« Les effets négatifs importants de la pandémie du COVID-19 auront de fortes répercussions sur l'économie et les finances publiques en 2020. Néanmoins, les solides performances économiques du pays et l'assainissement budgétaire des dernières années devraient contribuer à une reprise économique rapide dès l'année prochaine ». C’est le clair-obscur livré vendredi 24 avril par Standard & Poor’s, dans une nouvelle mise à jour de son évaluation sur le profil de crédit du Togo.
L’agence de notation maintient ses notations à B/B avec des perspectives stables, et écarte, à demi-teinte, le scénario catastrophe. L’économie togolaise, fortement dépendante de la conjoncture internationale, pourrait vite retrouver de l’allant.

Reprise et incertitudes
Alors que les dépenses de consommation et d’investissements ont pris un coup de rhume, S&P voit se profiler à l’horizon une reprise en forme de U de l'activité économique à partir du second semestre 2020, bien qu’elle restera faible en début de période. Comme le FMI, l’agence de notation table sur une chute de la croissance à 1% sur toute l’année, mais nuance.
Avec le Fonds, le refrain est le même. Face au covid-19 dont plusieurs paramètres restent encore inconnus, un vent d’incertitude plane sur les pays, en particulier ceux dont l’économie repose sur l’informel. Difficile de capter l’impact d’un arrêt qu’il soit partiel, ou total dans ce secteur de l’économie, disent les experts. « Nos projections économiques sont toutefois incertaines, car elles dépendent de la façon dont la pandémie évolue. L'importante économie informelle, non prise en compte dans les données officielles, fait également que l'impact économique est particulièrement difficile à estimer. »

Même si la mobilisation financière internationale apportera une bouffée d’oxygène aux nouvelles dépenses inhérentes au Covid-19, et la perte des recettes fiscales, le déficit budgétaire devrait se creuser à 4% cette année, après que le pays a pris de sérieuses options d’assainissement des finances publiques, et semblait remonter la pente.
« La stabilité des perspectives pour le Togo reflète notre point de vue selon lequel l'impact économique et budgétaire négatif de la pandémie de COVID-19 sera contenu sans que le crédit ne subisse de dommages durables et structurels », optimise S&P.
Et d’espérer : « une fois que l'impact du COVID-19 sera maîtrisé, nous nous attendons à ce que les autorités poursuivent de nouvelles réformes économiques et budgétaires structurelles, conduisant à une amélioration de performance ».
Le risque socio-politique
S’appuyant sur des faits récents (mi-2017) et le climat régional, S&P qui fut la première à donner une note de crédit au Togo, ajoute à cette lourde facture d’incertitudes les risques socio-politiques et sécuritaires à court et moyen termes. Un tel flou, s’il se précise, « pourraient décourager les investisseurs privés et rendre les flux d'investissements étrangers plus incertains », alors que le PND dont 65% du financement repose sur le secteur privé, est presque aux arrêts. Alors qu’il était prévu pour connaître sa vitesse de croisière après l’élection présidentielle, le PND doit attendre encore la fin de l’orage. Un coup dur pour le gouvernement qui s’attendait pourtant à un afflux d’investisseurs dès le deuxième trimestre 2020, en ligne avec la dynamique de fin 2019. Rendez-vous raté.
Toutefois, les rédacteurs du rapport pensent qu’avec les performances du Togo dans les deux dernières livraisons du Doing Business, le train des investissements dans les activités orientées vers les exportations (en l’occurrence le phosphate et le coton) et les infrastructures reprendront, dans le cadre du PND, une fois la pandémie contenue.

L’Uemoa, pilier pour le Togo
L’agence de notation financière est satisfaite de l’appartenance du Togo à l’Uemoa. Au milieu de ces secousses, l'UEMOA serait, selon les experts de S&P, un matelas de sécurité pour le Togo, affirme Standard and Poor’s. Un précieux pare-chocs du fait de son marché financier, resté à flot malgré les vents contraires, ses réserves solides, ainsi que la perspective que le pays pourrait retirer une partie de ses liquidités détenues à la BCEAO pour financer son déficit. Mais cette bouée pourrait également être sapée par une évolution défavorable des réserves de change de la zone, dans un contexte difficile où le déséquilibre entre les factures des importations et des exportations s’accentue.
