Togo First

Togo First

A travers son partenariat avec le Mifa (Mécanisme incitatif de financement agricole), la BOA Togo veut augmenter ses niveaux de financement au secteur agricole.

Ainsi, pour cette année 2020, la filiale togolaise du groupe bancaire présent dans 17 pays d’Afrique, veut porter ses crédits accordés au secteur agricole à 7 milliards FCFA, notamment dans la mécanisation.

Un appui annoncé, en hausse de près de 46% par rapport à l’exercice 2019, où les sommes allouées s’élèvent globalement à 4,8 milliards FCFA.

L’annonce de cette augmentation d’enveloppe a été faite en fin de mois dernier, à l’occasion du 12ème Forum national du paysan togolais (FNPT) à Kara (412 km de Lomé).

« Nous avons reçu l’autorisation de pouvoir financer une enveloppe globale de 7 milliards au cours de cette année sur les machines agricoles », précise la représentation de BOA.

Notons qu’au Togo, le secteur agricole souffre d’une pénurie de crédit, car considéré comme à haut risque, notamment à cause du manque de structuration des acteurs, et aussi parce que les établissements financiers manquent de spécialisation technique pour l’évaluer.

Ainsi, pour le Mifa, apprend-on, il s’est agi notamment, d’une part, d’appuyer techniquement les acteurs agricoles, dans la constitution et la présentation de leur dossier, et d’autre part, via un partenariat avec l’établissement financier, de permettre une meilleure compréhension et ciblage des sous-secteurs à financer (comme les intrants, la production, la transformation, l’exportation ou  l’industrialisation). 

Ayi Renaud Dossavi 

Lire aussi:

Mifa : 7,5 milliards FCFA du Khalifa Fund pour créer plus de 13 000 emplois agricoles

Orabank injecte du cash dans la transformation du riz togolais

MIFA à l’heure du bilan : plus de 8 milliards FCFA de financements accordés pour près de 140 000 emplois créés 

Crédits à l’économie : Le financement de l’agriculture et des PME comme chantiers du Togo en 2020 ? 

En vue du financement de son budget gestion 2020, le Togo ambitionne de lever au total 420 milliards FCFA sur le marché financier régional, indique l’agence régionale de planification de la dette UMOA-Titres. L’information est portée au public et aux investisseurs ouest africains via le calendrier annuel prévisionnel des émissions des Etats membres de l’UMOA.

En effet, au 1er trimestre 2020, le Togo sollicitera le marché financier régional pour engranger 150 milliards FCFA à raison de 125 milliards FCFA par émission d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) et de 25 milliards FCFA par Bons Assimilables du Trésor (BAT).

Au 2è trimestre, le Trésor public devrait espérer 75 milliards FCFA dont 40 milliards FCFA de BAT et 35 milliards FCFA d’OAT. Au 3è trimestre en revanche, le pays ne prévoit de recourir qu'à des OAT, pour un objectif financier de 135 milliards FCFA. Au cours du dernier trimestre 2020, le Togo testera sa cote sur le marché financier régional en émettant des BAT et des OAT, respectivement de 20 milliards FCFA et 40 milliards FCFA.

Avec cette prévision d’emprunt, le Togo est, le deuxième pays après la Guinée Bissau (75 milliards FCFA) à envisager de s’endetter moins sur le marché UMOA-TITRES. Il est suivi du Niger (465 milliards FCFA) et du Sénégal (485 milliards FCFA). Le record de ressources à mobiliser (1075 milliards FCFA) ira à la Cote d’Ivoire, suivie du Bénin (734 milliards FCFA).

Le volume annuel prévisionnel des ressources à mobiliser au plan régional se situe à 4 361 milliards FCFA, soit  1 562 milliards de BAT  et 2 799 milliards d’OAT.

