(Togo First) - Au Togo, la modernisation de la pêche artisanale s’envisage à travers une série de réformes destinées à rendre la filière plus durable. Selon les autorités, cinq actions structurent désormais cette stratégie : la mise en œuvre du plan d'aménagement de la pêcherie de senne de plage, le renforcement des capacités de l'administration des pêches, la protection et la restauration des écosystèmes côtiers, la lutte contre l'érosion grâce à la construction d'épis et de brise-lames, ainsi que le renforcement de la gouvernance des ressources halieutiques.
Depuis 2025, le pays applique également un repos biologique annuel du 1er au 31 juillet pour la pêche artisanale. Cette mesure vise à favoriser la reproduction des espèces et la reconstitution des stocks halieutiques. Les autorités ont aussi créé une unité spéciale de garde-côtes afin de lutter contre la pêche illicite sur le système lagunaire. À ces dispositifs s'ajoute une subvention du carburant destinée à réduire les coûts d'exploitation des pêcheurs artisanaux et à préserver leurs revenus.
Une stratégie présentée devant les partenaires régionaux
Ces orientations ont été présentées à Lomé à l'occasion de la 8e réunion du Groupe de travail sur les pêches artisanales du Comité des pêches pour l'Atlantique Centre-Est (COPACE), organisée avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Pendant cinq jours, les représentants des États membres du COPACE, de la CEDEAO, du Comité des pêches du Centre-Ouest du golfe de Guinée et des partenaires techniques examinent le plan de travail 2026-2028 consacré à la gestion durable des pêcheries artisanales. Les travaux portent également sur l'amélioration des systèmes de collecte de données halieutiques, l'évaluation des sites de débarquement, la cogestion des ressources, ainsi que les réponses régionales à la pêche illicite et aux effets du changement climatique.
Pour Konlani Dindiogue, représentant le ministre chargé de la Pêche, cette coopération est indispensable. « La pêche, essentiellement artisanale dans notre pays, joue un rôle crucial dans l'économie nationale. Elle génère des revenus pour les ménages, crée des emplois et constitue un enjeu de souveraineté alimentaire. La coopération régionale est une réelle nécessité pour faire face aux défis auxquels elle est confrontée, notamment la pression croissante exercée sur les ressources halieutiques, la pêche illicite, les effets du changement climatique ainsi que les conflits d'usage de l'espace maritime », a-t-il déclaré.
Une filière essentielle à l'économie côtière
Au Togo, la pêche est presque exclusivement artisanale. Malgré un littoral de seulement 56 kilomètres, elle constitue une composante importante du secteur primaire, de la sécurité alimentaire et de l'économie des communautés côtières.
Les besoins nationaux dépassent chaque année 100 000 tonnes de produits halieutiques, alors que la production nationale ne couvre qu'environ 30 à 40 % de cette demande, maintenant une forte dépendance aux importations de poissons.
La filière artisanale produit entre 20 000 et 25 000 tonnes de poissons par an. Environ 90 % de cette production sont transformés par fumage, friture ou séchage, des activités qui assurent les revenus de milliers de mareyeuses, de transformatrices et d'autres acteurs de la chaîne de valeur.
Ayi Renaud Dossavi
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