Fiacre E. Kakpo
En vue de protéger et soutenir son secteur agricole, le Togo vient de lancer son « Plan de riposte agricole covid-19 ». Ce mécanisme global comprend un ensemble de mesures d'urgence qui visent, selon le ministère de tutelle, à consolider la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et à améliorer le revenu des producteurs agricoles.
Outre les crédits d’urgence pour la campagne (notamment pour l’octroi d’intrants), il s’agira également de leur fournir un appui en matériel agricole et kits d'irrigation; et de promouvoir des entreprises de placement de main d'œuvre.
Dans le détail, le plan ambitionne notamment une production de 225 000 tonnes de coton, près de 2 millions de tonnes de maïs, près de 140 milles tonnes de Soja, et plus de 330 milles tonnes de riz. A terme, l’objectif est de booster la production d’environ 228 milliards FCFA supplémentaires.
Un appel à recensement lancé
Pour ce faire, l’Etat appelle les producteurs nationaux à s’enregistrer, afin de pouvoir bénéficier de ces mesures d'urgence, en soutien à la campagne agricole 2020-2021. Chaque producteur devra à cet effet se faire enrôler auprès de son groupement de tutelle (par exemple, la NSCT, pour les cotonculteurs, et les PME/PMI agrégateurs opérant dans les filières à haute valeur ajoutée comme le soja), ou encore s’approcher des services déconcentrés du ministère dans leurs localités.
Aux fins d’enregistrement, apprend-on, les producteurs doivent « impérativement » indiquer le numéro de leur carte d'électeur et un numéro de téléphone actif, par lequel ils pourront recevoir un crédit de campagne via leur porte-monnaie électronique.
Pour rappel, le secteur agricole participe à plus de 40% du PIB togolais, et occupe près de 65% de sa population active.
Ayi Renaud Dossavi
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Le Togo a gagné 5 places dans le dernier classement mondial de la Liberté de la Presse, publié par Reporters Sans Frontières (RSF).
Ainsi, selon le rapport 2020, le Pays se hisse au 71ème rang mondial, contre le 76ème l'année dernière. Une progression qui marque la courbe ascendante amorcée dans ce domaine depuis quelques années (Le Togo avait gagné dix places entre 2018 et 2019).
Au rang continental, le pays occupe la 14ème place. C’est la Namibie (23ème mondial), le Cap-Vert (25ème mondial) et le Ghana (30ème mondial), respectivement, qui occupent la tête du classement.
Plus largement, au niveau mondial, si le classement 2020 de RSF fait apparaitre une sensible amélioration de la condition de la presse dans le monde, il faut cependant noter que la proportion des pays en situation critique a augmenté.
Le trio de tête mondial est composé des trois scandinaves Norvège, Finlande et Danemark. A l'inverse, L'Erythrée (incidemment pays le plus mal noté en Afrique), le Turkménistan et la Corée du Nord, referment le classement mondial.
Ayi Renaud Dossavi
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Avec un total de 90 cas confirmés de Covid-19, dont 25 cas actifs et 59 cas guéris, le Togo achève sa huitième semaine avec la maladie infectieuse, sur une note en demi-teinte.
En effet, bien que le pays se rapproche de la barre des 100 cas (après plus d’un mois d’épidémie, tout de même), avec deux mises en quarantaine au sein de son personnel médical; il peut se targuer néanmoins d'avoir le meilleur taux de guérison de la sous-région.

Du reste, au vu de la tendance actuelle, il est de plus en plus permis d’envisager que la ‘’tempête Covid’’ n’aura pas lieu. D'autant que la situation semble globalement la même dans la sous-région, avec la même conclusion : la courbe des contaminations a vraiment du mal à décoller.
Au Togo et dans la sous-région

En valeur absolue, les pays les plus touchés dans la sous-région sont le Ghana (1279 cas), la Côte d’ivoire (1004 cas), le Nigéria (981 cas), et la Guinée 862 cas confirmés.
Si on rapporte ces données à la population, avec 90 cas confirmés, le Togo décompte aujourd’hui 11 cas par million d’habitants, contre 41 au Ghana, et seulement 4 au Bénin.
