Togo First

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Le Groupe bancaire panafricain Ecobank et l’Agence de développement de l’Union Africaine (AUDA-NEPAD) annoncent avoir mobilisé 2 millions $, l’équivalent d’un milliard de FCFA dans le cadre du programme 100 000 MPME lancé en juin 2020. « Une somme totale de 2 millions de dollars sera allouée sous forme de fonds de roulement aux bénéficiaires des huit (8) pays de cette première phase et qui répondaient aux critères fixés pour le financement», annoncent les deux institutions promotrices de l’initiative.

Les ressources mobilisées devraient permettre aux promoteurs de « piloter le pilier MPME Finance en soutenant 30 participants de chacun des 8 pays pilotes à savoir le Tchad, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Kenya, le Niger, le Nigéria, le Rwanda et le Togo », apprend-on.

Pour bénéficier de la formation virtuelle et espérer bénéficier de l’appui financier, les inscriptions se poursuivent jusqu’au 21 mai prochain.

« L'AUDA-NEPAD a la conviction que la transformation structurelle de l'Afrique sera menée par les entreprises et les innovations dirigées par les jeunes et les femmes », a affirmé Amine Idriss Adoum, Directeur de la mise en œuvre et de la coordination des programmes à l’AUDA-NEPAD.

Le volet formation et financement de cette initiative devrait débuter le 27 mai 2021. Il comprendra quatre (4) modules et s'intéressera à des sujets tels que « la gestion des risques, la durabilité des entreprises et la bancabilité, l'adaptation des opérations et la conformité commerciale et le développement du leadership », indique-t-on.

« Suite à la réussite du lancement de l'Académie des MPME, nous passons maintenant au volet du financement de ces MPME. Nous serons heureux de soutenir les entreprises qui auront suivi avec succès ce programme de formation et qui répondront aux critères leur permettant de bénéficier d’un financement», a précisé Josephine Anan-Ankomah, Directrice de la Banque Commerciale du Groupe Ecobank.

Notons qu’à terme, l'initiative « 100 000 MPME » vise à apporter son soutien (suite à la covid-19) à 100 000 micro, petites et moyennes entreprises (MPME).

Daniel Agbenonwossi (stagiaire)

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Les travaux d'extension de l’usine de production de ciment de Cimtogo, filiale du groupe allemand HeidelbergCement, sont dans leur phase d’achèvement. Le Directeur Général du groupe au Togo, Eric Goulignac, a annoncé ce mardi 18 mai 2021, les premières productions pour juin 2021.  

Cette annonce est faite à l’occasion d’une visite de terrain du ministre de la promotion de l'investissement Kayi Mivedor et son collègue du commerce, Kodjo Adedze. 

 Cette plateforme de production financée à hauteur de 30 millions £, environ 20 milliards FCFA, devrait accroître d’un million de tonnes par an, la capacité de production de Cimtogo. Ceci portera la capacité annuelle de Cimtogo à 2,1 millions de tonnes et annonce une concurrence avec la cimenterie du Burkinabè Kanazoé qui prévoit une production annuelle de 2,5 millions de tonnes de ciment, Dangote et Wacem.

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Avec ce projet d’extension, près de 1000 emplois supplémentaires seront créés, en ligne avec l'axe 2 de la feuille de route du gouvernement 2020-2025 qui prévoit « la transformation structurelle de l’économie par la création d’emploi et l’accompagnement des investisseurs », se réjouit la ministre Mivedor.

Implanté au Togo depuis plus de 50 ans, le groupe allemand dispose également d'une station de broyage à Kara et une usine intégrée de clinker, Scantogo, à Tabligbo, qui seront également étendues dans les mois à venir.

Ce nouveau financement porte à 250 millions $, le total d’investissement en 9 ans réalisé par le cimentier allemand au Togo.

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Après le sommet de Paris sur le soutien aux économies africaines, le président togolais se rendra à Bruxelles. Dans la capitale européenne, sont prévus des entretiens entre le n°1 togolais et plusieurs personnalités, notamment le Président du Conseil européen.