Notons que cette année, le Togo a déjà sollicité deux fois le marché régional de la dette pour tenter de mobiliser au total 50  milliards FCFA. Comme résultats, il a enregistré respectivement des sursouscriptions à hauteur de 276 % et 296% de ses émissions. Le pays a retenu 55 milliards FCFA pour alimenter le Trésor public. Sa 3è sortie sur ce marché cette année va être bouclée le 14 février prochain. Montant recherché : 25 milliards FCFA.

Séna Akoda

Lire aussi:

Marché Umoa-Titres : soumissions record pour le Togo

Le Mécanisme incitatif de financement agricole, fondé sur le partage des risques, (MIFA SA), va bénéficier d'un financement de 7,5 milliards FCFA, en vue d’appuyer le développement des PME/PMI, dans les chaines de valeur agricoles. 

Globalement, le projet vise la création d'un peu plus de 13 mille emplois, en particulier chez les jeunes et les femmes.

Dans le détail, le Mifa va accompagner « 2864 micro-entreprises qui pourront bénéficier d'un financement  compris entre 2,5 millions et 5 millions FCFA avec une création d'environ 8600 emplois », selon les précisions d’Aristide Agbossoumonde, patron du Mécanisme. De plus, « 676 petites entreprises, bénéficieront d'un financement bancaire de 5 à 12,5 millions FCFA avec la création de 3500 emplois », et enfin « 163 moyennes entreprises auront des financements compris entre 12,5 millions FCFA et 25 millions, pour générer 1226 emplois ».

L’appui financier a fait l’objet d’un mémorandum, signé en début de semaine, entre Hussain Jasim Al-Nowais, PDG du bailleur de fonds Khalifa Fund, et Sani Yaya, ministre de l’économie et des finances, représentant le Togo. Une cérémonie qui s’est déroulée en présence du président Faure Gnassingbé, dans la localité de Tchamba (environ 375 km de Lomé).

Notons qu’outre cette facilité, un autre accord a été signé dans la foulée entre le Mifa et African Lease Togo, en vue de financer des entreprises de prestation de service de mécanisation. Il s’agit là, de débloquer un fonds de 2,3 milliards FCFA, pour fournir une centaine de tracteurs modernes aux entrepreneurs agricoles.

Ayi Renaud Dossavi 

Lire aussi:

Investissement: Les PME/PMI togolaises ont besoin de 1000 milliards FCFA! 

Le MIFA va accompagner les filières agricoles bios identifiées comme opportunités d’investissements 

Togo : les filières Soja, Sésame et Ananas, plus grosses pourvoyeuses d’emplois dans le domaine agricole en 2019 

MIFA à l’heure du bilan : plus de 8 milliards FCFA de financements accordés pour près de 140 000 emplois créés

Le gouvernement togolais via des fonds de la Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier (SAFER), veut lancer des travaux d’entretien de plus de 340 km de route.

Les travaux prévus sur la route nationale RN N°1 seront réalisés à Lomé (GTA), Togblekopé, Tsévié, Notsé, Atakpamé et Aouda, Sokodé, Kara et Kanté. Il s’agit de grosses réparations, des réparations localisées et des travaux de resurfaçage.

Dans les détails, les fonds serviront à  entretenir 61 km de route dans la région maritime. La région des Plateaux aura 86 km de routes entretenues. Dans la région centrale, 59 km de routes seront pris en compte par les travaux et dans la région de la Kara, il y aura 136 km de routes à entretenir.

Un appel d’offres international est ouvert jusqu’au 05 mars prochain pour la réalisation de ces travaux qui se subdivisent en 12 lots. Si une entreprise est libre de soumissionner pour 4 lots au maximum, aucune d'elles ne peut en revanche remporter plus d'un lot, indique-t-on.

Notons que dans le cadre des travaux d’entretien routier prévus en 2020, la SAFER s’est déclarée à même de mobiliser 14 milliards FCFA. Des ressources légèrement au-dessus du 1/3 du coût global des travaux envisagés cette année, soit 39 milliards FCFA.