De son côté, s'il tutoie presque le millier de cas, le géant nigérian affiche tout de même un niveau de contamination relativement bas, surtout rapporté à son imposante démographie, avec 5 cas par million d’habitants, là où le Sénégal (545 cas) en est à 33 cas par million, et le Burkina ( 616 cas) à 29 cas par million d'habitants.
On est donc bien loin des chiffres écrasants observés ailleurs: 2701 cas par million aux USA (pour près de 900 milles contaminations officielles), 2423 cas par million en France (plus de 158 milles cas au total), 3142 cas par million en Italie ( près de 190 milles cas).

Qu’est ce qui ralentit le Covid-19 en Afrique ?
Bien qu’on puisse raisonnablement admettre que les chiffres officiels ne dépeignent qu’un tableau partiel de la réalité (les sujets asymptomatiques représenteraient jusqu’à 50% des cas, selon des statistiques italiennes), comme pour tous les pays, même en envisageant une sous-performance en matière de test, il est très difficile de penser qu’on soit passé à côté d’une explosion importante des cas.
Pour des raisons qui ne sont donc pas tout à fait claires à ce jour, la maladie semble évoluer beaucoup plus lentement dans la zone sub-saharienne que prévu. On pourrait évoquer des facteurs climatiques et hygro-thermiques, l’éventuelle immunité croisée liée au paludisme, l’usage de plus en plus large de la Chloroquine + Azithromycine, en l’absence d’autres traitements, une plus faible densité de population, un plus faible niveau de pollution, ou encore la grande jeunesse de la population, qui joue sans doute un rôle très important dans les expressions cliniques de la maladie ( pour exemple, au Togo, les plus de 65 ans représentent seulement 3% de la population).
Si l’extrême prudence et le suivi le plus rigoureux sont toujours de mise, il semble tout de même, après plus de 7 semaines de suivi, qu'il n'y aura pas l'explosion « exponentielle » observée sous d'autres latitudes, c'est le cas de le dire. Auquel cas, il faudra probablement pour les pays d'ajuster leurs stratégies globales aux nouveaux paramètres, à l'image du Ghana qui a levé son confinement cette semaine.
Ayi Renaud Dossavi
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Au Togo, la Direction du Cadastre, de la Conservation Foncière et de l’Enregistrement procède désormais à un contrôle avant la délivrance de l’attestation d’immatriculation à toute personne qui en fait la demande au Guichet Foncier Unique.
L’information est diffusée à travers une note de service de la Direction du Cadastre, consultée par Togo First.
Il est rappelé que, l’attestation d’immatriculation est le document exigé depuis quelques mois, pour une demande de permis de construire, en lieu et place des deux tampons, supprimés.
En outre, souligne le département de l’Office Togolais des Recettes (OTR) en charge des questions foncières, à compter de la date de dépôt du dossier, cette attestation est délivrée dans un délai de 7 jours aux opérateurs économiques ou aux personnes dont les dossiers auront reçu un avis favorable.
Séna Akoda
Le Togo vient de rejoindre l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA), organisation multilatérale qui couvre le risque politique et le risque de crédit commercial sur le continent.
L'adhésion du pays a été soutenue par la Banque européenne d'investissement (BEI), à travers un prêt concessionnel de 12,5 millions $, au titre de participation.
L’information émane du gouvernement togolais, qui a récemment annoncé l’achèvement de son processus d’adhésion à l’ACA. Ceci devrait notamment offrir au pays une capacité supplémentaire, en termes d'assurance commerciale et d'investissement, et améliorer la notation de sa dette souveraine.
Il n'est pas à exclure que l'adhésion, déjà dans les tuyaux, aie connu un coup d'accélérateur à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus. Comme ses homologues africains, le Togo anticiperait notamment un resserrement de capacité en matière d'assurance du commerce et des investissements.
En effet, « alors que nous nous préparons à gérer les retombées économiques du Coronavirus, les gouvernements africains s'efforcent d'en atténuer les effets à court et à long terme. », souligne Sani Yaya, ministre de l'économie et des finances togolais. « Nous considérons l'adhésion à l'ACA comme un élément nécessaire à notre capacité de consolider l'économie et de faire face à cette tempête ».
Au sein de cette agence de garantie multilatérale africaine, le Togo rejoint ainsi ses voisins d’Afrique de l’Ouest (le Ghana, le Niger et le Nigeria) qui ont tous achevé leur adhésion, au cours des neuf derniers mois.