« Sur invitation du Président du Conseil Européen, S.E.M Charles Michel, le Président de la République Togolaise se rendra ensuite à Bruxelles, où sera discuté le renforcement du partenariat entre l’Union Européenne et le Togo en matière économique, politique et commerciale », a communiqué la Présidence togolaise.

Les discussions, selon une source proche de la présidence, devront permettre aux deux parties de faire le point de leur coopération reprise depuis 2006. Également, elles permettront à la délégation togolaise de présenter les nouvelles ambitions du pays inscrites dans la feuille de route gouvernementale et de solliciter le soutien de l’UE.  

Depuis la reprise de la coopération en 2006, l’UE accompagne le Togo dans plusieurs domaines de développement. Depuis 2018, elle a appuyé le pays ouest-africain dans sa stratégie de renforcement de la gouvernance politique et de promotion des droits de l’homme, à travers des projets dont le financement est estimé à 17,195 millions £ soit 11, 2 milliards de FCFA.

Dans le cadre de la riposte à la covid-19, l’Union européenne a débloqué en 2020, 13 milliards FCFA en faveur du Togo.  

Pour rappel, le Togo était au cœur de la redynamisation des relations entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union-Européenne (UE). Le pays, au centre des « Conventions de Lomé », a notamment coordonné les activités de la partie africaine lors de la négociation des nouveaux Accords Post-Cotonou.

Saluant l’organisation du Sommet sur le financement des économies africaines, le Président togolais Faure Gnassingbé s’est fait le porte-voix du secteur privé africain, peu représenté actuellement à Paris.

« Le financement soutenable des économies est une question d’importance et la question de l’appui au secteur privé africain l’est davantage », a soutenu le Chef de l’État togolais qui a placé depuis 2017, l’amélioration du climat des affaires au cœur des programmes économiques de la petite suisse d’Afrique, avec en toile de fond, le secteur privé comme catalyseur des investissements.

« Le secteur privé est en effet le véritable moteur de création d’emplois et de richesses. Il n’y aura pas de relance forte sans l’amélioration des conditions de financement, en Afrique et à l’international, du secteur privé africain », fera-t-il savoir.

Pour rappel, le PND, programme d’investissements du gouvernement dans sa première version avant la survenance de la crise sanitaire, prévoyait que 65% des investissements seraient faits par les acteurs du privé. Une vision de faire participer davantage ces « catalyseurs » à la dynamique économique, plusieurs fois réitérée par le Président Faure Gnassingbé.

Avec cet appel de pied, le dirigeant ouest-africain met le curseur sur une question importante pour le continent, peu évoquée dans le cadre de ce grand rendez-vous qui met le point d’orgue sur le financement du secteur public.

Fiacre E. Kakpo

Moov Africa Togo va se présenter en audience publique devant l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP), ce mardi 18 mai 2021.

Dans le cadre de cette comparution publique, l’opérateur Telecom va répondre pour « manquement à l'obligation de permanence, continuité et disponibilité de ses services, conformément à son cahier de charges ». 

Ceci intervient en réponse à des interruptions de services dans plusieurs localités du Togo, entre juin et septembre 2020, et qui ont provoqué la réaction punitive du gendarme des télécoms.  

L’ARCEP a en effet lancé, suite à ces manquements, une procédure de sanction vis-à-vis de la filiale togolaise de Maroc Telecom, le 9 novembre, pour violation de son cahier des charges.

Au sortir de cette audience, l’autorité de régulation qui se fait de plus en plus remarquer dans le secteur des télécoms devrait prendre des mesures afin de « veiller à la qualité des services de l'opérateur ».  

Daniel Agbenonwossi (stagiaire)

Dans le cadre de sa stratégie de financement de la relance post-covid dans l’espace communautaire, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) vient de lever 50 milliards FCFA sur le marché financier de l’UEMOA. 