Séna Akoda

Pour ce qui est des performances éducatives, de 2015 à 2018, le taux d’achèvement de l’école primaire est passé de 83 % à 89%. De tels résultats font du Togo le pays avec les meilleurs taux dans l’espace Uemoa, selon les statistiques de la Banque mondiale. Le Togo vient devant la Cote d'Ivoire (71,6%, données de 2017), le Burkina Faso (65%), le Sénégal (57%), et le Mali (49,6%, données de 2017). En 2015 déjà, le Togo culminait dans l’espace communautaire avec 83%, devant le Bénin (81%), le Burkina Faso (62 %), la Cote d'Ivoire (60%), le Sénégal (59,66%), et le Mali (50%). 

A titre d’illustration, un taux d’achèvement de 100% ou proche de 100%, montre que l’ensemble ou la plupart des enfants ont achevé leur cours primaire. Et ce au moment où ils atteignent 3 à 5 ans de plus que l’âge officiel d’admission en dernière année de ce niveau d’enseignement.

A l'inverse, un faible taux d’achèvement, montre la faible admission ou une entrée tardive dans un niveau d’éducation donné, un niveau important d’abandons, de redoublements, un achèvement tardif ou une combinaison de ces facteurs. 

Rappelons par ailleurs que, sur la décennie (de 2008 en 2018), le taux brut de scolarisation dans l'enseignement primaire est  passé de 98% à 126,8%, selon les récentes informations du gouvernement togolais. Le pays recense ainsi plus de 155 000 enfants au préscolaire en 2018, contre un peu plus de 86 000 en 2013, en hausse annuelle moyenne de 12%.

Les relativement bonnes performances du pays, vis à vis de ses voisins de l'espace communautaire, sont portées entre autres par les récentes initiatives dans le secteur éducatif (notamment les Cantines scolaires), et qui visaient à augmenter la présence et l’assiduité des jeunes élèves à l’école, ainsi qu’à améliorer la scolarisation dans son ensemble.

Lire aussi:

Après Togocom, Atcha Dedji Affoh, prend la tête des enseignements primaire et secondaire

Togo : Amélioration du niveau de scolarisation au cours primaire, sur la dernière décennie

Des Chiffres en hausse dans le secteur éducatif togolais

Développement humain : l'espérance de vie des Togolais a augmenté de 3 ans dans la dernière décennie

Du haut de ses 35 ans et ses neuf ans d’expériences effectives dans la gestion d’entreprise agricole, Yao Toyo, est un ingénieur agroéconomiste de formation, mais ce ne sont pas les casquettes qui lui manquent.

Actuellement 2ème Adjoint au maire de la Commune Ogou 1, Vice-Président du Conseil Interprofessionnel de la filière Soja du Togo (filière qui est un des plus grosses pourvoyeuses d’emplois dans le domaine agricole en 2019), il est aussi et surtout entrepreneur et patron de la Jonction de Croissance Agricole au Togo (JCAT), fondée en 2011. La société représente aujourd’hui près de la moitié des exportations dans le secteur du soja bio.

En presque dix ans de vie, l’entreprise a attiré l’attention de nombreux partenaires, comme le PAEIJ-SP, centré sur les agripreneurs, qui les appuie dans leur expansion.

« Après ma formation en agriculture à l'université de Lomé, j'ai travaillé dans une ONG de la place où je donnais des formations aux agriculteurs. Au fil de ce parcours, j'ai constaté qu'il y a un besoin sur le terrain, celui de marchés pour nos producteurs. »

Après une rapide étude de marché, le choix de Toyo se portera sur le Soja, de plus en plus prisé sur le marché mondial. « Nous avons commencé avec 500 producteurs sur 500 ha », confie-t-il.

A ses débuts, JCAT était concentré sur le Soja conventionnel, c’est face aux retours du marché, que le nouveau « filon » du bio va s’imposer comme une évidence.

La Jonction va ainsi recruter des techniciens agricoles, et se renforcer en ce qui concerne la maitrise les normes des techniques biologiques de l'Union européenne.