Ayi Renaud Dossavi
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Les pays de la Cedeao mettront tout en œuvre pour allouer au moins 15% de leur budget annuel au renforcement de leurs systèmes de soins de santé, alors que cette recommandation formulée à Accra en 2014 en pleine crise d’Ebola n’a jamais été tenue.
Réunis par visioconférence hier jeudi, le contexte sanitaire l’oblige, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont réitéré cet engagement dont la mise en œuvre immédiat, pourrait être décisive dans la riposte sanitaire, socio-économique et humanitaire au Covid-19.
En moins de deux mois, la maladie infectieuse a atteint 6 083 personnes, parmi lesquelles 4 232 sont encore sous traitement, 1 793 guéries et 158 décédées.
Portées par la digitalisation, les mutations totales ne se délivrent plus qu’en 6 h, délai maximal, informe l’Office Togolais des Recettes (OTR) via une note du directeur du Cadastre, de la Conservation foncière et de l’Enregistrement, fixant le délai de cette prestation.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre de « l’amélioration continue de la qualité des services » sur fond de digitalisation des prestations. La mise en place d’un guichet unique de transfert de propriété joue aussi un rôle de catalyseur.
Avec ce nouveau délai, c’est un record qui est réalisé. Si en 2019 des pics de délais ont pu être observés, pouvant atteindre en moyenne 11 jours en octobre ou 10 en juin, le délai moyen pour procéder à un transfert de propriété immobilière n’était plus que de 5 jours vers la fin de la même année.
Les réformes s’intègrent globalement dans la vision de Lomé de poursuivre l’amélioration de son environnement des affaires.
Séna Akoda
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La plateforme e-foncier enregistre désormais les demandes de mutation totale et les paiements dus
Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao se sont réunis ce jeudi 23 avril 2020, par vidéoconférence pour une réunion extraordinaire de l’organisation sous-régionale, autour du covid-19.
La session a permis à Faure Gnassingbé et ses homologues de la sous-région d’évaluer la situation des pays de l’espace communautaire, sur les différentes réponses, nationale et régionale, qui lui étaient apportées, et également d’échanger sur les moyens d’une riposte collective plus efficace.
Pour ce qui est des propositions qui sont sur la table, on compte notamment : La nomination d’un champion (un chef d’état) sous régional, pour superviser la riposte contre le virus, l’amélioration de la communication (notamment vers les zones surpeuplées) afin de gérer les crises potentielles liées à l'insécurité, et l’allocation d'au moins 15 % du budget annuel des États membres au renforcement des systèmes de soins de santé (comme dans le cas de l’épidémie d’ebola, quelques années plus tôt).
A ce jour, tous les 15 États-membres de la Cedeao sont atteints (la Sierra Leone étant le dernier en date). L’espace communautaire recense plus de 5500 cas et plus de 140 décès (bien moins, en valeur absolue, que ce qui était initialement anticipé), avec un taux de létalité pondéré de 2,5 %.
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Les demandes de transfert de propriété et les paiements pour ces prestations sont désormais possibles via la plateforme électronique dédiée à la matière foncière au Togo : l’e-foncier.
Outre ces services, les opérateurs économiques, les populations et les notaires peuvent introduire via cette plateforme, leurs demandes de renseignements, de photocopies, d’états descriptifs.
La mise en ligne de ces demandes de prestations mise en place par l’Office Togolais des Recettes (OTR) et lancée le 16 janvier 2020 est motivée, par le désir d’être « en adéquation avec la numérisation et la digitalisation des archives des titres fonciers et pour permettre de gagner plus de temps dans le traitement des dossiers en matière de transfert de propriété ».
C’est ce que déclare Philippe Kokou Tchodié, Commissaire Général de l’institution en charge de la mobilisation des recettes fiscales et douanières au Togo.
De fait, l’OTR dispose à ce jour d’une base de données complète pour toute vérification sur les propriétés réelles ainsi que les charges existantes.
En rappel, démarrée en 2012, la numérisation des archives des titres fonciers a atteint 45% en 2015, 85% en 2017, 99,04% en 2019 et 99, 32% fin janvier 2020.
Séna Akoda