Ces fonds, première tranche d’un objectif global de 240 milliards, sont destinés au financement de divers projets dans 7 pays de l’union économique. Une cohorte de 19 projets éligibles a déjà été sélectionnée. L’institution régionale accordera ainsi un milliard de FCFA au Projet d’Appui au Développement Agricole au Togo (PADAT).

Par ailleurs, ces premières facilités sont divisées en deux catégories. D’une part, 22 milliards de FCFA seront alloués à des initiatives menées par le secteur privé et 34 milliards à ceux portés par les États, d’autre part.

Le financement de ces projets contribuera non seulement à la reprise de l’économie mais également à la création d’emploi, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la lutte contre la pauvreté et au soutien des PME à travers des institutions financières”, a indiqué la BIDC.

Klétus Situ

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Le 14 Mai dernier, le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a effectué une visite de travail et d’amitié auprès de son homologue Denis Sassou N’guesso, sa troisième de rang en à peine 4 mois. Les deux chefs d’Etat se consultent régulièrement sur les questions africaines.

Bien que les échanges commerciaux ne soient pas toujours au premier plan de leurs échanges, Lomé et Brazzaville ont signé en août 2020, deux importants accords de coopération économique et un accord d’exemption réciproque de visa diplomatique

Le premier consacre un partenariat entre leurs chambres de commerce respectives tandis que le second établit un lien entre les ports de Lomé et de Pointe-Noire. Ces instruments juridiques ont pour principal objectif de booster les échanges économiques et les relations entre les secteurs privés du Togo et du pays qui constitue le second marché d’exportations du Togo au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) après le Gabon.

Sur les cinq dernières années, la balance commerciale entre les deux pays est en faveur du Togo. 

En effet, d’un volume global de 2 milliards FCFA en 2015, les exportations de Lomé vers le Congo Brazza ont plus que doublé pour atteindre un pic de 5 milliards FCFA en 2016, avant de s’effondrer en 2017, entre autres du fait de la crise sociopolitique qu'a connue le Togo, interprètent certains analystes. 

Après une reprise à la hausse en 2018, les exportations togolaises vers le pays de Denis Sassou N’Gusso s’établissent à 1,4 milliard de FCFA à fin 2019, à la veille donc de 2020 et de l'arrêt mondial de l’économie à cause de la pandémie de Covid-19. 

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Par ailleurs, dans un contexte de relance timide de l’économie mondiale post-Covid-19, l’on ne saurait entrevoir une reprise quantitative des échanges entre les deux pays, estiment les économistes. Et pour cause, en difficulté avant la pandémie avec la chute des cours mondiaux du pétrole, la République congolaise a connu une récession de près de 7% sur l’année 2020 et ne devrait connaître qu’une croissance d’1% en 2021, d’après les perspectives économiques du pays d’Afrique centrale, publiées par la Banque Africaine de Développement (BAD).

Klétus Situ 

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Le Sommet de Paris sur les économies africaines part sans doute d’une bonne intention, mais dans le contexte mondial actuel, est-il vraiment pertinent de tirer la sonnette d’alarme à propos de la dette africaine qui ne représente qu’une infime partie de la dette mondiale. Ne serait-il pas plus juste d’offrir à l’Afrique des conditions décentes d’accès aux financements, de lutter contre les flux financiers illicites et d’inviter les multinationales à payer leur juste part d’impôt ?

Le sommet sur le financement de l’Afrique qui se tiendra ce 18 mai à l’initiative de la France met un point d’honneur à proposer une solution à la dette de l’Afrique, qui selon Cécile Valadier, une analyste de l’Agence Française de Développement (AFD), donne des raisons de s’inquiéter. « Ce qui nous inquiète, c’est que ces pays ont des besoins de financements colossaux et qu’ils pourront difficilement recourir à l’endettement externe, notamment pour leurs dépenses sociales, d’éducation ou d’infrastructures susceptibles de booster la croissance », a-t-elle fait savoir dans un jeu de questions-réponses sur l’événement.