Mais avec les difficultés de financement, seul 30% de ce qui a été produit a pu être exporté. Des débuts bien difficiles.

 yao in 1 patron de jcat roi du soja bio togolais

PAEIJ-SP, un partenaire à 1 milliard FCFA

Toyo rencontre le PAEIJ-SP en 2017, qui, après une étude de terrain, a sélectionné sa Jonction comme entreprise structurante.

La magie opère : La société passe ainsi d’un financement entre 100 millions à 150 millions FCFA en 2017, à 400 millions en 2018, puis 600 millions en 2019. Pour la campagne en cours, JCAT bénéficie d’une enveloppe de 1 milliard FCFA, pour la collecte de Soja auprès des producteurs.

Son chiffre d’affaire, en trois ans, est passé de 235 millions FCFA à 3 milliards. Il se situerait actuellement autour de 6 milliards de francs CFA.

Sur cette période, « Nous sommes passés de 2 000 tonnes à 15 000 tonnes en 3 ans grâce au PAEIJ-SP et le nombre de producteurs est passé de 1000 à plus de 10 000 ». Dans la foulée, la société a pu considérablement augmenter sa capacité de collecte, en vue d’exporter vers l’Europe, où JCAT exporte principalement vers la France, et livre quatre gros clients dans l’industrie.

Le nombre d’emplois permanents est passé de 8 à 49 (Techniciens et équipe administrative compris), en plus des jeunes chargeurs, présents presqu’en permanence au magasin, et qui sont au nombre de 50 ; et d’une cinquantaine de femmes qui aident au nettoyage du soja (le défi est d’avoir un taux d’impureté inférieur à 1%).

Plus globalement, l’ensemble des acteurs intervenant dans la production du soja biologique est passé de 800 à 4 542 personnes. La jonction travaille avec 142 villages dans la région des plateaux, et 6000 exploitants agricoles organisés en 402 coopératives, et aide les petits producteurs à obtenir du crédit auprès des microfinances.

Un magasin de 6000 tonnes en construction

 yao in 2 patron de jcat roi du soja bio togolais

« A ce stade, nous avons le défi de mécaniser la pratique agricole. Nous sommes dans une chaîne de valeurs assez sensible à la main d’œuvre. » Souligne-t-il.

Le principal défit de ce nouveau roi du soja bio togolais, est la formalisation et la structuration d’un cluster, rassemblant l’ensemble des acteurs avec qui il travaille, dans une logique de partenariat, pour un « partage de risques et de bénéfices ».

Enfin, pour répondre au défi du stockage, à un moment où la société passe à l’échelle, un plus grand magasin est en construction (JCAT utilisait jusqu’à alors un magasin de 3 000 tonnes de capacité, loué à l’usine textile de Datcha). La nouvelle infrastructure, visitée par Faure Gnassingbé en janvier dernier, a une capacité de 6000 tonnes. « Le prochain cap, sera de passer soi-même à la transformation. » Précise Toyo.

Au Total, en 2019, le Togo était classé 1er exportateur ouest africain et 5ème en Afrique de soja bio avec 22 000 tonnes. Globalement, les entreprises appuyées par le PAEIJ-SP ont contribué avec 13 863 tonnes, soit 63%.

Ayi Renaud Dossavi

Lire aussi:

Togo : les filières Soja, Sésame et Ananas, plus grosses pourvoyeuses d’emplois dans le domaine agricole en 2019

Orabank va injecter du cash dans le PAEIJ-SP en faveur des agriculteurs au centre et au Nord-Togo

Le PAEIJ-SP lance des appels à projets pour la sélection de 805 primo-entrepreneurs agricoles

Que s'est-il passé dans le secteur agricole au Togo en 2019?

CimMetalgroup, le groupe dirigé par l’homme d’affaires burkinabè Inoussa Kanazoé, pourrait injecter environ 100 milliards FCFA (152,4 millions €), dans les secteurs du ciment et du fer togolais. Un accord aurait ainsi été signé avec les autorités togolaises, en fin de mois dernier, pour implanter dans le pays un complexe industriel, rapporte Jeune Afrique.

