna Akoda

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