La dette africaine : un faux problème

Si l’Afrique a de gros besoins de financement, les arguments évoqués par les autorités françaises pour justifier cette rencontre, présentée comme celle du « New Deal » entre la France et le continent noir, sont discutables. Même si la dette africaine s’est accélérée depuis la mise en œuvre de l’initiative d’allègement de dette, connue sous l’appellation de PPTE (pays pauvres très endettés), son stock reste relativement modeste et il est concentré dans des pays comme l’Afrique du Sud, ou encore l’Egypte.

Selon les perspectives économiques du FMI, révisées en avril 2021, la dette publique de l’Afrique subsaharienne atteindra seulement 799 milliards $ en 2022, soit 41% du PIB. Alors que, selon le dernier rapport publié sur cette question par l’Institute of International Finance (IIF), la dette publique des Etats-Unis culmine à 129% du PIB, et celle de la zone euro à 122,6%.

Faut-il rappeler que, toujours selon l’IIF, la dette totale mondiale à la fin du premier trimestre 2021, se situait tout de même à 289 000 milliards $, tirée pour l’essentiel par les pays développés (dont la France) qui peinent aujourd’hui à trouver une réponse efficace pour la relance de leur économie. Dans la zone euro, les dettes des ménages et des sociétés non-financières atteignent respectivement 63% et 115% du PIB, contre 13% et 15% en Afrique.

Intervenant le 6 mai dernier à l’occasion du lancement d’un think tank sur la dette des pays africains, Sandra Ablamba Johnson, Secrétaire générale de la présidence du Togo, a estimé que la région avait juste besoin « d’obtenir les meilleures conditions d’accès aux financements ». « Cela passe notamment par le coût de la dette, c’est l’élément primordial expliquant la situation actuelle dans laquelle nous nous trouvons », a-t-elle ajouté.

L’autre question que devrait aborder la conférence, c’est celle du financement de l’Afrique via une nouvelle allocation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI. Selon les estimations les plus optimistes, l’Afrique pourrait bénéficier directement de 34 milliards $ de liquidités extérieures. Et un peu plus par la suite, via le soutien des pays riches qui décideraient de prêter ou d’abandonner leurs nouveaux DTS. « J’ai tendance à penser que les DTS ne vont pas être validés par les pays africains car ils seront probablement adossés à un plan de contrôle de la dette. Or, actuellement, les pays africains ont surtout besoin de financements massifs à long terme, pour construire une véritable industrie », a fait savoir Chicot Eboue, un spécialiste africain de la macroéconomique des finances associées au développement, dans une interview publiée par TV5 Monde.

Aucune réflexion annoncée sur les flux financiers illicites et les accords fiscaux agressifs

Un autre défi qui n’est pas à l’ordre du jour des échanges de la rencontre du 18 mai, c’est celui sur les flux financiers illicites dont l’Afrique est une grande victime. Selon la CNUCED, sur la base des données examinées entre 2010 et 2018, le continent a perdu annuellement l’équivalent 88,6 milliards $ par an, rien que sur les transactions commerciales. Or 82% de ces échanges commerciaux, se déroulent avec des partenaires extérieurs, dont les principaux sont situés dans la zone euro.

Un dernier point qui ne figure pas clairement sur l’agenda de ce forum, c’est celui des accords fiscaux avantageux qui privent légalement l’Afrique de centaines de milliards $ pour le financement de son développement. En 2019, Tax Justice Network a indiqué, dans son indice des paradis fiscaux pour les multinationales, que la France et le Royaume Unie étaient les pays européens les plus agressifs en Afrique pour l’obtention des fiscalités avantageuses pour leurs entreprises.

Parmi les propositions majeures de cette ONG, figure l’exigence pour les multinationales d’être plus transparentes dans la publication de leurs performances financières, en rendant compte de leurs situations pays par pays. Elle préconise aussi un échange automatique d’informations fiscales. Elle suggère enfin plus de clarté sur les propriétaires réels des entreprises. Trois points sur lesquelles les entreprises internationales, y compris françaises, ont encore des efforts à fournir.