Le groupe Burkinabè aurait été autorisé à financer des unités de fabrication de fer et de ciment au Togo.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré de la part des deux parties, une telle transaction, si elle se concrétisait, constituerait pour le secteur une importante facilitée, inscrite, incidemment, dans la perspective du Plan national de Développement (PND) et son ambition de développer des pôles industriels dans le pays.

Ces quelques 100 milliards FCFA viendraient grossir le portefeuille des investissements extérieurs engrangés par le Togo depuis ces derniers mois, dont, notablement, les investissements massifs de plus de 2 milliards $, du milliardaire nigérian Dangote.

Ce dernier a pour sa part, jeté son dévolu sur le secteur de la cimenterie, ainsi que la transformation du phosphate en engrais.

Ayi Renaud Dossavi

Lire aussi:

Togo : Dangote va faire de lourds investissements dans la cimenterie et la transformation du phosphate

Togo, première destination africaine de nouveaux projets d’IDE en 2019

Retour sur les évènements marquants dans le secteur minier en 2019

Togo : le secteur énergétique, principal pôle d’attraction des Partenariats Public-Privé

Très bas en 2005, le taux d’accès à l’eau potable au Togo a connu une hausse sensible au cours des 14 dernières années, soutenue par les nombreux chantiers ouverts et les nombreux programmes mis en œuvre.

De 21% en milieu rural en 2015, le taux d’accès à l’eau potable a enregistré un bond pour se situer autour de 69% en 2019. Cette progression, visiblement la plus forte sur la période, est la résultante des programmes de réalisation ou de réhabilitation de forages mis en œuvre. 

Selon le bilan dressé par le Ministère de l’Eau, de l’Equipement Rural et de l’Hydraulique Villageoise (MEERHV), 3 200 forages ont été réhabilités sur la période tandis que ce sont 5 000 nouveaux forages qui ont été réalisés.

La même tendance d’amélioration de l’accès à l’eau est observée, à quelques détails près en milieu semi-urbain où de 23% en 2005, le taux d’accès à l’eau a enregistré un bond de 26% pour se stabiliser à 49% en 2019. Un résultat porté par la réalisation de 221 mini-adductions d’eau.

Le milieu urbain, dont près du 1/3 de la population avait accès en 2005 à l’eau potable a aussi bénéficié de la bonne dynamique. Sous l’effet d’importants investissements, le nombre d’agences de la Togolaise des Eaux (TDE) dans les villes togolaises est passé du simple (23 agences) à plus du double (53 agences).

Dans la même veine, une baisse de 25% a été notée sur le coût du branchement simple au réseau d’eau potable en milieu urbain. Celui-ci passe de 100 000 à 75 000 FCFA et contribue à booster les branchements d’eau en zone urbaine.

Ces actions cumulées ont permis de booster à 55% le taux d’accès à l’eau potable. Un taux qui était de 30% en 2005, soit une progression de 25% en 14 ans.

Avec le concours des partenaires techniques et financiers et des partenaires en développement, notamment la Banque Mondiale, l’UE, l’AFD, la BOAD, la BAD et la Chine, de nouveaux chantiers sont annoncés cette année, avec pour objectif final de démocratiser l’accès à l’eau au Togo.

Séna Akoda

Faure Gnassingbé, le Président togolais a lancé ce lundi 03 février, à Blitta, localité située dans la région Centrale, à 262 Km de Lomé, les travaux de construction d’une centrale photovoltaïque de 30 MW, extensible à 50 MW.

D’un coût total estimé à 35 millions $, financé partiellement par le Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement et la BOAD, la mise en place ainsi que l’exploitation de l’infrastructure énergétique sont confiées à l’Emirati AMEA Power. C’est sa filiale locale AMEA Togo Solar qui sera le bras opérationnel dans ce projet.

« Nous sommes ravis de contribuer à la stratégie nationale d’électrification et à la réalisation du Plan National de Développement, en développant le premier projet solaire à grande échelle dans le pays », a affirmé Hussain Al Nowais, Président du Conseil d’administration de la société dubaïote.

La centrale devrait être opérationnelle d’ici Juin, après une première phase de travaux qui installera sa capacité à 30MW. Une seconde phase dont le terme est projeté à Octobre, permettra de porter sa capacité définitive à 50 MW. L’infrastructure sera gérée par AMEA Togo Solar, dans le cadre d’une concession de 25 ans, période au bout de laquelle elle sera transférée à l’Etat via la CEET, entreprise chargée de la distribution de l'énergie au Togo.

Pour information, AMEA Power, dans sa stratégie d’expansion, est en discussion avec plusieurs autres pays dans la sous-région, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, pour des projets similaires.  

Lire aussi:

Energies renouvelables, Cizo, Centrale Kekeli Efficient Power, BBOXX : retour sur une année 2019 charnière pour le secteur de l’énergie

Au Togo, les PME/PMI ont globalement besoin de 1000 milliards FCFA en termes d’investissements, selon les estimations d’une dernière étude, dans le cadre de la mise en place d'un fonds d'investissement destiné aux PME/PMI.

Plus encore, selon les informations fournies par ces travaux commandités par la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT), avec l’appui de la délégation européenne, les PME/PMI représentent à peu près 4000 entreprises sur le territoire togolais, pour un chiffre d’affaire cumulé de 500 milliards FCFA par an, soit quelques 16% du chiffre d'affaire global.

Néanmoins, ces entreprises, principalement des société unipersonnelles, n’emploient, à ce jour, que 2,7% des effectifs au Togo.

C’est en vue d’appuyer les PME/PMI, et par là même stimuler la création d’emplois, que la CCIT, veut mettre en place un fonds de garantie et d’investissement (un modèle mixte pour le moins fort peu commun dans le domaine).

En consultation avec le secteur privé

Les résultats des premières études ont fait l’objet, ce lundi 3 février 2020, d’une consultation avec les acteurs économiques et publics (entrepreneurs, investisseurs, banquiers et représentants de fonds d’investissements, élus locaux, et autres acteurs du développement).

Ainsi, selon l’étude, menée par Béatrice Clotilde Jauffrineau, experte française en appui à la CCIT, si les fonds d'investissement ou de garantie sont assez peu nombreux au Togo (notamment les nationaux FAIEJ, ANPGF et MIFA), le pays a tout de même de bons points qui plaident de son côté.

Notamment, selon l’experte, la tendance à la hausse de la création d’entreprises, l’existence d'un conseil national du crédit, mais aussi et surtout, l’amélioration soutenue du climat des affaires, et d’autres mesures encourageantes de la part de l’autorité publique, comme l’octroi des 25% de parts de marchés public aux PME portées par des jeunes et des femmes. De quoi stimuler l’appétit de possibles investisseurs, en dépit d’un milieu plutôt méfiant, vis-à-vis de la conjoncture économique.

Vers la création d’un Mifa, version Industrie et Commerce ?

Du reste, si la rencontre a permis de prendre le pouls et les compléments des acteurs de l'économie présents ; au niveau de la CCIT, on n’exclut déjà pas, à terme, la création d’un Mécanisme incitatif de financement des entreprises industrielles et commerçante industrie et économique, inspiré du Mifa. Un possible MIFEIC, tel que proposé par Germain Meba, président de la CCIT, qui dirigeait ces échanges.

Ayi Renaud Dossavi

Lire aussi:

Vers la mise en place d’un fonds d’investissement et de garantie en faveur des PME/PMI

Crédits à l’économie : Le financement de l’agriculture et des PME comme chantiers du Togo en 2020 ?

Le MIFA va accompagner les filières agricoles bios identifiées comme opportunités d’investissements

Pour nous contacter: c o n t a c t [@] t o g o f i r s t . c o m

Please publish modules in offcanvas position.