Idriss Linge

A Paris pour participer au sommet de soutien aux économies africaines, le Président Faure Gnassingbé, s’est entretenu ce dimanche 16 mai avec Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

Les échanges ont porté sur les enjeux du sommet, notamment l’appel à soutien émis par les chefs d'État pour la relance des économies africaines à travers l’octroi de Droits de Tirage Spéciaux (DTS). 

Kristalina Georgieva fait ainsi écho à cet appel quand elle annonce : “Nous allons décaisser une enveloppe sans précédent de 650 milliards de dollars. Le Togo recevra 240 millions de dollars (un peu plus de 135 milliards FCFA, ndlr) de ressources supplémentaires”. 

Par ailleurs, s’agissant de la gestion de la pandémie, la patronne de l’institution de Bretton-Woods a réitéré le soutien et les félicitations du FMI à l’endroit du gouvernement pour les mesures prises. 

“Le Togo s’est montré efficace dans la gestion de la crise. Nous avons discuté des efforts tangibles fournis par le gouvernement en apportant de l’aide aux populations, à travers des innovations opérées dans l’utilisation des nouvelles technologies dans le recadrage. Nous avons également évoqué notre soutien financier significatif pour la République Togolaise au cours de cette crise et surtout pour le retour à la normale”

Klétus Situ

Le Maroc ouvrira bientôt son ambassade à Lomé. La nouvelle a été annoncée par Robert Dussey, chef de diplomatie togolaise à l’issue d’un entretien en visioconférence avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Dans la foulée, Lomé et Rabat ont annoncé le passage de 70 à 100, du quota annuel de boursiers togolais au Maroc. 

Il faut dire que les deux pays se sont rapproché ces dernières années, à la faveur de l’offensive diplomatique menée par Rabat en Afrique de l’ouest depuis la seconde moitié des années 2010 (voulant notamment intégrer la CEDEAO). 

Le Royaume Chérifien, en appui technique de choix 

En Avril 2019, lorsque le président Faure Gnassingbé annonçait la mise en place d’un Conseil Économique et Social devant participer à l’élaboration des politiques économiques et sociales du pays, le modèle marocain inspirait déjà du coté de Lomé. En effet, depuis 2011, le royaume dispose de l’un des plus performants conseils économique et social en Afrique. En mars 2021, lors d’une visite de travail dans la capitale togolaise, le royaume chérifien s’est engagé à soutenir le processus à travers l’expertise de son Conseil Économique Social et Environnemental (CESE), qui préside par ailleurs l’Union des Conseils Économiques et Sociaux et Institutions Similaires d’Afrique (UCESA). 

1 fondation

Sur le plan agricole, la fondation de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), acteur majeur dans la production des fertilisants, a financé en 2020, un appui technique de l’Université Mohamed VI à l’Institut Togolais de la Recherche Agronomique (ITRA) pour l’établissement de la carte de fertilité, Ferti Togo, outil de conseil et d’aide à la décision à la disposition des agriculteurs, pour une fertilisation raisonnée des cultures.

De la coopération bilatérale au renforcement des liens économiques

Si l’axe diplomatique Lomé-Rabat se renforce au fil des années, la même dynamique est observable sur le plan des échanges économiques entre les deux pays.

En effet, le royaume chérifien est le cinquième partenaire commercial du Togo en Afrique. Sur l’année 2019, le Togo a importé pour un peu plus de 13 milliards FCFA de produits en provenance du pays de Mohammed VI, essentiellement des fertilisants, des équipements électroniques et électriques, et denrées agro-alimentaires. 

Les exportations togolaises à destination du Maroc se sont élevées à près de 4 milliards de FCFA. Il s’agit en grande partie de produits agricoles, le marché marocain étant notamment la quatrième destination du café togolais. Globalement, 1% des exportations de Lomé vont vers le pays nord-africain. 

Les deux États ont par ailleurs entrepris depuis 2017 d’augmenter considérablement le volume de leurs échanges. Cette année-là, un forum Doing Business with Togo a réuni une délégation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT) et l’Association marocaine des exportateurs (Asmex).

2 CCIT

Le Togo, place forte des investissements marocains

Dès 2013, année où le Togo devient une véritable destination d’investissement pour les capitaux en provenance du royaume, 323 millions de dirhams, soit près de 19,8 milliards de FCFA d'investissement direct sont injectés dans l’économie togolaise. Ces placements réalisés dans l’économie vont continuer et atteindre, à la fin 2017, un encours total de 578 millions de dirhams, soit 35,2 milliards de FCFA. Faisant du Togo, la cinquième destination des investissements chérifiens dans l’espace CEDEAO.  

Plusieurs holdings et grands groupes du royaume ont accéléré leur ancrage dans la petite Suisse d’Afrique. Maroc Telecom a par exemple racheté en 2014 pour 650 millions $, les activités de l’émirati Etisalat dans six pays africains dont le Togo via le réseau Moov. L’opération portait alors de 4 à 10, le nombre de filiales du groupe sur le continent. Fin 2020, la dizaine de filiales est réunie sous la marque Moov Africa, Maroc Telecom amorçait ainsi son ancrage panafricain, avec notamment comme promesse de déployer un câble sous-marin au départ de Casablanca, qui devra desservir le Togo.

 

Télécoms, Finance, Assurances, mais pas que …

Le rachat de la Banque Internationale pour l’Afrique (BIA-Togo) par le puissant groupe bancaire Attijariwafa Bank, et l’implantation de la Bank Of Africa, réseau bancaire appartenant au groupe BMCE Bank Of Africa (BOA), filiale depuis 1995 de la holding FinanceCom du milliardaire Othman Benjelloun, symbolisent parfaitement cette offensive marocaine sur le marché togolais courant 2013.

3 SAHAM

En 2017, la filiale togolaise du groupe Saham, basé à Casablanca (ville portuaire et pôle économique à l’ouest du Maroc), devient le premier assureur du pays en termes de chiffres d'affaires (8,55 milliards de FCFA). Passant devant l’Ivoirien NSIA (7,68 milliards de FCFA). Position qu’elle consolide en 2019 sur le segment de l’assurance non-vie avec un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de FCFA, soit une part de marché globale de  16,5% dans un secteur qui compte 12 acteurs

La même année, Saham a participé à l’installation du mastodonte de la relation client Majorel à Lomé, en investissant 1,3 milliards de FCFA dans l’agencement et l’équipement de l’immeuble devant en abriter les bureaux.  

4 ASSURANCE

Toujours dans l’assurance, sur le segment vie, GTA Assurances Vie, se classe numéro un avec un chiffre d’affaires de 11,7 milliards FCFA sur l’exercice 2019. Sa sœur GTA Assurances, numéro deux de la non-vie derrière Saham, avec 6,7 milliards FCFA de CA.

Toutes deux (fusionnées pour devenir GTA Assurances depuis 2020) appartiennent à la holding Atlantic Business International (ABI), filiale de la Banque Centrale Populaire (BCP) qui siège à Casablanca. Basée à Abidjan, ABI est, par ailleurs, détentrice du réseau Banque Atlantique, troisième groupe bancaire de l’UEMOA en termes de parts de marché. Sa filiale togolaise est aussi la troisième banque du pays en termes d’actifs, avec un total bilan s'élevant à 263 milliards de FCFA en 2019.

Mis à part la finance, plusieurs PMEs marocaines de premier plan opèrent également au Togo dans l’industrie pharmaceutique et l’informatique, sans compter la communauté de commerçants installés au grand marché de Lomé, principal pôle commercial togolais. 

Le pays est par exemple un des marchés commerciaux subsahariens du groupe Cooper Pharma. Gemadec, le spécialiste de la gestion documentaire et de la transformation digitale est aussi présent au Togo, proposant des services d’hybridation de courrier et de recensement biométrique. 

Alors que le Togo dispose depuis quelques années d’une ambassade à Rabat, l’installation d’une mission diplomatique marocaine à Lomé devrait être un facteur impulsif de l’accroissement des échanges économiques entre les deux pays. 

Klétus Situ

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